Le prieuré Saint-Pierre d'Antioche, est un ancien monastère bénédictin, situé sur la commune de Montambert, dont il subsiste aujourd'hui l'église et le logis prieural (tous deux remaniés).
Rattaché au prieuré Notre-Dame de La Charité-sur-Loire, il dépendait de l'abbaye de Cluny.
Historique
Les origines du monastère Peu de sources concernant le village et le prieuré de Montambert sont parvenues jusqu'à aujourd'hui.
Certains écrits font remonter la donation de l'église de Monte Ansberti à l'abbaye de Cluny à l'année 1075, le donateur étant le comte de Nevers Guillaume . Pourtant, aucune trace d'époque ne confirme cette date. L'hypothèse d'une fondation comtale est cependant fort possible : à cette époque de nombreux monastères sont érigés par les aïeux ou les successeurs de Guillaume. En 1685, Claude Saulnier, prévôt et chanoine d'Autun écrit à propos de Montambert :Le prieuré Saint-Pierre de Montambert fut fondé par les anciens comtes de Nevers pour servir d'hospice aux religieux de l'abbaye de Cluny quand ils font voyage à La Charité.Le premier document mentionnant cette paroisse (et non le prieuré comme communauté monastique) remonte à mars 1107, il s'agit une bulle du pape Pascal II, qui confirme l'appartenance l'église au prieuré de La Charité. Cette possession est à nouveau attestée sous la même appellation d'ecclesia par la bulle du pape Lucius II, en avril 1144.
Des moines aménageurs Les moines défrichent et assèchent les marécages, ils mettent les lieux en valeur avec des pâturages et des étangs encore visibles (la commune en recense trente-deux actuellement).
Un petit village se crée alors avec des paysans cultivant de petites parcelles sous la protection et pour le compte des religieux. La toponymie conserve d'ailleurs les noms désignant ces parcelles : Les Cours ; la Réserve ; Bauduron ; Domaine Doré ; Domaine Guillin ; Domaine Joyon ; etc.
Il semble donc que la fonction du monastère soit de surveiller les terres (domaines, bois et étangs) se trouvant aux alentours et d'assurer le service paroissial pour les populations sur place. En somme, il s'agit d'un prieuré simple à la limite du domaine d’exploitation.
Pour ces raisons, on peut supposer que sur la période médiévale cet établissement ne compte pas plus de deux ou trois religieux entourés de familiers. Il n'y a donc pas de cloître ni de vie conventuelle sur place, l’espace monastique se concentrant autour du logis et de l'église.
Une situation contrastée à la fin du Moyen Âge Le dimanche , le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, futur comte de Nevers, dîne à Montambert avant de partir pour le château de Decize où il reste jusqu'au mercredi suivant. Un arrêt dans l'église du prieuré est envisageable.
D'après un pouillé datant du , le prieuré est taxé de , une somme importante qui montre que l'établissement fonctionne plutôt bien : en 1340, la ferme du revenu est évaluée à avec obligation de « défrayer le prieur, son clerc et ses chevaux à plusieurs fois l'an, bien et honnête manger, laver, coucher selon son état ». L'économie du monastère repose sans doute sur la pisciculture comme d'autres implantations religieuses de la région (notamment la chartreuse d'Apponay). Le prieuré voisin de Fontaines est lui aussi taxé de .
Le prieur de Montambert est souvent mentionné comme visiteur régulier de l'Ordre de Cluny au cours du jusqu'au début du . Son établissement est également inspecté à plusieurs reprises par d'autres supérieurs clunisiens :
En 1458, le prieur n'a pas de résidence. Le prieuré, d'une valeur certaine, tend à s'effondrer en raison de la défaillance de son administration. Il n'y a qu'un seul religieux dans ce prieuré. Les visiteurs n'y ont procédé à aucune ordination, n'ayant trouvé ni personne d'autre qu'un religieux ni lieu approprié pour les recevoir. Les définiteurs décrètent que ledit prieur soit sommé, de comparaître en personne au cloître de Cluny afin d'y recevoir la punition de sa mauvaise administration ; et que ledit prieuré soit remis entre les mains de l'abbé, qui en effectuera réparation. En 1470, les visiteurs notent que le prieur est accompagné d'un moine. Il est indiqué que tout est commun entre le prieur et le curé, que l'église est bien entretenue avec des ornements ; seuls les livres ont été déchirés et ont besoin d'être réparés. Le prieur a réparé les maisons et a construit une nouvelle grange ; le reste est dit en bon étatFédération des Sites Clunisiens, article sur le Prieuré Saint-Pierre de Montambert : https://home.sitesclunisiens.org/.
Difficultés durant l'époque Moderne En 1530 (ou 1531), le prieuré est détruit par une bande de pillards, les « robeurs », qui viennent de la région d'Autun. Cependant, peu d'informations sont disponibles sur cet épisode. Plusieurs bâtiments sont détruits, saccagés puis brulés (dont l'église), plusieurs habitants sont tués notamment le prieur commendataire Étienne de la Montagne alors en visite. Le curé Guillaume Perrin et quelques paroissiens arrivent à prendre la fuite et se cachent dans les bois. En 1532, le monastère est mentionné sous la « mainmise et sous la garde de la comtesse de Nevers ».
Les actes et parchemins originaux du monastères (rentes, fondations, privilèges, terrier) sont détruits dans l'incendie. Le nouveau prieur, Christophe Coquille, doit alors se battre pour maintenir la seigneurie du prieuré intacte : en 1538, il obtient du roi François des lettres patentes afin de faire reconnaître les limites de sa seigneurie. Plusieurs terriers sont produits à cette époque-là dans le but de reconstituer ou de justifier ce temporel, possiblement sujet aux convoitisesAD58 : H 39-44.
Malgré ces efforts, il semble que l'église soit petit à petit délaissée au profil de celle de Tannay : les desservants de cette cure deviennent ceux de Montambert dès la fin du . De plus, et très curieusement, la paroisse de Montambert n'est pas répertoriée sur plusieurs cartes du duché et de l'évêché (celles de 1635., 1640., 1665.) ; alors que Tannay est bien présente.
Le logis est reconstruit en 1633 sous l'impulsion du prieur Dom Gaspard de Ramilly. Les travaux sont achevés en 1661, date figurant au-dessus du portail, sous le priorat de Dom Millin. Des travaux, plus tardifs, sont également attestés dans la prieurale : une nouvelle nef est élevée au cours du et en 1779, le curé Lambert fait refaire les plâtres, les boiseries, l'autel ainsi que le retable de l'église.. vignette|Plan du prieuré de Montambert daté de 1762, disponible aux Archives nationales.|320x320px
De la Révolution à aujourd'hui Grâce à l'action du curé Lambert et du prieur d'Eure de Glanne, la prieurale semble presque relevée lorsque la Révolution commence. Inutilisée, elle est vendue comme bien national le à Parent La Garenne, marchand de bois et maître de forges. Dépourvue de ses attributs religieux, vide de tout son mobilier, l'église délabrée est convertie en grange pendant plus d'un quart de siècle..
En 1823, elle est rachetée par François Imbart de La Tour, propriétaire à Couëron (Thaix) qui en fait don à la commune de Montambert afin d'y célébrer le culte. Le conseil municipal accepte l'offre et vote les crédits nécessaires à la restauration, auxquels s'ajoutent de nombreux dons. L'architecte Villard est chargé de dresser le devis des travaux : il s'agit de réparer en particulier la couverture de la flèche et de plafonner la nef afin de dissimuler la charpente, jusqu'alors apparente.
Les réparations sont longues et importantes, l'édifice n'est rendue au culte qu'en 1842 ; l'abbé Thomas en est alors nommé curé. D'autres travaux de consolidations sont effectués entre 1875 et 1878 (consolidation de la charpente et couverture de la flèche et de la nef). À cette époque, les murs de la nef sont exhaussés et les baies du premier niveau du clocher sont murées. En 1902, l'architecte Renan établit un devis pour refaire la voute de la nef en briques creuses. Celle-ci est restaurée et repeinte en 2002. Architecture L'ancienne prieurale L'église du prieuré dédiée à Saint-Pierre d'Antioche est construite entre la fin du et le début du . C'est une église orientée, de plan en croix latine, à absides et absidioles circulaires, avec clocher sur la croisée du transept voûté à un vaisseau, dont les bras ouvrent à l'est sur une absidiole, et à l'ouest communique avec la nef par une étroite arcade en plein cintre.
Le chœur est constitué d'une travée rectiligne, couverte d'un berceau en plein cintre et donnant sur une abside en cul-de-four. Il est recouvert de lambris en chêne taillé dont les assemblages sont à joints mixtes et chevillés. La hauteur du lambris sur la travée droite du chœur est de et sur les piliers et dans l'abside à . Ils sont du du ..
L'église, la porte d'entrée et l'escalier intérieur du prieuré avec sa rampe droite à balustres sont, par arrêté du , . En regardant le chevet de l'extérieur on découvre que malgré les remaniements, cet édifice est un exemple significatif de l'art harmonieux du style roman nivernais. vignette|400x400px|Plan du prieuré de Montambert daté de 1791, disponible aux Archives départementales de la Nièvre (1 Q 853). La nef à vaisseau date du , elle est couverte d'une fausse voûte en berceau déprimée en brique creuse réalisée en 1902. Le transept à un vaisseau est flanqué à sa droite de la sacristieD'après les devis de l'architecte Renan, elle existait déjà en 1842. Le clocher À l'origine éclairé par deux niveaux de baies jumelées en plein cintre, séparées par des colonnettes géminées, à l'exception du côté sud. Les baies du premier niveau ont été murées lors du rehaussement des murs de la nef. Il renferme une cloche de Barbier l'Aîné, fondeur. Sans précision de datation. Vitraux En 1981, année d'inscription au titre de monument historique, un recensement des vitraux est effectué par Bernard Lauvergeon et Virginie Inguenau pour l'Inventaire Général du Patrimoine de Bourgogne à la demande du Conseil Régional..
Les vitraux que l'on peut voir aujourd'hui datent du . Ceux de la nef sont signés Goyet, maître verrier à Grenoble.
Mobilier Bannière 1 : en soie et satin en application sur textile représentant la Vierge, le visage et les mains peints sur la toile, la robe et le manteau sont en satin blanc. Cette bannière est en mauvais état, usure du temps et déchirure. Datant du , d'une hauteur de sur de large, elle est inscrite à l'Inventaire Général.. Bannière 2 : comme la précédente elle est en mauvais état : usure, déchirure. Elle porte la date de 1902 et une inscription concernant le lieu d'exécution : "Société catholique:ornements d'église/A.Mont/A.Cabaret, succr/ 8 rue du Vieux Colombier 8 Paris". Elle est réalisée en soie rouge et satin brodé avec application sur textile de fil de métal blanc. Le fond est en satin rouge à décor brodé à l'effigie rapportée de saint Pierre, visage et mains peints.. Fonts baptismaux 1 : en grès gris taillé, pied et cuve de forme octogonale, cette dernière avec rebord à feuillure. Formé de deux blocs monolithes ; traces de gradine sur le soubassement ; la cuve est bouchardée et ciselée. Elle fait de haut pour une largeur de , le soubassement fait de large. Cet ensemble qui provient de l'ancienne église de Tannay n'a plus de couvercle et de doublure, il sert actuellement de bénitier et date du ou du .. Fonts baptismaux 2 : cet ensemble de plan ovale est en calcaire taillé, décor en bas-relief, avec ornementation feuillage, oves ; cuivre. Il fait de hauteur pour une largeur de et un diamètre de . Sa datation est estimée au du .. Bénitier : en grès taillé, badigeon bleu de plan octogonal, composé de trois éléments monolithes ; pied constitué de deux tambours et d'une cuve. On relève des traces de hache et de ciseaux. Sa hauteur est de pour de large et un diamètre de . Il semble avoir changé de fonction, bénitier transformé en cuve baptismale avec un orifice d'évacuation creusé au fond de la cuvette. Il est estimé du ou du , son auteur est inconnu..