La maison de Melun, qui tire son nom de la ville éponyme située en Île-de-France (Seine-et-Marne), est une ancienne famille noble française qui forma de nombreuses branches toutes éteintes.
Les vicomtes de la première maison de Melun sont connus depuis Josselin , vicomte en 998 (et peut-être dès Salon, qui serait son frère aîné, vicomte en 991, 993 ?), et ont engendré, en lignée féminine, la deuxième maison vicomtale de Melun (alias la maison de Chailly).
Les Melun ont donné plusieurs chevaliers croisés. Leur famille a été d'une grande illustration au cours des siècles, a occupé de grandes charges et un haut rang parmi les familles du royaume. Elle a eu de nombreuses possessions et a contracté des alliances avec les maisons d'Artois, de Courtenay et de Dreux, issues de la maison royale de FranceLe Grand Dictionnaire Historique de Louis Moréri, tome X, aux Libraires associés, à Paris, 1759, pages 32 à 53 : Généalogie de la maison de Melun..
Elle a donné deux grands maîtres de France, trois grands chambellans, un grand bouteiller de France, un maréchal de France, un grand maître des arbalétriers, deux grands maîtres des eaux et forêts, plusieurs généraux, des gouverneurs de provinces, des ambassadeurs, des connétables héréditaires de Flandre et de Normandie, des évêques, des pairs de France, des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit, des chevaliers de l'ordre de la Toison d'or, etc.
Origines Les origines des Melun, au , sont très mal connues, et l'historien de Melun Sébastien Rouillard (fin -1639) comme le Père Anselme, célèbre généalogiste, et l'érudit local Louis Michelin (1765-1841), admettent des vicomtes sans doute mythiques, présentés comme issus du mariage d’Élisabeth Le Riche, fille du seigneur Lisiard Le Riche, avec Aymon de Corbeil : Salon serait déclaré vicomte de Melun en 991 par une charte des archives de l'abbaye Saint-Père de Melun, premier membre donc de la maison de Melun dont le nom soit connu, et il serait le frère aîné de Josselin Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France, 1872, pages 263-264 ; Hervé, vicomte de Melun, vivait en 1030 : mais il semble plus probable qu'il s'agisse en fait d'un comte de Melun ; Manassés serait vicomte de Melun en 1110, époux de Marguerite, fille de Milon II vicomte de Troyes, seigneur de Montlhéry et de Bray ; de plus des confusions peuvent exister avec des vicomtes de Sens du nommés Manassès, Salon, Guérin/Garin... (et qui constitueraient une branche cadette issue d'Ursion ci-dessous ?). Le chartiste Adolphe Duchalais (1814-1854) et le site MedLands proposent une liste plus assurée quoique lacunaire : Josselin/Goscelin , vicomte de Melun sous le comte Bouchard et sans doute apparenté aux Josselin de Courtenay, tenait rang parmi les grands seigneurs de la cour des rois Hugues Capet et Robert II ; il donna en 998, l'église de Noisy-le-Sec, c'est-à-dire le droit de patronage ou des dixmes, au monastère de Saint-Maur, où quelque temps après il prit l'habit de religieux, & y mourut le ou après . Il aurait pour frère Adam, † vers 1031/1032. Guillaume , vicomte de Melun vers l'an mil et jusqu'en 1042. Ursion/Urson , vicomte de Melun nommé dans une charte de l'abbaye de Ferrières de l'an 1070, fl. de 1067 à 1085/1094. Il peut être le père de : Guillaume II ou de Melun, surnommé le Charpentier à cause de sa grande force à combattre ses ennemis, se trouvait avec Godefroy de Bouillon lors de son expédition en Terre sainte en 1098Anselme de Sainte-Marie, Loyson, La science héraldique du blazon, contenant l'origine et l'explication des armoiries... ensemble les généalogies historiques des illustres maisons de France, 1675, page 499. et fut vicomte jusqu'à 1102 au moins. Son frère Gautier Paganus/Payen, fl. 1096, épouse Hodierne.
Un successeur du Charpentier, de nom inconnu et régnant vers 1100-1138, aurait pour fille Mahaut de Melun, femme d'Adam de Chailly qui deviendrait vicomte vers 1138 et règnerait jusque vers 1141. À moins que Mahaut soit plutôt directement la fille du Charpentier, voire sa sœur, fille d'Urson, ce qui ferait commencer le règne de son mari Adam de Chailly bien avant : Mahaut l'aurait alors épousé dès 1080/1090. Adam de Chailly, né vers 1060/1065 et † après 1141, était le fils d'un certain Étienne — sans doute fils lui-même d'un Helduin, et probable cousin d'un autre Étienne fils d'un Josselin ; la femme ou la mère d'Helduin était Hersende, fille d'Athon de Châteaurenard et Courtenay. Tous ces personnages semblent apparentés.
Adam de Chailly avait un frère, Gautier, mari d'Ulgesende et père d'un Hervé et d'un Adam. Plus tard, Adam de Chailly eut une deuxième épouse, Aveline de Corbeil dame d'Yerres, fille de Baudouin du Donjon de Corbeil (à Corbeil ou Soisy-sous-Etiolles) : d'où un fils, Thierry de Chailly sire d'Yerres : Postérité : Le fils d'Adam de Chailly et Mahaut de Melun, Gilles de Chailly, mourut prédécédé avant 1141, et c'est son propre fils Josselin II qui succéda dans la vicomté.
Branches La maison de Melun a formé neuf branches principalesGrand Armorial de France, tome V, 1948, pages 36-37 : Celle des vicomtes de Melun, comtes de Tancarville, sgrs de Montreuil-Bellay, qui a donné des connétables de Normandie, s'éteignit au commencement du dans la maison d'Harcourt poursuivie par la maison d'Orléans-Longueville. Celle des seigneurs d'Antoing, qui a donné des connétables de Flandre et de Hainaut, comtes et Princes d'Epinoy (1545), duc de Joyeuse et Pair de France (1714) dont le dernier mâle était le duc de Joyeuse mort sans enfant en 1724. Celle des comtes de Melun, dont le dernier mâle était Louis-Gabriel appelé le vicomte de Melun, lieutenant-général des armées du roi, mort le , il ne laissa qu'une fille qui s'est mariée au comte de Melun, son cousin germain. mort en 1738, (père de deux filles). Celle des marquis de Richebourg, dont le dernier mâle était Guillaume de Melun, marquis de Richebourg, grand d'Espagne. mort en 1734, père de deux filles. Celle des vicomtes de Gand, éteinte en 1572. Celle des seigneurs de Cottenes/Cottes en Artois, qui a pour tige Frédéric, bâtard de Jean de Melun, du nom, seigneur d'Antoing et d'Epinoy, éteinte dans les mâles en 1735 avec Adrien-Frédéric de Melun, dit le marquis de Cottenes, qui ne laissa qu'une fille. Celle de La Borde de Normainville, éteinte à la fin du dans la maison de Champagne-La Suze. Celle de Courtery, éteinte en 1565 dans la maison d'Escoubleau de Sourdis par le mariage de Madeleine de Melun de Courtry en 1549 avec François d'Escoubleau de Sourdis : elle était fille de Catherine de Roarthais et de Louis de Melun (lui-même fils de Jeanne Bonnet de La Chapelle-Bertrand et autre Louis de Melun, ce dernier étant le fils de Jean de Melun de Courtery et Marie du Fouilloux rencontrés ci-dessus). Celle des seigneurs de La Loupe, Marcheville et La Salle-lez-Cléry, issue du maréchal Simon puis éteinte à la fin du dans les Husson.
Branche aînée des vicomtes de Melun (branche 1) Josselin II, † vers 1156/1157, x Alpaïs de Marolles, fille de Gui de Villemaur. Louis, † après 1183, x Gisèle/Gisle. Sa sœur Aveline épouse Philippe de Nemours-Villebéon. Adam II (né vers 1168-† 1220 en Angleterre dans l'expédition du prince Louis), châtelain de Blandy, x Aremburge. Son frère Jean, † 1257, est chanoine de Sens, évêque de Poitiers en 1235 ; leurs frères : Renaud (chanoine de Sens), Guillaume (archidiacre de Sens), et Simon de Melun († 1231, gouverneur de Saint-Quentin ; x Euphémie de Thourotte). Guillaume III ou II (vers 1191-† 1221), x Agnès dame de Montreuil-Bellay. Sa sœur Héloïse épouse Jean fils de Guy IV de Garlande de La Houssaye. Adam III (vers 1210-† 1250 à Mansourah), sire de Montreuil, x 1° ~1235 Gertrude : d'où Aliénor/Eléonore de Melun, x 1255 Gautier IV de Nemours sgr. de Villebon et Tournanfuye : leur fille Marguerite épouse Thibaud (II) le Jeune de Bommiers/Baumetz (ce sont les beaux-parents, par leur fille Marguerite de Baumetz, de Jean V de Roucy) x 2° ~1239 Comtesse/Constance de Sancerre dame de La Loupe et Marchéville, fille du Grand-bouteiller Étienne II de Sancerre-St-Brisson, d'où la suite des vicomtes de Melun ci-après. Sa sœur Mathilde de Melun marie en 1230 Anseau V de Traînel, sire de Lézinnes et Voisines, maréchal puis connétable de Champagne. Guillaume IV ou III (fils d'Adam III et Comtesse de Sancerre ; † 1278 sans postérité de sa femme Alix de Chacenay, fille de Érard II de Chacenay et veuve de Guigues V de Forez) ; puis son frère cadet Adam IV (vers 1240-† vers 1304/1306), x Jeanne de Sully dame d'Ivoy, Bréviande et (la) Mal(e)voisine à Ivoy-le-Pré, Jars et Maupas/Morogues, fille d'Henri II de Sully et Pétronille de Joigny-Châteaurenard. Leurs frères et sœurs : Simon († 1302 à Courtrai ; sire de La Loupe et Marchéville en Chartrain, maître des Arbalétriers et maréchal de France, x Marie de Meung dame de Cléry-Saint-André : d'où la branche 9 des Melun sires de La Loupe, Marchéville et La Salle, fondue en 1374 dans les Husson, futurs comtes de Tonnerre), Jean () (vicomte en partie de Melun, sire d'Esprenne(s)-en-Brie/Les Esprunes/Eprunes à Réau et de Châtillon-la-Borde (-le- ou -au-Vicomte), x Isabelle de Montigny, d'où la branche 7 des Melun sires d'Esprenne, La Borde et Normanville, représentée notamment par le malheureux Grand-maître Charles de Melun, seigneur de Nantouillet et des Landes de Canappeville (décapité en 1468), et suivie par la branche 8 des Melun de Courtery, et (?) la branche 10 des Melun d'Esgligny-Le Buignon-Brumetz (ou de Lezay-Le Buignon-Brumetz selon Moréri, p. 44), et Jeanne, x Henri de Traînel de Villeneuve ; et Comtesse, abbesse du Lys en 1276-1300. Jean (ou II) (vers 1290-1359), fils d'Adam IV, Grand-chambellan, comte de Tancarville en , x 1° av. 1316 Jeanne, dame héritière de Tancarville et chambellane de Normandie, et 2° 1327 Isabeau d'Antoing d'Epinoy de Sotteghem de Gand (d'où les branches 2 à 6 : voir à l'article princes d'Epinoy). Ses frères et sœurs : Guillaume, archevêque de Sens en 1316-1329 ; Philippe, évêque de Châlons en 1335-1339, archevêque de Sens en 1338-1345 ; Jean, sire de Fontenelles, St-Maurice et Aillant, x Marguerite/Isabelle de Brimeu ; Isabelle, x 1310 Thomas II, seigneur de Bruyères et de Puivert ; et Agnès, † 1315, abbesse de Notre-Dame du Lys. Jean II (ou III) (vers 1318/1325-vers 1382), fils de 1° Jeanne de Tancarville, Grand-Chambellan, x vers 1334 Jeanne Crespin du Bec de Varenguebec, connétable de Normandie. Ses frères du 1° lit paternel : Adam, † vers 1362, premier chambellan des rois Jean le Bon et Charles V, ce dernier lui donnant Château-Landon et Mez-le-Maréchal ; Guillaume, archevêque de Sens en 1344-1376 ; Robert, x 1347 Isabelle de Châtenoy (Châtenoy ?). Jean III (ou IV), † sans postérité vers 1385 ; et son frère cadet Guillaume V ou IV, † 1415 à Azincourt, premier chambellan de Charles VI, Grand-bouteiller, Grand-maître des Eaux et Forêts, président de la Chambre des Comptes en 1402-1410, x 1390 Jeanne, dame de Semblançay, Parthenay, Châtelaillon, fille de Guillaume VII de Parthenay et de Jeanne de Mathefelon-Durtal. Leur sœur Marguerite épouse 1° Miles (ou X, ou XIII) de Noyers comte de Joigny, et 2° le connétable Robert de Fiennes. Marguerite, † av. 1448, fille de Guillaume IV-V, vicomtesse de Melun, comtesse de Tancarville et chambellane de Normandie, dame de Blandy et de Montreuil-Bellay, dame de Varenguebec et connétable de Normandie, dame de Semblançay, Parthenay, Châtelaillon..., transmet ses fiefs à son mari Jacques II d'Harcourt-Montgomery, petit-fils de Jean V comte d'Harcourt, épousé en 1417, et à leur fille Marie d'Harcourt : Marie d'Harcourt, † 1464, héritière de la branche 1 (branche aînée des vicomtes de Melun), x 1439 Jean de Dunois comte de Longueville (1403-1468), fils naturel de Louis duc d'Orléans et petit-fils de Charles V : Postérité Orléans-Longueville, dont François de Rothelin ci-dessous, arrière-petit-fils de Dunois et Marie d'Harcourt.