Louis Jamme, né le à Liège et mort le dans la même ville, est un industriel belge devenu, par un engagement politique tardif, une figure marquante de la vie liégeoise au lendemain de la révolution belge.
Notable resté à l'écart des affaires publiques jusqu'en 1830, il prend une part active à la révolution à Liège, non comme meneur mais comme garant de l'ordre et de la légalité, à la tête d'une compagnie de la garde bourgeoise puis de la garde urbaine, contribuant notamment à éviter un bombardement de la ville par l'armée hollandaise.
Élu premier bourgmestre de Liège après la révolution, poste qu'il occupe de 1830 à 1838, il siège aussi brièvement comme député à la Chambre des représentants avant de se recentrer sur son mandat communal.
Peintre amateur, il place l'instruction publique et le soutien aux arts au cœur de son action politique, car il y voit un outil d’émancipation intellectuelle et artistique des classes ouvrières.
En partie paralysé, il quitte son mandat politique en 1838 et meurt dix ans plus tard, éloigné de la vie politique liégeoise.
Biographie Lambert Jean Louis Jamme naît le à Liège.. Ses deux parents, Jean Jamme (1737-1806) et Marie Mosin (1750-1809) sont négociants. Il est le quatrième fils d'une famille de six enfants : Jean François (1774-1859), Maximilien (1774-1775), Arnold (1777-), Marie (1781-1813) et Jeanne (1785-1813).
Louis Jamme devient industriel et négociant. À partir de 1835, il dirige une entreprise de fabrication, puis de filature en 1838, de coton. Il est également propriétaire d'une fabrique de tabacs.
Révolution belge En 1830, lorsque la révolution belge éclate, Louis Jamme, pourtant éloigné des affaires publiques, y participe non pas en tant qu'auteur principal mais en tant que patriote et défenseur d'un certain ordre. Il souhaite garantir le civisme, . Il participe ainsi à de nombreux appels au peuple, en compagnie de Charles Rogier ou d'autres personnalités liégeoises, pour assurer la légalité de la situation et éviter toute violence.
Le , il prend la tête d'une compagnie de la garde bourgeoise. Il s'emploie pendant de nombreuses semaines à prévenir les excès. Cette garde évolue en garde bourgeoise auxiliaire, et Louis Jamme et Charles Rogier en sont reconnus comme chefs. En , Charles Rogier, révolutionnaire ardent, part pour Bruxelles tandis que Louis Jamme reste à Liège. Le , celui-ci est nommé chef de la légion de l'Ouest de la garde urbaine liégeoise, qui remplace la garde bourgeoise. Le , il est nommé membre de la commission des secours et indemnité.
La garde hollandaise s'est retirée dans les forts et la garde urbaine assure la sécurité publique, notamment grâce à l'autorité et à la personnalité de Louis Jamme. Il évite notamment un bombardement de la ville par les Hollandais en s'opposant à la prise, par la foule, de pièces d'artillerie remisées au palais des princes-évêques. Celles-ci sont évacuées, sans heurt, durant la nuit.
Bourgmestre de Liège et carrière politique gauche|vignette|redresse|alt=Buste de Louis Jamme par Lambert Herman (1848)|Buste de Louis Jamme par Lambert Herman (1848).
Le , Louis Jamme est élu bourgmestre de Liège . Si la révolution se termine, l'armée de la Meuse est mise en déroute durant la campagne des Dix-jours et le général Daine se réfugie à Liège avant que la nouvelle de sa défaite n'atteigne les autorités. Face aux rumeurs grandissantes et à l'inaction du général, qui s'est enfermé et ne donne aucun ordre, Louis Jamme se rend au quartier général du roi pour l'avertir du danger qui guette Liège. Finalement, l'intervention de la France met fin aux troubles.
Courte carrière de député Si Louis Jamme refuse de siéger au Congrès national, il siège l'année suivante à la première Chambre des représentants comme député.
Il n'occupe ce poste qu'un an, jusqu'en , préférant se concentrer sur son rôle de bourgmestre. Durant ce court mandat, il prend part aux discussions budgétaires et marque son soutien au commerce libre. Défenseur de l'enseignement, il s'oppose à la réduction du financement des universités d'État. Il combat également pour la défense des prérogatives communales face au gouvernement.
Un bourgmestre tourné vers les arts et l'éducation Comme bourgmestre, il promeut l'instruction publique et en tant que peintre amateur et autodidacte, il défend l'art. En 1835, il maintient l'école de dessin de la ville de Liège, qui se réorganise sous le nom d'Académie des beaux-arts. Il y voit un outil d’émancipation intellectuelle et artistique des classes ouvrières.
En , il permet le rétablissement, en prenant l'initiative des réclamations, de la faculté des lettres au sein de l'université de Liège et, quelque temps après, il défend l'université, le gouvernement ne souhaitant plus financer qu'une seule université en Belgique.
Il occupe divers postes d'honneur durant son mandat : président d'honneur de la commission administrative de l'Académie de peinture de Liège, président honoraire de la commission administrative de l'Association nationale pour l'encouragement et le développement de la littérature en Belgique ou encore président d’honneur de la commission administrative du conservatoire royal de Liège.
Une affection de la moelle épinière et ses affaires personnelles, prospères avant la prise de ses mandats politiques, souffrent de son occupation politique. Il décide alors de quitter ses fonctions de bourgmestre. Il faut cependant un an avant que sa démission ne soit acceptée le .
Mort alt=|gauche|vignette|Monument funéraire de Louis Jamme au cimetière de Robermont. Louis Jamme passe les dix dernières années de sa vie de manière paisible, éloigné de la vie politique si ce n'est pour les périodes électorales. Son activité industrielle finit par échouer et la ville lui vote une pension civique.
Il meurt le à Liège. Il est inhumé, après des funérailles en l'église Saint-Christophe, le au cimetière de Robermont où un monument majestueux lui est érigé. De nombreux éloges lui ont été rendus, notamment par l'administration communale et par la société libre d'émulation, dont il a été vice-président. Cette dernière met d'ailleurs son éloge au concours.
Vie privée et descendance alt=|vignette|Médaille à l'effigie de Louis Jamme par Hubert Distexhe (1850). Louis Jamme épouse Marguerite Laguesse (1781-1857) à Paris en . Ils ont quatre filles et un garçon : Joséphine (1811-1877), Louise (1812-1887), Adèle (1816-1885), Anne (1817-1818) et Émile (1820-1897).
Joséphine épouse le paléontologue et chimiste Laurent-Guillaume de Koninck en 1838. Louise épouse Jean Louis Léopold Gérard en 1836 ; leur fils Léon Gérard est député (1893-1894) et bourgmestre de Liège (1891-1900). Adèle épouse Charles Donckier de Donceel dont les parents sont les beaux-parents de son frère Émile.
Émile Jamme embrasse, comme son père, une vie politique. Il est élu député de 1882 à 1892.
Max-Léo Gérard, ministre belge, est un descendant de Louis Jamme..
Louis Jamme a son domicile au de la rue Pont d'Île jusqu'en 1835, puis au du quai de la Sauvenière, et enfin au de 1836 à 1848. Il possède une maison de campagne à Fragnée, quartier de Liège.
Hommage À Liège, une rue du quartier d'Outremeuse, la rue Louis Jamme, porte son nom depuis 1863..
Décorations (1837). Croix de fer (Belgique).
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Liste des bourgmestres de Liège Émile Jamme
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