La Fère est une commune française située dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France.

Ancien siège de l'École royale d'artillerie de La Fère, elle est connue pour abriter la statue de l'Artilleur qui ornait auparavant le pont de l'Alma de Paris. Géographie

La ville se situe au sud de Saint-Quentin, et au nord-ouest de Laon, la préfecture du département de l'Aisne. La commune est à l'origine de la route départementale qui relie La Fère à Origny-Sainte-Benoite. La prochaine commune rencontrée sur cette route est Achery.

Localisation

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le canal de la Sambre à l'Oise, l'Oise, le ruisseau de Deuillet.divers bras de l'Oise,

L'Oise prend sa source en Belgique, à , dans l'ancienne commune de Forges et se jette dans la Seine à 20 mètres d'altitude, au Pointil en rive droite et en aval du centre de Conflans-Sainte-Honorine dans le département des Yvelines. D'une longueur , elle est presque entièrement navigable et bordée de canaux sur .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de la FèreLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : la ballastière () et le plan d'eau de la commune de la Fère ()..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Oise moyenne ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de l'Oise moyenne. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE est, en 2024, encore en élaboration. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte du SAGE Oise-Moyenne (SMOM).

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Chauny à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , La Fère est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Tergnier, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Tergnier, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (50,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (66,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (45,7 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (26,1 %), zones urbanisées (19,6 %), forêts (3,9 %), terres arables (2,7 %), zones agricoles hétérogènes (1,9 %)..

L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Fera (898) ; Ferra (898) ; Fara (958) ; Feria (1133) ; La Ferre (1196) ; « Canonici de Farra recognoverunt domum leprosorum de Farra, sita esse in parrochiatu de Beautor… » (1214) ; la Fère (1317) ; La Fère-sur-Oise (1400) ; Laffere (1408) ; Le Fere-en-Vermendois (1449) ; La Fère-sur-Oise (1452) ; Lafère-sur-Oyze (1478) ; La Ferre-sur-Oyse (1553)..

Une fère, ou ferté désignait une forteresse médiévale (la ville fut fortifiée au ), de l'oïl *fère « habitation des ancêtres, ruines d'habitations anciennes ».. Une autre hypothèse suppose que Fère dériverait du germanique fara (colonie, famille)., en langue d'oïl : une famille installée sur un domaine ou habitation agricole, et donc un peuplement rural par des populations déplacées.

Histoire Moyen Âge Eudes , comte de Paris et marquis de Neustrie, puis roi des Francs de 888 à 898, mourut à La Fère, siège de son camp d'hiver, le Rudolf Schieffer, die Karolinger, ff. Schneider et allii, Frz. Könige des Mittelalters, ff..

Vers le , La Fère en Picardie devient le fief des seigneurs de Coucy, puissants rivaux de la jeune monarchie capétienne. Ils construisent des fortifications qui vont défier longtemps les rois de France.

En 1187, le tournoi de La Fère, donné par le sire de Coucy Raoul Ier dans les prairies, entre La Fère et Vendeuil, dura une semaine. Le sire de Coucy fit annoncer ce grand tournoi jusqu'en Belgique, lança de nombreuses invitations.

L'héritage picard (Soissons en partie, La Fère, Marle...) de la dernière des Coucy, Marie (1366-1405), passa à son fils Robert de Bar (-le-Duc), comte de Marle et de Soissons, puis à la fille de ce dernier, Jeanne, épouse du connétable Louis de Luxembourg-Saint-Pol. La petite-fille de ces derniers, Marie de Luxembourg-Saint-Pol (morte à La Fère ou à Ham), par son deuxième mariage avec François de Bourbon-Vendôme, transmit ces fiefs à la Maison de Bourbon-Vendôme (Antoine de Bourbon, né au château de La Fère en 1518, père d'Henri IV, et Louis prince de Condé étaient leurs petits-fils).

Époque moderne En 1545, lors de la guerre de François contre Charles Quint, la Picardie était de nouveau envahie : « Le roy s'achemina pour tirer à La Fère-sur-Oise, duquel lieu il pourroit ordonner ses affaires selon qu'il s'offriroit. »

Siège de 1580 Au cours de la septième guerre de Religion, La Fère est prise par surprise, par le prince de Condé, fils de Louis , le , . Elle est reprise après un siège que les troupes royales du maréchal de Matignon appliquent avec ténacité du à début Malgré les intrigues incessantes de Condé, les protestants n'ont ni secours ni aides concrètes, que ceux-ci viennent d'Allemagne ou de France. Fin août, des pourparlers s'engagent dont l'issue (impliquant le retour à l'autorité royale) ne fait aucun doute au vu de l'état des assiégés. Le septembre, le traité aurait déjà été effectif selon certains historiens et le 12 septembre ne serait qu'une parade d'entrée royale, mais pour d'autres historiens, seulement à partir du 12 septembre après reddition sans condition. Outre les archives diplomatiques, le Journal de voyage de Montaigne fait mention brièvement de ce siège, d'où le nombre des commentaires historiques ultérieurs. Le seigneur Michel de Montaigne, chevalier du Roi, lors de sa visite d'adieu à Henri III au début de l'été, est prié par sa Majesté d'aller prêter main-forte aux assiégeants. Lui et sa modeste troupe, nullement préparée pour la guerre, mais obéissante, se rendent à La Fère, près de Tergnier, et se mettent au service du maréchal de Matignon. Après la mort de l'assiégeant Philippe de Grammont, Montaigne et ses compagnons, probablement démobilisés par Matignon, sont chargés de lui faire une dernière escorte et de faire rendre les honneurs au corps du soldat du Roi à Compiègne. Le secrétaire et scribe de Montaigne reste très discret sur l'attitude des compagnons du Roi, décrite ci-dessous, mais sa troupe de voyage n'a assisté ni au début ni à la fin du siège..

Ce siège de 1580 est appelé siège de Velours car les ducs d'Épernon, Joyeuse et d'autres jeunes seigneurs y viennent en brillant équipage et les vivres abondent. Il n'en est pas moins long (du au ) et dur. Ce siège de Velours où fêtes et réjouissances alternent avec les décharges d'artillerie, fait perdre plus de aux assaillants et 800 aux assiégésM. Melleville, Histoire de la Ville et des Sires Coucy-le-Château], 1818, , . On écrivit et répéta partout qu'une mauvaise bête avait dévoré tous les mignons du roi Henri III, et La Fère prit le surnom de Féra (bête féroce). Cette étymologie quelque peu fantaisiste n'occulte pas une toponymie plus scientifique : une fère, en langue d'oïl, signifierait une colonie, une famille installée sur un domaine ou habitation agricole, et donc un peuplement rural par des populations déplacées. Le , la ville de La Fère se rend aux troupes royalesAgrippa d'Aubigné : L'histoire universelle partie chapitre XIII page 367 et suivantes sur le siège de La Fère.

Prise de La Fère en 1589 par la Ligue et occupation par l'armée espagnole