Sainte-Suzanne est une ancienne commune française, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Sainte-Suzanne-et-Chammes.
Elle fait historiquement partie du Maine et l'écrivain Amand Dagnet la présentait comme la perle du Maine.
La commune est labellisée parmi Les Plus Beaux Villages de France.
Elle a été classée troisième sur vingt-deux régions à l' de l'émission de télévision française Le Village préféré des Français animée par Stéphane Bern. Site patrimonial remarquable, commune touristique, Petite cité de caractère, station verte de vacances, village fleuri (trois étoiles), elle fait partie du Pays d'art et d'histoire Coëvrons-Mayenne, dont elle abrite le Centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine.
Géographie
La cité médiévale de Sainte-Suzanne, surnommée la « perle du Maine », se situe au sommet d'une colline isolée dominant d'un à-pic de la rive droite de l'Erve. Sa situation géographique a longtemps été stratégique au cœur du Maine car elle se situe en lisière des monts des Coëvrons (Alpes mancelles, extrémité sud de la Normandie) et de la plaine d'Anjou, sur laquelle s'ouvre un très vaste panorama. La cité est bâtie à d'altitude mais son point culminant se situe au Mont-Noir ().
Au nord, on découvre les collines des Coëvrons, depuis la carrière de la Kabylie (Voutré) jusqu'au Montaigu (), par le bois de Crun, le Mont Rochard (). Dans la même direction, se dressent les hauteurs du Haut-Rocher (), de Changemer (), puis, à l'ouest, le Montis (), qui séparent le bassin de l'Erve de celui de la Jouanne.
Ces hauteurs, en direction d'Évron, sont séparées de la cité par une partie basse, une sorte de vaste cuvette qui formait autrefois le Grand étang, aujourd'hui asséché. À l'est, le site du Tertre Ganne, d'où l'on jouit d'un magnifique panorama sur la cité médiévale. Si l'on regarde vers le sud-est, on découvre la forêt de la Charnie qui sépare Sainte-Suzanne de ses voisines Blandouet, Thorigné-en-Charnie, Saint-Jean-sur-Erve. Vers sa commune déléguée de Chammes et vers Vaiges, s'ouvre une immense plaine, au sud vers la Mayenne angevine, à l'ouest vers Laval et les confins de la Bretagne.
Sainte-Suzanne est à d'Évron, de Montsûrs, de Sillé-le-Guillaume, de Conlie, de Sablé-sur-Sarthe, de Laval, du Mans et d'Angers.
Plusieurs quartiers et hameaux composent la commune de Sainte-Suzanne : la Cité intra-muros, Beaulieu, la Taconnière, les Grands-jardins, la Boulière, la Croix-Couverte, la Rivière, le Gohard, le Pont-Neuf, le Grand-Moulin, la Madeleine et les Granges.
Les communes limitrophes sont Chammes, Blandouet-Saint-Jean, Châtres-la-Forêt, Évron, Torcé-Viviers-en-Charnie et Voutré.
Climat
De type océanique, le climat de la région de Sainte-Suzanne, au centre-est du département, est proche de celui du reste du département ; la pluviosité et l'ensoleillement ne sont ainsi pas éloignés du climat de la Mayenne et particulièrement de la région de LavalVoir Météo-France : région de Sainte-Suzanne.
Bocage, faune, flore Dans la région d'Erve et Charnie, les prairies couvrent de grandes superficies. Entre les parcelles se dressent des haies qui forment un maillage : c'est le bocage, qui s'étend au nord de Sainte-Suzanne jusqu'aux collines des Coëvrons (hauteurs supérieures à ).
Ces reliefs sont couverts d'un manteau bocager. Le paysage représente encore les caractères essentiels des vieux bocages créés au Moyen Âge (essentiellement à partir du - ) et nés de défrichements individuels. Chaque défricheur entourait la nouvelle parcelle conquise d'un fossé et d'un talus sur lequel il plantait une haie, en signe d'appropriation. Il donnait le plus souvent son nom à sa maison établie en un point isolé (ex. : Hamard > La Hamardière). Aujourd'hui, les haies n'entourent plus toutes les parcelles, agrandies pour permettre le travail à la machine, mais sont souvent conservées et protégées par le Plan local d'urbanisme celles qui bordent les routes et chemins et celles perpendiculaires à la pente. Jusqu'au , les labours dominaient ; ils ont fait place aujourd'hui à un des pôles herbagers où sont élevés des bovins de la race Rouge des prés et des charolaises. Après une phase où l'herbe a tenu beaucoup de place, les labours regagnent les terrains sur les replats, pour des raisons économiques. Les prés occupent toujours les pentes et le fond de la vallée de l'Erve.
Malgré la pauvreté floristique de la strate herbacée des champs, les haies constituent un milieu protecteur et nourricier pour de nombreuses espèces animales. On y retrouve aussi bien des oiseaux propres aux habitats ouverts (alouettes, bruants…) que des oiseaux des milieux forestiers plus fermés (pie, mésanges…). De plus, certains prédateurs (faucons crécerelles, Buses variables…) viennent chasser sur ces terrains riches en petits vertébrés. Les insectes, nombreux eux aussi, attirent les hirondelles, les gobe-mouches… C'est dans ce type de zone de contact écologique que la flore et la faune atteignent leur plus grande diversité.
Principales plantes constituant les haies bocagères à Sainte-Suzanne : Arbres : chêne rouvre, érable champêtre, frêne, orme (rejets), merisier (« guignier » = cerises sauvages), sycomore… Arbustes : acacia, aubépine monogyne, aubépine à deux styles, cornouiller sanguin, églantier des champs, fusain d'Europe, houx, noisetier, prunellier (baies), sureau (baies), troène… Plantes « lianes » : Bryone dioïque (toxine), chèvrefeuille, clématite, cucubale des haies, églantier des champs, genêt à balais, liseron des haies, tamier (« herbe aux femmes battues »)… Bourrage : ajonc d'Europe, églantier « rose de chien », ronce commune (mûres); symphorine « échappée de jardin »…
Géologie
La commune est située sur le flanc nord du synclinal de Laval. Aux schistes précambriens (moulin de La Liaudière) succèdent les poudingues pourprés, base du Cambrien, puis les schistes et calcaires magnésiens (autrefois exploités au Moulin des Erves). Une vaste région schisteuse, également cambrienne, s'étend jusqu'à la crête gréseuse de Sainte-Suzanne. Toute cette partie de la commune, profondément creusée à l'époque éocène, a été remplie par des argiles qui couronnent des grès « à Sabalite » (dont les blocs abondent sur le plateau de La Touche-Piquet).
La crête des grès de Sainte-Suzanne, dans laquelle l'Erve s'est déblayé un étroit et pittoresque passage, traverse la cité de l'est à l'ouest, et, venant du Mont-Noir (), se dirige en s'abaissant graduellement vers la limite occidentale de la commune ().
vignette|Le grès rose extrait à Sainte-Suzanne.
Au sud du bourg, sur le flanc méridional de la commune, on retrouve une série identique à celle des Coëvrons (schistes pétrosilicifiés, brèches éruptives et orthophyres), formant une traînée intercalée au milieu des couches cambriennes, et qui s'observe également sur la rive droite de l'Erve, à La Pierre, à Beausoleil et au Coq-hardi. À ces couches succèdent, toujours en suivant la ligne régulière, des grès feldspathiques, et enfin des grès ferrugineux en plaquettes avec Lingulella Nicholsoni (= grès de Blandouet). Cette dernière assise, qui occupe le sommet du Cambrien, se montre bien développée dans le bois de Thorigné.
Transports
Sainte-Suzanne est principalement traversée par trois routes départementales : La D 7 (Sablé-sur-Sarthe (D 24 en Sarthe) / Épineux-le-Seguin - Mayenne), La D 9 (Laval - Montsûrs - Torcé-Viviers-en-Charnie - Neuvillette-en-Charnie (D 28 en Sarthe)), La D 125 (Vaiges - Voutré).
Par ailleurs, la D 143 relie Sainte-Suzanne à Assé-le-Bérenger, Saint-Georges-sur-Erve et Vimarcé, la D 156 à Saint-Denis-d'Orques et Brûlon (D 49 en Sarthe), et la D 560 à Saint-Léger.
La commune est située à de l'ex-route nationale 157 (RD 57 (ex-RN 157), Orléans - Rennes, carrefour des Poteaux).
Sainte-Suzanne, dont le site est signalé sur l'autoroute, se trouve à de l'échangeur 01 (Joué-en-Charnie) et à de l'échangeur 02 (Vaiges) de l'autoroute A81 (E50) (Le Mans - La Gravelle).
Sainte-Suzanne est à de la gare d'Évron sur la ligne Le Mans - Laval : TER Pays de la Loire.
Gares TGV à Laval () et au Mans ().
Toponymie
Le château, construit sur un promontoire rocheux près d'un bourg dont l'église portait jadis le nom de Saint-Jean de Hautefeuilles, tient son nom, au moment de la christianisation, de sainte Suzanne (), vierge et martyre (fête le 11 août). Des reliques de la sainte auraient été rapportées au . Quand le bourg fut réuni au château, la nouvelle enceinte, comportant château et cité, prit le nom unique de Sainte-Suzanne. Ce fut la première cité de France à prendre ce nomR. de Sancta Suzanna, 1076 (Cartulaire de la Couture ), 1080 (cartulaire de Saint-Vincent ch. 827) ; Furnum Sancte Suzanne, 1109 (Archives de la Sarthe, fonds d'Étival-en-Charnie) ; Decanus de Sancta Suzanna, env. 1120 (Hist. de la Mayenne, pr. VII) ; Castrum quod Sancta Suzanna vocatur, (Orderic Vital, Hist. eccl., t. III ) ; Senescallus de Sancta Suzanna, (cartulaire de Perseigne ) ; Vicecomes Sancte Suzanne, 1208 (cartulaire de Vivoin ) ; Turris in castro Sanctæ Suzannæ, 1218 (cartulaire d'Évron) ; Vigeria Sancte Susanne, (rev. du Maine, t. XLVII ) ; Sainte Suzenne, 1312 Bibl. nat., fr. 8736) ; Castrum et fortalicium Sancte Suzanne 1396 (Arch. nat. X/1a 43, f.197) ; Ès mètes de nostre chastellenie et terre de Sainte Susenne 1431 (P. de Cagny, )..
Sans qu'une preuve puisse en être apportée, l'étymologie de semble plus naturellement conduire à la source biblique.
Durant la Révolution, la commune porte le nom de Mont-d'Erve.
Histoire
Dotée du plus ancien monument de la Mayenne, le dolmen des Erves, la cité a connu une histoire particulièrement riche. Seul donjon à avoir résisté victorieusement à Guillaume le Conquérant, invaincu ensuite pendant plus de trois siècles, le château de Sainte-Suzanne tombe aux mains des Anglais en 1425 et reste anglais quatorze ans avant d'être repris par les Français du sire de Bueil. Un ministre de Henri IV, Fouquet de la Varenne, premier gouverneur général des Postes, construit « le logis » en 1608. En 1661, des lettres patentes signées de Louis XIV confèrent à la cité six foires et marchés annuels qui vont en faire une bourgade économiquement prospère durant deux siècles. Au , l'établissement d'un grenier à sel lui confère un rôle administratif et fiscal sur 26 paroisses de la région. La ville connaît aussi un sursaut économique grâce aux 17 moulins installés sur l'Erve, ses papeteries et carteries ; elle compte plus de au milieu du , avant de revenir à une économie agricole. Aujourd'hui, l'agriculture, l'artisanat et l'animation touristique constituent les principaux atouts de la commune. Le site et les bases des murailles du château sont internationalement connus dans le monde des archéologues pour les vestiges de murs vitrifiés qu'ils présentent, en commun avec quelques autres sites en France et ailleurs.
Les articles suivants détaillent l'histoire de la cité et son contexte :
Les personnages historiques liés à l'histoire du château sont détaillés dans les articles ci-dessus.
Héraldique
Les armes de Sainte-Suzanne portent en écartelé les armes des quatre principales familles qui ont fait l'histoire de la citéD'après Gilles Raab, 1994, La Ferté-Clairbois et Projet Blasons Wikipédia. Blasonnement : Écartelé, au de France à la bordure de gueules chargée de 16 besants d'argent (famille d'Alençon), au chevronné d'or et de gueules de 8 pièces (famille Hubert de Beaumont), au d'hermines à 3 quintefeuilles de gueules (Ambroise de Loré), au de gueules au lévrier d'argent colleté de France (famille Fouquet de la Varenne).
Les armes des principaux chevaliers et des familles qui ont pris part à l'histoire de la cité figurent ci-dessous :
Politique et administration