, dit « le Sévère » ou « le Cruel », est né en à Nimègue et mort le près de Messine. Roi de Germanie dès 1169, il est sacré empereur en 1191, et succède à son père Frédéric Barberousse. Prétendant au trône de Sicile à la suite de son mariage avec Constance, fille posthume du roi , il s'empare du royaume de Sicile en 1194 et lègue celui-ci à son fils, . Il échoue toutefois à lui transmettre la couronne impériale et meurt en 1197 sans avoir pu mener à bien son projet de croisade.

Biographie Origine et jeunesse Second fils de l'empereur Frédéric Barberousse et de Béatrice de Bourgogne, Henri nait entre octobre et à Nimègue Theo Kölzer, « », Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 42, 1993. . Son frère aîné, , est exclu de la succession en raison de sa santé fragile. Henri est sacré roi de Germanie le à Aix-la-Chapelle. Son éducation est assurée par l'évêque Konrad von Querfurt et le maréchal Henri de Kalden. La Chronique d'Ursperg décrit le jeune homme comme « sage et éloquent, de visage agréable mais plutôt mince, avec un corps fragile et faible, mais avec un esprit vif ». De 1174 à 1178, il accompagne son père lors de son expédition en Italie et assiste notamment à la défaite de l'armée impériale à Legnano.

Henri compose quelques poèmes lyriques dans sa jeunesse, dont trois nous sont parvenus, et s'entoure également de Minnesänger comme le poète Friedrich von Hausen, mort au combat à Philomélion.

En , au cours d'une diète solennelle célébrée près de Mayence, Henri et son frère cadet reçoivent l'adoubement. Le , Henri épouse Constance de Hauteville, la fille posthume de , roi de Sicile, en la basilique Saint-Ambroise de Milan. Le pape refuse d'assister à la cérémonie. Ce mariage permet la réconciliation de l'empereur et du successeur de Roger, le roi . En 1186, Frédéric Barberousse confie à son fils Henri l'administration du royaume d'Italie. Sur l'ordre de son père, Henri marche sur la Toscane et ravage les États pontificaux, contraignant le pape à demander la paix avec l'empereur.

Empereur du Saint-Empire En , Henri assiste à la diète de Mayence, au cours de laquelle son père prononce son vœu de croisade. En , Frédéric Barberousse quitte Ratisbonne pour la troisième croisade, et confie à Henri la régence du Saint-Empire. En novembre de la même année, meurt sans laisser d'héritier. Bien qu'il ait reconnu Constance comme son héritière, c'est un bâtard du roi , Tancrède de Lecce, qui est couronné roi au début de l'année 1190. Henri conclut la paix de Fulda avec son rival, Henri le Lion, afin d'avoir les mains libres en Sicile.

La nouvelle de la mort de son père, survenue le , retarde quelque peu son départ pour l'Italie, et ce n'est qu'en qu'il prend la route. Après avoir été sacré empereur par le pape le , il met le siège devant Naples, mais ses troupes sont frappées par une épidémie et l'opération échoue. Les habitants de Salerne en profitent pour enlever sa femme et la livrer à Tancrède. Henri rentre en décembre en Allemagne, où son épouse le rejoint après s'être échappée.

De retour en Allemagne, Henri apprend la capture de Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre et beau-frère d'Henri le Lion, par , duc d’Autriche, en . Il rachète le prisonnier puis exige de celui-ci une rançon de marcs. Richard Cœur de Lion n'est libéré qu'en . L'argent obtenu grâce à la rançon du roi d'Angleterre permet à Henri de financer son expédition contre le royaume de Sicile. En mars, Henri le Lion et son fils Henri de Brunswick font leur soumission à .

Conquête du royaume de Sicile En , entre en campagne en Italie du Sud, où Tancrède vient de mourir. Le trône de Sicile est alors occupé par un enfant de huit ans, Guillaume, fils de Tancrède, sous la régence de sa mère Sibylle d'Acerra. L'armée impériale ne rencontre guère de résistance : après s'être emparé de Naples et de Salerne, Henri fait son entrée dans Palerme le et est sacré roi de Sicile en la cathédrale de Palerme le . L'unique enfant issu de son mariage avec Constance, Frédéric-Roger, voit le jour le lendemain à Jesi, près d'Ancône. Peu après son couronnement, Henri se livre à une répression brutale : le , sous prétexte de complot, il ordonne l'arrestation de la famille royale et des principaux barons normands. Tous les prisonniers sont ensuite déportés en Allemagne. Henri place des hommes de confiance à des postes clés : Markward d'Anweiler reçoit la marche d'Ancône et le duché de Romagne, tandis que son frère cadet Philippe de Souabe reçoit la marche de Toscane.

Les chroniqueurs accusent Henri d'avoir châtré et crevé les yeux du jeune fils de Tancrède, Guillaume, et emprisonné à vie le reste de sa famille. Les nobles et les évêques ayant assisté au sacre de son rival auraient été brûlés vifs dans un champ près de Palerme, à cinq cents pas du palais royal. Henri aurait ensuite fait déterrer les dépouilles de Tancrède et de son fils Roger, puis leur aurait arraché leurs couronnes d'or avant de les décapiter. Selon Ferdinand Chalandon, ces événements auraient été inventés par les chroniqueurs : après un séjour en Allemagne, Sibylle et ses filles sont remises en liberté ; quant à Guillaume, le fils de Tancrède, il meurt probablement en captivité Francesco Panarelli, « », Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 60, 2003. .

Croisade germanique et mort

vignette|Sarcophage dans la cathédrale de Palerme. Henri annonce à Bari en 1195 qu'il veut prendre la tête d'une croisade germanique. Afin que sa succession se passe sans problème, il souhaite faire élire son fils unique Frédéric-Roger roi des Romains, mais de nombreux nobles qui espèrent préserver leurs droits à la couronne s'y opposent à la diète de . Il finit par obtenir gain de cause un an plus tard, et un contingent mené par plusieurs ducs allemands s'embarque pour Saint-Jean-d'Acre au cours de l'été 1197. Henri s'apprête à les rejoindre lorsqu'une révolte éclate en Sicile, peut-être fomentée par sa femme et le pape. Une armée impériale commandée par Henri de Kalden et Markward d'Anweiler écrase la rébellion à Paternò puis à Castrogiovanni. Fin mai, la révolte est matée, Jourdain du Pin est exécuté, mais l'empereur meurt le , avant d'avoir pu embarquer pour la Palestine. Selon la chronique d'Aubry de Trois-Fontaines, sa femme l'aurait peut-être empoisonné, mais sa mort est plus vraisemblablement due à la malaria ou à la dysenterie.

Sa dépouille est temporairement inhumée à Messine, avant d'être transférée dans la cathédrale de Palerme en et placée dans un sarcophage en porphyre commandé par son épouse, Constance.

Le tombeau d' fut ouvert pour la première fois en 1491. Le cadavre était dans un assez bon état de conservation, à tel point qu'on dit que les traits de son visage montraient encore la méchanceté et la cruauté qui le caractérisaient de son vivant. Le corps était enveloppé dans la robe royale jaune ornée notamment de fils d'or et de dessins d'animaux. Près des pieds, une couronne semblable aux couronnes des rois normands représentées dans les mosaïques de la Martorana et de la cathédrale de Monreale. Curieuse, la présence de mèches de cheveux longs, de différentes couleurs Saverio Schirò, « I misteri delle tombe Regali della cattedrale », sur palermoviva.it (consulté le 15 juin 2023)..

Ascendance

Références

Annexes Bibliographie . . .

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