thumb|400px|Les circonscriptions de l'Église en France.

L'article recense les diocèses et les autres Églises particulières de l'Église catholique qui ont leur siège en France ou dont le ressort couvre une partie du territoire français.

Territoire Au , cent-sept Églises particulières ont leur siège en France : quatre-vingt-dix-neuf en France métropolitaine et huit en France d'outre-mer.

L'archidiocèse de Chambéry et les diocèses de Maurienne et de Tarentaise, unis , forment trois diocèses, ayant le même évêque. Ils sont toutefois comptabilisés comme ne formant qu'une église particulière, ce qui est pratique pour les chiffres mais contestable du point de vue théologique et canonique.

Ensemble, les cent-sept Églises particulières ayant leur siège en France couvrent l'intégralité du territoire français, à l'exception : des Terres australes et antarctiques françaises, dont les fidèles relèvent de l'évêque aux Armées Françaises (voir Liste des édifices religieux d'Antarctique); du département et région d'outre-mer de Mayotte, qui relève du vicariat apostolique de l'archipel des Comores, dont le siège est à Moroni, la capitale des Comores.

Le diocèse d'Annecy comprend Saint-Gingolph, une commune suisse du canton du Valais. Le diocèse de Nice administre les paroisses de La Brigue, Libre, Piène et Tende qui relèvent encore, en théorie, du diocèse de Vintimille.

Le diocèse de Port-Vila, qui couvre le Vanuatu, est suffragant de l'archidiocèse de Nouméa.

Rites Cent-trois Églises particulières ayant leur siège en France suivent le rite romain et relèvent de l'Église latine, régie par le code de droit canonique. Il en est de même du vicariat apostolique de l'archipel des Comores.

Trois Églises particulières sont des éparchies qui relèvent d'une des Églises catholiques orientales : l'Éparchie Sainte-Croix-de-Paris des Arméniens ; l'Éparchie Notre-Dame du Liban de Paris des Maronites ; l'Éparchie Saint Vladimir le Grand de Paris des Ukrainiens.

Une quatrième église particulière est l'ordinariat de France des catholiques orientaux.

Types Les Églises particulières ayant leur siège en France se répartissent ainsi : vingt-sept archidiocèses ; soixante-seize diocèses ; une prélature territoriale — la Mission de France ; un ordinariat militaire — le diocèse aux Armées françaises ; un ordinariat — l'Ordinariat des catholiques de rite oriental résidant en France ; les trois éparchies.

La restructuration des provinces ecclésiastiques de l'Église catholique romaine en France a été effectuée en 2002 en France, de sorte que, dans la mesure du possible, elles coïncident avec les régions administratives civiles.. Les quinze nouvelles provinces ecclésiastiques remplacent les dix-sept anciennes provinces et prennent la suite des neuf régions apostoliques comme le lieu habituel de la concertation entre diocèses.. La réforme des régions administratives (2016) rendra vaine la volonté de l'Église de France de conformer le territoire de ses provinces à celui des régions.

Histoire

Les provinces et diocèses français, tels qu'ils existaient avant la Révolution, étaient les héritiers des anciennes provinces et cités romaines : la plupart d'entre eux ont été créés entre le et le .

La « date de création » de ces premiers diocèses est souvent incertaine. Les premiers évêques sont souvent légendaires, et pour ceux dont l'existence historique est mieux attestée, on ne connait souvent d'eux que la date de leur mort, ou leur présence à un concile régional.

Diocèse Premier évêque Attesté en Aix-en-Provence Saint Maximin 45 Vienne Saint Crescent 117 Lyon Saint Pothin 150 Langres Saint Sénateur 200 Avignon Ebulus 202 Besançon Saint Ferréol 212 Arles Saint Trophime 250 Clermont Saint Austremoine 250 Paris Saint Denis 250 Toulouse Saint Saturnin 250 Saintes Saint Eutrope 250 Bourges Saint Ursin 251 Tours Saint Gatien 251 Narbonne Saint Paul 251 Limoges Saint Martial 251 Mende Saint Privat 255 Auxerre Saint Pèlerin 258 Cahors Saint Genulphe 258 Reims Saint Sixte 260 Rouen Saint Mellon 260 Soissons Saint Sinice 260 Autun Saint Amateur 270 Châlons-en-Champagne Memmie 270 Amiens Saint Firmin 275 Metz Saint Clément 280 Nantes Saint Clair 280 Périgueux Saint Front 280 Beauvais Saint Lucien 290 Saint-Paul-Trois-Châteaux ? 300 Agen Saint Caprais 303 Sens Saint Savinien 305 Bordeaux Orientalis 314 Marseille Oresius 314 Die Saint Nicaise 325 Verdun Saint Saintin 332 Troyes Saint Amateur 340 Orléans Diclopitus 343 Strasbourg Saint Amand 346 Chalon-sur-Saône 346 Valence Saint Émilien 347 Poitiers Saint Hilaire 350 Chartres Saint Aventin 350 Meaux Saintin de Meaux 350 Viviers Januarius 350 Évreux Saint Taurin 350 Embrun Saint Marcellin 354 Rennes Modéran 358 Digne Saint Domnin 364 Le Puy Evode 365 Angers Defensor 372 Albi Saint Clair 380 Grenoble Saint Domnin 380 Nice Armantius 381 Tarbes Justinus ? 390 Cornouaille Saint Corentin 390 Fréjus Saint Léonce 400 Bayeux Saint Exupère 405 Bazas ? 406 Tarentaise Saint Jacques d’Assyrie 420 Angoulême Saint Ausone 430 Coutances Saint Éreptiole 430 Bayonne ? 450 Rodez Saint Amans 487 Arras Saint Vaast 499 Laon Saint Génebaud 499 Agde Sophrone 506 Lescar Saint Galactoire 506 Aire Marcellus 506 Dax Gratien 506 Nevers Eulade 506 Cambrai Saint Vaast 510 Elne Dominus 571

À plusieurs reprises au cours du Moyen Âge ou sous l'Ancien Régime, de nouveaux diocèses ont été créés pour répondre à des besoins précis tels que la lutte contre l'hérésie cathare dans le Languedoc, qui a occasionné la création de nombreux diocèses dans les années 1317 et suivantes ou la réorganisation religieuse des Pays-Bas espagnols, qui dans le cadre de la contre-Réforme créa de nouveaux diocèses en Flandre.

À la Révolution, la carte ecclésiastique de la France a été entièrement redessinée de manière à la faire coïncider avec les départements, circonscriptions administratives nouvellement créées. Les diocèses d'Ancien Régime ont donc tous disparu, dans les faits (et, en tout cas, dans leurs anciennes limites) en 1790. La papauté, cependant, n'a reconnu ces nouveaux diocèses (et encore, seulement certains d'entre eux) qu'à partir du concordat de 1801. Une cinquantaine de villes qui, jusqu'en 1790, étaient siège d'un évêché, ont perdu leur évêque. Toutefois, l'ancienne cathédrale y a, la plupart du temps, conservé le rang d'église cathédrale, ce qui explique que de nombreux sièges épiscopaux postérieurs à la Révolution française portent plusieurs noms : ainsi, dans le département de la Drôme, seule la ville de Valence est restée siège épiscopal, et les anciens évêchés de Die et de Saint-Paul-Trois-Châteaux ont été supprimés, mais l'évêque a conservé le titre d'Évêque de Valence, Die et Saint-Paul-Trois-Châteaux. Dans l'archidiocèse d'Auch, on compte trois anciens évêchés, dont l'archevêque actuel relève le titre d'évêque : Lectoure (évêché du à la Révolution), Condom (1317) dont Bossuet fut évêque en 1689, et Lombez (1317).

La carte ecclésiastique a par la suite été remaniée en 1822-1823 (pour mieux correspondre à la carte administrative). Aux , quelques nouveaux diocèses ont été créés, surtout pour desservir des régions fortement peuplées (création du diocèse de Lille en 1913, par exemple).

Quant aux provinces ecclésiastiques, elles ont été à leur tour remaniées en 2002, de manière à coïncider plus étroitement avec les régions. Cette modification a entraîné la perte du statut de métropole pour plusieurs anciens archidiocèses métropolitains ; ils ont toutefois conservé le titre d'archidiocèses.

Provinces ecclésiastiques

Provinces actuelles La liste suivante recense les dix-huit actuelles provinces ecclésiastiques sur le territoire français.

Province ecclésiastique Conférence épiscopale Territoire Antilles - Guyane Antilles GuadeloupeGuyaneMartiniqueSaint-BathélemySaint-Martin Besançon France Bourgogne-Franche-Comté (en partie)Grand-Est (en partie) Bordeaux France Nouvelle-Aquitaine (en partie) Clermont France Auvergne-Rhône-Alpes (en partie) Dijon France Bourgogne-Franche-Comté (en partie) Lille France Hauts-de-France (en partie) Lyon France Auvergne-Rhône-Alpes (en partie) Marseille France Provence-Alpes-Côte d'AzurCorse Montpellier France Occitanie (en partie) Nouméa Pacifique Nouvelle-Calédonie Papeete Pacifique Polynésie française Paris France Île-de-France Poitiers France Nouvelle-Aquitaine (en partie) Reims France Grand-Est (en partie)Hauts-de-France (en partie) Rennes France BretagnePays de la Loire Rouen France Normandie Toulouse France Occitanie (en partie) Tours France Centre-Val de Loire

Trois diocèses français ne dépendent pas d'une province ecclésiastique et relèvent directement du Saint-Siège : Le diocèse de Saint-Denis de La Réunion Les diocèses de Strasbourg et de Metz, dont les territoires correspondent à l'Alsace-Moselle et qui sont restés sous le régime concordataire avec l’État français.

Anciennes provinces Provinces ecclésiastiques supprimées :

Arles (supprimée à la Révolution française) Embrun (supprimée à la Révolution française) Narbonne (supprimée à la Révolution française) Vienne (supprimée à la Révolution française) Aix-en-Provence (supprimée en 2002) Albi (supprimée en 2002) Auch (supprimée en 2002) Avignon (supprimée en 2002) Bourges (supprimée en 2002) Chambéry (supprimée en 2002) Sens (supprimée en 2002) Cambrai (supprimée en 2008)

Depuis 2002

Fichier:Provinces ecclésiastiques 2002 (France).svg

Les dates données dans la colonne "Création" correspondent : à la première mention ou à la création du diocèse d'Ancien Régime (quand il en existe un) après une barre oblique (/), à la création du diocèse post-concordataires (après 1801).

Nouvelles provinces ecclésiastiques françaises (décret )Provinces Diocèses Création Rayon d'action Superficie (km²) PopulationBesançon Besançon (archevêché métropolitain) / 1801Doubs (moins l'arrondissement de Montbéliard) et Haute-Saône (moins le canton d'Héricourt) Belfort-Montbéliard (1870, territoire détaché de Strasbourg et uni à Besançon) créé en 1979, détaché de BesançonTerritoire de Belfort, canton d'Héricourt (Haute-Saône) et arrondissement de Montbéliard (Doubs) Nancy-Toul (Toul), 1777 (Nancy) / 1801 Primat de LorraineMeurthe-et-Moselle Saint-Claude 1742 / 1822Jura Saint-Dié 1777/(1790-1801) / 1822 Vosges Verdun / 1822 Meuse Bordeaux Bordeaux et Bazas (archevêché métropolitain, Primat d'Aquitaine) s. (Bordeaux), (Bazas) / 1801Gironde Agen / 1801Lot-et-Garonne Aire et Dax (Aire), s (Dax) / 1822Landes Bayonne, Lescar et Oloron (Bayonne), s. (Lescar), s. (Oloron) / 1801Pyrénées-Atlantiques Périgueux et Sarlat (Périgueux), 1317 (Sarlat) / 1822 Dordogne Clermont (Clermont-Ferrand) Clermont (archevêché métropolitain) / 1801 (métropolitain en 2002)Puy-de-Dôme Moulins (1790-1801) / 1817 Allier Le Puy-en-Velay / 1822 Haute-Loire Saint-Flour 1317 / 1801 Cantal Dijon Dijon (archevêché métropolitain)1731 / 1801 (métropolitain en 2002) Côte-d'Or Autun, Chalon et Mâcon (Autun), s. (Chalon et Mâcon) / 1801 Saône-et-Loire Nevers (Nevers) / 1822 (Un faubourg de Clamecy a accueilli le siège résidentiel des évêques de Bethléem de 1224 à 1790.)Nièvre Sens-Auxerre (archevêché) (Sens, métropolitain jusqu'en 2002), primat des Gaules et de Germanie. s. (Auxerre)fusion en 1823 Yonne Mission de France (prélature) 1954 France (siège fixé à Pontigny) Le diocèse aux Armées et la Mission de France n'ont pas de territoire propre et donc pas de population.Cambrai, puis Lille à partir de 2008Lille (archevêché métropolitain) 1913, détaché de Cambrai (métropolitain en 2008)Nord (arrondissements de Lille et de Dunkerque) Arras, Boulogne et Saint-Omer (Arras), s. (Thérouanne, détruit en 1553), 1559 (Saint-Omer), 1567 (Boulogne) / 1801