La bête est morte ! est un album de bande dessinée publié en 1944, dessiné par Edmond-François Calvo, sur un scénario de Victor Dancette, éditeur de publications pour la jeunesse, et de Jacques Zimmermann. À noter, la BnF attribue les exemplaires quelle conserve à un homonyme : Jacques Zimmermann (1899-1957). Voir : le catalogue général, le site data.bnf.fr et l'exposition « La Bête est morte ! – Dessiner, résister, témoigner »..

L'album La bête est morte ! raconte, en deux volumes, la Seconde Guerre mondiale, sous forme de satire animalière du conflit et de l'occupation. La bande dessinée ayant été publiée après la libération de la France, mais quelques mois avant la fin du conflit en Europe, la fin de l'histoire annonce la chute d'Hitler sans la décrire. Le récit raconte pour l'essentiel le conflit en Europe, mais une page est consacrée à la guerre du Pacifique.

C'est une des , avec Les Trois Mousquetaires du maquis de Marijac. L'œuvre est créée peu après le dessin animé Blitz Wolf de Tex Avery, mais il semble peu probable que les auteurs aient pu le voir. Le style de Calvo, en revanche, est influencé par les dessins animés de Walt Disney.

En 2024, la BNF déclare souhaiter acquérir les planches originales et lance une souscription publique à cet effet. L'acquisition est réalisée en 2025.

Le réalisateur Matthieu Kassowitz annonce en 2024 en préparer une adaptation cinématographique, pour laquelle il « envisage un film mêlant prises de vues réelles et animation ».

Un extrait

Les deux fascicules Quand la bête est déchainée. Quand la bête est terrassée, conçu sous l'occupation et réalisé dans la liberté, ce deuxième fascicule a été écrit par Victor Dancette sous les calmes ombrages du Vésinet, encore illustré par Calvo et .

Des rééditions sont sorties en 1977 chez Futuropolis et en 1995 chez Gallimard. L'édition Futuropolis contient également des reproductions monochromes pleine page de Calvo parues initialement dans le journal L'Armée française au combat à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle reproduit aussi, en pages intérieures, les couvertures des deux albums initiaux, mais en des dessins grisés et quelque peu agrandis, alors qu'ils étaient polychromes. La comparaison des deux représentations du Grand Loup sont parlantes : la première le montre dans la fierté de la victoire, alors que la seconde lui attribue un œil crevé caché par un vilain morceau de cuir, un plaie à la patte gauche. Alors que le premier salue le bras droit levé et affiche un regard mauvais, le second lève les deux bras en signe de désespoir, voire de capitulation ; son nez est comme cassé, béant et partiellement recousu ; sa vareuse est déchirée au coude et en d'autres endroits, sa botte droite laisse passer ses orteils ; la fin est proche.

Un troisième volume intitulé Grandeur et décadence du royaume des bêtes sur un texte de Roland de Marès est publié en 1947 chez le même éditeur.

Transpositions Animaux Les différents peuples et personnages impliqués dans la guerre sont représentés par des animaux : PopulationAnimaux représentatifsPersonnalitéAnimal représentatif Allemands loups Adolf Hitler Hermann Göring Erwin Rommel Joseph Goebbels Rudolf Hess Américains bisons Franklin Roosevelt Congrès des États-Unis Grecs un peuple millénaire dont les exploits remontent à l'Antiquité Australiens kangourous Belges lionceaux Suisses bergers Britanniques dogs (chiens) Winston Churchill Bernard Montgomery Chinois buffles et dragons Danois dogue danois (au pelage arlequin) le roi des Danois Éthiopiens lions Hailé Sélassié Français lapins, grenouilles, écureuils et cigognes Charles de Gaulle Troupes coloniales françaisesParticulièrement les Spahis, compte tenu de leurs atours. léopards Italiens hyènes Benito Mussolini Japonais singes jaunes Hirohito Néerlandais vachesVisibles au travers des possessions en Indonésie dans le cadre de leur empire colonial. Polonais lapinsCe qui donne l'idée des accords stratégiques alors en place avec la France, ainsi que l'imminence du désastre de la débâcle, comme le sort fut jeté lors de l'invasion de la Pologne. Soviétiques ours polaires Staline , Iraniens chats Shah d'Iran

Toponymes Pays/lieuNom dans la BDÉgypteLe pays des dix plaiesLigne MaginotLivarotLa Grande Allemagne du Troisième ReichLa Barbarie Pearl Harborla base principale des Bisons dans ces régions lointainesÎles hawaïennes du Nord-Ouest (bataille de Midway)Le Pays des guitaresTulle (massacre de Tulle)Une cité célèbre pour ses dentellesOradour-sur-Glane (massacre d'Oradour-sur-Glane) un petit village qu'ils cernèrent

Style et thèmes abordés La Shoah est évoquée brièvement, en deux cases, mais de manière explicite, et l'étoile jaune apparaît dans le détail d'un dessin. Didier Pasamonik note qu'il s'agit là de la première évocation du génocide juif dans une bande dessinée, bien que sa description, qui assimile les victimes du régime nazi à des opposants politiques, ait pu être critiquée a posteriori. Le texte, page 25, décrit ainsi la déportation et le génocide, dont la spécificité et l'ampleur n'avaient pas été encore mesurées à la fin 1944 : « Poursuivant plus particulièrement leur vengeance contre certaines tribus d’animaux pacifiques que nous hébergions et à qui nous avions bien souvent ouvert nos portes pour les abriter contre la fureur de la Bête déchaînée, les hordes du Grand loup avaient commencé le plus atroce plan de destruction des races rebelles, dispersant les membres de leurs tribus dans des régions lointaines, séparant les femmes de leurs époux, les enfants de leur mère, visant ainsi l’anéantissement total de ces foules inoffensives qui n’avaient commis d’autre crime que celui de ne pas se soumettre à la volonté de la Bête ». La libération de Paris est symbolisée par une transcription du célèbre tableau d'Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple, avec des différences importantes dans la mimique des personnages. Alors que les visages de Delacroix sont graves, que la Liberté regarde derrière elle les hommes qui montent à l'assaut, les visages de Calvo sont rigolards, la Liberté affiche sa joie. Au fond, le Sacré-Cœur de Montmartre matérialise bien le parisianisme de l'évènement. Le texte souligne la joie des journées d' : () La page suivante poursuit sur le même thème d'enthousiasme, montrant le char Sherman « Iéna » dans une rue étroite du centre de Paris ; les tours de Notre Dame ferment le fond de la rue. Le nom du charLe char Sherman « Iéna » a bien existé : il faisait partie du de chars, et donc de la blindée. rappelle la bataille d'Iéna (1806), qui s'est terminée par une victoire totale des Français contre les Prussiens alliés aux Saxons. Au premier plan des deux pages, des restes de l'armée allemande (cadavres , casque, casquette et fusil ) affichent l'écroulement de l'ennemi. La présence des deux édifices religieux rappellent les cloches sonnant à toute volée lorsque la DB ( blindée) est entrée dans Paris. Déjà, , « les bonnes sœurs de charité » avaient matérialisé le dévouement des femmes qui « se dévouaient jusque sous le feu de l'ennemi. »

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

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Articles connexes Bandes dessinées sur la Seconde Guerre mondiale The Big War adaptation cinématographique.

Liens externes

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