Le (CFR) est un think tank américain sans couleur politique ayant pour but d'analyser la politique étrangère des États-Unis et la situation politique mondiale.
Fondé en 1921, sur l'initiative du colonel Edward Mendell House, éminence grise du président des États-Unis Woodrow Wilson, il est composé d'environ membres issus du milieu des affaires, de l'économie et de la politique. Son siège se situe à New York avec un bureau à Washington. Le CFR est considéré comme l'un des think tanks les plus influents en politique étrangère « the most influential foreign policy think tank in the U.S. », « the most influential US organisation in the field of foreign policy and security » Stepping ever closer to NATO, The Sofia Echo, 17 avril 2003 « The nation's most influential foreign-policy think tank », Realists Rule?, Inter Press Service, 22 août 2005 « most influential and prestigious think tank in America », New scramble for Africa Jamaica Gleaner, 29 janvier 2006. Il publie une revue bimensuelle, Foreign Affairs, dispose d'un site web très consulté, publie de nombreux rapports et livres ainsi que des vidéos (son a gagné un Emmy Award Voir , sur cfr.org).
Mission
Le CFR veut être . Le CFR entend que ses membres reflètent la diversité de la société américaine et entend développer l'expertise de la génération montante de leaders en proposant des programmes qui incluent des rencontres et des discussions avec les officiels du gouvernement, les leaders mondiaux et les membres éminents de la communauté des affaires étrangères.
Le CFR coordonne le « David Rockefeller Studies Program », un laboratoire composé d'environ cinquante adjoints et chercheurs à temps complet. S'y adjoignent dix récipiendaires d'une bourse d'un an qui couvrent les principales régions du monde et les problèmes actuels de l'agenda international. Ces chercheurs contribuent aux débats de politique étrangère en faisant des recommandations au gouvernement fédéral, en témoignant devant le Sénat des États-Unis, en fournissant des conseils à la communauté diplomatique, et en interagissant avec les médias notamment par le biais de rapports, de livres d'articles sur les sujets de politique étrangère.
Le CFR publie , une importante revue d'affaires internationales et ce qu'ils appellent des Voir liste c'est-à-dire des rapports réalisés par des experts d'origine et de champs d'expertise divers. Ces rapports comportent à la fois des analyses et des prescriptions sur des sujets importants de politique étrangère. Le CFR vise aussi à fournir une information et des analyses à jour tant sur les événements mondiaux que sur la politique étrangère des États-Unis. En 2008, son Crisis Guide: Darfur a reçu un Emmy Award dans la catégorie .
Philosophie Pour Fareed Zakaria, le est profondément marqué par la pensée de James Madison qui Zakaria, . Dans cette optique, l'institution a toujours voulu tout comme la Brookings Institution s'affranchir des barrières politiques et faire travailler ensemble des démocrates et des républicains. Ce point le distingue fortement d'autre think tank tel l'Heritage Fondation dont l'un des dirigeants a déclaré un jour Fareed Zakaria, .
Le semble, au contraire, viser plutôt à fabriquer un consensus fondé sur la raison et l'étude des faits, un trait proche de la pensée de Walter Lippmann, un de ses fondateurs.
Le programme International Institutions and Global Governance Pensant que l'architecture de gouvernance mondiale reflétait trop le monde tel qu'il existait en 1945 et n'était plus adapté au monde actuel, le CFR a lancé en 2008 un programme de cinq ans intitulé . voir consulté le 20/12/2009.
Le programmeCe programme semble trouver quelques échos dans l'administration Obama : voir « US vows to embrace UN in break with Bush-era policy » vu le 20/08/2009. se focalise sur quatre grands défis : Contrer les menaces transnationales parmi lesquelles le terrorisme, la prolifération d'armes de destruction massive et de maladies infectieuses ; Protéger l'environnement et promouvoir la sécurité énergétique ; Gérer l'économie mondiale ; Prévenir et répondre à des conflits violents.
Organisation Le CFR réunit deux types de membres : des personnes physiques et des sociétés Concernant les personnes physiques, elles doivent être citoyennes des États-Unis ou résidents permanents ayant demandé leur citoyenneté. Pour devenir membres permanents, sa candidature doit être appuyée par au moins trois membres anciens"Membership".. Les personnes entre 30 et 36 ans peuvent se voir offert la possibilité de devenir membres pour une durée de cinq ans.
Concernant les sociétés (250 au total) Voir Corporate Roster - Council on Foreign Relations. Retrieved 2009-11-20. il existe trois catégories : Affiliates (cotisation de plus de ), President's Circle (cotisation de plus de ) et Founders (cotisation de plus de ). Tous les cadres des sociétés ont ainsi la possibilité d'atteindre des présidents ou des chefs de gouvernements des Officiels des États-Unis ou des membres du congrès. Les membres des catégories President et Founders peuvent aussi assister à des dîners privés ou à des réceptions données par des officiels importants des États-Unis ou des leaders mondiaux "Corporate Program"..
Le CFR a deux co-chairmen, un président (actuellement Richard N. Haass) et un comité directeur qui compte actuellement trente-six membres parmi lesquels on peut citer : Robert Rubin, Carla A. Hills, Alan Blinder, Fareed Zakaria Voir liste complète .
Il existe aussi un composé de 25 membres venant du monde entier.
Le CFR dispose également d'une équipe de chercheurs rémunérés.
Une certaine influence Une étude de Laurence Shoup et de William Minter des curriculum vitæ de 502 membres importants des gouvernements des États-Unis sur la période allant de 1945 à 1972 a montré que plus de la moitié d'entre eux avaient été membres du . Pour ces auteurs, être membres de cette institution pouvait être considéré comme auteurs cité in consulté le 21/07/2005.
Le a compté plusieurs politiciens tel Gerald Ford, Dick Cheney, Donald Rumsfeld ou encore Paul Wolfowitz, plus de douze secrétaire d'État des États-Unis dont John Foster Dulles, Dean Rusk, Henry Kissinger, Madeleine Albright, Colin Powell, des banquiers privés, des banquiers centraux tel que le président du Federal Reserve Board Alan Greespan, des juristes, des journalistes (notamment Walter Lippmann), des professeurs comme Wesley Clair Mitchell, un présent de Harvard avec Larry Summers, et une figure importante de l'OSS puis de la CIA Allen Dulles. Autant dire que cette organisation a réussi à ce qu'aucun secrétaire au département d'État, à la Défense, au Trésor, aux postes clef de ces différents ministères, dans les principales ambassades, à la direction de la CIA, ne soit choisi hors de ce groupe.
En 1962, le groupe a commencé un programme d'abord pour les officiers de l'US Air Force puis de l'US Army, de l'US Navy et de l'US Marine Corps voir .
Le qui accepte en général des membres républicains et démocrates plutôt « centristes » (sauf exception, tel Grover Norquist) semble avoir vu son influence dans les sphères gouvernementales diminuer sous la présidence de George W. Bush Si Bush père a été membre du Council, ce ne semble pas être le cas du fils au profit de think tank néoconservateur tel le PNAC (). L'administration Obama comptait certains membres ayant eu des liens avec le CFR. Parmi eux, on peut citer : Tom Vilsack, secrétaire à l'Agriculture, Ken Salazar, secrétaire à Intérieur, Robert Gates, secrétaire à la Défense ou Timothy Geithner, secrétaire au Trésor, entre autres.
Par ailleurs, quelques-uns de ses membres font également partie du Groupe Bilderberg ou de la Commission trilatérale, des institutions qui tentent de peser sur les décisions prises dans les domaines de la dérégulation de l'économie mondiale et la géopolitique.
Histoire Des années 1920 à la fin de la Seconde Guerre mondiale Le est né de la fusion entre un groupe de juristes internationaux et de banquiers réunis autour d'Elihu Root voir consulté le 21/12/2009qui le fondèrent en et des anciens de l', c'est-à-dire du groupe de travail formé sous l'impulsion du président Woodrow Wilson et de son conseiller spécial le colonel Edward Mandell House. Ce groupe qui comprenait Walter Lippmann réunissait des jeunes à la fois créatifs et ambitieux. À Paris lors d'une réunion à l'hôtel Majestic avec leurs homologues britanniques, ils décidèrent de former un institut anglo-américain d'études internationales avec une branche à Londres et une à New York. Les Britanniques formèrent le Royal Institute of International Affairs, les Américains de retour chez eux s'avisèrent que leur pays n'avait pas les mêmes problèmes que la Grande-Bretagne et que donc il convenait de créer un organisme séparé. De leur côté les Anglais étaient arrivés à la même conclusion de sorte qu'il n'y eut pas de problème entre ces deux institutions. Les Américains se rapprochèrent du groupe d'Elihu Root, les uns apportant les fonds et les relations sociales les autres les idées, l'expertise et l'expérience diplomatique. Toutefois la nécessité de ménager les egos fit que ce n'est que le que la nouvelle institution put démarrer, sous la présidence de John W. Davis, ancien ambassadeur à Londres. En 1922, l'association qui comptait déjà trois cents membres, reçut en grande pompe son premier hôte de marque, Georges Clemenceau voir consulté le 21/12/2009. En , ils lancent la revue Foreign Affairs dont la vente se révèle bien meilleure que prévu. Dans le premier numéro, Elihu Root écrivit qu'isolationniste ou pas, l'Amérique était devenue une puissance mondiale et que le public devait le savoir consulté le 21/12/2009.
En 1925, W. E. B. Du Bois, un Afro-Américain, écrit un article intitulé "" dans Foreign Affairs consulté le 21/12/2009. Toutefois, des tensions persistèrent entre les universitaires soucieux de connaître les opinions de tous et les autres. En , Henry Stimson qui fut plusieurs fois ministre, fut choqué qu'un Japonais ait été invité à parler. Une autre controverse s'ouvrit en 1937, à la suite de la parution du livre d'Hamilton Fitz Armstrong et d'Allen Dulles . Un ouvrage dans lequel les auteurs attaquaient les isolationnistes et se prononçaient la fois en faveur de l'intervention des États-Unis dans la lutte contre le nazisme. La controverse entre interventionniste et isolationniste qui suivit, ne prit fin qu'avec l'entrée en guerre des États-Unis. Durant cette période, des membres du CFN servirent dans l'OSS, d'autres occupèrent des positions élevés (Henry Stimson fut ministre de la guerre, John McCloy devint son adjoint, Averell Harriman joua un rôle diplomatique important) et une centaine furent intégrés, avec l'aval du ministère des affaires étrangères, dans le projet qui comportait quatre groupes : économique et financier avec notamment Alvin Hansen et Jacob Viner, Sécurité et armement, territoire et politique consulté le 21/12/2009.
De 1945 aux années 1960