vignette|droite|Gravure de 1712. La parabole des talents et la parabole des dix mines comptent parmi les paraboles évangéliques les plus connues du monde chrétien. La première est racontée dans l'Évangile selon Matthieu 25,14-30. La deuxième, comparable, bien que légèrement différente, se trouve dans l'Évangile selon Luc 19,12-27. Elles dépeignent un maître qui gratifie des serviteurs méritants, et qui en punit un autre pour sa paresse. Cette métaphore se rapporte à celle du vrai cep (Jn 15,1-12), et au fait que le Seigneur cherche à ce que ses enfants donnent du fruit, à ce qu'ils suivent les vertus théologales et cardinales afin de partager, aider, et de faire vivre la compassion. Les deux récits évoquent aussi le sort des élus et des damnés lors du Jugement de la fin des temps.

Texte de la parabole des talents vignette|Parabole des talents, d'Andrei Mironov. Évangile selon Matthieu, chapitre 25, versets 14 à 30 :

D'après la traduction officielle liturgique de la Bible.

Texte de la parabole des mines vignette|260px|Une gravure de Jan Luyken représentant la parabole des Talents. Le récit est proche de celui de la parabole des talents.

La conclusion de la parabole des mines, toutefois, est sensiblement différente : « Quant à mes ennemis, amenez-les ici et égorgez-les en ma présence » (Luc 19, 27)Autre traduction « Au reste, amenez ici mes ennemis, qui n'ont pas voulu que je régnasse sur eux, et tuez-les en ma présence ». De plus, le maître a un rang royal ; son règne n'est pas sans évoquer le Règne de Dieu.

Evangile selon Luc, chapitre 19, versets 11 à 27, texte traduit par Louis Segond :

Interprétations de la parabole des talents vignette|Parabole des talents, peinture anonyme, .

Interprétations chrétiennes qui font du maître un substitut de Dieu La parabole illustre l'obligation pour les chrétiens de ne pas gâcher leurs dons reçus de Dieu et de s'engager, malgré les risques, à faire grandir le royaume de Dieu. Le mot de talent a pris son sens depuis cette parabole.

Selon Jean Chrysostome, il faut par ce mot de talent Il ajoute : Cette parabole sera reprise par Jean Calvin, au , pour revaloriser l'usure dans la croyance protestante.

Le pape Benoît XVI a rappelé que « l'évangile a pesé sur le plan historico-social, promouvant dans les populations chrétiennes une mentalité active et entreprenante ». En citant en particulier la parabole des talents, il a souligné que le talent se réfère à un « esprit de responsabilité avec lequel nous devons accueillir le Royaume de Dieu : responsabilité envers Dieu et envers l'humanité. La mauvaise attitude est celle de la peur (...). Ceci arrive, par exemple, à celui qui, ayant reçu le baptême, la communion, la confirmation, enterre ensuite ces dons sous une couverture de préjugés, sous une fausse image de Dieu qui paralyse la foi et les œuvres, de façon à trahir les attentes du Seigneur »Message de Benoît XVI lors de l'Angélus, le 16 novembre 2008.

Interprétation de la parabole des mines Jésus a raconté cette parabole sur la route entre Jéricho et Jérusalem et son auditoire était une grande foule ; il a utilisé cette parabole : le Christ a donc voulu dissiper toute rumeur d'espoir selon laquelle le temps du royaume de Dieu était arrivé sur terre. On a considéré la « mine » comme une image de la Parole de Dieu. Dans ce sens, chaque croyant a reçu tout autant, et il doit faire valoir cette Parole de Dieu comme instrument de Sa grâce. Cette pensée a quelque poids. Mais il semble encore mieux de voir dans la « mine » la révélation ou la connaissance de Dieu en Christ — une connaissance qui, il est vrai, découle pour nous de la Parole de Dieu. Cette révélation de Dieu en Christ est en fait un « capital », et Jésus veut que cette révélation de Sa grâce dans le monde gagne toujours plus en extension.

Dans leur commentaire de la parabole des mines, l'exégète Daniel Marguerat et Emmanuelle Steffelk indiquent que le prince en attente de royauté représente Jésus, et que le moment où les serviteurs doivent rendre des comptes correspond au Jugement dernier. Pourtant ces mêmes commentateurs donnent à la parabole un sens politique et terrestre : le personnage du prince-roi assume « dans son cruel réalisme » le dicton selon lequel les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres ; « sa cruauté n'en reste pas là, puisqu'il fait exécuter en sa présence ses adversaires politiques (verset 27). Là encore, les mœurs politiques de l'époque se font jourNouveau Testament commenté, sous la dir. de Daniel Marguerat et Camille Focant, Bayard, Labor et fides, 2012, p.364.. » En réalité, les ennemis qui ont rejeté le roi dans la parabole sont représentatifs de ceux qui ont rejeté le Christ lorsqu'il marchait sur terre, et de tous ceux qui le renient encore aujourd'hui.

L'enfouissement Dans l’Antiquité, le talent est avant tout une unité de mesure, qui équivaut à une masse d'argent métal ou d'or. Matthieu (25,14-26) rapporte la parabole des intendants dont l'un se borne à enfouir dans la terre le lingot confié par son maître alors que les deux autres ont fait fructifier le dépôt.

Cette parabole est expliquée de plusieurs façons mais qui tournent toutes autour de la mauvaise utilisation par un homme de ses connaissances, de sa richesse, de sa foi... L'enfouissement d'un trésor spirituel est condamné par le christianisme.

Ainsi la parabole illustre l'obligation pour les chrétiens de ne pas gâcher leurs dons reçus de Dieu et de s'engager, même s'il y a risque, à faire grandir le royaume de Dieu. Le mot de talent a pris son sens figuré depuis cette parabole.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Talent (aptitude) Talent (unité) Théologie de l'enfouissement Paraboles du Nouveau Testament

Liens externes Texte de l'Évangile selon saint Matthieu en grec original, avec la traduction en français Commentaire de la parabole des talents chez saint Jean Chrysostome Benoît XVI, Angélus, le 16 novembre 2008 Le Vrai Cep :

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