Coucy-le-Château-Auffrique est une commune française du département de l'Aisne et de la région Hauts-de-France, dans l'arrondissement de Laon, dépendant du canton de Vic-sur-Aisne.
La commune de Coucy-le-Château absorba en 1921 celle d'Auffrique-et-Nogent. À l'heure actuelle, on désigne encore communément la commune sous les vocables « Coucy » ou « Coucy-le-Château » sans mention d'« Auffrique ».
La ville se situe sur la pointe occidentale du Laonnois, le célèbre château de Coucy se trouve sur la commune, il fut la résidence du Châtelain de Coucy (parfois confondu avec ), un célèbre trouvère picard du Moyen Âge.
Le château est enserré dans la cité des Sires de Coucy, ensemble fortifié bâti sur un promontoire calcaire rocheux ceignant d'un long rempart d' tout le centre historique de la commune.
Géographie Localisation Le bourg de Coucy-le-Château-Auffrique est situé à l'ouest de Laon et à peu près à mi-chemin entre Chauny (au nord) et Soissons (au sud).
La commune est répartie sur deux niveaux : la ville basse (où convergent les voies de communication) et la cité médiévale de Coucy, enclose dans des remparts comprenant le fameux château de Coucy, lui-même plus en avant sur le promontoire dominant les vallées de l'Oise et de l'Ailette).
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le canal de l'Oise à l'Aisne, l'Ailette, le ru Renault, le canal 01 de la commune de Coucy-le-Château-Auffrique, le canal de l'Ailette, le cours d'eau 01 de la commune de Coucy-le-Château-Auffrique, le cours d'eau 01 de la commune de Jumencourt, le cours d'eau 02 de la commune de Crecy-au-Mont, le fossé 02 de la commune de Coucy-le-Château-Auffrique, divers bras de l'Aisne divers bras du Renault et un autre petit cours d'eau.
Le canal de l'Oise à l'Aisne est un canal à bief de partage au gabarit Freycinet reliant les vallées de l'Oise et de l'Aisne. Il relie les communes d'Abbécourt et de Bourg-et-Comin en passant sous le tristement célèbre « Chemin des Dames ».
L'Ailette, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Sainte-Croix et se jette dans l'Oise (rive gauche) à Quierzy, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Coucy-le-Château-AuffriqueLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Chauny à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Coucy-le-Château-Auffrique est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (50,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (49,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (50,2 %), terres arables (29,4 %), zones urbanisées (11,3 %), zones agricoles hétérogènes (7 %), prairies (2,1 %)..
L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Codiciacum (530) ; Chocis ; Cotianum ; « Terra que Megium dicitur in qua est castellum Cociaci » (1116) ; Codiciacum castrum (1121) ; castrum Codiciacense (1122) ; Coci (1134) ; Couciacum (1135) ; Cucci (1144) ; Castellum Coceium (1145) ; Castrum Cociacense (1173) ; Altare de Coci Castro (1175) ; Chociacus (1176) ; Couci (XIIe siècle) ; Couci Castrum (1188) ; Couchiacum (1188) ; Cociacus (XIIIe siècle) ; Couchi-le-Castiel (1303) ; Couchi (1305) ; Coucy-le-Chastel (1327) ; Coucy Castrum (1340) ; Couchy (1433) ; Coussy (1436) ; Coucy-le-Chasteau (1510) ; « Paroisse Saint-Sauveur de Coucy-le-Chasteau » (1690)..Durant la Révolution, la commune de Coucy-le-Château porte le nom de Coucy-la-Montagne. Pour Coucy voire la toponymie de Coucy-la-Ville.
Le déterminant le-Château fait référence au château de Coucy des « sires de Coucy », construit par ().
Auffrique est issu de l'ancienne commune Auffrique-et-Nogent, attesté sous les formes Auffricque (1477) ; Affricque (1536) ; Offricque (1685) ; Auffriques (1710). qui fusionna en 1921 avec la commune de Coucy-le-Château, pour former la commune de Coucy-le-Château-Auffrique.
Histoire vignette|gauche|Les ruines du château de Coucy d'après un dessin de Viollet-le-Duc. vignette|Plan de la cité médiévale de Coucy. L'histoire de la ville de Coucy est intimement liée au château. Le nom de Coucy n'est pas connu avant les premières années du . Les territoires de la ville et du château faisaient partie du domaine des archevêques de Reims.
Un premier château fut construit vers l'année par l'archevêque Hervé de Reims. Sa position exceptionnelle le fit convoiter par les plus puissants seigneurs de la région. Herbert de Vermandois, son gendre Thibaut, comte de Blois, et d'autres encore, s'en emparèrent successivement, jusqu'à ce que l'archevêque de Reims, Odalric, en régularisât la possession à , fils de Thibaut. Celui-ci finit par le recevoir en fief, moyennant un cens de 60 sous ().
Les descendants (?) de ce dernier, Robert et Albéric, furent ses successeurs. Albéric, dans la deuxième moitié du , fut sans doute le premier mari d'Ade de Marle et Coucy, qui suit et autour de laquelle s'organisa la succession.
Le domaine fut acquis vers , par . (), surnommé « de Boves », parce qu'il possédait la seigneurie de Boves, la plus importante du comté d'Amiens qui lui appartenait également (-). Son mariage avec Ade de Marle, fille de Létard (ou Létaud) de Roucy, le firent sire de Coucy, Marle, La Fère, Vervins Vers , prit pour maîtresse Sibylle de Château-Porcien, femme séparée depuis du comte . Cette union devint la cause d'une guerre acharnée avec d'autres barons du Saint-Empire romain germanique. À la suite d'un accord, garda Sibylle. De son premier mariage, il eut un fils Thomas dit « de Marle ». Ils participèrent l'un et l'autre à la première croisade.
Du vivant de son père, Thomas de Marle se fit une position indépendante. Sa seconde femme, Ermengarde de Montaigu, lui apporta en dot le château de ce nom, dont il fit une forteresse très hostile pour tous les seigneurs des alentours. À la suite de ses excès, la noblesse picarde vint l'y assiéger, avec l'aide de son père lui-même (). C'est alors que l'héritier du trône de France, , vint à son secours et força les alliés à lever le siège. Une lutte sanglante s'engagea à cette époque entre Enguerrand et son fils Thomas, laquelle dura jusqu'en . À ce moment, une diversion se produisit, et Thomas prit parti pour son père dans ses vues sur les communes d'Amiens et de Laon. Le vidame d'Amiens soutint la lutte contre lui, le blessa dans un combat et réussit à en délivrer la commune. s'empara sur ces entrefaites des deux châteaux de Crécy-sur-Serre et du Nouvion-et-Catillon en , où Thomas avait donné asile aux Laonnois révoltés et fugitifs.
À la mort de son père en 1116, Thomas de Marle, devenu maître d'immenses domaines, . Il entra en guerre contre le roi qui lui enleva en la tour de Coucy et la réduisit à une soumission complète. Un assassinat commis sur Henri, seigneur de Chaumont-en-Vexin, des actes continuels de pillage firent encore recommencer la guerre. Il mourut en , tué par surprise de la main même du comte , frère d'Henri de Chaumont. vignette|Château de Coucy, d'après un dessin de Viollet-le-Duc.
Après Thomas, ses domaines furent partagés entre ses fils , qui eut Boves, et , l'aîné, qui eut Coucy. Ce dernier continua la guerre contre le roi qui avait assiégé La Fère pendant plusieurs mois. La résistance de cette place força le roi à traiter. Enguerrand alla à la croisade de 1146 et mourut en Terre sainte (entre et , selon les sources).
, fils d', épousa successivement Agnès de Hainaut et Alix de Dreux, dont il eut , son successeur dans la seigneurie de Coucy, Thomas, seigneur de Vervins, Robert, seigneur de Pinon et . Après avoir accordé des chartes communales aux villes de Marle () et de Vervins (), mourut également en Terre sainte ().
La domination d', surnommé « le Grand », ou « le Bâtisseur », marque l'apogée de la maison de Coucy. Après une minorité pendant laquelle la ville de Coucy obtint de la veuve de Raoul une charte de commune, , disposant de forces et de richesses considérables, chercha à imposer son autorité à toute la région. Affranchie en du pouvoir seigneurial, Coucy se protège, à partir du , grâce à son enceinte et à ses portes de Laon, de Chauny et de Soissons.
ravagea les terres de l'Église de Reims () et figura à Bouvines avec éclat. Par l'une des alliances qu'il contracta successivement, il devint le beau-frère de l'empereur germanique . Accusé, non sans vraisemblance, d'aspirer à la couronne de France, il prit une part des plus actives aux luttes politiques et aux révoltes féodales qui se produisirent pendant la régence de Blanche de Castille, mère du roi . C'est sous sa direction que furent bâtis en quelques années (vers 1225) les tours et le donjon de Coucy, les châteaux de Marle, de Saint-Gobain et de Folembray. Il mourut à la suite d'un accident, en . Une de ses filles, Marie de Coucy, épousa le roi .