Heippes est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est.
Géographie Heippes est située sensiblement à mi-distance de Bar-le-Duc et de Verdun, sur le versant d’un coteau incliné sud-nord et traversée par la Voie sacrée, nom glorieux de la route qui relia Bar-le-Duc à Verdun en 1916 pour ravitailler le front. L'agglomération s’étale à l’ouest de la Voie sacrée, présentant une forme triangulaire avec deux rues principales qui se rejoignent sur la place du village et sur lesquelles aboutissent des rues secondaires. Le territoire de la commune est sur la ligne de partage des eaux des bassins de la Seine et de la Meuse, puisque deux ruisseaux y prennent leur source ; le ruisseau de Récourt, affluent de la Meuse et le Flabussieux, affluent de l’Aire. Le territoire de est accidenté, avec un point culminant à d’altitude. Avec de forêts, les bois ont toujours constitué la richesse de Heippes où son industrie y était prospère. On y rencontrait des sabotiers, des fabricants de bois de brosse, de râteaux, des manches d’outils, des charbonniers et sans oublier de nombreux bûcherons. Il se raconte qu'en 1823, l'un d'entre eux nommé Collot trouva dans la forêt, un vase d’étain renfermant de monnaie françaises (), lorraines, bavaroises et autrichiennes. Autrefois, Heippes était constitué de vastes étendues de friches qui faisaient songer à un pauvre sol. Cela se vérifie dans la statistique de 1706 où il est rapporté qu’il ne reste plus de grain aux laboureurs quand ils ont payé « leur canon » (fermage). De même dans le cahier de doléances de 1789, les habitants annoncent qu’ils n’ont même pas récolté pour leur semences, qu’ils devront manger du pain d’avoine, nourriture ordinaire des chevaux et que les pauvres gens seront obligés de s’égorger pour avoir un morceau de pain.
Extrait d'un article de L. Lavigne, paru en 1949 dans La Meuse Agricole, à la rubrique « En parcourant nos villages meusiens ».
Communes limitrophes
Hydrographie La commune est traversée par la ligne de partage des eaux entre les bassins versants de la Meuse et de la Seine au sein respectivement du bassin Rhin-Meuse et du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le ruisseau de Recourt et le ruisseau de Flabussieux..
Le ruisseau de Recourt, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Meuse à Tilly-sur-Meuse, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'HeippesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Chaumont-sur-Aire à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Heippes est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Verdun, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (62,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (62,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (55,2 %), forêts (37,1 %), prairies (7,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Aucune autre commune ne porte le nom « Heippes » en France. Il a été relevé les orthographes suivantes : Espeium (1199), Heppe (1200), Heipes (1259), Heippe (1336), Heyppes (1338), Heippes (1502), Heppes (1610), Hyeppes (1642), Hieppes (1738), Heppiæ (1738), Heippe (1793). En patois, on prononçait Haïeppe avec le H fortement aspiré.
Histoire Au , l’évêque de Verdun Albert de Mercy (1156-1162) avait notifié plusieurs donations faites à l’abbaye de l'Isle-en-barrois par Raoul d’Apremont à pour des pâtures du diocèse de Verdun (Rambluzin, Heippes et Bulainville).
Dès 1282, le comte de Bar en sera le seul seigneur et à cette date, Jean de Bar rendra hommage au roi de France pour ses terres de Souilly, Osches, Rambluzin, Issoncourt et Heippes. Cette période est obscure car Heippes est mentionné à la fois faisant partie des prévôtés barroises de Bar et de Souilly. Le bailliage de Bar-le-Duc était subdivisé en plusieurs prévôtés. En 1708, il y en avait 6. Celle de Bar, celui de Souilly, de Pierrefitte, de Ligny, de Morley et Longeville.
À partir de 1301, la rive gauche de la Meuse est sous suzeraineté du roi de France, dont le duc de Bar est par conséquent le vassal. Une maison de la justice royale est ainsi attestée à Heippes au (jusqu'à l'édit de ).
Le fut néfaste à Heippes qui fut décimé par le choléra en 1632. Plus tard, en 1638, les habitants durent s’enfuir devant les Croates et le village est déserté par sa population jusqu'en 1644. Un chroniqueur contemporain note : « le peuple est par les bois, en raison de grandes contributions, meurtres, brûlements, rançonnements »
En 1777, le château appartenait à M. de Grand-Fèvre, procureur du roi à Verdun. Comme Heippes était un gîte d’étapes, la communauté voulut l’acheter pour utiliser à abriter convois et voyageurs et pour y loger un détachement de la maréchaussée. Cet achat ne se fit pas.
Sous la Révolution, à part quelques réactions, tout se passa dans le calme. Les cahiers de doléances sont signés du curé Vautrin, du syndic François et de trois élus, Patin, Gervaise et Thierry, ancien maître d’école à Heippes.
À la fin de l'Empire, les , et , lors de la campagne de France, le Maréchal Marmont, duc de Raguse, campa à Souilly, Issoncourt et Heippes, avec . En 1818, à la fin de l’occupation, et Russes passèrent à Heippes pour regagner leur pays.
Les Hospitaliers
Heippes n'apparaît pas dans l'histoire de l'Antiquité ni du bas Moyen Âge. Ce n'est qu'en 1183 qu'il est mentionné dans la donation de l'alleu de Heippes que faisait aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Politique et administration Avant 1789, Heippes était du Barrois mouvant, bailliage et prévôté de Bar ; une faible partie dépendait de la prévôté de Souilly. Depuis 1790, il a toujours appartenu au canton de Souilly, arrondissement de Verdun ; de même qu’au point de vue spirituel, la paroisse fut toujours de l’évêché de Verdun, doyenné de Souilly. En 1792, le maire se nommait Narat, les officiers municipaux Tonnelier et Masson, le greffier Simon et le curé Viard.
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Population et société Démographie
Économie Anciens métiers : sabotiers, « tixiers » sur toile. Autrefois, le surnom patois des habitants de Heippes était surnommés les « Gaillots » (les chevraux). Le , la cour de l'ancienne école accueillait Jean Sucquet à l'occasion de la sortie de son livre « Les bonheurs d'un Gaillot ». En effet, le fils de l'ancien instituteur relate dans cet ouvrage, avec beaucoup d'humour et d'anecdotes, son enfance heureuse à Heippes entre 1922 et 1933.
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Lieux Sur le territoire de Heippes se trouve l'ancien prieuré Saint-Pierre de Flabas (), converti en ferme et dont il restait des vestiges de la chapelle jusqu'au milieu des années 1980. Il fut fondé en 1317, c’était une dépendance de l'ordre de Cluny puis de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La chapelle, sous le vocable de Saint-Pierre, porte une inscription sur pierre gravée en 1508, donnant le nom de frère Guillaume Le Fêvre, prieur de Saint-Pierre de Flabas qui la fit édifier. Cette inscription de fondation du prieuré Saint-Pierre de Flabas, a été restaurée et bénie le par François Maupu, évêque de Verdun dans l'église du village. Non loin de Flabas se trouvait la fontaine de Saint-Pierre entourée de la forêt domaniale du Prieuré et du bois communal de Châtel-Bois. À ce propos, on comprend la désignation de la fontaine du village qui s’appelle Paroisse-Fontaine et fut la principale source qui alimenta le village jusqu'en 2002. Ancienne gare de la Compagnie Meusienne de Chemins de Fer, inaugurée en où s'arrêtait Le « Meusien », également appelé Le « Varinot », du nom de Charles Varinot, son inventeur ou encore le Tacot. Cette station qui s'appelait « Heippes - Benoîte-Vaux » devait son nom par la proximité du fameux pèlerinage. Aujourd'hui remplacée par la gare de Meuse TGV, située à . Il y avait aussi la Warge (signifie « ivraie »), qui était le siège d’une commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, le plus ancien et le plus célèbre des ordres religieux des croisades. Cette commanderie était installée dans l'ancienne ferme appartenant à la commanderie des Hospitaliers de l'Ordre de Gelucourt près de Dieuze (Moselle), elle-même ancienne cense, qui collectait les impôts dus au seigneur. Cette ferme, dont il ne reste plus rien, fut vendue comme bien national en 1793 pour . Seul, le commandeur de Gelucourt nommait le curé de Heippes, sans en référer à l’évêque. Vestiges du diverticule (voie romaine secondaire) de Verdun à Fains-les-Sources.
Autres lieux La côte à moulin (disparu carte 1699, Le Toulois) La Vaux la Dame La forêt communale de Dahaie (toponyme du ) Le bois Chardin (ancien nom Hattonlieu) Devant Gaut.
Monuments