thumb|Carte ethnique d'Italie au La zone ligure est en vert. Le ligure ancien était la langue antique des Ligures qui peuplaient le Nord-Ouest de l'Italie, le Sud-Est de la France avec les Alpes maritimes également situé dans la zone géographique italienne, et peut-être la Corse et le nord-est de l'Espagne. C’était une langue probablement d'origine indo-européenne. et les langues italiques.
Historique
vignette|Les langues de la péninsule italienne au IIIe siècle av. J.-C.. En rose, les langues d'origine non indo-européenne. 'N4' est la population ethnico-culturelle ligure.
Les auteurs anciens distinguaient clairement les Ligures des Celtes voisins, bien qu'ils aient noté la similitude de leurs coutumes. Henri d'Arbois de Jubainville considérait que le ligure descendait d'un substrat non-indo-européen répandu dans la Méditerranée occidentale et correspondait approximativement aux territoires associés à la culture de la céramique cardiale des 6e et av. J.C.
Nous ne possédons aucun texte complet en langue ligure. On ne connaît cette langue que par quelques noms propres (toponymes, ethnonymes et anthroponymes) et quelques termes cités par les auteurs antiques. Ainsi, d'après Hérodote, le mot sigynna aurait signifié « marchand », V, 9.Charles Rostaing, Les noms de lieux, P.U.F., Paris, 1945 (Rééd. 1985), ch. II : Les couches pré-celtiques, pp. 30 - 31 - 32. Pline l'Ancien nous informe que les Ligures appelaient le Pô Bodincus, ce qui signifierait « sans fond »Histoire naturelle, III, 122. et que le seigle avait pour nom asia dans la langue des TauriniHistoire naturelle, XVIII, 40..
Le ligure a des affinités phonétiques à la fois avec le groupe italique et les . Certains ethnonymes ligures n'ont cependant pas d'étymologie indo-européenneBernard Sergent, , 72..
Cela dit, le ligure est généralement considéré comme une langue indo-européenne. Le pionnier de cette théorie est l'historien et celtologue Henri d'Arbois de Jubainville. Certains auteurs (Benvenuto Terracini, Paul Kretschmer, Hans Krahe), pour expliquer la présence d'ethnonymes non indo-européens, ont supposé qu'un peuple indo-européen aurait imposé sa domination à des populations pré-indo-européennes. Bernard Sergent considère, quant à lui, le ligure comme un idiome du groupe celtique.
La géographie de Strabon, du livre 2, chapitre 5, section 28 :
Cette zone correspond à l'actuelle région de la Ligurie en Italie ainsi qu'au département des Alpes-Maritimes dont la majeure partie est également située dans la zone géographique italienne.
L'écrivain, naturaliste et philosophe romain Pline l'Ancien écrit dans son livre L'Histoire Naturelle livre III chapitre 7 sur les Ligures et la Ligurie :
Tout comme Strabon, Pline l'Ancien situe la Ligurie entre les fleuves du Var et de la Magra. Il cite également les peuples ligures vivant de l'autre côté des rives du Var et des Alpes. Il écrit dans son livre L'Histoire Naturelle livre III chapitre 6 :
Il n'y a donc aucun témoignage archéologique ou texte ancien qui affirme la présence des Ligures dans le sud de la Gaule excepté dans l'Ouest des Alpes-Maritimes, car l'Est de ce département est dans la zone géographique italienne. On note que Pline l'Ancien cite les peuples ligures entre le fleuve Argenteus et le Var, qui correspond à la partie occidentale des Alpes-Maritimes. Le sud de la Gaule était donc peuplé de Celtes avant les invasions germaniques des Francs à la fin de l'Empire romain. .
Toponymie L'étude de la toponymie a révélé la présence d'éléments ligures non seulement dans le sud des Alpes et le nord-ouest des Apennins, mais aussi dans l'est de la Sicile, en pays élyme, dans la vallée du Rhône et en CorseBernard Sergent, , 76-77 et 82-83..
On attribue à la langue ligure les toponymes terminés par -ascu, -oscu, -uscu, -incu ou -elu.
Parmi les type -ascu, -oscu ou -uscu on peut citer Manosque ; Tarascon ; Venasque ; Artignosc ; Branoux ; Flayosc ; Gréasque ; Lantosque ; Gordolasque ; Vilhosc ; Chambost ; Albiosc et Névache dans le sud-est de la France, et Grillasca, Palasca, Popolasca, Salasca et Asco en Corse. On le retrouve dans les gentilés tendasques, brigasques, et plus généralement dans le royasque.
Arlanc ; Nonenque et l'ancien nom de Gap (Vappincum) sont du type -incu. Le type -elu est représenté par Cemenelum (aujourd'hui Cimiez)Henriette Walter, L'Aventure des langues en Occident, éditions Robert Laffont, Paris, 1994 , p. 198 et 266 et Charles Rostaing, , 31-32 et 131. et peut-être Ramatuelle (Ramatuella en 1056, suffixe -elu, tombé dans l'attraction du diminutif latin -ella).
Des éléments ligures ont été révélés en Vallée d'Aoste (notamment pour Barmasc et Périasc, hameaux d'Ayas), dans le Piémont, la Toscane, l'Ombrie, le Latium et dans l'est de la Sicile.
Benasque
Bibliographie Francesco Perono Cacciafoco, Water Place Names in the Pre-latin librarian context. A study in prehistoric toponomastics and semantics, Problems of Onomastics / Voprosy Onomastiki, 2013, p.91-107
Notes et références
Code de langue IETF : xlg
Voir aussi Ligures linguistique liste de langues langues par famille Langues pré-indo-européennes
Catégorie:Langue antique Catégorie:Langue indo-européenne Catégorie:Inventaire de langues Catégorie:Ligures