Le référendum sur l'indépendance de l'Écosse s'est déroulé le jeudi , conformément à l'accord d'Édimbourg signé le par le Premier ministre britannique David Cameronhttps://www.britannica.com/biography/David-Cameron et le Premier ministre écossais Alex Salmond.. La question posée aux Écossais était , c'est-à-dire en français .
À l'issue de la nuit de dépouillement, la victoire du « non » est annoncée le au matin : il obtient 55,3 % des suffrages exprimés contre 44,7 % pour le oui.. Si le vote avait été favorable, l'indépendance aurait été proclamée le ., soit jour pour jour après la mort d'Élisabeth d'Angleterre et l'accession au trône d'Angleterre de Jacques , roi d'Écosse, qui scella alors l'Union des Couronnes d'Angleterre et d'Écosse SNP sets the day for Scottish independence: 24 March 2016, 24 novembre 2013.
Historique vignette|Le Premier ministre écossais Alex Salmond et la vice-Première ministre Nicola Sturgeon, le .
Alex Salmond, Premier ministre d'Écosse, annonce sa volonté de tenir un référendum sur l'indépendance de l'Écosse le .. Le projet avait été introduit initialement en 2009, mais en le Parti national écossais (PNE) a retiré son plan et exclu tout référendum avant les élections de 2011.. En , le parti remporte une majorité absolue lors des élections parlementaires écossaises, obtenant sur 129. Le dimanche , le Premier ministre écossais et le ministre britannique chargé de l'Écosse, Michael Moore, s'accordent pour se rencontrer et discuter de l'organisation du référendum..
C'est le troisième référendum sur le statut de l'Écosse au sein du Royaume-Uni, après ceux du et du .
Statut actuel de l'Écosse vignette|L'Écosse, en rouge, au sein du Royaume-Uni. L'Écosse est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. À l'origine, tout comme l'Angleterre, elle était un royaume indépendant. En 1603, Jacques VI, roi d'Écosse, devint aussi roi d'Angleterre, donnant lieu à une union personnelle entre les deux royaumes : ils partagent le même chef d'État, mais demeurent des États souverains et distincts. Un siècle plus tard, les deux royaumes s'unifièrent pour former un seul et unique pays sous le nom de Royaume de Grande-Bretagne en vertu de l'Acte d'Union de 1707, marquant ainsi la naissance du Royaume-Uni. Les Écossais sont des citoyens britanniques, au même titre que leurs compatriotes anglais, gallois et nord-irlandais. Ils élisent ainsi des représentants à la Chambre des communes du Parlement britannique, qui siège à Londres. Le gouvernement britannique peut donc être composé de représentants de chacune de ces quatre nations. Depuis 1998, l'Écosse jouit d'une grande autonomie, est dotée de son propre gouvernement et d'un parlement, qui ne peuvent toutefois contrevenir aux principes de la souveraineté britannique. Il existe en outre un mouvement nationaliste écossais, qui trouve son expression politique notamment à travers le Parti national écossais depuis les années 1930.
Administration vignette|Un panneau « Oui » sur la façade d'un hôtel à Portree.
Commission Le scrutin est supervisé par la Commission électorale britannique.
Débats Les partisans de l'indépendance ont appelé à plusieurs reprises à un débat télévisé entre le Premier ministre du Royaume-Uni David Cameron et le Premier ministre écossais Alex Salmond. Ces appels à un face-à-face ont été écartés par Cameron sous prétexte que le référendum est destiné aux Écossais et que le débat doit se tenir en Écosse entre les indépendantistes et les unionistes. L'ancien Premier ministre Gordon Brown a aussi soutenu la mise en place de ce débat en précisant que ce serait une bonne idée. Salmond a aussi été accusé de vouloir fuir le débat avec le président des unionistes Alistair Darling en refusant de se confronter à lui à la place de Cameron, bien que Sturgeon ait affirmé en qu'un débat Salmond-Darling serait inévitable. Après des mois de négociation, un débat entre Salmond et Darling a été organisé par STV le . Darling a refusé un débat public avec le président pro-indépendantiste Blair Jenkins.
Le leader du UKIP Nigel Farage propose de débattre avec Alex Salmond mais il reçoit une fin de non-recevoir par la porte-parole du SNP qui affirme comme non pertinente cette proposition en Écosse.
Droit de vote Les personnes suivantes sont habilitées à voter lors de la consultation : Les citoyens britanniques résidant en Écosse ; Les citoyens du Commonwealth résidant en Écosse ; Les citoyens des autres pays de l'Union européenne résidant en Écosse ; Les membres de la Chambre des lords résidant en Écosse ; Les soldats des Forces armées britanniques ainsi que le personnel du Gouvernement de Sa Majesté inscrits dans une circonscription électorale écossaise.
Les personnes âgées de sont par ailleurs autorisées à voter si elles sont enregistrées sur la liste électorale à la date du scrutin.... Il s'agit d'une première au Royaume-Unihttps://www.ouest-france.fr/monde/ecosse-les-jeunes-de-16-et-17-ans-voteront-aussi-le-jour-du-referendum-2827107https://etudiant.lefigaro.fr/international/actu/detail/article/royaume-uni-vers-un-droit-de-vote-a-16-ans-pour-le-referendum-sur-l-europe-17847/.
Faute de résider en Écosse au moment du référendum, 1,15 million d'Écossais vivant à l'étranger ne peuvent y participer. Pour le professeur Tony Travers de la , cette décision des autorités écossaises serait un choix tactique en faveur de l'indépendance, puisque les Écossais vivant hors d'Écosse pourraient être moins favorables à une Écosse séparée du Royaume-Uni..
Question À l'origine, la question du référendum proposée par le SNP est (). Toutefois, après une enquête de la Commission électorale, celle-ci conclut que la formulation incite à voter . Le gouvernement écossais accepte de changer la question et celle-ci est finalement. :
Rôle de la communication lors de la campagne du référendum Lors de la campagne concernant le référendum de l’Écosse, les partis ont eu recours à plusieurs types de stratégies communicationnelles pour promouvoir leur vision et leur position face à cet enjeu national. Effectivement, deux camps s’affrontent ; celui des partisans de l’indépendance écossaise connue sous le nom de , qui essaie de projeter l’image d’une Écosse indépendantiste. De l’autre côté, leurs opposants du Better Together, qui eux publicisent la vision d’une nation écossaise annexe au Royaume-Uni.
Ces deux partis ont eu recours à des stratégies de communication traditionnelles telles que la télévision, les campagnes publicitaires et inévitablement le discours..
L'utilisation de la télévision comme outil communicationnel est inévitable pour les partis. Étant donné que c'est par son intermédiaire que les électeurs prennent conscience des partis jouant un rôle lors de cette campagne, mais aussi de leurs messages pour convaincre les électeurs.
Afin de pouvoir atteindre des électeurs, qui d'habitude ne s'impliquent pas dans la vie politique, c'est-à-dire dans les collectivités territoriales, les aspirants de ont utilisé une communication directe pour convaincre et tisser des liens avec ces nouveaux électeurs.. Pour cela, ils vont directement aller sur le terrain et interagir avec eux.
Les partis vont toujours entreprendre de nouvelles façons de communiquer avec leurs électeurs car le but derrière cela est de garder leur confiance et leur loyauté qui mènera au vote.. La fureur et la réussite d'un parti politique est directement liée à sa perception par les électeurs et c'est pour cette raison que l'on compare l'utilisation de la communication lors de campagne électorale à l'utilisation de la publicité par les marques. Le but est d'attirer le « client » et de lui vendre un « produit ». Une fois que le « client » est charmé l'« achat » est assuré. D'où l'importance de la communication.
Lors du référendum écossais, en plus des partis, la Commission électorale a aussi utilisé des stratégies de communication pour solliciter le vote des jeunes de seize à dix-sept ans. À cet effet, la Commission électorale a entrepris sa propre campagne pour pousser ces jeunes électeurs à recourir à leur devoir de citoyen. Cette dernière a entre autres transmis son message par l'intermédiaire de la radio, la télévision, les réseaux sociaux, mais aussi à l'aide des établissements scolaires et de leurs enseignants. Par exemple, la plupart des établissements scolaires ont invité des acteurs politiques pour faire place à un débat. D'autres ont simulé des bureaux de vote. La Commission électorale a procédé à un sondage qui révéla que 63 % de ces jeunes électeurs ont pu se rattacher à un élément qui leur est destiné, par l'entremise de la campagne qui leur a été déployée et 75 % d'entre eux ont exercé leur devoir de citoyen lors du vote .
Les réseaux sociaux Cette campagne a aussi révélé une importante utilisation d'un nouvel outil émergent en communication et politique. En effet, les partis ont énormément fait leur propagande grâce à Internet. Leur publicité politique a par exemple pris la forme de vidéos virales sur le web. Des plateformes comme YouTube et d'autres médias sociaux leur ont permis de diffuser des messages de façon plus rapide et exponentielle. Les médias sociaux sont des outils recommandés pour les partis, car ils leur permettent de mieux cadrer leur image et surtout de pouvoir discuter des questions concernant leur campagne.
Un des médias sociaux les plus interactifs et utilisés, que ce soit par les électeurs ou par les partis politiques, lors du référendum est Twitter. Cette plateforme était fortement médiatisée par les partis et poussait les électeurs à interagir avec eux.
Twitter a surtout pris une place importante lors de trois débats télévisés pendant la campagne sur le référendum. et Better Together ont fourni des indications claires à leurs partisans, avant le début des débats., concernant les façons de retweeter leurs messages. Afin de toucher le plus de personnes possibles, les deux partis avaient recours à des hashtags neutres comme #indyref. Cette campagne a grandement touché le public des nouveaux médias. Plus de 2,8 millions de tweets ont été partagés.. Better Together et ont par contre utilisé des stratégies différentes concernant l'utilisation de Twitter pendant les débats. Better Together a décidé d'interagir et de commenter les tweets sur le débat. Yes Scotland a voulu relancer les messages de leur campagne et de leurs promesses électorales.
Twitter ne permet pas seulement une nouvelle façon de communiquer son message politique ou encore une interaction avec ses électeurs, mais permet aussi une analyse des partisans du parti et autres.
L'utilisation des hashtag #indyref a été analysée par l'université de Glasgow. Le pétrole et la fiscalité étaient ainsi les sujets les plus discutés par les partisans des deux partis. Cela a permis aux partis de mieux comprendre les préoccupations de leur public et d'adapter leur discours politique.
Enjeux Adhésion à l'OTAN vignette|Carte de l'OTAN au moment du référendum, avec les États membres en bleu foncé. vignette|Un des sous-marins nucléaires balistiques de la classe Vanguard armé de 16 missiles Trident quittant sa base dans le Firth of Clyde.