vignette|Pot en terre jaspée d'Apt.|alt= La faïence du pays d'Apt s'est développée à partir du dans le pays d'Apt. Sa production est liée à l'abondance de ses argiles et terres d'ocre. Leur utilisation, dès l'Antiquité, permit de développer une production de tuiles, briques et carreaux qui perdure encore de nos jours. La réputation de la faïence du pays d'Apt est due à la technique des terres de couleur mêlées ou jaspées qui composent un dessin dans toute l'épaisseur de la pâte. À cela s'ajoute un style baroque, où les aiguières, écuelles et pots à tabac sont rehaussés de décors monochromes de feuillages, de fruits et de petites figurines d’inspiration Louis XVI.

Historique vignette|Vestiges de la tuilerie Pierre Hugues du Chêne.|alt= vignette|gauche|Tuiles, briques et tomettes au musée de l'aventure industrielle d'Apt.|alt= Leur utilisation remonte à l'Antiquité, puisque les fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour des ateliers de potiers au pont Julien, puis au cours du Moyen Âge, est apparu le hameau de la Tuilière, à Saint-Saturnin-lès-Apt, et des tuileries existaient au quartier de la Doa et au hameau du Chêne à Apt. Cette dernière fabrique créée par Pierre Hugues était à la fois tuilerie, faïencerie et centre de lavage d’ocre. En 1860, la production de carreaux atteignait tonnes par anFaïencerie en pays d'Apt, dossier de l'Office de Tourisme d'Apt, 2007, en ligne Consulté le 31 décembre 2010.

Cette tradition a été continuée par la fabrique de carrelage Vernin Carreaux d’Apt, fondée en 1870 et installée au quartier du Pont-Julien à Bonnieux. Elle a commercialisé des carreaux de terre cuite entièrement moulés et décorés à la main jusqu'en 2010. Elle a aujourd'hui cessé ses activités.

Castellet vignette|gauche|Demande de coupe de bois pour son four par César Moulin, le 15 juin 1761 vignette|Les quatre saisons.|alt= vignette|Bénitiers et statuettes.|alt= Au , Castellet se rendit célèbre par ses faïences. Quand le Roi-Soleil eut besoin d'or et d'argent pour financer la guerre de Succession d'Espagne, il récupéra la vaisselle de sa noblesse. C'est à cette époque que le jeune faïencier César Moulin, arrivant à Apt, décide de s'installer à Castellet chez son oncle le prieur Claude Moulin.

À la demande de Claude Louis Hector de Villars, duc de Brancas, seigneur du lieu, le jeune homme alluma le premier four à faïencerie, en 1714, créant la première faïencerie du Pays d'Apt. César commença par faire mouler par des ouvriers piémontais l'argenterie du duc puis diversifia son activité en réalisant des chefs-d'œuvre : statuettes représentant des scènes des bergères, de chasse ou de pêche, sites et paysages animés, etc. Grâce au duc sa production devient la coqueluche de Versailles, la Cour se jetant sur ses plats, assiettes, chocolatières, services à café et à dessert, urnes et fontaines.

En 1750, les habitants de Castellet jugeant que la forêt du Luberon ne résisterait pas à la consommation de bois que faisait la fabrique s’adressèrent au Maréchal qui ne daigna pas répondre. Ils portèrent alors leur plainte entre les mains de Jean-Baptiste de Brancas, archevêque d’Aix. Pour faire cesser le conflit, il fut décidé que le bois pris par le faïencier serait passible d’une taxe annuelle de cent livres tant que fonctionnerait sa fabrique.

Sur place, quelques seigneurs voisins - et jaloux - créent aussi leur propre faïencerie en débauchant les ouvriers de César et même des membres de sa famille. Concurrencée, la fabrique de Castellet, grâce à la qualité de sa production, continua à dominer le marché pendant plus d'un siècle puisqu'elle ne ferma ses portes qu'en 1852. Jules Courtet, qui la visita, écrivit : Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Avignon, 1876, ..

Apt vignette|Tisanières.|alt= vignette|gauche|Sujets en faïence fine de l'atelier de la Veuve Arnoux.|alt= Les trois fils de César Moulin firent leur apprentissage avec leur père. Les deux premiers s'en furent à Apt où ils fondèrent une faïencerie en 1768. Ce fut eux qui introduisirent en France la faïence fine jaspée, dite terre de brocatelle. Leur frère, César II, reprit la direction de la fabrique de Castellet où il eut pour successeur son fils Claude César en 1822. Son entreprise fut fermée, en 1852, à la mort de celui-ci. À Apt, une fille Moulin, seule héritière de la dynastie, épousa en 1790, Joseph Jacques Fouque, fils d'un faïencier de Moustiers. Puis en 1799, Claire Fouque, veuve Arnoux, acheta leur faïencerie et perpétua la tradition des frères Moulin. vignette|gauche|Plat imitant la vannerie.|alt= La production des Moulins d’Apt et de Castellet, incita à la création d'autres fabriques. Elzéar Bonnet fonda la sienne vers 1790. Il inventa en 1805, un système de récupération de chaleur qu’il adapta à ses fours. Son fils lui succéda, puis la manufacture fut reprise par Coupiny vers 1850 et passa ensuite à Bernard de la Croix en 1870. Entretemps s'était créée la fabrique de faïences Esbérard qui fonctionna de 1845 à 1900.

Ce passage du Castellet à Apt permit la création de productions originales connues et sous le nom de faïence fine d'Apt. Elles se distinguaient de la concurrence par la « marbrure aptésienne » et atteignit son apogée au . La marbrure, ou faïence jaspée, consistait à mélanger des terres de différentes couleurs de façon à obtenir des effets marbrés. Des décors modelés en terre blanche appliqués sur la céramique équilibraient l'abondance de couleurs. La technique aurait été inventée par les frères Claude-François et Barthélémy Moulin.

Au début du , treize faïenceries employaient près de 200 artisans faïenciers et exportaient dans toute l'Europe. En 1880, ne restaient que Bernard de la Croix, Jullien, Bonnet et Esbérard.

La plus grande faïencerie s'installa à la Cucuronne. Elle fut d'abord la propriété de Bonnet du Pont jusqu'en 1885, puis de Cyrille Julien qui la dirigea jusqu'à sa mort en 1912. L'entreprise employait alors dix ouvriers et était spécialisée dans la production d'aiguières, d'assiettes, de bassines et de terrines de couleurs jaune et brune. Cyrille Julien fut le premier à mettre sur le marché des assiettes et des plats imitant la vannerie ou un décor végétal en faïence stannifère blanche. Sa veuve tenta tout d'abord d'honorer les commandes de confiseurs d'Apt pour les fournir en bassines à fruit confit. Mais l'entreprise périclita rapidementSandra Paëzevara et André Kauffmann, , ..

Le déclin de la production de faïences dans la région à partir de 1865 s'explique par une concurrence accrue dans toute l'Europe, par l'éloignement des sources de chaleur, charbon ou bois, et par l'arrivée du chemin de fer à Avignon et à Marseille qui permet d'introduire des productions d'ailleurs et meilleur marché.

vignette|Gourde japonaise.|alt= À la fin du , la seconde faïencerie d'importance fut celle de Bernard de la Croix qui succéda à Elzéar BonnetSandra Paëzevara et André Kauffmann, , .. Mais vers 1890, elle devint la première en personnel puisqu'elle employait 24 personnes dont 18 hommes et 6 femmesSandra Paëzevara et André Kauffmann, , ..

Henri Bernard de la Croix s'était fait rapidement une réputation en remportant des prix dans nombre de concours des expositions industrielles et commerciales, grâce à de nouvelles formes inusitées à l'époque comme les aiguières renaissance, les vases persans, les amphores et les lampes étrusques, les gourdes japonaises et les vases kabyles.

Sa faïencerie, installée à proximité de la gare, entre une fabrique de fruits confits et une usine d'ocre, diffusait sa production jusqu'à Clermont-Ferrand, Toulouse et Bordeaux. Sa grande spécialité fut l'émail jaspé qu'il popularisa grâce à l'édition de son catalogue de vente qu'il fut le premier à sortir.

Léon Sagy et ses successeurs La faïencerie aptésienne prit une nouvelle ampleur avec Léon Sagy, le maître faïencier le plus renommé d'Apt. Il se forma d'abord sur place puis, en 1892, fut invité à Vallauris par le maître Clément Massier. De retour au pays il installa son atelier sur les quais du Calavon où il exerça jusqu'à sa mort en 1939. Il travailla d'abord les terres mêlées dans le style Art déco et Art nouveau, puis se bâtit une réputation internationale quand il découvrit le secret de la terre flamméeSandra Paëzevara et André Kauffmann, , ., semblable à la terre jaspée mais avec un motif de veines colorées ressemblant à des flammes tout le long du corps du vase.

Joseph Bernard (1908-1973) dont les ancêtres avaient travaillé dans les faïenceries industrielles du , fut formé au métier par son père André dès 1915. Il s'établit à son compte en 1934 et sa production connu le succès au cours des années 1950 quand il retrouva le secret des terres flammées. En 1968, à la demande du roi Hassan II, il partit au Maroc fonder l'Académie royale de céramique de Rabat où il forma des faïenciers venus des centres de Safi, Fez et Salé. Après sa mort, ses ateliers survécurent jusque dans les années 1990 sous la direction de ses petits-fils Jean puis Pierre FauconSandra Paëzevara et André Kauffmann, , ..

Pendant son activité, Jean Faucon, fut la référence de la faïence des terres mêlées et il acquit une notoriété internationale. Au début des années 2000, la famille Faucon perdit brusquement Jean, puis Pierre Faucon. Ce qui conduisit à la fermeture de l’atelier.

Au , des artisans perpétuent cette activité traditionnelle. À Apt, l’atelier Yvonne et Alain Rigo s'est spécialisé dans la reproduction de modèles anciens dont les assiettes « feuilles de choux » ou de vigne créées par Bonnet ou Jullien. L’Atelier du Vieil Apt a été fondé par Luc Jacquel et Benoît Gils, des artisans formés chez Jean Faucon, le seul atelier jusqu'en 2009 à produire dans la ville par le même procédé traditionnel des mélanges et des formes innovantes.

Christine Jouval, née à Apt et originaire du village de Roussillon, petite fille et arrière-petite fille d'ocriers, a été formée aux métiers de la céramique sous l'initiative de la ville d'Apt en 1980. Elle acquiert son expérience dans plusieurs anciens ateliers d'Apt et notamment l'Atelier du Vieil Apt jusqu'à sa fermeture en 2011 avec le décès prématuré de Benoit Gils et de Luc Jacquel. Christine Jouval a ouvert son atelier en 2012 sur le site des anciennes manufactures de faïenceries et d'ocres d'Apt où sont encore emmurés des moules anciens qui témoignent de 300 années d'activité de ces anciennes manufactures. Elle produit dans la continuité de ses maîtres dans la tradition et la modernité.

Antony Pitot (décédé), à Goult, produit des faïences monochromes de couleur jaune du style et siècles et des trompe-l'œil (fruits et légumes). Vernin Carreaux d'Apt, à Bonnieux, (qui a cessé toute activité depuis quelques années), s'était taillé une réputation internationale avec ses carreaux moulés et peints à la main.

À Apt, se trouvent les ateliers de Christine JouvalAtelier Christine Jouval formée à l'atelier du vieil Apt et qui perpétue le savoir-faire traditionnel des Terres Mêlées en faïence Fine, Jean-Claude SavalliLa faïencerie d'Apt de JC - Savalli faience-apt et Buisson Kessler ainsi que la poterie Dominique Bogino. À Caseneuve, Sophie Manuelian et à Rustrel, Fanny Meissel-Pluck. À Saint-Saturnin-lès-Apt, œuvrent Martine Langlade, Latifa Hasni, Martine Guimet, ainsi qu'Yves Lambeau à VillarsL'art de la faïence et de la poterie en pays d'Apt.vignette|Pichet en faïence fine d'Apt.|alt=

Caractères stylistiques

Techniques de préparation vignette|Faïence jaspée d'Apt.|alt=