La chapelle Sainte-Foy, communément appelée , est une église située en plein cœur de Montpellier, 14, rue Jacques Cœur. Elle est consacrée à sainte Foy. Fondée au Moyen Âge, son principal intérêt est sa décoration intérieure baroque et son plafond peint à caissons du . Citons aussi sa cloche, toujours fonctionnelle, datée de 1401.

La construction de l'édifice La construction de la chapelle date vraisemblablement du . Elle est citée pour la première fois, le , dans un acte faisant mention de situations juridiques antérieuresBullaire de l'église de Maguelone, T.II Sainte Foy : La fondation de la chapelle, publié 20 octobre 2017 sur le site des penitents.fr (consulté le 26 novembre 2018). Bordant le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, le , elle devait desservir le petit faubourg de « Flocaria » qui se développait à proximité d'une des principales entrées de la ville, à moins qu'elle n'ait été directement fondée en prévision de la construction d'un nouveau rempartDans ce dernier cas, elle aurait servi aux habitants du bourg désormais séparés de leur église paroissiale, Saint-Denis de Montpellieret, après la fermeture des portes. Cette dernière était en effet située hors des nouveaux murs.. En effet, dans la première moitié du le faubourg et la chapelle furent englobés dans la nouvelle enceinte de la ville, la commune clôture. À partir de 1240Bullaire de l'église de Maguelone, T.II , elle abrita les séances solennelles de la faculté des Arts.

Ce premier bâtiment, vraisemblablement de style roman, fut réparé et embelli vers 1380. L'arc qui traverse la rue Jacques Cœur, l'un des trois derniers pontets subsistants à Montpellier. S'il fut parfois confondu avec l'Arc Pellissier édifié en 1528Ce passage se situait à proximité, raison pour laquelle on les confondit longtemps., ce pontet fut en réalité bâti à la fin du et faisait partie de l'hôtel de Jacques Cœur. La Confrérie des Pénitents blancs s'installa dans la chapelle au cours du , dans des circonstances qui ne nous sont pas connuesEn l'absence des archives perdues lors des Guerres de religion, seule une charte de l'évêque de Montpellier, citée au chapitre suivant, précise en 1623 qu'il restitue aux Pénitents les ruines de la chapelle Sainte-Foy. Les Pénitents y étaient donc installés avant sa destruction en 1568. en raison de la destruction des archives anciennes de la confrérie pendant es Guerres de religion.

Mais il ne reste que peu de vestiges de cette première construction, mis à part une partie de la façade et la base des murs latéraux. La chapelle fut incendiée puis détruite par les huguenots, en 1562 et 1568, durant les Guerres de religion. Si le bâtiment actuel fut reconstruit sur les bases des murs médiévaux, les seules parties visibles aujourd'hui sont des maçonneries de la façade, sans aucun élément de décors, et le pontet. Considérées comme lieu stratégique en raison de la proximité immédiate du rempart, les ruines de la chapelle ne purent être relevées et servirent de cimetière à ciel ouvert durant plus de cinquante ans.

La reconstruction de la chapelle De nouveaux troubles qui éclatèrent en 1621 entraînèrent l'année suivant le siège de la ville par les troupes royales, puis sa reddition. En conséquence, le rempart Est fut rasé et l'emplacement de Sainte-Foy ne fut plus un enjeu militaire. C'est ainsi que, dès 1623, Monseigneur Pierre de Fenouillet, évêque de Montpellier, rendit les ruines de la chapelle à la Confrérie des Pénitents blancs.. Les confrères s'y rendirent alors en procession et plantèrent contre sa façade une croix. La reconstruction commença immédiatement, le gros œuvre étant achevé, elle fut consacrée durant la nuit de Noël 1624. Puis la chapelle fut agrandie vers l'Est à l'emplacement du rempart et du fossé. Lorsque Louis XIII et Anne d'Autriche vinrent y entendre la messe en 1632Louis XIII fit étape à Montpellier en septembre 1632 en se rendant à Toulouse où le gouverneur Henri II de Montmorency avait été fait prisonnier. Cette visite est relatée dans les archives de la Confrérie., elle fut décrite comme un . Dès lors les Pénitents s'attachèrent à enrichir sa décoration.

L'intérieur de la chapelle Le gros œuvre achevé, les Pénitents s'attachèrent à décorer l'intérieur de l'édifice entre 1647 et 1698. Chaque confrère devait se sentir comme entouré d'éléments amenant à la prière et à la dévotion.

Le plafond de la chapelle : Décidé dès 1647, le plafond de la chapelle est composé de vingt et un compartiments dont dix huit furent peints entre 1671 et 1691. Cet ensemble aurait dû représenter la vie de Jésus-Christ entourée des quatre Evangélistes. Si les trois derniers tableaux ne furent jamais peintsLa création d'une tribune en 1685 réduisit la place disponible, neuf furent perdus sous la Révolution. Il s'agissait de la fin du cycle de la Passion et de celui de la Résurrection. Il reste toutefois quatorze compartiments garnis. Les trois premiers tableaux représentent Saint Marc et Saint Matthieu encadrant Dieu le Père. Ils sont l'œuvre de Simon Raoux, frère de Jean Raoux. Suit le cycle de la Nativité de l'Enfant-Jésus avec une Visitation, (inspirée d'un modèle de Mignard), une Adoration des Mages (inspirée d'un modèle de Poussin), une Adoration des Bergers (inspirée d'un modèle du Carrache), dus eux aussi à Simon Raoux, ainsi qu'une Annonciation, une Circoncision et une Fuite en Égypte inspirée de Poussin. Puis vient le cycle de la Passion qui devait être le centre de la composition et qui en est aujourd'hui la fin avec une Prière au jardin des oliviers, une Flagellation et une Crucifixion. Si la plupart de ces œuvres s'inspirent des modèles italiens pour le dessin, ils présentent une palette de couleurs se rattachant à l'école flamande alors très appréciée à Montpellier. Mis à part les tableaux de Simon Raoux, l'ensemble est dû aux Pezet père et fils et leur atelier. Deux figures d'anges dues à Antoine RancCes deux tableaux supplémentaires, sans rapport avec le programme initial, furent rajoutés lors de la création d'une tribune en 1685 afin de garnir deux caissons modifiés. complètent l'ensemble. Les blasons des donateurs figurent au bas des tableaux, ce qui fait de cet ensemble un petit armorial de la confrérie au . Malheureusement, leur mauvais état de conservation, le vieillissement des vernis et un éclairage peu puissant n'aident pas à apprécier les tableaux restant, en attendant leur restauration. Des lambris en bois doré couvrant la totalité des murs de la chapelle vinrent compléter cet ensemble entre 1698 et 1706. Ils furent dessinés par l'architecte Augustin-Charles d'Aviler. Ce décor présente une composition très architecturée en rapport avec la formation très classique de l'architecte. À sa mort en 1701, Antoine Ranc prit la direction des travaux et introduisit plus de fantaisies dans les parties supérieures. Ces lambris se composent d'un premier niveau de fausses baies, garnies de tableaux, se terminant par des arcs en anse de panier formant un simulacre d'entresol. Au-dessus, un étage de fenêtres inondaient la chapelle de lumière. Mais en 1872 malgré l'opposition de la confrérie, les ouvertures au sud furent bouchées et la chapelle devint très sombre. Dans la partie haute, Antoine Ranc et son atelier peignirent à la fin du , des médaillons et des panneaux échancrés. Durant le , les fausses baies des murs furent garnies de tableaux qui furent déposés à la Révolution. Un seul, Sainte Geneviève, a pu regagner la chapelle. Les emplacement vides furent complétés au début du par des œuvres de qualité inégale : Saint Louis vénérant la Sainte Épine, Saint Jérôme au désert de J. Moulinier, Saint Jean-Baptiste, copie d'un tableau de Vien, Le Repos de la Sainte Famille par Bézart, une Piéta, Le Vœu de Louis XIII par J.-J. Reynes, La Samaritaine, L'Apothéose du Cœur Immaculé de Marie, et La Descente de Croix par O. Tandon et Jésus guérissant le paralytique. L'ensemble de ces toiles fait actuellement l'objet d'une étude en vue de leur restauration. Les autres espaces sont occupés par la chapelle Notre-Dame-du-Saint-Rosaire (), la chapelle Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus et la chaire dont le fond est garni d'un Christ en Croix du . Le chœur de la chapelle est décoré de sculptures en bois doré du issues de l'ancien retable du maître-autel. Très abîmé sous la Révolution, il dut être déposé en 1875, car on craignait son effondrement. Ses principaux éléments : Le maître-autel en marbre en est entièrement recouvert, de chaque côté deux anges propitiatoires proviennent de l'ancien attique. Le tabernacle est surmonté par l'un des derniers palmiers liturgiques. À l'arrière, se trouve le chœur des Pénitents, décoré d'éléments de la même provenance et figurant Sainte Marie-Madeleine, Saint Jean-Baptiste et deux bas-reliefs : Le Repas chez Simon et la Décolation de Saint Jean-Baptiste. L'ensemble est complété de deux tableaux du : l'Assomption et la Prière de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. Depuis , il abrite aussi, au revers du maître-autel, une chapelle du Saint Sacrement réservée à la prière durant les ouvertures au public. Afin de compléter l'ensemble, un important tambour de style rocaille et un nouveau portail d'entrée furent posés en 1747. Ils présentent des sculptures d'une grande finesse. Cet ensemble est dominé par un clocher-mur surélevé en 1627. Il abrite depuis 1763 une cloche beaucoup plus ancienne, datée de 1401. Enfin la sacristie présente un intéressant ensemble de boiseries des , une maquette de la croix du Peyroux, ainsi que la plaque de consécration de la chapelle Sainte-Croix (occupée par la confrérie durant les Guerres de Religion) datée du .

La chapelle des Pénitents blancs de Montpellier fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par arrêté du .

vignette|Intérieur de la chapelle.

Restauration La façade est a été restaurée de 2012 à 2013. La réfection de la toiture principale de la chapelle et celles des coursives latérales a été réalisée de 2015 à 2019. La façade nord a été restaurée de 2017 à 2019.

Les peintures du plafond à caissons sont en cours de restauration (2026).

Visites La chapelle est toujours la propriété de la Confrérie des Pénitents blancs. Elle est ouverte le samedi de 15 h 00 à 19 h 00 pour des visites libres ou commentées. Elle est aussi ouverte du lundi au vendredi de 16 h 30 à 19 h 00 durant la période estivale et de décembre à février pour la Crèche. Durant l'année 2016, la chapelle aura accueilli plus de en visite libre ou guidée.

Sources Archives de la Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier, conservées au siège de la Confrérie. Manuel de prière à l'usage des Pénitents blancs de Montpellier, Montpellier, Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier, 2011

Références

Voir aussi Bibliographie Francine Arnal et Alain Chevalier, Tableaux religieux du à Montpellier - Inventaire Général, Millau 1993 Chanoine Ferdinand Saurel, La dévote et respectable Confrérie des Pénitents-blancs de Montpellier depuis sa fondation jusqu'en 1793, Montpellier, Imprimerie Gustave Firmin et Montane, 1899 Pierre Serres, annoté par J. Nougaret et L. Secondy, Histoire des Pénitents de Montpellier (1602-1684), Montpellier, Entente bibliophile, 2003 Germain Teissier, annoté par J. Nougaret et L. Secondy, La Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier (1697-1880), Montpellier, Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier, 2011 Guilhem Van den Haute, Les Croix publiques de Montpellier, Montpellier, Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier, 2007 Guilhem Van den Haute, La Chapelle des Pénitents blancs de Montpellier'', Montpellier, Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier, 2009

Articles connexes Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier Liste des monuments historiques de Montpellier

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