Jacobus Arminius, né le et mort le , de son vrai nom Jakob HermanszoonIl est aussi connu sous le nom de « Jakob Herman », dont Jacobus Arminius est la forme latinisée ; parfois cité sous les noms de Jacob Arminius et de James Arminius., est un théologien protestant néerlandaisL'adjectif « néerlandais » se réfère aux Pays-Bas de l'époque, c'est-à-dire aux Dix-Sept Provinces des Pays-Bas des Habsbourg, dont se séparent à partir de 1581 les Provinces-Unies., pasteur à Amsterdam de 1587 à 1603, puis professeur de théologie à l'université de Leyde, auteur de nombreux traités de théologie.

Né sous le règne de Charles Quint (1500-1558), souverain des Pays-Bas des Habsbourg, il vit son adolescence aux débuts de l'insurrection dirigée par Guillaume d'Orange contre Philippe II, et son âge adulte dans le cadre de la république des Sept Provinces-Unies des Pays-Bas, toujours en guerre contre Philippe II (1527-1598), puis contre ses successeurs.

Ses conceptions sont à la base de la doctrine de l'arminianisme, remise en cause du texte de référence du calvinisme néerlandais, la Confessio Belgica, et du mouvement des remontrants qui apparaît aux Provinces-Unies, notamment dans la province de Hollande, dans les années 1600. Cela provoque un conflit politico-religieux qui se poursuit après sa mort : il est réglé en 1618 par le synode de Dordrecht avec les cinq points du calvinisme condamnant l'enseignement d'Arminius, mais aussi par l'arrestation et la condamnation à mort du grand-pensionnaire Johan van Oldenbarnevelt, remontrant, opposant au stathouder Maurice de Nassau, calviniste.

Biographie Origines familiales et formation initiale Arminius est né en 1559 ou 1560 à Oudewater, dans la province d'Utrecht. En mourant, son père Herman, qu'il n'a jamais connu, laisse son épouse veuve avec de jeunes enfants. Sa mère est tuée lors du en 1575.

En effet, en 1568, les Pays-Bas sont entrés sous la direction de Guillaume d'Orange en insurrection contre leur souverain, qui est aussi roi d'Espagne, Philippe II. En 1572, Oudewater est .

La même année, l'éducation de Jacob est confiée à Theodorus Aemilius, un . Ils s'installent à Utrecht, où Jacob étudie, probablement à la Hieronymusschool.

Après la mort d’Aemilius en 1574 ou 1575, Arminius entre en relations avec le mathématicien Rudolph Snellius, aussi originaire d’Oudewater. Ce dernier emmène Arminius à Marburg, puis revient à Leyde où Guillaume d'Orange vient de créer (1575) une université à l'usage des provinces et villes insurgées. Snellius y est nommé professeur et Arminius y est inscrit en 1576.

Études supérieures : Leyde, Genève et Bâle (1576-1585) Bien qu'il se soit inscrit comme étudiant en arts libéraux, il fait aussi des études en théologie. Parmi ses professeurs se trouvent le calviniste Lambert Daneau, l'hébraïsant Johannes van den Driesche, Guillaume Feuguereius (mort en 1613) et Johann Kolmann, aujourd'hui connu pour avoir enseigné que l'accent excessif mis sur la souveraineté de Dieu dans le calvinisme fait de Dieu .

L'université de Leyde est favorable à la Réforme et influencée non seulement par le calvinisme, mais aussi par les thèses luthériennes, zwingliennes et anabaptistes. Un pasteur de Leyde, Caspar Coolhaes, affirme, à l'encontre de Calvin, que les autorités civiles sont compétentes dans certaines affaires religieuses, qu'il est injuste de punir et d'exécuter des hérétiques et que luthériens, calvinistes et anabaptistes peuvent s'unir autour de principes fondamentaux. L'astronome et mathématicien Willebrord Snell utilise la philosophie ramiste pour encourager ses étudiants à chercher la vérité sans se fier à Aristote.

Sous l'influence de ces hommes, Arminius étudie avec assiduité et est peut-être déjà influencé dans l'élaboration de sa théologie qui remettrait plus tard en question la théologie dominante de Calvin. Le succès qu’il connaît au cours de ses études incite la guilde des marchands d’Amsterdam à lui permettre de faire trois années supplémentaires d'études.

En 1582, Arminius commence ses études à Genève auprès de Théodore de Bèze : mais ici, on est beaucoup moins ouvert. Il est critiqué pour l'utilisation de méthodes philosophiques ramistes, qui lui sont familières depuis son passage à Leyde et il est même publiquement sommé de ne pas enseigner la philosophie ramiste. Cela l'amène à partir à Bâle pour poursuivre ses études.

Il continua à se distinguer comme un excellent élève. En 1583, Arminius envisageait un retour à Genève lorsque la faculté de théologie de Bâle propose de lui décerner un doctorat. Il décline cet honneur en raison de sa jeunesse et .

Les éloges de Théodore de Bèze et de Johann Grynaeus (1585) À la fin de ses études, Arminius fait une demande de pastorat à Amsterdam.

Théodore de Bèze écrit cette lettre aux responsables réformés d'Amsterdam :

De cette lettre, il semblerait que la tension antérieure résultante de l'attirance d'Arminius pour la philosophie ramiste soit dissipée et qu'Arminius soit même reconnu par Bèze comme un excellent théologien en devenir.

Trois mois plus tard, Johann Grynaeus, de l'université de Bâle, envoie cette lettre de recommandation :

Pasteur à Amsterdam (1587-1603)

Arminius répondit à l'appel du pastorat à Amsterdam en 1587, prononçant des sermons le dimanche et en milieu de semaine. Après avoir été testé par les responsables de l'église, il est ordonné en 1588. Il acquiert une réputation de bon prédicateur et de pasteur fidèle.

L'une des premières tâches d'Arminius qui lui fut confiée par le tribunal ecclésiastique d'Amsterdam fut de réfuter les enseignements de Dirck Volkertszoon Coornhert, qui avait rejeté la doctrine supralapsaire de Bèze sur le décret absolu et inconditionnel de Dieu de créer des hommes afin d'en sauver certains et d'en damner d'autres, indépendamment de toute base de jugement en eux-mêmes. La discussion avait déjà commencé avec deux ministres de Delft qui avaient écrit Une réponse à certains arguments de Bèze et Calvin, tirés du Traité sur la prédestination enseigné dans le neuvième chapitre de Romains, document qui contredisait à la fois Bèze et Coornhert. Ils proposaient que bien que le décret de Dieu de ne sauver que quelques-uns fût absolu et inconditionnel, ce décret était advenu après la chute (proposant ainsi un infra-lapsarianisme plutôt que le supra-lapsarianisme de Bèze). Arminius fut chargé de réfuter la théologie de Coornhert et celle de l'infra-lapsarianisme. Il accepta volontiers la tâche, mais après une étude approfondie, il se retrouva en conflit intérieur sur le sujet. Il décida de passer plus de temps à étudier avant de poursuivre sa réfutation.

En 1590, il épousa Lijsbet Reael, la fille de Laurens Jacobsz Reael, un éminent marchand et poète qui aida également à diriger la Réforme protestante à Amsterdam, et a ensuite aidé à établir la première Église réformée dans la région. Le mariage d'Arminius avec Reael lui permit d'accéder à ses relations prestigieuses et il se fit de nombreux amis dans l'industrie marchande et la haute société. Il fut chargé d’organiser le système éducatif d’Amsterdam et aurait bien réussi cette tâche. Il s’est distingué par la fidélité à ses devoirs en 1602 lors d’une épidémie qui sévit à Amsterdam, se rendant dans des maisons infectées où d’autres n’osaient pas entrer pour donner de l’eau, prenant soin des voisins en leur fournissant de l'argent.

La prédication d'Arminius à Amsterdam À Amsterdam, Arminius enseignait à travers . Parlant de Romains, 7 en 1591, il enseigna que l'homme, par la grâce et la nouvelle naissance, n'était pas obligé de vivre dans l'esclavage du péché et que Romains 7:14 parlait d'un homme vivant sous la loi et convaincu de péché par le Saint-Esprit et non encore régénéré. Cet enseignement rencontra une certaine résistance et certains détracteurs l'ont qualifié de pélagien pour le fait d'enseigner qu'un homme non régénéré pouvait ressentir une telle conviction et un désir de salut, même sous l'influence de la loi et du Saint-Esprit. La même année, répondant aux positions théologiques d'Arminius, son collègue Petrus Plancius commença à contester son enseignement ouvertement. Au cours d'un rassemblement de ministres, Arminius insista sur le fait qu'il n'enseignait rien en contradiction avec le Catéchisme de Heidelberg, et d'autres normes orthodoxes, et que les théologiens de l'église primitive avaient des vues similaires et répudiaient totalement l'hérésie du pélagianisme. En outre, Arminius s’étonna qu’il ne lui soit pas permis d’interpréter ce passage selon les préceptes de sa propre conscience et selon le schéma de l’orthodoxie historique. Les bourgmestres d'Amsterdam intervinrent dans le but de maintenir la paix et de réduire les divisions au sein de la population, les exhortant à la coexistence pacifique et à ce que Arminius n'enseigna rien en dehors de la pensée réformée convenue de l'époque, à moins qu'il n'ait consulté le conseil de l'église ou autres organismes.

Au cours des années suivantes, une controverse apparut alors qu'il prêchait sur Romains, 9. Bien qu'il ne contredise pas directement les interprétations calvinistes, il se concentra sur le thème de Paul : en contradiction avec les œuvres, plutôt que sur les décrets éternels de Dieu. Pendant ce temps, il .

Professeur à Leyde (1603-1609)

En 1603, il est rappelé à l'université de Leyde pour enseigner la théologie. Cela est survenu après la mort presque simultanée en 1602 de deux membres du corps enseignant, Franciscus Junius et Lucas Trelcatius l'aîné, dans une épidémie de peste. Lucas Trelcatius le jeune et Arminius (malgré la protestation de Plancius) furent nommés, la décision incombant en grande partie à Franciscus Gomarus, le membre du corps professoral survivant. Alors que Gomarus approuvait prudemment Arminius, dont les vues étaient déjà suspectées d'être peu orthodoxes, son arrivée ouvrit une période de débat plutôt que de le clore. La nomination avait également une dimension politique, étant soutenue à la fois par Johannes Uytenbogaert à La Haye et Johan van Oldenbarnevelt.

La controverse avec Gomarus Gomarus, un Flamand installé à Leyde depuis 1594, a été décrit comme . En revanche, Arminius a été décrit comme . Sur la question de la prédestination, Gomarus était un supra-lapsarien et c'est dans ce débat que le conflit entre les deux personnages commença. Arminius plaidait pour une révision de la Confessio Belgica et du Catéchisme de Heidelberg, mais il ne fut suffisamment explicite, seulement une fois que le débat devint un conflit ouvert.

Le différend prit une tournure publique le , lorsque Willem Bastingius, De divina praedestinatione, défendit un certain nombre de thèses d'Arminius, alors qu'Arminius présidait lui-même la chaire de théologie. Cet événement amena Gomarus à faire plaider par Samuel Gruterus une position opposée à ces thèses le , mais non au programme officiel. Gomarus attribua ces positions qu'il n’appréciait pas à l'adversaire de Calvin, Sebastian Castellio, et à son disciple, Dirck Volckertszoon Coornhert. Tandis qu'Arminius faisait référence à la Bible pour défendre ses positions, les conceptions calvinistes exposées par .

Les opposants d’Arminius hors de l’université élargirent progressivement la controverse. Les Synodes de Dordrecht établirent une plainte dans laquelle sont exposées qui . En réponse, les trois professeurs de théologie de Leyde (Lucas Trelcatius Jr. rejoignant Arminius et Gomarus) et le régent du collège d'état, Johannes Cuchlinus, écrivirent une lettre indignée .