L'armée de la Confédération germanique était une force militaire allemande, constituée de soldats des différents États membres de la confédération et dont l'objectif primaire était la défense de ses membres contre des ennemis extérieurs. Concrètement, elle était principalement dirigée contre la France qui avait dans le passé mené plusieurs tentatives d'invasion au sein du Saint-Empire romain germanique. La Russie était aussi une menace, les thèses panslaviques mettant en danger la domination autrichienne sur certaines nations slaves de son empire. Les lois fondatrices de cette armée ne prévoient pas le cas d'une guerre entre membres, comme cela est arrivé avec la guerre des Duchés, où le roi du Danemark était également membre de la confédération de par son titre de duc de Holstein. La guerre austro-prussienne de 1866, voit s'affronter deux autres États membres pour la domination sur la confédération. La défaite autrichienne mène à la dissolution de cette armée.

Composition En 1835, l'armée de la Confédération germanique compte . Ils proviennent des États suivants : État Unité militaire associéeTotalChasseursInfanterieCavalerieArtillerieGénieCanons Empire autrichien, , Corps d'armée 948192Prusse, , Corps d'armée792160Bavière Corps d'armée35672Royaume de Wurtemberg Corps d'armée 18Grand-duché de Bade Corps d'armée 820 20Grand-duché de Hesse Corps d'armée 885508 12Royaume de Saxe Corps d'armée30160Électorat de Hesse-Cassel Corps d'armée 812466 10Duché de Nassau Corps d'armée 318 8LuxembourgProtection de la forteresse de Luxembourg 365210 4Royaume de Hanovre Corps d'armée 21726Duché de Saxe-Lauenbourg Corps d'armée 514295 6Duché de Brunswick Corps d'armée 299172 4Mecklembourg-Schwerin Corps d'armée 511294 6Mecklembourg-Strelitz Corps d'armée 718 58859 Grand-duché d'Oldenbourg Corps d'armée 179 4Lübeck, Brême, Hambourg Corps d'armée 312179 4Saxe-Altenbourg Bataillon de Division de réserve982 982 Saxe-Cobourg et Gotha Bataillon de Division de réserve Saxe-Meiningen Bataillon de Division de réserve Saxe-Weimar-Eisenach et Bataillon de Division de réserve300 Anhalt-Dessau et Bataillon de Division de réserve 529 529 Anhalt-Köthen et Bataillon de Division de réserve 325 325 Anhalt-Bernbourg et Bataillon de Division de réserve 370 370 Hesse-Hombourg et Bataillon de Division de réserve 200200 Schwarzbourg-Rudolstadt Bataillon de Division de réserve 539 539 Schwarzburg-Sondershausen Bataillon de Division de réserve 351 351 Hohenzollern-Sigmaringen Bataillon de Division de réserve356 356 Hohenzollern-Hechingen Bataillon de Division de réserve155 155 Liechtenstein Bataillon de Division de réserve55 55 Reuß branche cadette Bataillon de Division de réserve 223 223 Reuß branche aînée Bataillon de Division de réserve 522 522 Francfort-sur-le-MainGarde du quartier général400 400

Jusqu'en 1830, la plus petite unité militaire était le corps d'armée, toutefois les 18 plus petits États l'ont jugé inadaptée. En effet, le manque de formation tactique commune et les différences dans l'armement rendaient la manœuvre de telles unités trop lourde. À la place, on créa des divisions de réserves venant renforcer les garnisons des forts en cas de conflit. Les soldats de la ville de Francfort quant à eux étaient affectés à la défense du quartier général.

Tâches, utilisation et méthode de combat

La période dite du a été relativement paisible et l'attente pour la mise à l'épreuve de l'armée fut longue. Le maintien de l'armée n'est d'ailleurs dû qu'au soutien des deux grandes puissances de la confédération que sont la Prusse et l'Autriche, les petits et moyens États n'auraient pu à eux seuls repousser une invasion extérieure. Lors de cette première période des opérations internes à la confédération contre un de ses membres furent menées, on parle de . Ainsi en 1829, cette sanction est décidée pour la première fois contre Brunswick et en 1834 une seconde contre Francfort. Cependant dans les deux cas la menace de l'intervention militaire suffit et les troupes ne participent à aucun combat. thumb|Artillerie prussienne près de Langensalza en 1866

Des sont également décidées, ce sont des missions de rétablissement de l'ordre dans la confédération afin de réprimer des révoltes. Une première intervention a lieu en 1830 au Luxembourg, en 1833 à Francfort, en 1848 et 1849 dans le Palatinat rhénan et dans le pays de Bade enfin en 1850 et 1852 dans l'électorat de Hesse-Cassel. Ces missions sont chaque fois soldée de succès. Il est à noter qu'il n'y a pas que les deux grandes puissances qui participent à ces interventions, par exemple les troupes du grand-duché de Hesse participent aux opérations dans le pays de Bade.

La première vraie intervention militaire a lieu en 1848 et 1849 lors de la première Guerre des Duchés contre le Danemark. Les de Schleswig-Holstein sont rejoints par prussiens et de Hanovre, d'Oldenbourg, du Mecklembourg, de Brunswick et autres. En 1863, la question des Duchés n'étant toujours pas réglée, l'armée de la confédération envahit de nouveau le Holstein avec une brigade autrichienne, prussienne, saxonne et de Hanovre. Le Danemark perdit la guerre et dut laisser la Prusse et l'Autriche occuper le Schleswig et le Holstein. Les questions du partage de ces territoires entre les deux puissances et de la domination sur la confédération menèrent à la guerre austro-prussienne en 1866 durant laquelle l'Autriche utilisa la procédure de contre la Prusse. La Prusse sortit de la confédération germanique et lui déclara de facto la guerre. La victoire de la Prusse lors de la bataille décisive de Sadowa décida de l'issue du conflit. Certes les troupes de Hanovre infligèrent une défaite à la Prusse et à la Saxe-Cobourg et Gotha le à la bataille de Langensalza, toutefois des difficultés de ravitaillement et de nombreuses pertes les poussèrent après à arrêter les combats. Le manque de coordination et les divergences de point de vue sur la tactique à mener dans le camp de l'Autriche et de la confédération expliquent également leur défaite face à la Prusse. Ainsi l'armée de Hesse-Cassel ne s'est mise en mouvement qu'avec réticence à cause des affinités du prince-électeur d'Hesse-Cassel avec la Prusse, elle protégea Mayence et ne participa pour ainsi dire à aucun combat. La mobilité, la formation militaire et l'armement supérieurs de la Prusse lui assurèrent la victoire.

Cause de l'échec

De manière résumée, on peut dire que l'armée de la Confédération germanique n'a pas réussi son examen de passage. La défaite de 1866 était pourtant prévisible : seule une partie des troupes fut mobilisée et toutes les troupes mobilisées ne furent pas menées au combat ou alors de manière réticente. La formation militaire était également défaillante ou manquante et ne pouvait pas permettre de rivaliser avec des troupes prussiennes très motivées et très coordonnées. Une autre raison de l'échec vient du fait que les princes des petits États n'étaient pas prêts à soutenir vraiment cette armée et son idée fondatrice, principalement pour des raisons budgétaires.

États membres ÉtatSuperficie PopulationApport financier(pourcentage du total) Apport financier(valeur absolue en Florins)Sans la Hongrie, la Transylvanie, la Galicie, la Dalmatie, la Slavonie, l'Illyrie et les territoires du nord de l'Italie à l'exception de Trieste. Part incluse dans la confédération. 31,44 Sans la province de Prusse-Orientale, la province de Prusse-Occidentale et la province de Posnanie. 26,52 11,8 4,63 3,98 4,33 3,31 993 2,05 615 1,19 357 0,24 72 0,73 219 0,67 20120px|bordure Grand-duché du Luxembourg 0,40 120 1,88 564 840 0,19 57 727 0,10 30 780 0,12 36 0,69 20 et 0,12 35 1,00 300 0,33 99En 1826, la Saxe-Gotha devient par héritage la propriété de la Saxe-Cobourg. 0,37 111En 1826, la Saxe-Hildburghausen est intégrée à la Saxe-Meiningen. 0 0 0 0 0,38 114 236 0,05 15 906 1,40 420 0,23 69 536 0,07 21 Principauté du Liechtenstein 159 0,02 6 316 0,07 21 826 0,17 51 940 0,18 54 0,17 51 862 0,15 45 275 0,07 2120px|bordure Lübeck 298 0,13 39 410 0,43 12920px|bordure Brême 256 0,16 48 101 0,16 48 Note

Traité constituant

Les tractations concernant la formation de la force armée commencèrent en 1818 et se terminèrent le avec le vote des grandes lignes du projet au . Il comportait 24 articles et resta en l'état jusqu'en 1866. Parmi les articles essentiels on compte : La participation de tous les États à l'armée avec un contingent correspondant prédéfini. La mise à disposition de ce contingent en temps de paix. La mobilisation permanente de cette armée avec la mise en place de forces de réserves formées. La nomination des commandants des troupes parmi les troupes en présence. Dans les unités militaires formées de troupes d'États différents, un accord doit être trouvé entre les États à ce sujet. L'indépendance des cours martiales. Le commandant en chef ne doit être nommé qu'en cas de guerre et est responsable devant le . La domination d'un État sur les autres doit être évitée.

Des directives plus précises, divisées en sont votées par un petit comité () le . Y sont spécifiés : l'organisation des troupes, l'armement, la mobilisation et la formation des troupes. Les fortifications font l'objet d'un traité séparé le .

Par le jeu des unions personnelles, certains souverains étaient à la fois chef d'un État de la confédération et d'un État étranger. C'est par exemple le cas du roi du Danemark qui était en même temps duc de Saxe-Lauenbourg et de Holstein, ou du roi des Pays-Bas qui était grand-duc de Luxembourg et duc du Limbourg et enfin du roi d'Angleterre qui portait également la couronne de Hanovre (jusqu'en 1837). thumb|Les combats de barricades à Francfort-sur-le-Main le

Organisation L'armée est composée de tous les types de troupes : infanterie, dont des chasseurs, cavalerie, artillerie et génie civil. On peut douter du fait que l'armée ait jamais atteint sa pleine puissance, en particulier dans les petits contingents, du fait du manque de moyens financiers. Chaque corps d'armée était normalement constitué de deux divisions, elles-mêmes constituées de deux brigades, constituées de deux régiments. Il y avait également des exceptions à cette organisation avec 4 bataillons d'infanterie pour une brigade ou des régiments de cavalerie constitués de . Un bataillon comportait normalement , toutefois la taille des compagnies variait de 120 à . Les escadrons comptaient 120 à et les batteries d'artillerie . En temps de paix seule une partie des troupes était maintenue, une , représentant dans l'infanterie environ 5/6 des officiers, 3/4 des sous-officiers et 1/6 des troupes. Dans la cavalerie 2/3 des troupes étaient toujours disponibles. La disposition des troupes était laissée à l'appréciation des commandants, contingent par contingent. À l'époque un service militaire n'existait qu'en Prusse, les autres États utilisant encore un système de conscription. Dans certaines armées le mercenariat était encore présent.

Les troupes La plus grosse partie des troupes était formée par l'infanterie. Les noms des différentes troupes étaient souvent issus de traditions, ainsi en général le mot désigne les troupes à pied, bien que le terme (mousquetaire) était également d'usage en Prusse selon l'unité concernée. On différenciait également les grenadiers qui de par leur maniement dangereux de grenades étaient séparés du reste de l'infanterie. Leur prestige était d'ailleurs supérieur à celui des autres fantassins.

Les chasseurs armés de carabines n'étaient utilisés que dans des cas particuliers. Pour cette raison leur nombre était limité à 5 % du total. L'unité tactique était le bataillon, les compagnies et régiment étant plutôt des divisions d'ordre administratif et pour l'organisation logistique.

L'unité tactique pour la cavalerie était l'escadron. On opérait une différence entre cuirassiers, dragons, uhlans, hussards et chevau-légers.