L'élection présidentielle italienne de 1985 a lieu le afin d'élire au suffrage indirect le président de la République italienne pour un mandat de sept ans.

Éligible pour un second mandat, le président socialiste sortant Sandro Pertini choisit de ne pas concourir à sa propre succession non sans avoir d'abord hésité malgré son âge avancé de ans.

Après des tractations secrètes, les communistes et les démocrates-chrétiens s'accordent sur la candidature du président du Sénat de la République, Francesco Cossiga. L'approbation de cet accord par les socialistes et les autres partis du facilite son élection dès le premier tour, avec suffrages sur 829 votants.

Ce scrutin présidentiel est le premier remporté dès le premier tour par un candidat depuis .

Mode de scrutin vignette|Le palais Montecitorio, où se réunissent les grands électeurs. Le président de la République italienne est élu pour un mandat de sept ans au suffrage indirect et secret par un collège électoral composé des membres des deux chambres du Parlement , auxquels s'ajoutent 58 délégués régionaux en provenance des vingt régions d'Italie. Ces derniers sont choisis par les conseils régionaux à raison de trois délégués par région, à l'exception de celle du Val d'Aoste qui n'en dispose que d'un... À ce total s'ajoutent enfin les huit sénateurs à vie qui siègent à la chambre haute dont deux anciens présidents de la RépubliqueLes anciens présidents mentionnés sont Giuseppe Saragat et Giovanni Leone, le président sortant demeurant en fonction lors du scrutin., soit un total de pour le collège électoral en .

Lors des trois premiers tours, est élu le candidat réunissant la majorité des deux tiers du total des membres du collège électoral. À partir du quatrième tour de scrutin, la majorité absolue suffit. Le collège étant composé de en 1999, la majorité des deux tiers nécessaire aux trois premiers tours est de 674 voix, tandis que la majorité absolue utilisée à partir du quatrième tour est de 506 voix. Au moment du scrutin présidentiel de 1985, aucun président n'a été élu dès le premier tour, l'élection de Giovanni Leone ayant par exemple nécessité vingt-trois opérations de vote en 1971..

Le collège électoral se réunit dans l'hémicycle du palais Montecitorio. Il est présidé par le président de la Chambre des députés, au côté duquel siège, comme suppléant, le président du Sénat. Tous deux participent au dépouillement à l'issue de chaque tour de scrutin, mais c'est au seul président de la Chambre des députés qu'il revient de présider les séances et de proclamer le vainqueur élu président de la République.

Tout candidat à la présidence de la République doit répondre aux exigences prescrites par l'article 84 de la Constitution : détenir la nationalité italienne, avoir au moins cinquante ans révolus le jour de l'élection et jouir de ses droits civiques et politiques.

Le président de la République italienne est élu pour un mandat de sept ans, renouvelable sans limitation du nombre de mandat. En pratique, les présidents n'effectuent traditionnellement qu'un mandat. Le septennat présidentiel est par ailleurs prorogeable jusqu'à la législature suivante du Parlement s'il ne reste que trois mois avant la fin de la législature en cours, ou si celle-ci est déjà terminée et qu'une nouvelle n'a pas encore débuté. En l'absence d'un successeur élu avant l'échéance du septennat de Sandro Pertini fixée au , l'intérim de la présidence de la République serait exercé par le président du Sénat, Francesco Cossiga, jusqu'à ce que le collège parvienne à s'entendre sur l'élection d'un candidat.

Résultats de scrutin

+Résultats Candidats Partis Premier tour Voix %Francesco CossigaDC75290,71Arnaldo ForlaniDC161,93Sandro PertiniPSI121,44Camilla Cederna80,96Benigno ZaccagniniDC70,84Amintore FanfaniDC50,60Giulio AndreottiDC30,36Tina AnselmiDC30,36Norberto BobbioPSI30,36Arrigo BoldriniPCI30,36Pietro IngraoPCI20,24Mario MelisSI20,24Marco PannellaPR20,24 Autres candidatsCandidats n'ayant recueilli qu'une seule voix chacun.111,32Majorité requiseLa majorité des deux tiers requise au premier, deuxième et troisième tour, ainsi que la majorité absolue aux tours suivant, s'effectue sur la base du total des inscrits. Il s'agit donc d'un nombre fixe, et non d'un pourcentage des suffrages exprimés. 674 voixSuffrages exprimés82984,86Bulletins blancs14114,44Bulletins nuls70,70Total977100Abstentions20,20Absents323,17Inscrits / Participation 96,63

Le résultat

À l'issue du premier tour, Francesco Cossiga, ayant recueilli la majorité des deux-tiers des suffrages, est proclamé élu président de la République italienne par la présidente de la Chambre, Nilde Iotti. C'est un scrutin «rondement mené», ce qui est assez rare pour une élection présidentielle italienne. Afin d'éviter des divisions dans les principaux partis qui aboutissent à des impasses et à une multiplication de scrutins avec des changements de candidats, le secrétaire de la Démocratie chrétienne, Ciriaco De Mita, a entamé des consultations préalables avant que la session conjointe du Parlement ne se réunisse pour cette élection. Un accord a été trouvé avec le secrétaire du Parti communiste italien, Alessandro Natta, sur le nom de Francesco Cossiga. Cette candidature a également été acceptée par le Parti socialiste italien et quelques autres membres du collège électoral. Pour l'essentiel, les partis plus extrêmes ou plus radicaux (le Mouvement social italien – Droite nationale, notamment) ont voté blanc..

Notes et références

Notes

Références

1985 Italie Catégorie:1985 en Italie Catégorie:Politique en juin 1985