vignette|Illustration de l'ansérine blanche (Chenopodium album) dans Les plantes potagères, Vilmorin, 1925. Le chénopode blanc (Chenopodium album L.), ou ansérine blanche, est une espèce de plantes annuelles de la famille des Amaranthaceae, l'une des environ 250 espèces J. Risi, N. W. Galwey et T. H. Coaker (1984). In Advances in applied biololgy. In: The Chenopodium grains of the andes: inca crops for modern agriculture. Academic, Landon, pp 145-216. du genre Chenopodium qui doit son nom à ses feuilles (d'un vert blanchâtre) en forme de patte d'oie. C'est une plante pionnière et nitrophile fréquente dans les lieux anthropisés (cultivés notamment ou fraichement perturbés).. Originaire de l'ouest de l'Asie, elle est naturalisée dans une grande partie de l'Europe, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord et récemment introduite dans d'autres régions ou continents (Australie) Germplasm Resources Information Network (GRIN): espèce Chenopodium album L... Cultivée dans divers pays du monde J. B. Miller, K. W. James et P. M. A. Maggiore (1993). Tables of composition of Australian Aboriginal foods. Aboriginal Studies Press. T. P. A. Devasagayam, J. C. Tilak, K. K. Boloor, K. K. Sane, S. S. Ghaskadbi et R. D. Lele (2004). Review: Free radicals and antioxidants in human health: current status and future prospects. J. Assoc. Physicians India, 52: 794-804., elle a des vertus médicinales et une haute valeur alimentaire .
Étymologie, dénominations Nom scientifique valide : Chenopodium album L., 1753. Le nom de genre vient du grec , « oie », et , au génitif , « pied » : feuilles en forme de patte d'oie ; et le nom d'espèce évoque la couleur blanche en latin. Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) recommandés ou typiques en français : chénopode blanc, ou ansérine blancheNom en français d'après la fiche de cette espèce dans Brouillet 2010+. VASCAN (Base de données des plantes vasculaires du Canada) de Canadensys.. Autres noms vulgaires ou noms vernaculaires (langage courant), pouvant désigner éventuellement d'autres espèces : SenousseNom en français d'après l'Inventaire National du Patrimoine Naturel, sur le site Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN), Drageline, Poule-grasse et au Canada : Poulette grasse ou encore Chou grasNom en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada, mais aussi Blé-blanc, Herbe aux vendangeurs ou encore Dame (en Champagne), et aussi Farinouse ou Chou-farinou en Auvergne (de l'occitan farinosa et chaul farinós), Bonnette en Suisse Romande À la Réunion, il est appelé brède Madame. En Inde, on le nomme Fat Hen, Lamb's-quarters, Pigweed (anglais), mais aussi Bathua (Hindi), Vastukah (Sanskrit), Paruppukkirai (Tamil), Chandanbethu (Bengali), Bathua (Oriya), Kaduoma (Kannada), Pappukura (Telugu), Vastuccira (Malayalam), Chakvit (Konkani).
Description Appareil végétatif
Plantule : les cotylédons sont elliptiques, à sommet arrondi en massue, allongés, fins et opposés avec les faces inférieures rouge violacé, plus ou moins pétiolés. Les premières feuilles sont simples, opposées, ovales à triangulaires, irrégulièrement dentées. La tige est rougeâtre à la base.
La tige mature est pleine, dure, cannelée/striée et à section anguleuse, ramifiée et dressée. Elle est glabre et parfois farineuse. La plante s'élève jusqu'à à de haut, voire exceptionnellement (sa taille est maximale sur des sols fertiles, dystrophes et lourds) ; la tige est vert clair à vert foncé et se teinte parfois de violet ou de rouge en fin d'été.
Les racines sont de type dendritique avec en général une racine centrale nettement plus épaisse, elles sont plus ou moins traçantes et superficielles, selon le type de sol, et peuvent s'étaler autour de la tige jusqu'à plus d'un mètre.
Les feuilles sont plus longues que larges. Les feuilles basses sont alternes, rhombiques à ovales, devenant elliptiques à linéaires (lancéolées) quand on remonte vers le haut de la tige. Le limbe mesure jusqu'à de long. Leur bord est ondulé à profondément denté avec un sommet pointu ; leur couleur est vert clair (blanc-argentée sur la face inférieure). Elles ont un aspect et une consistance plus ou moins farineuses, surtout sur la face inférieure. La poudre blanc-argenté (pruine) qui couvre la face intérieure des feuilles donne au toucher une sensation d'humidité caractéristique, qui est propre à certains chénopodes. Cet aspect « pruineux » est dû à la présence de minuscules poils globuleux blanchâtres modifiés et gonflés qui sont sessiles (c'est-à-dire se détachant facilement) ; ce sont des glandes aquifères ayant la forme de microbilles, pourvoyeuses d’eau en situation de sécheresse ; ils constituent l'un des critères de reconnaissance des chénopodes).
Appareil reproducteur Les fleurs apparaissant de juin à octobre, petites (2 à 3 mm), bisexuées, vertes à blanchâtres parfois légèrement teintées de rose, dépourvues de pétales, elles sont réunies en glomérules disposés en panicules qui se superposent les uns les autres le long du haut de la tige. Ils présentent parfois aussi un aspect farineux. Le périanthe comporte cinq tépales enserrant un utricule globuleux. Elles portent cinq étamines et un style divisé en deux parties.
Le fruit est un akène contenant chacun une graine petite (1,5 mm en moyenne), lisse, noire et luisante pour la plupart mais on trouve aussi des graines brunes lisses, brunes réticulées et noires réticulées). Les graines restent souvent enveloppée dans l'enveloppe (péricarpe) beige-claire de l'akène. Un pied produit de à graines par plant selon l'IRIIS et jusqu'à selon M. Chauvet (2018) et pouvant survivre 30 à 50 ans dans la banque de graines du sol. La plante produit deux types de graines : à enveloppe dure (dormantes) et à enveloppe souple pouvant germer dès qu'elles sont en contact avec un substrat humide.
Confusions possibles L'espèce peut être confondue avec : le chénopode des murs (Chenopodiastrum murale, anciennement Chenopodium murale) le chénopode hybride (Chenopodium hybridum) ; le chénopode rouge (Chenopodium rubrum) ; le chénopode à feuilles de figuier (Chenopodium ficifolium dont les feuilles sont plus allongée et présentent 2 lobes à leur base) ; l'arroche étalée (Atriplex patula, dont la tige se ramifie dès la base et dont les feuilles sont plus triangulaire, hastées à la base ; en outre l'inflorescence est en épi et ses fleurs femelles sont entourées de bractéoles triangulaires à base hastée. Le chénopode blanc peut aussi être confondu avec des arroches dont il ne se distingue que par les deux ou quatre premières feuilles qui sont en paires opposées ; le quinoa (Chenopodium quinoa, de la famille des Amaranthaceae selon la classification phylogénétique ou classé parmi les Chenopodiaceae selon la classification de Cronquist). Il évoque l'épazote (Chenopodium ambrosioides ou Herba sancti mariae), toxique (notamment au niveau des graines et de l’huile qu'on en tire), mais l'épazote a une odeur de citronnelle que n’ont pas les autres chénopodes. L’aspect farineux de toutes ces plantes est moins marqué que chez le chénopode blanc.
Reproduction, dispersion La reproduction ne passe que par les graines, qui semblent principalement transportées par l’eau, des fourmis ou des oiseaux (mais aussi par les engins agricoles). La graine ne germe qu'en surface (de mars à juin, voire jusqu’à septembre en zone tempérée), mais elle peut survivre plusieurs décennies en profondeur.
Habitats Dans la nature sauvage ce chénopode a comme biotope primaire les ripisylves et sols riches de bras morts de cours d'eau de grandes vallées alluviales, les lisières forestières nitrophiles.
En milieux anthropisés, cette plante en C4 se comporte en rudérale non spécialisée : elle prospère localement dans les sols eutrophes à dystrophes (riches à trop riches en azote), et notamment sur les sols de cultures amendées et fumées, labourés et bien drainés de grandes cultures, de maraîchage ou sur les tas de fumier ou de compost ou à proximité. On la retrouve aussi dans les Vignes et vergers, Jardins, sur les talus et bords de chemins et axes de transports, les terrains vagues, dans presque toutes les zones habitées du monde, sur tous types de sols et sur une large gamme de valeurs de pH..
Histoire Cultivé, mangé et utilisé comme plante médicinale dans certaines régions du monde, et ailleurs encore considéré comme mauvaise herbe, le chénopode blanc sauvage a été cueilli et consommé dès la Préhistoire ; il a été un aliment de secours pendant les disettes jusqu'au , et il est encore utilisé comme plante sauvage comestible (voir plus bas).
Depuis les années 1990, en raison de sa facilité de culture, et au vu des études récentes montrant son intérêt en tant que plante médicinale, que plante potentiellement nutraceutique, et en tant qu'aliment de qualité, il suscite un regain d'intérêt en tant que graine Ahamed N.T., Singhal R.S., Kulkarni P.R., Pal M., (1998). A lesser-known grain, Chenopodium quinoa: Review of the chemical composition of its edible parts. Food Nutr. Bull. 19, 61-70., et en tant que légume car il compte parmi les légumes qui sont l'une des .
Sa valeur nutritionnelle varie probablement selon les souches, les conditions et les zones de culture dans le monde, dans une proportion encore mal connue. En Europe, selon une étude polonaise publiée en 2011, les graines de ce chénopode sont très riches en acides aminés (lysine notamment), mais moins que les graines de quinoa.
Utilisation Le chénopode est une plante nutritive et médicinale importante.
Dans l'alimentation humaine
Les feuilles fraîches et la tige sont très nutritives. Pande et Pathak montraient en 2010 qu'elles sont une bonne source d'acides aminés (leucine, isoleucine, mais surtout lysine, lysine qui est un acide aminé essentiel utilisé en nutrition animale et humaine pour équilibrer les régimes alimentaires ou encore comme antiviral pour le traitement de l'herpès et du zona chez l'Humain). Également riches en minéraux et oligoéléments, elles sont aussi une bonne source de protéines, lipides et fibres, vitamines (vitamine C notamment) et fer biodisponible Yadav S.K et Sehgal S (2002) In vitro and in vivo availability of iron from Bathua (Chenopodium album) and spinach (Spinacia oleracia) leaves. Journal of food science and technology (Mysore), 39(1), 42-46.. Les feuilles vertes sont particulièrement riches en calciumA. D. Gonzalez, R. Janke and E. H. Rapoport (2003). Valor nutricional de las malezas comestibles. Ciencia Hoy, 13: 40-47, en vitamine C et en caroténoïdes J. L. G. Guerrero et M. E. T. Isasa (1997). Nutritional composition of leaves of Chenopodium species (C. album L., C. murale L. and C. opulifolium Shraeder). Int. J. Food Sci. Nut., 48: 321-327, ainsi qu'en fer (plus que dans les feuilles d'épinard et de chou, mais moins que dans celles de l'amarante).
Chenopodium album fait l'objet d'une culture vivrière ancienne et importante dans les pays tropicaux et subtropicaux où (en Inde et en Afrique Gqaza, B. M., Njume, C., Goduka, N. I., et George, G. (2013). Nutritional assessment of Chenopodium album L.(Imbikicane) young shoots and mature plant-leaves consumed in the Eastern Cape Province of South Africa. International Proceedings of Chemical, Biological and Environmental Engineering, 53(19), 97-102.|URL=http://www.ipcbee.com/vol53/019-ICNFS2013-F2005.pdf notamment). Dans le contexte du réchauffement climatique et de la sous-alimentation, il connait aujourd'hui un regain d'intérêt comme ressource alimentaire précieuse en raison de ses qualités gustatives et alimentaires, de sa facilité de culture dans divers types de sol, et de son potentiel agricole en zone de stress cultural (stress hydrique et salin), altitude (on trouve des souches sauvages jusqu'à ), canicules et froid).
Les parties les plus souvent consommées sont la feuille, l'extrémité de tige, la jeune pousse entière.