Le Vieux Valence est le quartier le plus ancien de la ville de Valence, préfecture du département de la Drôme. D'une façon générale on peut dire que le Vieux Valence est un vaste secteur qui se compose de deux sous-quartiers : Basse ville et Saint-Jean. On y trouve de nombreux édifices inscrits sur la liste des monuments historiques. C'est un quartier vivant composé de rues piétonnes avec des commerces, des boutiques et des restaurants, ainsi que de plusieurs places, dont la place des Clercs (qui accueille un marché alimentaire le jeudi et samedi matin), la place des Ormeaux (située entre la cathédrale Saint-Apollinaire et le musée d'Art et d'Archéologie), la place Saint-Jean (qui accueille un marché de producteurs locaux les mardis) et la place de la Pierre (située entre la côte Saint-Martin et la rue des Balais). Le Vieux Valence se situe à proximité du centre-ville de Valence.

Histoire gauche|vignette|165px|La maison des Têtes et la Grande Rue (1830). Fondée en 121 av. J.-C. dans le territoire des Segovellaunes, Valentia (« cité vigoureuse ») devient vite, grâce à sa situation le plus grand carrefour de voies après Lyon. Dominant les flots du Rhône, elle occupe un site privilégié de trois terrasses alluviales. Le fleuve étant une voie de circulation et d’échange essentielle à l'époque. C’est avec la conquête romaine qu’elle entre dans l’histoire.

En 121 avant notre ère, la grande bataille qui oppose les légions romaines à la coalition gauloise ouvre la voie à la conquête. Valentia (Valence), sentinelle avancée de la romanisation devient une place de guerre stratégique à la croisée des grandes voies de communication.

Comme de nombreuses cités gallo-romaines, Valentia est construite sur un plan orthonormé, l’occupation des rives du Rhône étant peu dense, probablement à cause de leur instabilitéGérard Chouquer, Thierry Odiot, Alain Beeching, Jacques Léopold Brochier, Sylvio Matteucci, « L'évolution morphohistorique de la cité de Valence », Dialogues d'histoire ancienne, volume 10, 1984. 369.. L’orientation des rues de la ville romaine, orientation encore assez largement présente dans les rues de la vieille ville, est identique à celles des cadastres antiques de la campagne environnante. Le plan orthonormé suit donc une double orientation, variable selon les quartiers, double orientation à laquelle correspondent deux modules de base de ce plan : l’un d’environ 360 pieds romains (soit ), l’autre de , qui se décompose parfois en espacements de . Ce second module explique l’angle de la rue de L’Équerre ; la place des Ormeaux fait exactement un actus carré (soit un carré de romains de côté) ; la cathédrale Saint-Apollinaire occupe deux actus carrés)Chouquer, Odiot, , 370..

Valentia possède à cette époque plusieurs établissements de spectacle : un cirque dont le lieu-dit quartier du Cire (« Siry » au Moyen Âge) aurait conservé le souvenir ; un théâtre côte Sainte-Ursule : trois sondages ont permis de découvrir l’orchestra, des traces de grandes marches et de gros éléments de murs. Il était implanté en limite nord de la ville ; un odéon dont la courbure serait matérialisée par la rue du Croissant (en fait les soubassements d'un odéon ont été retrouvés lors des travaux du nouveau musée, sous la place des Ormeaux, et son contour est matérialisé au sol à l'entrée du musée) ; la présence d’un amphithéâtre à proximité de la Porte Neuve n’est décelable que dans le dessin des rues du cadastre de 1807Chouquer, Odiot, , 371..

Construite entre 1063 et 1099 sous l'impulsion de l'évêque GontardHistoire de la cathédrale Saint-Apollinaire de Valence, la cathédrale Saint-Apollinaire est le plus ancien édifice de la ville. Elle est située en partie haute sur la place des Ormeaux. En 1281, la foudre touche le clocher, qui est remplacé par une flèche en charpente recouverte d'ardoises. Détruite lors des guerres de religion, la cathédrale est reconstruite au et son clocher, qui menaçait ruine après avoir été de nouveau foudroyé, est remplacé au . Elle a été incendiée à deux reprises, en 1562 et 1567, par les Huguenots et reconstruite à partir de 1604 dans le style roman initial. En 1850, juste au sud de la cathédrale, ouvre le musée des beaux-arts de la ville. gauche|vignette|Le Pendentif avant 1837. La création d'une université en 1452. participe au réveil intellectuel de la cité. Des professeurs de renom venus de divers pays, tel Jacques Cujas ont forgé sa réputation en enseignant le droit, la théologie, la médecine et les arts. Après son sacre, Louis XI confirme sa préférence en expédiant ses lettres patentes destinées à l'université le 12 octobre 1461.. En mars 1480, le roi soutient encore son université préférée..

Tandis que la basse ville accueille un port et un arsenal, la ville médiévale reste enserrée dans le rempart du Bas-Empire. Malgré ce repli de la ville dans ses murs, le sort de Valence reste lié au Rhône, axe commercial majeur mais aussi frontière entre le Royaume de France et le Saint-Empire romain germanique (jusqu'au ), renforcé en 1570 sous Charles IX.

Au ses fonctions militaires se développent avec la construction d'une citadelle au nord de la place Saint-Jean. De nombreux hôtels particuliers et demeures bourgeoises fleurissent alors au sein des remparts. La maison des Têtes, de style gothique et Renaissance, est l'un des fleurons de cette architecture surprenante par la profusion et la richesse de son décor ciselé dans la pierre.

Le tournant majeur s'opère au qui voit s'épanouir à Valence une multitude d'ordres religieux. La cité confirme alors ses fonctions religieuses, administratives et judiciaires au détriment du commerce. Le centre historique de Valence garde aujourd’hui encore son aspect médiéval aux ruelles étroites.

Il faut attendre le pour que la ville sorte de ses remparts, remplacés par des boulevards dès 1860. Valence se développe alors en éventail autour de son centre ancien.

Description vignette|La place Saint-Jean et le clocher de l'église Saint-Jean-Baptiste. Le centre historique de Valence est essentiellement en zone piétonne et s'articule autour de la Grande Rue (la principale rue commerçante du quartier) qui relie la place des Clercs à la place Saint-Jean. Le Vieux Valence se trouve approximativement entre l'avenue Léon Gambetta au sud, la rue de la Manutention au nord, l'avenue du Tricastin à l'ouest, et la rue commerçante et piétonne Emile Augier à l'est. Il est entouré par le quartier du centre-ville au sud et à l'est, le Rhône à l'ouest, et la ville de Bourg-lès-Valence au nord. Le Vieux Valence se compose également des quartiers de Basse ville et Saint-Jean, et comporte plusieurs côtes qui sont des montées pittoresques dominant les anciens remparts et les bas quartiers du bord du Rhône.

Dans ce quartier qui composait autrefois le centre historique de la ville de Valence, on trouve certains des monuments les plus remarquables de Valence, dont l'abbaye Saint-Ruf, l’abbaye Notre-Dame de Soyons, la cathédrale Saint-Apollinaire, la maison des Têtes, le musée d'Art et d'Archéologie, l'église Saint-Jean-Baptiste, la maison Dupré-Latour, le Pendentif et la maison du Drapier.

Quartiers Saint-Jean : Ce quartier constitue la partie nord du Vieux Valence et s'articule autour de la place Saint-Jean. Il est traversé par la commerçante Grande Rue et possède plusieurs bars et restaurants. Durant l'époque médiévale, Saint-Jean était le quartier le plus important de la cité. Il s'agissait du principal centre artisanal et économique de la ville. Il accueillait également les premières assemblées municipales de Valence jusqu'à ce que la municipalité se dote d'un hôtel de ville en 1894. L'église Saint-Jean-Baptiste, la maison Mauresque, la maison du Drapier, l'abbaye Saint-Ruf et le parc Saint-Ruf se trouvent dans ce quartier. Basse ville : Il constitue la partie ouest du Vieux Valence. Situé sur la première des quatre terrasses alluviales de Valence (la partie la plus basse de la ville), en bordure du Rhône, le quartier de Basse ville est essentiellement résidentiel et compte très peu de commerces et bâtiments anciens. Cependant, il est doté d'un gymnase et d'une piscine municipale. À l'origine, il s'agissait d'un quartier de pêcheurs et de mariniers qui jouissait d'une ouverture naturelle sur le Rhône jusqu'à ce que l'autoroute A7 soit construite dans les années 1960, coupant l'accès de la Basse ville au fleuve. Le 15 août 1944, durant la Seconde Guerre mondiale, cette partie de la ville subit de nombreux bombardements aériens et beaucoup de bâtiments sont détruits. Aujourd'hui, beaucoup d'immeubles résidentiels datent des années 1950 et 1960. Plusieurs côtes relient la Basse ville au reste de la vieille ville.

Lieux et monuments

De nombreux monuments de la ville de Valence sont protégés au titre des monuments historiquesValence sur la Base Mérimée. Beaucoup de ces monuments se trouvent dans ce quartier. vignette|La cathédrale Saint-Apollinaire. La cathédrale Saint-Apollinaire La cathédrale Saint-Apollinaire est une cathédrale de style roman, qui fut érigée au . C'est l'évêque Gontard (1063-1099) qui impulsa la construction de cet édifice qui est aujourd'hui le plus ancien de la ville. Plusieurs blocs de pierre de la cathédrale Saint-Apollinaire sont des remplois de constructions gallo-romaines de la cité de Valentia.

La maison des Têtes La maison des Têtes dont la façade Renaissance comporte plusieurs têtes sculptées représentant les vents, la fortune, le temps ou encore la théologie, a été construite entre 1528 et 1532L'absence de contrat ne permet pas de dater précisément le bâtiment, on le fait remonter généralement aux alentours de l'année 1530. Il est envisagé que la construction se fît en au moins deux étapes au cours du . par Antoine de Dorne. Cette maison, marquant le passage du style gothique au style renaissance, doit son nom aux nombreuses têtes qui ornent sa façade. Son corridor est orné de bustes d'empereurs romains. Le bâtiment est classé au titre des monuments historiques depuis 1944.

Le Pendentif Le Pendentif de Valence est un bâtiment d'inspiration Renaissance, qui est probablement le monument funéraire de Nicolas Mistral, chanoine de la cathédrale Saint-Apollinaire, semble construit en 1548, d'après une pierre gravée portant une inscription allant dans ce sens. Ce monument fut transformé, après la Révolution, en débit de boissons. Il a été racheté par la ville de Valence vers 1830 et fait partie des premiers monuments inscrits à l'inventaire national des monuments historiques. vignette|upright|La maison du Drapier. La maison du Drapier Datant du , elle garde un aspect médiéval malgré les restaurations du . Elle appartenait probablement, à l’origine, à un riche drapier. Le rez-de-chaussée était consacré à la production artisanale et au commerce, tandis que les étages abritaient le logement de l’artisan.

La maison Dupré-Latour Datant du , la maison Dupré-Latour comporte une remarquable tourelle d'escalier. La maison Dupré-Latour est un ancien hôtel particulier qui fut édifié par la famille Genas, négociants enrichis par le commerce du sel. En 1760, l'hôtel est racheté par François Dupré-Latour dont le nom lui restera attaché et dont les descendants continueront à habiter. En 1993, la maison est cédée à la ville, et classée au titre des monuments historiques, depuis 1927.

La maison de la Pra Il s'agit d'un hôtel particulier , propriété de Claude Frère, riche marchand qui fut premier président du parlement du Dauphiné. Le lanternon de l'escalier à vis se dresse sur les anciens remparts entre la tour de la cathédrale et le clocheton de Saint Jean, au cœur de la vieille ville.

L'église Saint-Jean-Baptiste L'église Saint-Jean-Baptiste date des et et sa tour-porche néo-romane est érigée à partir du . Cette église de la vieille ville est perchée au point le plus haut de la ville, signe de son ancienneté. Elle serait l'un des tout premiers lieux de culte chrétien, dans une Valence alors naissante.