L'École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM Saint-Cyr), plus souvent appelée simplement Saint-Cyr, fondée en 1802 par Napoléon Bonaparte alors Premier consul, est l'une des huit grandes écoles militaires françaises. Elle forme aujourd'hui des officiers de l'armée de Terre et une partie des officiers de la Gendarmerie nationale.

Elle fait partie de l'Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (AMSCC), implantée dans la commune de Guer (Morbihan). Ses élèves et anciens élèves sont appelés « saint-cyriens » ou encore « Cyrards ». Elle a pour devise : « Ils s'instruisent pour vaincre ». En tant que grande école militaire elle est placée sous la tutelle du ministère des Armées. Elle accueille dans chaque promotion une moyenne de 10 % d'élèves-officiers étrangers. Elle bénéficie pour cela de nombreux accords d'échanges avec d'autres académies militaires comme l'Académie militaire de West Point (États-Unis), l'Institut militaire de Virginie (États-Unis) ou encore l'Académie royale militaire de Sandhurst (Royaume-Uni).

Saint-Cyr recrute aujourd'hui principalement sur concours des élèves issus des CPGE (Sciences, Lettres, Économie) et une minorité d’élèves ayant un niveau master 2 sur concours également.

C'est l'une des françaises accréditées au à délivrer un diplôme d'ingénieur. pour ses élèves recrutés en filière scientifique.

Histoire Consulat et Empire L'École spéciale militaire est créée par la loi du sur ordre du Premier Consul Napoléon Bonaparte, qui l'installe d'abord au château de Fontainebleau (arrêté du ), le commandement est alors confié au général Bellavène (1770-1824). Le , l’école devient alors « École spéciale impériale militaire » (ESIM) car Napoléon Bonaparte est proclamé empereur () par le sénat et sacré le . Le sous-lieutenant Bichier-Desroches est le premier saint-cyrien tombé au champ d'honneur. Le de l'année suivante se déroule la bataille d'Austerlitz où de nombreux Saint-Cyriens vont tomber au cours de ce qui restera l'une des plus éclatantes victoires napoléoniennes. Cette date est depuis restée dans la mémoire saint-cyrienne comme le "2S" (voir la section Traditions) et donne chaque année lieu à une reconstitution historique au sein de l'école.

En 1808, l'ESIM est transférée par décret à Saint-Cyr-l'École (Yvelines), dans les bâtiments de la maison royale de Saint-Louis, fondée par Madame de Maintenon en 1686 (seconde épouse de ), et dont elle conserve le nom.

vignette|gauche|La maison royale de Saint-Louis.

En 1685, le château et les terres marécageuses du sieur Saint-Cyr, sur l'actuelle commune de Saint-Cyr-l'École, sont rachetées par le roi pour y construire la maison royale de Saint-Louis, école destinée à donner une bonne éducation aux jeunes filles de la noblesse pauvre. La communauté de filles s’installe en 1686 sous la houlette de Madame de Maintenon, seconde épouse du roiFilm Saint-Cyr de Patricia Mazuy.. À ce titre, son théâtre y reçoit le roi en 1689 pour la première dEsther puis Athalie, deux œuvres que la bienfaitrice commanda à Jean Racine en 1691. Cette maison d'éducation ferme lors de la Révolution française. Après avoir été hôpital, les locaux accueillent le Prytanée militaire tandis que l'École spéciale impériale militaire est installée à Fontainebleau.

thumb|left|Vue de l'École royale spéciale militaire, en 1799. vignette|La chambre « Sébastopol » à Saint-Cyr, photographiée par Jules David en 1886.

Les que compte alors l'école quittent Fontainebleau le et entrent à Saint-Cyr le de la même année. L'anecdote veut que l'une des raisons de ce choix impérial est le caractère un peu trop agité des saint-cyriens pour Fontainebleau, alors lieu de résidence d'été de l'empereur. À partir de 1818, les promotions sont numérotées, elles n'ont cependant pas encore de noms ; il faut attendre 1830 et la promotion « du Firmament » (1830-1832). Le , les saint-cyriens défilent devant le roi à Saint-Cloud. Le roi s’adresse à eux et leur dit : .

En 1830, à la suite des Trois Glorieuses (27 au ), la chute du dernier des Bourbon Charles X et l’avènement de Louis-Philippe d’Orléans qui devient « roi des Français », le drapeau tricolore est définitivement adopté comme emblème national. L’école devient ESM Saint-Cyr et poursuit son œuvre de formation des officiers de France ; elle est d'ailleurs agrandie sous la Deuxième République. Cette dénomination ne dure pas ; en effet, en 1851, l'école redevient ESIM sous le Second Empire de . C'est pendant le Second Empire qu'est d'ailleurs adopté le casoar qui est devenu par la suite l’emblème de l'école. En effet, le , c'est lors d'un défilé militaire organisé en l'honneur de la reine Victoria, reine d’Angleterre en visite en France, que les saint-cyriens portent sur leur shako un plumet rouge et blanc, couleurs de la monarchie britannique.

Période contemporaine En 1940, les écoles de Saint-Cyr et Saint-Maixent (école militaire de l'infanterie et des chars de combat) sont transférées à Aix-en-Provence, en zone libre. Leur mission prend alors une dimension politique et idéologique, dans un pays dirigé par le maréchal Pétain. Ainsi, , en privilégiant les valeurs morales et sportives au détriment du rôle social de l'officier cher à Lyautey. En , après l'occupation de la zone libre, les deux écoles sont dissoutes par l'occupant allemand.

thumb|200px|left|Plaque apposée cour Rivoli le pour marquer le début des travaux de reconstruction de l'école.

Certains élèves réussissent à quitter la France en passant par l'Espagne, et se réfugient à l'École militaire de Cherchell en Algérie française à l’époque de l’Empire colonial français. Parallèlement, depuis 1940, en Grande-Bretagne, des officiers sont formés par l'École militaire des cadets de la France libre., fondée par le général de Gaulle. En , l'École militaire de Cherchell devient l'École militaire interarmes (EMIA), chargée de former tous les officiers de l'Armée de terre, aussi bien ceux issus du recrutement direct (Saint-Cyr) que ceux du recrutement interne (Saint-Maixent). C'est là l'idée d'amalgame du général de Lattre de Tassigny.

En , l'EMIA déménage provisoirement à Coëtquidan (Morbihan) où elle faisait des manœuvres avant guerre, les bâtiments de Saint-Cyr-l'École ayant été rendus inutilisables par des bombardements de la Royal Air Force, les et . En , l'EMIA devient l'école spéciale militaire interarmes (ESMIA), concession à l'ancien nom de Saint-Cyr. En 1957, le gouvernement décide la reconstruction de l'école en vue du retour de l'ESMIA à Saint-Cyr. Mais les temps ont changé, les élèves-officiers ne manœuvrent plus à pied ou à cheval mais au moyen d'engins motorisés. Le cadre de Saint-Cyr se prête mal à de telles manœuvres et en tous cas moins bien que la lande de « Coët ». En 1959, le général de Gaulle décide de renoncer au retour de l'école à Saint-Cyr et de créer à la place un lycée militaire. En , la formation des officiers issus du recrutement direct et des anciens sous-officiers est éclatée en deux, l'ESMIA est dissoute et fait place à deux écoles distinctes maintenues à Coëtquidan : l'ESM qui reprend son rôle et la nouvelle EMIA. En 1964, les travaux de restauration de l'école pour en faire un lycée militaire commencent. En 1977, une nouvelle école vient s'installer sur le site de Coëtquidan, c'est l'École militaire du corps technique et administratif (EMCTA).

Une nouvelle étape est franchie par la mise en place d'une Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) lors du traité de Maastricht, renforcée en 2007 par le traité de Lisbonne, dans l'Europe de la défense. Pour renforcer la coopération entre la France et l'Allemagne, de jeunes Français peuvent intégrer le cursus de formation des cadres de la Bundeswehr et, sur le principe de la réciprocité, de jeunes Allemands peuvent intégrer l'École spéciale militaire de Saint-Cyrwww.st-cyr.terre.defense.gouv.fr Le journal de Saint-Cyr Coëtquidan.

Chronologie

thumb|200px|right|Lycée de la Défense de Saint-Cyr, siège de l'ESM de 1808 à 1940. Au centre la cour Napoléon ; à droite la cour Louis XIV et à gauche la cour Rivoli. thumb|200px|right|Lycée de la Défense de Saint-Cyr, siège de l'ESM de 1808 à 1940. thumb|200px|right|Défilé militaire du 14 Juillet : le colonel directeur des formations d'élèves (DFE).L'école spéciale de cavalerie est créée à Saint-Germain-en-Laye en 1809. Le , les saint-cyriens défilent devant le roi à Saint-Cloud. Le roi s’adresse à eux : « Il n’en est pas un dans vos rangs qui n’ait pas dans sa giberne le bâton de maréchal de France » et forge l'expression de « Premier bataillon de France ».

En 1830, à la suite des Trois Glorieuses (27 au ), lors de la chute du dernier des Bourbons, Charles X et l’avènement de Louis-Philippe d’Orléans, qui devient « roi des Français » le drapeau tricolore est définitivement adopté comme emblème national. L’école devient ESM Saint-Cyr. Sous , l’école redevient ESIM. Jusque là exclusivement à Saumur, les chevaux (au nombre de 400) n'arrivent à Saint-Cyr qu'en 1853. Le , à l’occasion de la venue de la reine Victoria en France, les saint-cyriens portent le shako avec un plumet rouge et blanc. Il est baptisé Casoar et devient symbole de l’école.

En 1912, les futurs officiers de la promotion Montmirail effectuent un an comme simples soldats avant d'intégrer leur école. La légende, raconte qu'en 1914, ils auraient chargé à la tête de leurs hommes en casoar et gants blancsCette version des faits est contestée sur de nombreux sites consacrés à l'école et, à vrai dire, peu crédible. Voir : La Saint-Cyrienne..

Sur les 774 élèves que comptait la promotion de 1914 La Grande Revanche, 428 sont tombés au « champ d’honneur ».

Le général Frère, commandant de l’école de 1931 à 1935, anime un réseau de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la défaite, Saint-Cyr et Saint-Maixent (école de formation des sous-officiers de l'Armée de terre) sont transférées à Aix-en-Provence, en zone libre. En après l'occupation de la zone libre, les deux écoles sont dissoutes. Certains élèves réussissent à quitter la France en passant par l'Espagne, et se réfugient à l'École militaire de Cherchell en Algérie française. Parallèlement, depuis 1940, en Grande-Bretagne, des officiers sont formés par l'École militaire des cadets de la France libre, fondée par le général de Gaulle.

L'école est entièrement détruite le lors d'un bombardement de la ville de Saint-Cyr par l'aviation anglo-américaine.

L'École militaire de Cherchell devient l'École militaire interarmes (EMIA) , chargée de former tous les officiers de l'Armée de terre, aussi bien ceux issus du recrutement direct (Saint-Cyr) que ceux du recrutement interne (semi-direct) (Saint-Maixent). C'est là l'idée d'amalgame du général de Lattre de Tassigny. En l’École militaire interarmes s’installe après la guerre à Coëtquidan, non seulement car les bâtiments de Saint-Cyr-l'École ont été rendus inutilisables ; mais aussi parce que les hauts responsables militaires jugent les terrains étriqués de l'agglomération parisienne inadaptés aux manœuvres d'une armée moderne et mécanisée, qui a besoin de grands espaces.

L'école originelle, laissée à l'état de ruines pendant 10 ans, est reconstruite à partir de 1957. Une nouvelle école vient s'installer sur le site de Coëtquidan en 1977, l'école militaire du corps technique et administratif (EMCTA). La scolarité passe à trois ans en 1982, et l'école accueille pour la première fois des élèves officiers féminins en 1983.

Drapeau La loi promulguant la création de Saint-Cyr date du . Ce n'est pourtant que le que l'école reçoit son drapeau à l'occasion d'une remise des aigles sur le champ de Mars. Il ne porte aucune inscription. Le , le ministre de la Guerre ordonne d'y ajouter : « L'empereur des Français aux élèves de l'École impériale militaire - Ils s'instruisent pour vaincre ».