, né le . et mort le ., est roi d'Angleterre de 1399 à sa mort. Il est également seigneur d'Irlande de 1399 à 1413, et revendique les prétentions de son grand-père sur le trône de France, en pleine guerre de Cent Ans. Il voit le jour au château de Bolingbroke dans le Lincolnshire, ce qui lui vaut son autre nom, Henri (de) Bolingbroke.
Son père, Jean de Gand, troisième fils d', jouit d'une influence considérable pendant le règne de son cousin , qu'Henri finit par renverser. Henri inaugure le règne de la maison de Lancastre, une branche cadette des Plantagenêt qui se maintient sur le trône jusqu'en 1461. Il est le premier roi d'Angleterre ayant la langue anglaise comme langue maternelle depuis l'invasion de Guillaume le ConquérantIsabelle Janvrin, Catherine Rawlinson, The French in London: From William the Conqueror to Charles de Gaulle, ..
Jeunesse Origines Henri, né le , est le filsLes analyses ADN menées à la suite de la découverte du squelette de en 2012 ont mis en évidence une illégitimité sur la lignée agnatique, mais sans qu'on identifie ladite illégitimité sur les descendants de Jean de Gand, depuis à , et donc de la lignée des rois Tudors. de Jean de Gand et de Blanche de Lancastre. Par son père, il est le petit-fils du roi . Il naît au château de Bolingbroke, dans le comté de Lincolnshire. Pour cette raison, il est surnommé « Henri Bolingbroke ». Sa mère meurt dès 1368. Son père se remarie avec Constance de Castille en 1371 puis avec sa maîtresse Katherine Swynford en 1396. légitime en 1397 les enfants de Jean de Gand et de Katherine sous le nom de Beaufort.
Henri avait de bonnes relations avec sa belle-mère Katherine mais ses relations avec ses demi-frères varièrent au fil du temps. Dans sa jeunesse, il sembla avoir été proche d'eux, mais il entra en conflit avec ses demi-frères, le cardinal Beaufort et Thomas Beaufort à partir de 1407, date à laquelle il les déclara inéligibles au trône. Son beau-frère Ralph Neville ( de Westmorland) resta un de ses plus fidèles compagnons, tout comme son demi-frère Jean Beaufort ou Thomas Swynford, fils de Katherine par un premier mariage. Thomas était connétable au château de Pontefract, lorsque le roi y mourut mystérieusement en .
Membre des Lords Appellant et exil Enfant, Henri devient un camarade de jeux de son cousin Richard de Bordeaux. Ce dernier accède au trône à la mort d' en 1377, date à laquelle Henri est fait comte de Derby. Il devient comte de Northampton en 1384 puis duc d'Hereford en 1397 sur une ordonnance de , et entre à la Chambre des lords en 1385. D'abord fidèle à Richard au début de son règne, Henri se démarque en 1387 en devenant un des membres des opposants aux excès du roi : les Lords Appellant. Le , il défait les troupes royales menées par Robert de Vere à la bataille de Radcot Bridge. Cette victoire permet aux Lords Appellant d'éliminer le cercle de favoris du roi à la suite de l'Impitoyable Parlement en 1388. Richard reprend le contrôle du pouvoir en .
Henri quitte l'Angleterre de 1389 à 1393. En 1390, il combat avec de l'ordre Teutonique lors du . Il effectue ensuite un pèlerinage à Jérusalem. Il fait alors le vœu de délivrer cette ville « des infidèles », ce qu'il ne peut cependant jamais réaliser. Il rend visite aux rois de Bohême Venceslas et de Hongrie Sigismond en 1391. En 1392, il reste quelque temps à la cour du duc d'Autriche puis part à Venise et à Rhodes avant de rentrer en héros en Angleterre en 1393. Il acquiert alors une grande popularité pour son courage et sa piété auprès du peuple, du clergé et de la noblesse. En 1395, il fait partie du conseil de régence présidé par son oncle Edmond de Langley, duc d'York, pendant l'absence du roi en Irlande.
En 1397, les trois principaux Lords Appellant — Thomas de Woodstock, , l’oncle de , Richard FitzAlan, et Thomas de Beauchamp, — sont arrêtés et condamnés à mort ou emprisonnés mais Bolingbroke est épargné par son cousin Richard. En , Henri entre en conflit avec Thomas de Mowbray, ce dernier l'accusant de trahison. La dispute devait être réglée par un duel mais au dernier moment, Richard intervint et prononça des peines d'exil : pour Bolingbroke, à vie pour Norfolk. Henri se réfugie en à Paris puis en Bretagne. À la mort de Jean de Gand le , Henri est dépossédé de ses biens, mais succède cependant à son père aux titres de comte de Lancastre, de Leicester et de duc de Lancastre.
Déposition de vignette|gauche|upright=1.5|Bolingbroke rencontre Richard au château de Flint, Collection Harley. Le , il débarque secrètement à RavenspurnIl fut aidé par le duc de Bretagne, voir Albert le Grand, Bertrand d'Argentré et Histoire résumée du Moyen Âge…, par M. Petit Baroncourt. dans le Yorkshire. Des hommes venus des quatre coins du pays se rallient bientôt à lui. La plupart des chevaliers et hommes de confiance du roi l’ont suivi en Irlande, et Henri ne rencontre pas réellement de résistance lors de sa campagne vers le sud. Edmond de Langley, chargé de protéger le royaume en l’absence du roi, n’a guère d’autres solutions que de prendre le parti d’Henri.. Pendant ce temps, le retour d’Irlande de Richard est retardé et il débarque au pays de Galles seulement le .. Il prend alors la direction de Conwy où il rencontre le comte de Northumberland le pour négocier.. Une semaine plus tard, se rend à Henri au château de Flint contre la promesse d’avoir la vie sauve.. Les deux hommes rentrent alors à Londres, le roi prisonnier faisant toute la route derrière Henri. À son arrivée le , il est enfermé dans la tour de Londres..
vignette|upright=1.5|Bolingbroke revendiquant le trône en . D'après un manuscrit contemporain, British Library, Collection Harley.
Henri est maintenant fermement résolu à monter sur le trône, mais il lui faut justifier cette action. Il est souvent dit que Richard, du fait de sa tyrannie et de sa mauvaise gouvernance, s’est rendu lui-même indigne d’être roi.. Toutefois, Henri n’est pas le mieux placé dans l’ordre de succession au trône ; l’héritier est en fait Edmund Mortimer, qui descend du second fils d’, Lionel d'Anvers. Le père d’Henri, Jean de Gand, n’est que le troisième fils d’.. Il règle ce problème en soulignant le fait qu’il descend d’une ligne directe « mâle » tandis que Mortimer est héritier par sa grand-mèreBien que la tradition soit de transmettre les comtés par lignée masculine, aucune tradition n’existe pour la succession au trône d’Angleterre. Un précédent existe en France où les prétentions pour le trône de France par le roi d’Angleterre ont été invalidées car passant par la lignée féminine, ce qui est à l’origine de la guerre de Cent Ans.. Officiellement, Richard accepte volontairement de laisser sa couronne à Henri le .. Le Parlement réuni le accepte l'abdication de Richard.
Règne vignette|gauche|redresse|Le couronnement d'. D'après les Chroniques de Jean Froissart. est couronné en l'abbaye de Westminster à Londres le par Thomas Arundel, archevêque de Cantorbéry. Lors de son intronisation, il s'adresse pour la première fois aux nobles en anglais depuis 1066. Il passe la majeure partie de son règne à réprimer des rébellions de nobles ou des complots. Pendant l'-1401, il reçoit la visite de l'empereur byzantin ; Henri lui donne pour se défendre contre les attaques de l'Empire ottoman, notamment lors du siège de Constantinople, finalement levé en 1402.
Soulèvement de l'Épiphanie
vignette|Funérailles de . La destinée exacte de Richard après sa destitution n’est pas très claire. Il reste dans la tour de Londres avant d’être emmené au château de Pontefract en .. Bien que le roi Henri lui ait, dans un premier temps, promis la vie, il change rapidement d’avis lorsqu'il découvre en un complot organisé par les anciens favoris de Richard, mécontents d'avoir été privés de leurs titres, visant à l'assassiner et à restaurer Richard au pouvoir.. Les conjurés s'enfuient vers les marches galloises mais sont appréhendés par les autorités locales. Ils sont tous exécutés en .
Bien qu’il l’ait anticipé, ce complot montre les risques qu’encourt Henri s’il laisse Richard en vie. Richard meurt en captivité aux alentours du , bien que de sérieux doutes planent quant à la date exacte et la cause réelle de sa mort. Le corps est emmené dans la cathédrale Saint-Paul le , avant d’être enterré dans l’église de Kings Langley le . Des rumeurs selon lesquelles Richard serait toujours en vie persistent un temps, mais ne gagnent jamais vraiment de crédit en Angleterre.. En Écosse, un homme identifié comme Richard est logé dans le château de Stirling par le duc d’Albany Robert Stuart et se dit être un personnage important, responsable de plusieurs intrigues lollards et contre la dynastie des Lancastre en Angleterre. Il est décrit comme un mendiant au moment de sa mort en 1419. Il est toutefois enterré comme un roi dans le monastère dominicain de Stirling.
Révolte des Gallois
Début 1400, au pays de Galles, de nombreuses personnes comme Owain Glyndŵr se voient demander pour la première fois vers qui va leur loyauté. Les Gallois étaient traditionnellement des soutiens du roi Richard, qui avait succédé à son père, le Prince Noir, comme prince de Galles en 1376. Avec la déposition de Richard, les possibilités d'avancement qui leur avaient été offertes se voient soudainement considérablement réduites, ce qui amène de nombreux Gallois à s'interroger sur leur futur. L'agitation éclate en le long de la frontière. La révolte part d'une simple querelle entre Owain Glyndŵr et son voisin anglais. Owain Glyndŵr entre en conflit avec Reginald Grey, Grey de Ruthyn. Ce dernier use de son influence et de son amitié auprès du roi pour obtenir gain de cause. Grey parvient également à dissimuler la convocation royale enjoignant Glyndŵr à rejoindre la campagne du roi contre l’Écosse en . En ne répondant pas à l'ordre royal, il se rend donc coupable de trahison. Il s'ensuit que le roi déclare Glyndŵr traître et ordonne la confiscation de ses terres. Cela ne laisse d'autre choix à Glyndŵr qu'à s'enfuir et à entrer en rébellion ouverte.
En , Owain Glyndŵr, autoproclamé prince de Galles, mène une révolte contre dans le Pays de Galles et les marches galloises. Glyndŵr mène une guérilla efficace contre les troupes d'Henri. Il enregistre sa première victoire significative à bataille de Mynydd Hyddgen en . Bien que le roi accorde son pardon à la majorité des rebelles, les Gallois s'emparent du château de Conwy. Edmond Mortimer, proche parent de (son neveu Edmond était l'héritier de Richard en 1399), est capturé par Glyndŵr à la bataille de Bryn Glas en 1402. Henri refuse de payer sa rançon et Mortimer s'allie avec Glyndŵr. À partir de 1403, la révolte devient véritablement nationale et touche tout le pays de Galles. Glyndŵr passe à l'offensive à l'ouest et au sud. Il devient souverain effectif du pays de Galles en 1404, date de son couronnement à Harlech. Il reçoit le soutien des Français et des Bretons ainsi que des nobles anglais en révolte contre . La résistance anglaise se réduit désormais à quelques châteaux, villes fortifiées et manoirs isolés.
Néanmoins, la révolte s'essouffle à partir de 1405 à la suite des victoires anglaises à Grosmont et à Pwll Melyn. Les Français retirent l'essentiel de leurs troupes en 1406. Aberystwyth et Harlech sont respectivement reprises en 1408 et 1409. La famille de Glyndŵr est capturée à Harlech et emprisonnée à la tour de Londres. Glyndŵr est chassé de ses places fortes et perd ses plus brillants tacticiens lors d'un raid suicidaire en 1410. Glyndŵr est mentionné pour la dernière fois dans la région de Snowdonia en 1412. Il meurt aux alentours de 1416. L'autorité du roi d'Angleterre sur le pays de Galles à ce moment-là est alors fermement rétablie.
Bataille de Shrewsbury
vignette|Mort d'Hotspur à la bataille de Shrewsbury par Richard Caton Woodville, 1910.