Sept Ans de réflexion () est une comédie américaine de Billy Wilder, sortie en 1955.

Synopsis Dans un style cher au réalisateur, le film commence par une séquence chez les Indiens algonquins qui ont donné le nom Manhattan à cette célèbre île de New York, il y a quelques centaines d'années : les guerriers font leurs adieux à femmes et enfants qui partent pour des régions plus fraîches pendant les grandes chaleurs d'été, et tout de suite après tombent sous le charme de jeunes et charmantes squaws...

Richard Sherman, un responsable dans une petite maison d'édition spécialisée dans les (ré)éditions bon marché à couvertures aguichantes, a accompagné sa femme Helen et son fils Ricky à la gare pour les mêmes raisons : ceux-ci quittent la fournaise new-yorkaise pour se rendre dans le Maine, bien plus accueillant en été. À peine séparés, les tentations sensuelles sont déjà présentes et menaçantes, mais Richard se promet de ne jamais y succomber, comme d'ailleurs à l'alcool et à la cigarette, suivant les recommandations de son épouse et de ses médecins.

Il rentre chez lui et fait la connaissance d'une jeune femme à la beauté insensée, modèle dans la publicité, qui a emménagé dans l'appartement des voisins du dessus. Non, il ne cédera pas à la tentation, se répète-t-il. Richard est un homme à l'imagination galopante et conçoit ainsi plein de scénarios, par exemple pour révéler à sa femme son pouvoir de séduction ou pour charmer sa nouvelle voisine. Grâce à cette fantaisie d'esprit, il se donne aussi de bonnes raisons d'agir. De fil en aiguille, d'un premier rendez-vous au suivant, une relation avec l'irrésistible starlette peut s'engager.

Quelques personnages hauts en couleur viennent troubler soit ses intentions soit sa mauvaise conscience. Par exemple, le docteur Brubaker, auteur d'une étude intitulée De l'homme et son subconscient (que l'éditeur veut re-titrer Du sexe et de la violence, avec la couverture appropriée), livre dans lequel Richard découvre – excuse bienvenue – que beaucoup d'hommes dans leur septième année de mariage passent par une phase d'infidélité sporadique nommée « démangeaison de la septième année » (d'où le titre en V.O. The Seven Year Itch). Ou encore Kruhulik, le concierge venu chercher un tapis à nettoyer. Et Tom MacKenzie, une connaissance de la famille qui pourrait bien séduire la femme de Richard.

Fiche technique

vignette|redresse=1.4|Titre original, tiré de la bande-annonce du film. thumb|Bande-annonce du film.

Titre original : Titre français : Sept Ans de réflexion Réalisation : Billy Wilder Scénario : Billy Wilder et George Axelrod, d'après la pièce éponyme de ce dernier Musique : Alfred Newman, avec des extraits du concerto pour piano no 2 de Rachmaninov Photographie : Milton R. Krasner Montage : Hugh S. Fowler Son : et E. Clayton Ward Direction artistique : Stuart A. Reiss et Walter M. Scott Costumes : Travilla et Charles Le Maire Affiche : Boris Grinsson (France) Production : Charles K. Feldman, Billy Wilder et Doane Harrison (associé) Société de production : 20th Century Fox Pays de production : Langue originale : anglais Durée : 100 minutes Format : couleurs (DeLuxe) - - 2,55:1 (CinemaScope) - son stéréo 4 pistes (Western Electric Recording) Dates de sortie : États-Unis : France :

Distribution

vignette|redresse|Marilyn Monroe posant pour des photographes lors du tournage de la scène de la grille du métro dans le film, en septembre 1954.

Marilyn Monroe (VF : Claire Guibert) : la jeune femme (« the girl ») Tom Ewell (VF : Roger Tréville) : Richard Sherman Evelyn Keyes (VF : Jacqueline Ferrière) : Helen Sherman Sonny Tufts (VF : Claude Bertrand) : Tom MacKenzie Robert Strauss : M. Kruhulik, le concierge Oscar Homolka (VF : Raymond Rognoni) : le docteur Brubaker Marguerite Chapman : Miss Morris, la secrétaire Victor Moore (VF : Mario Painvin) : le plombier Donald MacBride (VF : Claude Péran) : M. Brady Carolyn Jones : Miss Finch, l'infirmière de nuit Mary Young : une passagère à la gare (non créditée) Doro Merande : la serveuse du restaurant végétarien (non créditée) : Ricky Sherman (non crédité)

Production Genèse Le film est inspiré d'une des pièces les plus audacieuses pour l’époque, jouée à Broadway, qui aborde la sexualité en général et l’adultère en particulier..

Attribution des rôles vignette|redresse=1.2|Marilyn Monroe et Tom Ewell dans le film.

Walter Matthau avait auditionné pour le rôle, car le réalisateur Billy Wilder voulait un homme commun et non une gravure de mode, afin que chaque mâle américain puisse mieux s'identifier et que le fantasme de la séduction soit plus représentatif. Mais c'est finalement Tom Ewell, qui avait créé le rôle de Richard à Broadway, qui est choisi.

Si, dans la pièce de théâtre c'était Vanessa Brown qui interprétait le rôle de la jeune femme, c'est Marilyn Monroe qui partage la tête d'affiche avec Tom Ewell, dans son .

Contrairement à ce qui a pu être dit, Marilyn n’incarne pas le rôle d'une sotte, mais plutôt une jeune femme naïve et spontanée. Son personnage n'a pas de nom (dans le script, elle est nommée « the girl », ). Elle est belle, le sait mais n'en joue pas : elle séduit sans vouloir séduire. Dans le film, son personnage est âgé de 22 ans, alors que pendant le tournage Monroe en avait 28. L'actrice vivait à l'époque des moments difficiles avec son époux Joe DiMaggio, ce qui se soldera par leur divorce pendant le tournage, après quelques mois de mariage seulement. Cependant, à la première du film le , jour du de Monroe, c'est DiMaggio qui l'accompagne.

vignette|Les jambes de Marilyn Monroe dans la scène de la bouche du métro.

Avec ce grand succès, Marilyn obtint plus de pouvoir face aux studios, notamment quant aux choix des scripts et des réalisateurs.

Dans le film, les scénaristes ont glissé un clin d'œil à la « véritable » Marilyn : quand le personnage de Tex demande à Richard de quelle blonde il parle, celui-ci répond : .

Accueil Critique Sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, le film obtient un score de 84 % d'avis favorables, sur la base de 32 critiques collectées..

Box-office Ce film s'est vu attribuer un budget de et en a rapporté . En France, lors de sa sortie, il a enregistré spectateurs en salles.

Classement En 2000, le film est classé au rang de la liste des 100 meilleurs films de comédie (AFI's 100 Years... 100 Laughs) établie par l'American Film Institute..

Distinctions

Récompense Golden Globes 1956 : Golden Globe du meilleur acteur dans une comédie pour Tom Ewell...

Nomination Directors Guild of America Awards 1956 : prix du meilleur réalisateur pour Billy Wilder...

Analyse vignette|redresse=1.4|Tom Ewell et Marilyn Monroe dans le film.

La pièce de théâtre adaptée dans le film, écrite par George Axelrod, a rencontré un très grand succès à Broadway en 1952 et, rapidement, les studios de Hollywood s'y sont intéressés. L'auteur ne désirait pas que le film soit présenté au public alors que la pièce se jouait encore. De plus, le sujet de la pièce, une affaire d'adultère, ne pouvait pas passer le cap de la censure : à cette époque en effet le sévère code Hays régissait la morale des œuvres cinématographiques.

Le Code préconisait en effet entre autres que . Les responsables de l'adaptation, Billy Wilder et George Axelrod, ont donc dû modifier de manière importante l'intrigue. Contrairement à la pièce qui aborde l'adultère de manière directe et drôle, dans le film il y a beaucoup de désir chez Richard mais pas de concrétisation. Les effets humoristiques des dialogues ont également été atténués. Souvent, c'est en mode subjectif que Richard, à haute voix, partage ses pensées avec le public.

La structure théâtrale reste néanmoins très présente : presque toute l'action se concentre dans l'appartement de Richard et est filmée presque exclusivement en plan américain (pas un seul gros plan), restituant ainsi l'unité de lieu et la perspective unique du spectateur de théâtre. De même, le scénario comporte peu de scènes mais celles-ci sont relativement longues.

Le film joue avec la réalité et le monde onirique car Richard est très imaginatif. Une séquence-clin d'œil où il se fait séduire par une femme fait référence à la scène mémorable dans Tant qu'il y aura des hommes (1953) entre Burt Lancaster et Deborah Kerr sur la plage. La femme qui embrasse Richard lui explique l'effet qu'il exerce sur elle : , From Here to Eternity étant le titre original de Tant qu'il y aura des hommes.

Notes et références

Liens externes

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