Les partisans biélorusses étaient des combattants d'armées irrégulières participant au Mouvement général de résistance biélorusseIl y avait plusieurs obédiences, la principale était celle des partisans soviétiques. contre les Nazis allemands et les collaborateurs, pendant la Seconde Guerre mondiale. Leur histoire se confond avec celle de la Biélorussie après l'invasion des troupes allemandes dans l'opération Barbarossa et de ses conséquences sur la Biélorussie.

Antécédents

Contexte historique

thumb|left|Le drapeau de la République socialiste soviétique biélorusse adopté en 1937.

L'histoire du paysFrance-Bélarus - Histoire est complexe, entre la Lituanie, la Pologne et l'Empire russe. Il est à retenir que les Russes proclament la RSS de Biélorussie le à Smolensk. Ils l'agrandissent au fur et à mesure de leurs conquêtes. Le partage définitif de la Biélorussie est alors établi le par le Traité de Riga, qui mettait fin à la Guerre russo-polonaise.

En , la RSFS de Russie, la RSFS de Transcaucasie, la RSS d'Ukraine et la RSS de Biélorussie fondent l'URSS.

Les historiens soviétiques et biélorusses ont étudié ce conflit dans le contexte de la Bélarus, considérant la République socialiste soviétique de Biélorussie (RSSB) comme une entité constituante de l'Union soviétique en 1941 et de ses frontières, comme un tout. Les historiens polonais, en tout cas une partie, insistent spécialement pour traiter séparément les territoires de l'est de la Pologne, dans ses frontières de 1921 (alias "Kresy Wschodnie" alias Biélorussie occidentale, qui ont été incorporés dans la RSSB après l'invasion de la Pologne par l'Union soviétique le .

Persécutions soviétiques avant 1941 Plus de personnes en Biélorussie occidentale furent emprisonnées, exécutées ou déportées à l'ouest de l'URSS par les autorités soviétiques avant l'invasion allemande. Le NKVD (Police secrète Soviétique) massacra plus de en juin/, par exemple à Chervyen, Hlybokaïe, Hrodna et Vileïka. Ces crimes contribuèrent à l'installation de violents sentiments anti-communistes dans la population biélorusse, qui furent utilisés par les Nazis pour leur propagande antisémite.

Invasion militaire nazie

L'invasion de l'URSS va concerner en première ligne la Biélorussie, une des Républiques de l'URSS. La Biélorussie va servir de glacis, de tampon, entre l'URSS et ses voisins de l'est. Les autorités soviétiques considéraient la Biélorussie comme importante de ce point de vue. Blitzkrieg Le à , quatre millions de soldats allemands, rejoints par des Italiens, des Roumains et d'autres troupes des puissances de l'Axe déferlent sur les frontières de l'Union soviétique et notamment en RSS de Bélarus. Pendant un mois, l'offensive est pratiquement impossible à arrêter au nord des marais de Pinsk (ou de la rivière Pripet, affluent de la Bérézina). Les forces blindées allemandes encerclent des centaines de milliers de soldats soviétiques dans d'énormes poches qui sont ensuite réduites par des troupes plus lentes (infanterie) tandis que les panzers chargent droit devant, suivant la doctrine militaire du Blitzkrieg.

Occupation et collaboration 1941 - juin 1944 De à , la Biélorussie va être occupée. Les trois armées soviétiques déployées le long de la frontière furent détruitesAntony Beevor 1998, ..

thumb|left|Partisans biélorusses sur la route, 1944.

La Bérézina est atteinte en 6 jours, à des lignes de départ. Le Dniepr est atteint le , la chute de Smolensk survient le . De nombreux soldats partent vers la captivité mais nombreux sont ceux qui y échappent et se réfugient dans les forêts et les marais du pays, sur les arrières du groupe d'armées Centre. Ils vont rejoindre les isolés, les trainards et ceux qui échappent à la surveillance de leurs vainqueurs. Ce sont les prémices du mouvement des partisans de Biélorussie, comme dans tout l'ouest de l'URSS occupé par les armées allemandes.

Création de la résistance anti-allemande

La création du mouvement des partisans et de la résistance anti-allemande en Biélorussie fait partie de l'organisation générale résultant des directives du Congrès des commissaires du Peuple soviétique émises le Comité Central du Parti Communiste de l'URSS (Bolcheviques). Les autorités soviétiques considéraient le territoire biélorusse comme important pour le développement de la guerre de partisans, sur les arrières des armées allemandes aventurées en direction de Moscou.

Nous citons Antony Beevor :

Les détachements de partisans et les groupes de diversion furent donc créés dans les territoires occupés par l'Allemagne pour s'attaquer aux routes et télécommunications, tuer des personnels allemands et détruire des ressources précieuses. Joseph Staline, dans son discours radiodiffusé du , réitéra les directives et les ordres au peuple. Adolf Hitler, en se référant à ce discours le , souligna qu'il déclarait que la guerre de partisans sur les arrières des Allemands avait, certes, ses avantages, mais qu'elle lui fournissait une excuse pour détruire tout ce qui s'opposerait aux Allemands.

Les premiers détachements de partisans consistaient donc en personnel de l'Armée rouge et en personnel pris dans chez les communistes biélorusses, commandés par des officiers de l'Armée rouge ou par des militants communistes biélorusses. Ils se formèrent dans les premiers jours de la guerre, incluant le détachement Starasyel'ski du major Doronykh dans le district de la Zhabinka ()(HistBel-5) Гісторыя Беларусі: У 6 т. Т. 5. Беларусь у 1917—1945. — Мн.: Экаперспектыва, 2006. — 613 с.; іл. , ., le détachement de Pinsk (zone du Pripet) de Vasily Korzh le .. Les premières décorations de Héros de l'Union soviétique furent décernées le (commandants de détachement Pavlovskiy et Bumazhkov).

Politique nazie répressive

Pourtant, les soldats allemands avaient été accueillis en certains endroits, en libérateurs de l'oppression stalinienne. La doctrine du « sous-homme slave » a vite amené les armées allemandes à pratiquer une politique de déportations de populations civiles (en âge de travailler) vers l'Allemagne, pour servir de main d'œuvre forcée pour le Troisième Reich. Des châtiments cruels pour la moindre infraction, des pillages et réquisitions, amenèrent vite les populations locales à rejeter l'envahisseur. Des villages entiers furent brûlés (Khatyn) avec leur population. Bien des populations locales rejoignirent la résistance anti-nazie et un grand nombre de gens devinrent des soutiens passifs des partisans.

Le , la jeune partisan Macha Brouskina est pendue en public à Minsk en compagnie de 11 autres personnes soupçonnées d'être des partisans ou de les soutenir. Il ne s'est écoulé que cinq mois depuis l'invasion.

L'industrialisation progressive des tueries avec les groupes ad-hoc avec la mise en place de la Solution finale et de l'opération Reinhard, créent un fossé entre la majorité de la population et les occupants. Les exécutions de civils soviétiques (plusieurs milliers), les morts par privations consécutives aux réquisitions, les saisies de chevaux de trait achèvent la séparation mais aussi encouragent les partisans à se renforcer et à entrer en conflit avec les anti-communistes et les nationalistes non-russes.

Effectifs connus de partisans Selon des estimations, en environ 231 détachements opéraient comme unités « semences », formées et insérées en Biélorussie, atteignant 437 à la fin de 1941, comprenant plus de (Le combat de tout un peuple en Bélarus contre les envahisseurs fascistes allemands) Всенародная борьба в Белоруссии против немецко-фашистских захватчиков. Т. 1. С. 84, 112., cité dans (HistB5) Гісторыя Беларусі: У 6 т. Т. 5. Беларусь у 1917—1945. — Мн.: Экаперспектыва, 2006. — 613 с.; іл. , .. Cependant, plus la ligne de front s'éloignait, plus les ressources s'épuisaient et il n'y avait pas de soutien à grande échelle depuis le front jusqu'en . Une des difficultés particulières était le manque de communications radio qui dura jusqu'en . Les unités de partisans manquaient aussi du soutien des populations localesTuronek, .. Pour différentes raisons, les unités de partisans en Biélorussie étaient virtuellement livrées à leurs propres ressources, spécialement difficiles durant l'hiver de 1941-1942, avec de sévères restrictions en munitions, médicaments et fournitures. Les actions des partisans en furent généralement désordonnées.

Vers la victoire : juin 1944 - mai 1945 En été 1944, une ligne de front avec un saillant avait dessiné l'avance des forces de l'Armée rouge à la fin de 1943. Ceci invitait une attaque d'encerclement pour couper et détruire le groupe d'armées du Centre. Pour l'opération Bagration, l'Armée rouge achevait de réaliser un rapport de dix contre un pour les chars de combat et de sept contre un pour les avions sur la Wehrmacht. Plus de de soldats entrèrent en action contre le groupe d'armées Centre qui ne pouvait opposer que . La capitale de la Biélorussie, Minsk, fut prise le , piégeant . La déferlante était en route vers la Pologne et l'Allemagne, objectif à Berlin. thumb|Avances des soviétiques du au 31 décembre 1944

Le mouvement des partisans

Quel rôle ont joué les partisans et comment étaient-ils organisés ?

Après la bataille de Moscou et l'arrêt de l'avance allemande, les partisans commencèrent à être mieux organisés, leur moral étant en hausse. Quelle était cette organisation et comment a-t-elle évolué ?

Développement des partisans soviétiques Ce sont les autorités communistes biélorusses dans les provinces de l'est qui commencèrent à organiser et à faciliter l'organisation d'unités de partisans dans les jours qui suivirent la première directive qui fut émise (directives du et du ).

Selon des estimations, en environ 231 détachements opéraient comme unités "semences", formées et insérées en Biélorussie, atteignant 437 à la fin de 1941, comprenant plus de . Cependant, plus la ligne de front s'éloignait, plus les ressources s'épuisaient et il n'y avait pas de soutien à grande échelle depuis le front jusqu'en . Une des difficultés particulières était le manque de communications radio qui dura jusqu'en . Les unités de partisans manquaient aussi du soutien des populations locales. Pour différentes raisons, les unités de partisans en Biélorussie étaient virtuellement livrées à leurs propres ressources, spécialement difficiles durant l'hiver de 1941-1942, avec de sévères restrictions en munitions, médicaments et fournitures. Les actions des partisans en furent généralement désordonnées.

Les opérations allemandes de pacification en été et automne 1941 furent capables de réduire les activités des partisans de manière significative. Plusieurs unités devinrent clandestines et généralement, de fin 1941 au début 1942, elles n'entreprirent pas d'opérations militaires significatives. Elle se limitèrent en triant les problèmes organisationnels, construisant une logistique et renforçant leur influence sur les populations locales. Bien que les données soient incomplètes, à la fin de 1941, 99 détachements de partisan et environ 100 groupes de partisans étaient connus comme ayant opéré en Bélarus(All-people struggle…) V.1. ; cité dans (HistB5) .. Pendant l'hiver 1941-1942, de partisans et seulement clandestines et groupes opérèrent en Biélorussie(HistB5) .À la fin de 1941, seulement la région de Minsk fut celle où il y avait plus de 50 groupes d'opérationnels, y compris plus de .. Pendant le mois de , les forces de sécurité allemandes des arrières du Groupe d'armées Centre comprenaient 4 divisions de sécurité 1ère Brigade d'infanterie SS, Brigade d'infanterie SS, et 260 compagnies de différentes banches des servicesTuronek, ..

Le tournant du développement du mouvement en Biélorussie, et dans les territoires occupés par les Allemands en général, survint au cours de l'offensive soviétique d'hiver en 1943

1942 : couloir de Vitebsk et Bélarus occidental

Situation