Londres a une histoire vieille de plus de deux mille ans. Durant cette période, la ville a connu plusieurs épidémies de peste, a été dévastée par les flammes, a fait face à des guerres civiles, a subi des bombardements aériens et des attaques terroristes. Malgré cela, elle a continué à se développer pour devenir une des capitales financières et culturelles les plus importantes du monde.

vignette|upright=1.2|La Tour de Londres.

Origine légendaire

L’Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth a popularisé une légende médiévale attribuant la fondation de Londres au Troyen Brutus. La ville aurait ainsi été appelée Troia Nova ou la « nouvelle Troie », qui se transforma en Trinovantum. Les Trinovantes sont le peuple d'origine belge qui habitait sur l'emplacement avant les Romains. Le roi Lud renomma la ville en kaer-LudThe British History of Geoffrey of Monmouth, William Stevens, printer, London, MDCCCCXLII, , ce qui donna Londres. Geoffrey dote ainsi Londres d'une prestigieuse origine antique, avec de nombreuses péripéties et de nombreux rois légendaires.

Préhistoire

Cependant, malgré de nombreuses recherches, les archéologues n'ont pu trouver aucune preuve d'implantation préhistorique majeure à cet endroit. Des traces de vie préhistoriques montrent qu'il y a eu une agriculture, des habitations et des sépultures, mais rien qui laisse supposer l'existence d'une ville. Ainsi, pendant la période préhistorique, la région londonienne fut surtout un espace rural avec des implantations éparses.

Les endroits importants à l'époque étaient plutôt situés près de Chelsea, Egham Brentford ou encore le site de Uphall Camp à Ilford à la fin de l'Âge de fer, mais il n'y avait pas de cité à l'endroit où Londres s'est installé à l'époque romaine.

L'époque romaine

vignette|upright=1.5|Représentation de la reine Boudicca, œuvre de Thomas Thornycroft (1815-1885). Le nom Londinium aurait une origine pré-romaine même si aucun consensus n'existe. La plupart des hypothèses le font dériver du celtique. Une des hypothèses est qu'il dérive d'un nom de personne, Londinos, signifiant « le sauvage ». Cependant, en 1998, Richard Coates a émis l'hypothèse que ce nom vient du pré-celtique Plownida (avec deux racines plew et nejd). Il suggère qu'en aval de Westminster, la Tamise en s'élargissant et en devenant infranchissable, portait ce nom qui signifierait « la large rivière qui coule ». Londinium signifierait donc « l'installation sur la large rivière »Richard Coates: A New Explanation of the Name of London, in Transactions of the Philological Society, November 1998, S. 203.

Londinium fut fondé par les Romains après l'invasion en 43 menée par l'empereur Claude. Au cours de leur marche vers le nord, les légions romaines installèrent sur la Tamise un camp que les fouilles ont localisé à hauteur de Westminster, mais qui ne donna pas naissance à la future ville. Des recherches archéologiques depuis les années 1970 n'ont pas réussi à trouver de traces de véritable implantation romaine avant 50, donc, Londinium pourrait ne pas avoir été une place militaire.

Les Romains construisirent un pont en bois à un endroit où la Tamise était plus étroite. Près de ce pont, une petite agglomération appelée Londinium se développa à un endroit géographiquement favorable : sur la rive nord de la Tamise, à un endroit situé à hauteur d'une terrasse graveleuse, surplombant la Tamise d'une quinzaine de mètres, protégée à l'ouest par la rivière Fleet et traversée par un autre petit cours d'eau, le Walbrook. Au fil du temps, cette agglomération devint le principal carrefour de chaussées romaines en Bretagne, notamment Watling Street et Ermine Street. Des vestiges donneraient comme date de fondation, l'an 47. Les archéologues ont récemment découvert le centre civique de cet établissement : il était situé au travers de l'actuelle Gracechurch Street, près de la Banque d'Angleterre, limité, au nord par Cornhill, Fenchurch Street et Lombard Street au sud.

En 60, la reine bretonne Boudicca pilla Londinium et massacra les habitants qui ne s'étaient pas enfuis. La ville fut détruite par le feu, comme en témoigne une couche de matériaux brûlés épaisse de retrouvée à sous le niveau actuel du sol.

La ville fut dotée d'un forum et d'une basilique de taille modeste vers 80, puis, très rapidement, vers 85-90, d'un complexe beaucoup plus imposant. Au début du , un fort fut construit au nord-ouest de l'agglomération. En 122, la ville reçut la visite de l'empereur Hadrien. Peu après, la ville fut ravagée par un incendie, dont les traces ont été retrouvées par les archéologues. Au milieu du , la ville semble avoir connu une période de récession. À la fin du , la construction d'une enceinte de de long témoigne de l'importance du site. Incorporant le fort, elle délimite un espace de adossé à la Tamise. Jamais agrandie par la suite, comme ce fut le cas pour de nombreuses villes antiques en Europe, elle est encore visible dans la topographie actuelle de la ville, puisqu'elle correspond grosso modo au territoire de la City. En 250, Londinium était la plus grande ville de la Bretagne romaine et la cinquième ville romaine par sa taille au nord des Alpes. La présence de l'évêque de Londres au concile d'Arles (314), est un autre témoignage de son importance. Vers la fin du , des fortifications furent également élevées le long des berges de la Tamise. Après le départ des légions romaines en 407, les Bretons sont livrés à eux-mêmes. Au , seule l'archéologie peut nous livrer des traces ténues d'occupation.

L'époque anglo-saxonne

Après avoir été abandonnée pendant cent cinquante ans, la position stratégique sur la Tamise attira de nouvelles installations vers 600. Les Anglo-Saxons s'installèrent un kilomètre en amont de l'ancienne ville romaine de Londinium, sur un site appelé Lundenwic. Le terme wic, emprunté au latin désigne un comptoir de commerce. L'écrivain anglo-saxon Bède le Vénérable mentionne la présence d'un marchand frison à Londres en 679.

vignette|Plaque commémorant le repeuplement de l'ancienne cité romaine sous Alfred le Grand

Au cours du , Londres subit plusieurs attaques des Vikings, en 842, puis à nouveau en 851, lorsque la ville fut prise d'assaut par une flotte de quelque navires vikings. Une formidable armée viking, la Grande Armée danoise, hiverna à Londres en 871. Les événements des années qui suivirent restent obscurs. Lors de fouilles récentes, on a découvert un établissement saxon, qui s'étendait de l'actuelle National Gallery à l'ouest jusqu'à Aldwych à l'est. Le nom Aldwych (de l'anglo-saxon ealdwic = « vieux centre commercial ») indique qu'à un moment indéterminé, à la fin du , ou au début du , le centre névralgique de la ville se déplaça à nouveau de Lundenwic vers l'ancienne cité romaine (l'actuelle City). Ceci s'explique soit par des changements administratifs effectués par le roi saxon Alfred le Grand, après sa victoire sur Guthrum et les Danois, soit par le fait que le site était plus facile à défendre contre des raids vikings.

Alfred nomma son gendre Æthelred de Mercie gouverneur de Londres et fit bâtir deux burhs fortifiés pour défendre le pont de Londres, qui fut probablement reconstruit à cette époque. À l'extrémité sud du pont naquit le borough de Southwark (en vieil anglais Suthringa Geworc = « ouvrages défensifs des gens du Surrey »).

À partir de 980, sous Æthelred le Malavisé, les raids danois contre l'Angleterre reprirent. Londres repoussa par deux fois leurs attaques, en 994 et en 1009. En 1013, le roi de Danemark, Sven à la Barbe fourchue, entreprit la conquête du pays. Londres lui résista d'abord, puis s'inclina comme le reste du pays et la ville reçut une garnison danoise. Après la mort de Sven, Æthelred, qui s'était enfui en Normandie, revint et mit le siège devant Londres. Lui et ses alliés norvégiens attaquèrent le pont de Londres, occupé par des soldats danois. Londres finit par capituler, pour être à nouveau assiégé sans succès par Knut, fils de Sven, en 1016. Knut ayant pris le contrôle de tout le pays, les habitants de Londres n'eurent finalement d'autre choix que de lui payer une somme énorme de . Ces péripéties montrent l'importance que la ville avait prise au .

À la fin de cette période, le roi Édouard le Confesseur prit une décision importante pour l'avenir de Londres : il fit reconstruire une église monastique à Westminster et s'y fit enterrer. Tous ses successeurs en firent de même. Depuis lors, Londres eut deux pôles de développement : le centre politique de Westminster à l'ouest et le centre commercial de la City à l'est.

L'époque normande et médiévale

vignette|upright=2|Londres vers 1300 En 1066, pour pouvoir faire face à des révoltes saxonnes, Guillaume le Conquérant fit construire à Londres plusieurs fortifications : la tour de Londres, Baynard's Castle et Montfichet's Castle. En 1067, Guillaume concéda également une charte à la ville.

En 1097, Guillaume le Roux, fils du Conquérant, commença la construction de « Westminster Hall », noyau du futur palais de Westminster, qui fut la principale résidence royale pendant tout le Moyen Âge.

Au s'ébauchent les institutions médiévales de Londres. Le roi Henri aurait accordé aux Londoniens une charte dont l'authenticité n'est pas certaine. Ce document leur accordait le droit de choisir leur shériff et de gérer leurs affaires financières et judiciaires. Ce droit leur fut ensuite retiré par Henri II. Ce n'est qu'en l'absence du roi Richard que son frère Jean sans Terre reconnut aux Londoniens, dont le soutien lui était nécessaire, le droit de former une commune, dirigée par un maire : la City (en 1191). Cependant, à son retour, Richard Cœur de Lion vide cette institution de toute substanceAndré Chédeville, « Le mouvement communal en France aux , ses éléments constitutifs et ses relations avec le pouvoir royal » in Robert Favreau, Régis Rech et Yves-Jean Riou (directeurs), Bonnes villes du Poitou et des pays charentais () : actes du colloque tenu à Saint-Jean-d’Angély les 24-25 septembre 1999, publiés par la Société des antiquaires de l'Ouest in Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest et des Musées de Poitiers, , tome VIII (2002), à Poitiers. , .

En 1215, le roi Jean sans Terre, face à la révolte des barons, reconnut définitivement aux corporations londoniennes le droit de procéder à l'élection annuelle d'un Lord-Maire (Lord-Mayor). Le premier magistrat de Londres était choisi chaque année, le (jour de la « Saint-Michel ») par les « hommes respectables » parmi les vingt-cinq aldermen (échevins ou magistrats municipaux). Cette élection avait lieu au Guildhall. Le bâtiment actuel bien que très restauré, remonte au début du .

En 1176 fut construit le fameux Pont de Londres (« London Bridge ») (achevé en 1209) sur le site de plusieurs ponts en bois qui se trouvaient là précédemment. Ce pont eut une existence de six cents ans, et resta le seul pont sur la Tamise jusqu'en 1739.

Au cours de la révolte de Wat Tyler (1381), Londres fut occupée par les paysans. La tour de Londres fut prise d'assaut et des notables exécutés. Au bout de trois jours, le roi Richard II accepta de rencontrer Wat Tyler à Smithfield, où le chef des paysans fut poignardé par le Lord-maire William Walworth.

Au Moyen Âge, Westminster était une ville distincte de la City de Londres, à laquelle elle était reliée par deux artères : Fleet Street et le Strand. Elle tirait son importance de la présence de l'abbaye de Westminster (Westminster Abbey) et d'un palais royal (Westminster Palace).

L'époque des Tudors (1485-1603)

vignette|upright=1.5|Reconstitution du théâtre du Globe