Le Mouvement national de libération de l'Azawad (en touareg : ) ou MNLA est une organisation politique et militaire majoritairement touarègue, active dans le nord du Mali. Son objectif est l'indépendance du territoire de l'Azawad. Créé en 2011, c'est l'un des principaux groupes armés impliqués dans la guerre du Mali.

Il s'allie avec plusieurs autres groupes rebelles au sein de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) en 2014, puis au sein du Cadre stratégique permanent (CSP) en 2021.

En 2024, le MNLA fusionne avec les autres groupes du CSP pour former le Front de libération de l'Azawad (FLA).

Création Le Mouvement national de l'Azawad (MNA), créé en et qui se définit comme , et le Mouvement touareg du Nord-Mali (MTNM), mouvement responsable de rébellions de 2006 à 2009, fusionnent le pour créer le MNLA. Plusieurs groupes d'ex-rebelles touaregs ayant fui le Mali dans les années 1990 pour s'engager dans l'armée libyenne de Mouammar Kadhafi se sont joints au mouvement à la suite de la chute du régime libyen en 2011. Ils ont apporté avec eux un grand nombre d'armes, réactivant le conflit pour l’autodétermination de l'Azawad.

Malgré sa volonté de rassembler l'ensemble des communautés de l'Azawad, le MNLA ne fédère véritablement que quelques tribus touarègues, surtout dans l'Est et au nord-est du Mali ; principalement les Idnanes, les Imididaghanes, les Chamanamasses, les Daoussahaks, et une partie des Ifoghas. Très peu d'Arabes, de Peuls et de Songhaï rejoignent le mouvement, . .

Revendications et idéologie vignette|redresse=1.4|gauche|Des membres du MNLA en 2012.

L'objectif du MNLA est l'autodétermination de l'Azawad. Ouvertement indépendantiste en 2012, ses positions évoluent en 2013 vers l'autonomisme à la suite du basculement des rapports de force.

Par ailleurs, le MNLA se revendique comme un , alors que le gouvernement malien, comme celui de la France, considère qu'il ne représente qu'une partie de la population du territoire concerné, Henri de Raincourt, ministre français de la Coopération, sur RFI le ..

Idéologiquement, le MNLA affirme rejeter l'islamisme, mais le terme de « laïcité », bien que parfois employé, ne fait pas l'unanimité au sein du mouvement. Cependant le , après l'échec d'un accord avec Ansar Dine, le bureau politique du MNLA déclare .

Le , dans un communiqué, le MNLA affirme .. Ceci marque un changement de position sur le statut souhaité de l'Azawad. Auparavant, il ne voulait que l'indépendance vis-à-vis du Mali. Aujourd'hui, le MNLA fait une concession, il laisse sous entendre une simple autonomie, autogestion du Nord-Mali, mais toujours intégré dans le territoire malien. Par ailleurs, pour permettre le processus de négociation, il exige la nomination et agréé par le pouvoir central et lui-même. Dans le même temps, il appelle l’État malien par le biais de concertations, à . De plus, apparaissant comme soucieux et préoccupé à propos de la situation de la population de l'Azawad, il demande des avancées rapides, en matière d'accès à la santé, à l'eau, à l'électricité, à l'alimentation et à l'éducation. Enfin, il réclame aussi . Pour cela, il .

Organisation En , le MNLA annonce. la formation d’un Conseil exécutif composé de : Bilal Ag Acherif : secrétaire général du MNLA, reçu à Paris par plusieurs diplomates français pour demander un soutien matériel pour lutter contre les islamistes d'AQMI et du MUJAO ; Mohamed Ag Tahado : président du conseil consultatif du MNLA ; Abdoulkarim Ag matafa : président du conseil révolutionnaire du MNLA ; Mahmoud Ag Ghali : président du bureau politique ; Hamma Ag Sid’Ahmed : porte-parole chargé des relations extérieures ; Mohamed Ag Najem : chef d’état-major, ancien colonel de l’armée libyenne ; Moussa Ag Acharatoumane : responsable des droits de l’homme ; Bekay Ag Hamed : chargé de communication ; Nina Wallet Intalou : chargée de l’éducation et de la formation ; L'écrivain et acteur touareg Moussa Ag Assarid adhère au MNLA comme porte-parole.

Les principaux officiers du MNLA sont les colonels Bouna Ag Attiyoub, Machkanani Ag Balla, Assalat Ag Habi, Iba Ag Moussa, Mbarek Ag Akly, Al Ghabass Ag Hamed’Ahmed, Adghaymar Ag Alhousseiny, Intallah Ag Assayid.

Les autres cadres sont de ce mouvement sont Ambéry Ag Rhissa, Hassane Fagaga et Mossa Ag Attaher..

Effectifs vignette|redresse=1.4|Combattants du MNLA.

Au début de la rébellion, en , le MNLA revendique dont 400 anciens soldats de Kadhafi, six mois plus tard, il revendique .

À la mi-, Intallah Ag Assai, colonel du MNLA, affirme que le mouvement dispose de dans l'ensemble de l'Azawad. Le même mois, Bilal Ag Acherif, secrétaire-général du mouvement, revendique .

Selon le ministère malien de la Défense, au moins 500 hommes de la Garde nationale, tous touaregs, désertent en 2012 pour rejoindre les rangs du MNLA.

En , Lamine Ag Billal, un capitaine du MNLA, affirme qu'au moins touaregs venus de Libye ont rejoint le Nord du Mali après la chute du régime de Kadhafi. La plupart, selon lui, ont rejoint le MNLA et se sont opposés à ce qu'Iyad Ag Ghali prenne la tête du mouvement.

En ], alors que le MNLA a été chassé des villes du Nord-Mali par les djihadistes, le secrétaire-général Bilal Ag Acherif affirme que son mouvement dispose de quatre bases aux alentours de Léré, Gao, Ménaka et Tinzawatène où sont cantonnés plus de . Il ajoute : .

Selon Jean-Christophe Notin, qui s'appuie sur des sources militaires françaises, le MNLA compte début 2013..

En , Hama Ag Sid'Ahmed, porte-parole du MNLA, affirme que le mouvement compte .

Dans un rapport rédigé en , la MINUSMA estime que le MNLA compte .

Contexte historique : les « rébellions touarègues » Le conflit mené depuis début 2012 par le MNLA s'inscrit dans une suite d'insurrections généralement baptisées « rébellions touarègues », qui ont opposé certains membres du peuple touareg aux gouvernements du Mali et du Niger.

Depuis 1916, on compte plusieurs conflits principaux : La rébellion touarègue de 1916-1917 au Niger ; La rébellion touarègue de 1962-1964 au Mali, généralement appelée « première rébellion touareg », qui fut très durement réprimée par l'armée malienne. Le mouvement fut également très affaibli par les sécheresses des années 1970 ; La rébellion touarègue de 1990-1996 au Mali et au Niger. Elle débuta en 1990, deux ans après la création du Mouvement populaire de libération de l'Azawad. Au Mali, une première période de conflit (octobre-) aboutit à la signature des accords de Tamanrasset en 1991 et du pacte national en 1992« Pacte national conclu entre le gouvernement de la République du Mali et les mouvements et fronts unifiés de l'Azawad consacrant le statut particulier du Nord du Mali », Journal officiel de la République du Mali, Secrétariat général du Gouvernement, Koulouba, 1992., mais qui ne marqua pas la fin définitive des hostilités. Des conflits réapparurent en 1994-1995 et la paix fut finalement scellée le à Tombouctou lors de la cérémonie de la Flamme de la Paix, durant laquelle les rebelles touaregs brûlèrent utilisées durant la rébellion ; La rébellion touarègue de 2006 au Mali, aboutissant aux accords d'Alger (signés le ) ; La rébellion touarègue de 2007-2009, au Niger et au Mali ; L'insurrection menée par le MNLA initiée début 2012 au Mali.

Historique vignette|Territoire malien dont le MNLA réclame l'autodétermination.

Le , le mouvement prend l'initiative de l'insurrection touarègue au Nord-Mali, et contrôle la région de Kidal très rapidement, dès le mois de mars.. Les insurgés contrôlent par la suite, des portions de territoires, des régions de Gao et de Tombouctou situées au nord du fleuve Niger.

Un mois plus tard, l’État malien est en perdition, il annonce l'abandon de la ville de Gao aux rebelles le . Tombouctou, la dernière ville sous contrôle malien au nord du fleuve, tombera à son tour le http://www.mnlamov.net/index.php?view=article&id=163:liberation-complete-de-la-region-de-tinbouctou&tmpl=component&print=1&layout=default&page=..

Le , le bureau politique tente de rassurer les pays voisins du Mali en ces termes : http://www.mnlamov.net/index.php?view=article&catid=34:actualites&id=164:declaration-du-bureau-politique-&tmpl=component&print=1&layout=default&page=..

Après la prise des trois villes principales au Nord, le MNLA déclare un cessez-le-feu le jeudi , soit un jour avant la déclaration d'indépendance de l'Azawad, le . Cette déclaration d'indépendance est rejetée unanimement par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et toute la communauté internationale (y compris la France et les États-Unis) le même jour..

Le , le MNLA et Ansar Dine annoncent qu'ils ont fusionné pour former un « Conseil transitoire de l’État islamique ». Cette union laisse perplexe et suppose quelques interrogations, puisque les deux organisations ont des objectifs distincts : l'une est pour un état laïc et indépendant, l'autre est pour l'application de la loi coranique et la domination de la population par l'islam instrumentalisé. Cette association est surement une alliance de circonstance, qui profite au groupe Ansar Dine, car selon Philippe Hugon, directeur de recherche, à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), . Par conséquent, la stratégie d'Ansar Dine consiste à gagner du temps et du terrain, pour pouvoir par la suite évincer le MNLA.

Les 28 et , la CEDEAO se réunit en Côte d'Ivoire, pour prévoir un déploiement de force d'intervention militaire de , en cas d'échec des négociations avec les groupes armés. L'objectif étant l'arrêt des hostilités afin de rétablir l'intégrité territoriale du Mali et de lui permettre une transition politique..

Fin , le MNLA n'est plus en position de force, il perd le contrôle total de ses territoires conquis, au profit de mouvements salafistes tels qu'Ansar Dine, AQMI ou le MUJAO.http://www.afp.com/fr/node/306077..

vignette|redresse=1.4|gauche|Les délégués d'Ansar Dine et du MNLA à Ouagadougou le : de gauche à droite au premier rang : Alghabasse Ag Intalla, fils du chef des Ifoghas, représentant d'Ansar Dine et futur chef du MIA, Djibrill Bassolé, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Bilal Ag Acherif, secrétaire général du MNLA et Mahamadou Djéri Maïga, vice-président du MNLA.

En , le MNLA évincé par ses anciens alliés, commence des négociations de paix avec Bamako. Il souhaite désormais l'autonomie de l'Azawad et non plus l'indépendance vis-à-vis du Mali.

Le , soit 4 jours après le début de l'opération Serval, le MNLA déclare être prêt à apporter son soutien à l'armée française, en accomplissant . Il affirme qu'il dispose d'hommes, d'armes, et qu'il a . Par ailleurs, cette aide du MNLA apparaît comme utile et non négligeable selon Philippe Hugon, car il pense que .

Le , le MNLA annonce avoir repris la ville de Kidal ainsi que sa région, qui étaient aux mains des islamistes..

Fin , à la suite de la création du mouvement islamique de l'Azawad, le MNLA éprouve certaines réticences envers ce nouveau mouvement. Il estime que celui-ci regroupe la . Par conséquent, il se demande si cette organisation a réellement et à ses objectifs initiaux. Le MNLA souhaite, dans la guerre du Mali, être le seul rempart contre les , et par conséquent être un interlocuteur fiable et convaincant, pour les futures négociations avec le pouvoir central de Bamako.

Le , le MNLA arrête deux personnes influentes à proximité de la frontière algérienne, Mohamed Moussa Ag Mouhamed (Ansar Dine) et Oumeïni Ould Baba Akhmed (MUJAO), et les remet aux forces françaises. Cette capture souligne l'engagement du MNLA à combattre les groupes islamistes ainsi que la coopération avec l'armée française, mais pas uniquement. Dans le même temps, il cherche à reconstruire sa crédibilité et sa fiabilité au niveau international car personne n'a oublié son alliance éphémère avec le groupe Ansar Dine en .