Méailles est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom de ses habitants est Méaillais.
Géographie
Géologie et relief vignette|center|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|400px|Méailles et les communes voisines (cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Méailles est un petit village perché sur une crête qui domine la Vaïre, à d’altitudeMichel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 p. (non-paginé) , dans une zone de moyenne montagne.
Environnement La commune compte de bois et forêts.
Le village est placé sur un roc escarpé qui prend naissance dans le territoire du Fugeret et se prolonge sur la montagne du grand Coyer.
La hauteur de ce roc procure une défense naturelle au village, qui est établi sur une petite plaine, où la culture des arbres fruitiers est possible.
Le village est pittoresque, avec ses ruelles étroites, ses vieilles maisons en pierre, son clocher légendaire et ses châtaigniers.
Hydrographie thumb|center|450px|Pont et cascade du Riou. Cours d'eau sur la commune ou à son avalL'eau dans la communeCalcaires du Crétacé supérieur des hauts bassins du Verdon, Var et des affluents de la Durance : torrent la Vaïre, ravins de l'Ubac, du Pasqueiret, du Maouna.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Voies de communications et transports Voies routières à Annot vers Saint-Michel-Peyresq jusqu'au Fugeret, puis à droite à la sortie du village. depuis Le FugeretVoies routières. vers Saint-Michel-Peyresq.
Transports en commun Transport en Provence-Alpes-Côte d'AzurRéseau des lignes régulières de transports des Alpes-de-Haute-Provence
Lignes SNCF La gare de Méailles est desservie par la ligne de Nice à Digne.
Risques majeurs Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton d'Annot auquel appartient Méailles est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Méailles est également exposée à quatre autres risques naturels : avalanche, feu de forêt, inondation, mouvement de terrain : quelques versants de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort.
La commune de Méailles n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture ; aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.
Sismicité Le seul tremblement de terre fortement ressenti dans la commune est celui du 31 octobre 1997, dont l’épicentre se situait à Prads-Haute-Bléone, avec une intensité macro-sismique ressentie de IV et demi sur l’échelle MSK.
Toponymie Le nom de Méailles (du bas latin "Medullœ", Mazella en 1200, Mazulla en 1300, Mealha en 1351) dérive de l’occitan mistralien "Mealho". ou classique « Mealhas », qui désigne une taxe ou une redevance, notice 27095, p 1494Méailles, son histoire.
Mais, selon un prêtre de 1840, « L’étymologie du nom Méailles viendrait de « moelle » parce que le terrain est très fondé et fertile, ressemblant ainsi à de la moelle".
Communes voisines
Urbanisme Typologie Au , Méailles est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (96 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (46,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (31,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (17,6 %), zones agricoles hétérogènes (4 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=2.1|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Économie
Aperçu général En 2009, la population active s’élevait à , dont huit chômeurs. (cinq fin 2011). Ces travailleurs sont majoritairement salariés (32 sur 45) et travaillent majoritairement hors de la commune (28 actifs sur 45).
Agriculture Fin 2010, le secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche) comptait neuf établissements actifs au sens de l’Insee (exploitants non-professionnels inclus) et un emploi salarié.
Le nombre d’exploitations professionnelles, selon l’enquête Agreste du ministère de l’Agriculture, est de six en 2010. Il était de cinq en 2000, de 17 en 1988 (soit une perte des deux tiers des exploitations en 22 ans). Les activités de ces exploitations sont variées. De 1988 à 2000, la surface agricole utile (SAU) a fortement diminué, de 230 à . La SAU a légèrement augmenté lors de la dernière décennie, à .
Industrie Fin 2010, le secteur secondaire (industrie et construction) comptait quatre établissements, employant sept salariés.
Activités de service Fin 2010, le secteur tertiaire (commerces, services) comptait 11 établissements (sans emploi salarié), auxquels s’ajoutent les deux établissements du secteur administratif (regroupé avec le secteur sanitaire et social et l’enseignement), salariant quatre personnes.
D'après l’Observatoire départemental du tourisme, la fonction touristique est très importante pour la commune, avec plus de cinq touristes accueillis par habitant.. La seule capacité d'hébergement est celle des résidences secondaires : au nombre de 143, elles représentent 68 % des logements.
Histoire Les grottes de la barre de Méailles (notamment le pertuis de Méailles et la grotte du Pertus II) sont fréquentées au néolithique, le territoire de la commune étant toujours occupé lors du chalcolithique, 8-9.. Le nom du peuple installé dans la vallée à l’arrivée des Romains n’est pas certain, mais il peut s’agir des NemeturiiRaymond Boyer et Guy Barruol, carte 12 « Peuples et habitats de l’époque pré-romaine », in et commentaire.. Après la Conquête (achevée en 14 av. J.-C.), Auguste organise les Alpes en provinces. Le territoire de l’actuelle commune de Méailles dépend de la province des Alpes-Maritimes et est rattaché à la civitas de Glanate (Glandèves). À la fin de l’Antiquité, le diocèse de Glandèves reprend les limites de cette civitas..
La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au (Maldagas)., puis Mezallia au . Bien que l’ordre du Temple ait eu quelques droits sur le village, et donc des revenus, les Templiers n’y eurent aucun établissement, 28 et 121.. Les Pontevès et les Glandevès se partageaient la seigneurie du lieu au ; du au , ce sont les Villeneuve qui ont la seigneuri. Jusqu’en 1245, la communauté de Méailles relevait de la baillie d’Outre-Siagne, circonscription administrative du comté de Provence. Celle-ci est ensuite démembrée en plusieurs circonscriptions plus petites, et après une période de stabilisation, on sait qu’en 1264 Méailles faisait partie de la viguerie de Puget-Théniers. Elle est ensuite rattachée à la viguerie d’Annot à sa création au .
Le bois des forêts de Méailles était coupé et acheminé par flottage sur le Var pour être utilisé dans la construction de navires à l’arsenal de Toulon, à partir de la seconde moitié du . Cette pratique a perduré jusqu’au début du et l’arrivée du chemin de fer, avec d’autres usages pour le bois, dont la construction du port de Nice à partir de 1749Luc Thévenon, « Le flottage des bois sur le Var et ses problèmes », La forêt et le bois en Provence, Actes des 11es journées d’étude de l’espace provençal, Mouans-Sartoux, 13-14 mai 2000, Mouans-Sartoux, Centre régional de documentation occitane, , 67..
Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792..
La Révolution et l’Empire apportent nombre d’améliorations, dont une imposition foncière égale pour tous, et proportionnelle à la valeur des biens de chacun. Afin de la mettre en place sur des bases précises, la levée d’un cadastre est décidée. La loi de finances du précise ses modalités, mais sa réalisation est longue à mettre en œuvre, les fonctionnaires du cadastre traitant les communes par groupes géographiques successifs. Ce n’est qu’en 1830 que le cadastre dit napoléonien de Méailles est achevéAlexeï Laurent, « Paysages ruraux de la première moitié du dans le sud-est des Basses-Alpes », in Jean-Christophe Labadie (directeur éditorial), La matière et le bâti en Haute-Provence, -, actes de la première Journée d'études d'histoire de la Haute-Provence, Digne, 13 octobre 2012. Digne-les-Bains : Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013 , 10..
Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression s’abat sur ceux qui se sont levés pour défendre la République, dont un habitant de MéaillesHenri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, 72..