Auboué est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle en région Grand Est. Elle appartient à l'unité urbaine de Jœuf. Géographie Cette commune fut un village-frontière avec l' Empire Allemand entre 1871 et 1918 puis avec le Troisième Reich de 1940 à 1944.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau de Ste-Marie, le ruisseau le Woigot et l'Orne..

Le Woigot, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Mont-Bonvillers et se jette dans l'Orne sur la commune, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques du Woigot sont données par la station hydrologique située sur la commune de Val de Briey. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:03 TU à partir des 679 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/07/1967 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

L'Orne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Ornes et se jette dans la Moselle à Richemont, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'AubouéLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Bassin ferrifère ». Ce document de planification concerne le périmètre des anciennes galeries des mines de fer, des aquifères et des bassins versants hydrographiques associés qui s’étend sur . Les bassins versants concernés sont celui de la Chiers en amont de la confluence avec l'Othain, et ses affluents (la Crusnes, la Pienne, l'Othain), celui de l'Orne et ses affluents et celui de la Fensch, le Veymerange, la Kiesel et les parties françaises du bassin versant de l'Alzette et de ses affluents (Kaylbach, ruisseau de Volmerange). Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est..

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Doncourt-lès-Conflans à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Auboué est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de JœufUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération inter-départementale regroupant six communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Jœuf comprend trois villes-centres (Homécourt, Jœuf et Sainte-Marie-aux-Chênes) et trois communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Val de Briey, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (40,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (41,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (27,7 %), terres arables (23,7 %), forêts (18,9 %), prairies (16,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (12,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est mentionné sous les formes Banvadus ubi cadit Amentia in Ornam (XIIe siècle) ; Aubowez (XVe siècle) ; Abbowey (XVe siècle) ; Abouwey (XVe siècle) ; Habowels (1444) ; Aubous (1456) ; Abowey (1470) ; Abowels (1490) ; Aubouwey (1503) ; Aubonwey (1513) ; Aubouez (1514) ; Aubouwoy (1519) ; Aubouey (1583) ; « Auboyez delà l’eau », « Aubouye delà l’eau », Auboye (XVIIe siècle) ; Aboué (XVIIe siècle) ; Abowé (1603) ; Auboye (1605) ; Aubouvey, Aubouué (1612) ; Abbouey (1616) ; Auboys (1635) ; « Aubouy delà l’eau » (1661) ; Abboué (1681) ; « Aubouey decà l’eau » (1689) ; Auboyé (1770)..

La forme du latin médiéval Banvadus au siècle, représente selon Ernest Nègre, le latin *bonum vadum « bon gué » et l'élément Au- qui n'est attesté qu'au dans Aubowez, résulte de l'agglutination de la préposition à à l'article défini le, d'où au .. En réalité, le mot wez, wei, wey est la forme septentrionale correspondant au français gué, dont l'étymologie latine est discutée, et qui a au moins subi une influence phonétique du germanique sur l'initiale d'où w- / gu- au lieu du v- latinSite du CNRTL : définition et étymologie de gué (lire en ligne) et qui aurait dû se conserver tel quel comme dans vado > je vais.

Au siècle, un gué existait, point de passage de Metz vers les Pays-Bas, et la localité n'était qu'un petit village avec quelques maisons sur la rive droite de l'Orne.

Histoire Préhistoire

Des travaux de recherches archéologiques ont permis la découverte sur le territoire de la commune d'une occupation du Paléolithique supérieur attribuée à la culture aurignacienne (-38 000 à - 28 000 ans). Le site a livré tout un ensemble de produits de débitage associés à des outils en silex d'importation.

Antiquité

Présence d'une importante occupation gallo-romaine (villa ?) au lieu-dit la ferme de Coinville. D'autres sites gallo-romains sont signalés sur le territoire de la commune.

Moyen-Âge L'occupation d'Auboué au Haut Moyen Âge est attestée par la découverte de sépultures avec du mobilier civil et militaire.

Coinville appartient au Moyen Âge à l'abbaye Saint-Glossinde de Metz. Coinville (Comitis Villa) est attesté en 875 par une charte de Louis le Germanique.

Auboué compte 12 feux en 1335. Une forge existait sans doute dès le .

Époque moderne Auboué et Coinville souffrent de la guerre de Trente Ans () comme toute la région. En 1790, lors de la création des départements, Auboué, village de l'ancien Duché de Bar, dont la capitale était Bar-le-Duc et la cour de justice à Saint-Mihiel, est intégré au département de la Moselle dont la préfecture est Metz.

Époque contemporaine En 1817, Auboué, village de l'ancienne province du Barrois au confluent de l'Orne et du Woigot avait pour annexe la ferme de Coinville. À cette époque il y avait 288 habitants répartis dans 62 maisons. EN 1871, le Traité de Francfort cède la majeure partie du département de la Moselle à l'Empire Allemand. Auboué fait partie des villages mosellans qui restent français. Cette partie du département de la Moselle est rattachée à celui de la Meurthe qui devient un nouveau département : la Meurthe-et-Moselle dont la préfecture est Nancy.

Sidérurgie En 1892 débutent les travaux de creusement du premier puits de la mine de la Société de Pont-à-Mousson. Ainsi la commune qui ressemble jusqu'alors à un village rural, va rapidement devenir une petite ville industrielle où sera appelé à immigrer une importante population Italienne qui fera surnommée la ville, "la petite Italie". De nombreux ressortissants polonais viendront aussi trouver une vie décente dans la région.

À l'exploitation des trois puits (1897, 1902 et 1909) s'ajoutent sur le "carré" la mise à feu de deux hauts fourneaux (capacité de de fonte) et une fonderie, en 1905. Le haut fourneau est mis à feu en 1911.

Pour loger les mineurs, les sidérurgistes, les fondeurs et leur famille, des cités ouvrières sont édifiées : cité du Tunnel en 1901, cité de Coinville en 1902 et cité de Géranaux en 1906. Deux cantines sont également construites en 1906 et 1908. Le site industriel, construit à proximité des voies ferrées, comprend plusieurs bâtiments, bureaux, trois salles des machines, deux magasins industriels, trois ateliers de réparation, une conciergerie... Les matériaux de construction de l'ensemble sont en calcaire, en brique silico-calcaire, en enduit et matériaux synthétiques. Les toits à longs pans brisés sont également en matériaux synthétiques. Quant à la couverture, elle se compose de tuiles mécaniques, de verre de zinc et de ciment amiante.

En 1914, l'usine - frontalière - est partiellement détruite, puis reconstruite pendant le second quart du . Pendant la Première guerre mondiale, Auboué se situe au nord de la ligne de front et est occupée par l'armée Allemande.

Seconde Guerre mondiale Le le conseiller municipal Émile Cheminé, agriculteur, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, alla fleurir le monument aux morts et arbora le drapeau français à la fenêtre de sa ferme. Il fut arrêté par les nazis, torturé et exécuté sommairement le .. Cet acte de résistance fut honoré par une plaque commémorative dans la rue où se trouvait sa ferme désormais nommée "rue Émile Cheminé".

Les rafles de février 1942

Suite au sabotage d'installations de l'usine d'Auboué, la police française (section anti-communiste de Nancy et Renseignements Généraux de Briey) arrête 6 communistes.

Hommages aux victimes du nazisme Dans le camp de concentration nazi de Buchenwald, on peut voir une plaque dédiée aux habitants de la commune d'Auboué déportés.

Depuis 1945