L'Observatoire cantonal de Neuchâtel est un observatoire astronomique et chronométrique fondé le par le canton de Neuchâtel. Il est situé à Neuchâtel et fait partie des biens culturels d'importance nationale. Les divers services de l'observatoire ont été fermés en 2007 et repris par diverses institutions.

Histoire

Sollicitation et création de l'Observatoire Le rapport de l'exposition universelle de 1855

Au cours du , l'industrie horlogère se développe fortement dans le canton de Neuchâtel et en devient l'activité économique principale. L'ampleur de ce développement, ainsi que la volonté d'orienter la production vers une horlogerie de précision, mettent en exergue l'absence de politique globale en faveur de cette industrie. La révolution de 1848 ouvre la voie à une transformation des dynamiques politiques et économique. Le Conseil d'état neuchâtelois envoie des délégués à l'exposition universelle de Paris de 1855. Ces derniers ont pour mission de mener une étude sur les industries du chemin de fer, des machines et de l'horlogerie. Leur rapport constitue le point de départ du projet d'observatoire à Neuchâtel. Les experts constatent en effet que la stagnation des industries horlogères françaises et anglaises constituent une opportunité pour les fabricants neuchâtelois, à condition que le canton mettent en place plusieurs soutiens concrets. Ils réclament notamment la construction d'un observatoire gouvernemental destiné à établir des bulletins de marche pour les chronomètres fabriqués dans la région. Ce certificat a pour objectif de fournir un avantage commercial aux industriels. Pour répondre à cet objectif pratique, l'établissement esquissé dans le rapport de 1855 est relativement minimaliste. Le projet Ladame Le Conseil d'état accorde son attention aux conclusions du rapport de 1855 et mandatent Henri Ladame en janvier 1856 pour mener une étude approfondie du projet. Ladame s'appuie sur des visites des observatoires de Zurich, Genève et Berne. Il juge notamment la dimension astronomique et scientifique inutiles pour remplir les buts fixés par le rapport de 1855. L'étude de Ladame est adoptée par le gouvernement neuchâtelois qui initie une première fois la concrétisation du projet lors de la session de juin 1856. Cependant, la tentative de contre-révolution met un terme aux démarches de manière prématurée. Le rapport Desor, Vouga et Favre En décembre 1857, l'exécutif neuchâtelois souhaite reprendre le projet et demande des études supplémentaires. L'étude de Ladame est ainsi examinée par la Commission d'état des écoles industrielles qui souhaite l'élargir. Un comité d'experts, composé de Edouard Desor, Louis Favre et Charles-Auguste Vouga, est alors sollicité. Leur projet et les frais prévus sont bien plus importants que pour l'étude Ladame. Face à ces avis divergent, le conseil d'état sollicite un spécialiste en la personne d'Adolphe Hirsch. Le rapport Hirsch Alors en route pour Paris, Hirsch fait une halte au printemps 1858 à Neuchâtel pour étudier le projet d'observatoire. Ce dernier rend son rapport au mois de mars 1858. Le projet prend alors une nouvelle dimension en intégrant une composante de recherche astronomique absente jusqu'alors. Il préconise notamment la création d'un établissement à la pointe de la technologie, capable de s'insérer dans le réseau scientifique existante. Le rapport établit également la localisation idéale de l'observatoire - sur la colline du Mail à Neuchâtel - les instruments nécessaires, le personnel ainsi que leurs tâches. Ce rapport fait l'unanimité auprès des politiques. Il est présenté par Aimé Humbert à la session de mai 1858. La fondation de l'observatoire est officiellement actée lors de la session du 18 mai 1858. L'établissement scientifique a pour double mission de déterminer et transmettre l'heure quotidiennement et de contrôler la précision des chronomètres déposés par les fabricants de la région. Sous la direction d'Adolphe Hirsch (1858-1901) Adolphe Hirsch est engagé comme directeur de l'établissement scientifique peu de temps après sa fondation. Il participe dès le départ aux travaux, supervisés par l'architecte cantonal Hans Rychner, notamment en déterminant l'orientation du bâtiment et l'emplacement des piliers du futur cercle méridien, commandé auprès du fabricant Ertel & Sohn, ainsi qu'en passant commande des instruments astronomiques - majoritairement auprès de fabricants allemands. Hirsch commande deux pendules de référence, la première auprès de Joseph Thadaeus Winnerl et la deuxième de Charles Sheperd. Hirsch met au concours auprès des fabricants neuchâtelois l'acquisition de deux pendules astronomiques en août 1858. Cinq pendules sont déposées. Au terme des observations, le choix se porte sur une pièces fabriquée par l'Association ouvrière et sur une pendule d'Alexandre Houriet. Hirsch s'installe à Neuchâtel en avril 1859 pour superviser l'installation des instruments astronomiques. La construction du bâtiment se termine en 1860 et son inauguration a lieu la même année. Le 25 juin 1860, le signal horaire est transmis pour la première fois par voies télégraphiques de l'Observatoire à La Chaux-de-Fonds, au Le Locle et Berne. Dès lors, l'observatoire de Neuchâtel transmet quotidiennement l'heure à 13 heures à ces localités. L'observatoire étant totalement intégré à l'état, un règlement de service est édicté le 22 janvier 1861. Conformément aux missions confiées à l'observatoire, les premiers chronomètres sont déposés par les fabricants de la région à partir de 1861. Durant les premières années, le personnel de l'Observatoire se limite à deux personnes: Hirsch et un gardien-concierge. Un aide-astronome est engagé en 1864, bien que la description de ses tâches soient déjà présentes dans le règlement de 1861. Un concours annuel de chronométrie est instauré en 1865 dans le but de récompenser les meilleurs chronomètres déposés. L'observatoire est raccordé au réseau d'eau de la ville en 1869. Durant les années 1870, plusieurs réparations urgentes doivent être effectuées sur le bâtiment. En 1877, Hirsch acquiert une pendule astronomique supplémentaire auprès de l'horloger Kutter, basé à Stuttgart. Une pendule électrique fabriquée par Matthäus Hipp est ensuite installée en 1879. La lumière électrique est installée en 1895. Dans son testament, Adolphe Hirsch lègue l'intégralité de sa fortune à l'état de Neuchâtel, avec pour mission de développer l'observatoire, notamment la recherche astronomique. Ce patrimoine, constitué d'actions et de participations à des entreprises, constitue une opportunité pour l'établissement scientifique.

L'ère Louis Arndt (1901-1934) Après le décès d'Adolphe Hirsch, Louis Arndt reprend d'abord la direction par intérim. Il est confirmé dans son poste à la fin de l'année 1901. Arndt est chargé de mettre en oeuvre les dispositions testamentaires de son prédécesseur. Il s'attelle tout d'abord à la réparation de la lunette équatoriale et au remplacement de la pendule Sheperd. Le don de David Perret d'une pendule astronomique de sa fabrication à l'observatoire en 1901, permet de remplacer la Sheperd. Le cercle méridien Ertel & Sohn présentant des signes de faiblesse, Arndt acquiert en 1907 un instrument coudé des passages auprès de Carl Bamberg. Cet instrument permet de poursuivre les travaux de détermination de l'heure sans interruption. Arndt entreprend ensuite plusieurs voyages afin d'étudier les possibilités d'usage du legs Hirsch. Il recommande à la commission d'inspection de l'établissement de se tourner vers la photographie céleste. Un triple réfracteur est commandé à l'entreprise Carl Zeiss en 1908. Cet achat impose une réorganisation spatiale complète de l'observatoire, le bâtiment de la méridienne étant sous-dimensionné pour accueillir le nouvel instrument. Un nouveau bâtiment, dit pavillon Hirsch, est ainsi construit entre 1908 et 1912. En parallèle, le bâtiment d'origine est entièrement rénové et le cercle méridien Ertel remplacé par un nouvel instrument fabriqué par la Société d'instruments de physique de Genève. La construction du pavillon Hirsch permet une nouvelle répartition des services. Le bâtiment d'origine est ainsi dédié à la détermination de l'heure et au contrôle des chronomètres, tandis que le pavillon Hirsch est consacré aux travaux astronomiques. Cet agrandissement permet également l'installation d'un sismographe dans le pavillon Hirsch. Cet appareil est avant tout destiné au contrôle, permettant ainsi de comprendre les variations des pendules de l'observatoire. Au cours des années 1920-1930, l'observatoire est confronté à une crise sévère. Le personnel réduit ne permet pas de répondre aux attentes politiques. Les autorités jugent notamment que certains instruments sont sous utilisés en regard des investissements importants consacrés et que la production scientifique est insuffisante. En 1923, Arndt répond aux critiques en mettant en place un vaste programme scientifique. Le sismographe, jugé inefficace, est remplacé en 1925 par un nouvel appareil système Quervain-Piccard. L'observatoire se retrouve également isolé. La collaboration avec l'université est en effet au point mort, Louis Arndt se montrant réticent à mettre les instruments à disposition. Au contraire de Hirsch, Arndt ne développe aucune activité internationale. En corollaire, le rôle de l'observatoire pour le contrôle des chronomètres s'affirme. Sous la direction d'Edmond Guyot (1934-1950) Le départ à la retraite de Louis Arndt en 1934 permet à l'observatoire de retrouver un nouveau souffle. Premier neuchâtelois nommé à ce poste, Guyot propose en 1946 un projet ambitieux de transformations. Rompant avec l'isolement de Arndt, Guyot noue également des contacts avec la société neuchâteloise des sciences naturelles et communique intensément. Après trente ans d'utilisation du cercle méridien de la Société d'instruments de physique de Genève et de l'instrument des passages Bamberg, l'observatoire s'oriente vers l'acquisition d'un tube photographique zénital (PZT). Pour obtenir cet appareil, Guyot prend contact avec le département militaire américain en 1947 puis avec l'observatoire de Greenwich, qui cherche également à en acquérir un. Guyot va alors s'allier avec l'entreprise Grubb & Parsons pour développer l'instrument neuchâtelois. Son usage étant intrinsèquement lié à celui d'horloges à quartz, les trois premières sont installées en 1948 à l'observatoire. Le projet aboutit en 1954 avec l'installation du PZT et de trois horloges à quartz supplémentaires. Les pendules mécaniques sont conservées quelques années puis sont cédées entre 1959 et 1961 à diverses institutions muséales.

Bâtiments La création d’un observatoire à Neuchâtel se concrétise à partir de 1858, avec la nomination déjà évoquée de l’astronome Adolphe Hirsch, l’attribution du mandat de construction à l’architecte Hans Rychner et l’octroi d’un crédit de 60 000 francs par le Grand Conseil neuchâtelois.

Autorités et scientifiques s’accordent sans tarder sur l’emplacement de la nouvelle construction, la colline du Mail répondant à l’essentiel de leurs critères: solidité des affleurements rocheux, dégagement en direction du lac, proximité du chef-lieu et des voies de communication, mais distance suffisante de la localité et des nuisances provoquées par l’activité humaine. gauche|vignette|220x220px|Le premier bâtiment de l'Observatoire, appelé la Méridienne en raison de la fente qui permettait à la lunette méridienne de fonctionner.

Noyau initial ou bâtiment de la méridienne