La Bibliothèque de l'Hôtel de Ville (auparavant dénommée « Bibliothèque administrative de la Ville de Paris ») est une bibliothèque publique patrimoniale du réseau des bibliothèques de la Mairie de Paris. Spécialisée en sciences sociales, droit, histoire contemporaine et documentation parisienne, elle est un lieu de recherche sur les Maurice Tisserand, La première bibliothèque de l’Hôtel de Ville de Paris (1760-1797). Paris, Imprimerie nationale, 1873. - Casselle (Pierre), « La Bibliothèque administrative et l’ancienne bibliothèque de l’Hôtel de Ville », dans Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque administrative de la Ville de Paris. Paris, Agence culturelle de Paris, 1988. - Pierre Casselle. « Paris. La Ville et ses bibliothèques », dans Les bibliothèques centrales et la construction des identités collectives. Leipzig, Leipziger Universitätsverlag, 2005, p. 79-86 : ill. (L’Europe en réseaux. Contributions à l’histoire de la culture écrite=Vernetztes Europa. Beiträge zur Kulturgeschichte des Buchwesens, III.).

Historique

La première bibliothèque municipale de Paris ouvrit ses portes au public en 1763. Négligée sous la Révolution, elle fut confisquée par le gouvernement en 1797 au profit de l’Institut de France.

En 1801, Nicolas Frochot, premier préfet de la Seine, décida la création d’une nouvelle bibliothèque qui fut installée dans l’Hôtel de Ville en 1817. Ses collections s’élevaient à plus de volumes à la fin du Second Empire.

thumb|Cachet de la bibliothèque de l'ancien hôtel de ville. Le , la bibliothèque disparut dans l’incendie de l’Hôtel de Ville allumé par la Commune de Paris. Elle commença à se reconstituer à l’hôtel Carnavalet sous la direction de Jules Cousin, dernier responsable de l’ancien établissement et qui avait fait don de ses collections historiques à la Ville, et dès , le programme du concours pour la reconstruction de l’Hôtel de Ville décida l’aménagement d’une bibliothèque dans le nouveau bâtiment.

En effet, l’administration municipale souhaitait créer deux établissements distincts pour remplacer la bibliothèque disparue : "une section historique, qui est actuellement en voie de réorganisation à l’hôtel Carnavalet ; une section administrative exclusivement à l’usage des services de la Préfecture, composée d’ouvrages généraux sur l’administration, le droit et la jurisprudence, l’économie politique, etc. et qui sera formée à l’Hôtel de Ville aussitôt que la reconstruction de l’édifice le permettraVille de Paris. Projet de budget de l’exercice 1873. Paris, Charles de Mourgues frères, octobre 1872, 113.". C’est là l’origine de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris et de la Bibliothèque administrative de la Ville de Paris (aujourd’hui Bibliothèque de l’Hôtel de Ville).

À partir de 1874, la Bibliothèque administrative occupa plusieurs pièces du Petit Luxembourg puis fut transférée, en 1879, dans le pavillon de Flore des Tuileries. Cette situation fut provisoire. Les collections, qui s’élevaient déjà à plus de volumes, furent transportées, dès 1887, dans la grande salle aménagée au cinquième étage du nouvel Hôtel de Ville où la bibliothèque put ouvrir ses portes le .

La salle de lecture de la bibliothèque, a été conçue par l’architecte Édouard Deperthes qui avait remporté le concours de la construction du nouvel Hôtel de Ville avec Théodore Ballu. Si, pour la disposition des grilles et du mobilier, on s’inspira de la bibliothèque Sainte-Geneviève, en revanche, le projet décoratif général s’en éloigna délibérément. Loin d’exalter la structure métallique de la salle, le parti fut pris de la masquer par un décor de chêne clair et de trompe-l’œil qui donne l’illusion d’une architecture traditionnelle en bois.

En 1913, Ernest Coyecque, l’un des pionniers du développement de la lecture publique, en fut nommé conservateur. Pendant l’occupation allemande, le responsable de la bibliothèque, Alphonse Bérard (1882-1944), participa à un réseau de Résistance et fut arrêté en . Il mourut en déportation à MauthausenDossier conservé à la Bibliothèque de l’hôtel de ville..

Collections

Les collections de la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville [BHdV] ont été constituées à l’origine pour répondre aux besoins de l’administration du département de la Seine dont le préfet faisait également fonction de maire de Paris. Contrairement aux bibliothèques administratives existant dans les ministères ou les grands corps de l’État, la bibliothèque de la préfecture de la Seine devait répondre à des besoins documentaires dans pratiquement tous les domaines de gestion de la plus grande collectivité locale, en même temps capitalePréfecture de la Seine. Catalogue de la Bibliothèque administrative, section française. Paris, Marchal et Billard, 1890. In-8°, 632 - Préfecture de la Seine. Catalogue de la Bibliothèque administrative, section française. Paris, Imprimerie municipale, 1898. In-8°, 890. C’est donc sur des bases très larges que les fonds de la bibliothèque se sont développés et enrichis depuis 140 ans. La constitution des collections destinées à remplacer celles qui avaient disparu en 1871 s’est faite par l’entrée régulière d’ouvrages d’actualité mais aussi par l’acquisition d’ouvrages anciens, notamment juridiques ou d’économie politique, des , et s.

Bibliothèque au service de l’administration et des élus municipaux parisiens mais également bibliothèque de conservation et de recherche ouverte au public, elle conserve aujourd’hui environ volumes imprimés (dont titres de périodiques vivants ou morts).

Les fonds de publications officielles, nationales et locales, françaises et étrangères constituent l’une des principales richesses documentaires de la bibliothèque. Sources longtemps méconnues de l’histoire contemporaine, elles sont ici facilement accessibles quelle que soit leur date. Documents législatifs et réglementaires, parlementaires, budgétaires, statistiques, publications des villes et des départements, forment des séries qui, pour beaucoup, remontent à la première moitié du siècle.

À l’intérieur de cet ensemble se remarquent les publications des anciennes colonies françaises. Ce fonds s’est constitué en particulier grâce au service direct des divers départements de l’administration coloniale adressé à la Préfecture de la Seine et à la Ville de Paris. Si l’Afrique du Nord (2200 volumes) et l’Afrique noire occupent une place prépondérante, l’Asie (800 volumes) et les « Vieilles colonies » (Saint-Pierre-et-Miquelon, Antilles, Guyane, Réunion) sont également bien représentées. Bulletins et journaux officiels, procès-verbaux des assemblées locales, budgets et comptes, rapports des principales directions, études et communiqués des Chambres de commerce permettent d’étudier l’histoire coloniale vue du côté des colonisateurs.

Ces collections sont indissociables du fonds général de la Bibliothèque : la politique mise en œuvre dans les territoires s’élabore en métropole. C’est donc aussi dans les publications officielles métropolitaines (Bulletin des lois, Journal officiel de la République française, Bulletins officiels des ministères, etc.) que l’on peut suivre l’évolution et la mise en place des cadres administratifs coloniaux. Cette complémentarité des fonds offre une étude de l’histoire coloniale dans sa presque totalité : organisation militaire, administrative, financière, économique, scolaire, culturelle, etc. alt=The original text of the revised statutes of the State of New-York -1828 [Ville de Paris BHdV]|vignette|The original text of the revised statutes of the State of New-York, 1828, copyright Ville de Paris / BHdV.|353x353px Le fonds étranger compte environ 40 000 volumes. Ce sont pour la plupart des publications officielles, provenant de toutes les parties du monde (plus de vingt langues sont représentées) et couvrant principalement la période 1870-1920 (même si certaines séries remontent à la première moitié du tandis que d’autres se poursuivent jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et au-delà). L’histoire de cette collection remonte à Alexandre Vattemare, créateur à Paris sous la monarchie de Juillet du premier système d’échange international de publications. Il procura ainsi à la Ville de Paris, qui avait été en 1842 la première administration française à s’associer au projet, une magnifique bibliothèque américaine de près de volumes qui, ayant été retirée de l’Hôtel de Ville en 1869, échappa à l’incendie de 1871L’Ambassadeur extravagant : Alexandre Vattemare, ventriloque et pionnier des échanges culturels internationaux, Paris, Le Passage, Paris-bibliothèques, Boston Public Library, 2007, sous la direction de Pierre-Alain Tilliette et Earle Havens.. Cette collection, retournée ensuite dans la nouvelle Bibliothèque administrative, fut le noyau de sa « section étrangère »Préfecture de la Seine. Catalogue de la Bibliothèque administrative, section étrangère dressé par A. Canot. Paris, Imprimerie nationale, 1892. In-8°, 711. En 1886, la Ville de Paris faisait ainsi des échanges de publications avec 266 correspondants étrangers, au niveau national, provincial ou municipal. La Première Guerre mondiale les interrompit avec un certain nombre de pays et les restrictions budgétaires des années 1920 y mirent un terme. Couvrant les domaines les plus variés, ce fonds représente aujourd’hui un ensemble unique en son genre de publications des administrations nationales et locales des pays suivants : États-Unis, Grande-Bretagne et ancien Empire britannique, Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie, Russie, Belgique, Pays-Bas, Espagne et Amérique latine, etcVoir les catalogues raisonnés consacrés à ces fonds, publiés par Paris bibliothèques : Catalogue des fonds coloniaux, I : Grande-Bretagne, Pays-Bas et Portugal. Paris, 1992. In-4°, 284 p. - Catalogue des fonds coloniaux II : les colonies dans les Expositions. Colonies françaises. Paris, 1994. In-4°, 309 p. - Catalogue des fonds coloniaux III : Colonies françaises, 2. Publications officielles métropolitaines et locales concernant l’Afrique en général et l’Afrique du Nord en particulier (Algérie, Tunisie et Maroc). Paris, 200. In-4°, 419 p. – Catalogue du fonds des États-Unis d’Amérique, I [publications officielles fédérales ; bibliographie générale]. Préface d’André Kaspi. Paris, 1997. In-4°, 383 p. – Catalogue du fonds allemand. Préface de Werner Paravicini. Paris, 1999. In-4°, 513 p. – Catalogue du fonds des États-Unis d’Amérique, II [publications des États, des villes et des universités. Paris, 2002. In-4°, 459 p.

Les catalogues des fonds étrangers et coloniaux de la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville, avec leur cadre de classement, leurs notices proches du dépouillement, leurs rappels en histoire administrative, leurs illustrations tirées des documents, leurs index copieux, sont des outils de recherche qui enrichissent les 5825 notices des fonds allemand, américain, italien, d’Europe centrale ou encore des anciennes colonies britanniques accessibles depuis l'été 2016 via le catalogue des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris.