Saint-Pons est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom de ses habitants est Saint-Ponais, en valéian : lous Sant Pounencs,. Géographie thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Saint-Pons et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende). Le village est situé à une altitude de 1157 mètres, le village de Saint-Pons est dans la vallée de l'Ubaye, à 2 km au nord-ouest de la ville de Barcelonnette.
Géologie
Lors des deux dernières grandes glaciations, la glaciation de Riss et la glaciation de Würm, la vallée est envahie par le glacier de l’Ubaye ; le vallon du Riou Bourdoux était occupé par un glacier, très large dans sa partie sommitale. Les sommets des crêtes n’ont jamais été recouverts.
Le nord de la commune est formé des sommets du massif du Parpaillon, formée de flysch (schistes calcaires et grès fracturés) à helminthoïdes au-dessus de d’altitude. Cette couche surmonte une épaisse couche de marnes noires callovo-oxfordiennes, qui a été remaniée par les glaciers würmiens, et recouvertes de moraines à leur sommet..
D'importantes lentilles de sidérite contenues dans les marnes callovo-oxfordiennes contiennent une minéralisation sulfurée. Vers la fin des années 1980, de fabuleuses découvertes de rares sulfosels de plomb et de cuivre ont été faites (chalcostibite, zinkenite et dadsonite notamment)..
Relief
Le relief de la commune de Saint-Pons est simple : elle occupe le versant exposé au sud de la vallée de l’Ubaye, ses sommets appartenant au massif du Parpaillon. La crête principale est orientée Est-Ouest. Trois crêtes s’en détachent perpendiculairement vers le sud : celle la plus à l’ouest comporte les sommets des Plastres ( d’altitude), le Rocher des Cailles ( d’altitude) et le col de l’Aupillon à . Elle forme une partie de la limite avec la commune des Thuiles. À l’Est, se trouvent la crête de Bernarde, et la crête de la Rasinière, prolongée par la crête de Soleil-Bœuf. Soleil-Bœuf culmine à , et se termine par le Rocher-Blanc, toute cette crête formant limite avec la commune voisine de Faucon-de-Barcelonnette.
La crête nord comprend, d’ouest en est, la Tête de l'Aupet ( d’altitude), le col des Orres (col piéton à d’altitude, vers Les Orres), les Petite et Grande Épervière ( d’altitude et point culminant de la commune), le col de la Pare () et enfin la Tête de Rasinière.
Au pied de cette grande crête se trouve un cirque, qui forme le bassin collecteur du Riou Bourdoux, les crêtes orientées Nord-Sud formant des vallons secondaires. Au pied des pentes, se trouvent des cônes de déjection des torrents, plus ou moins importants et plus ou moins stabilisés.
Hydrographie : les torrents et le « monstre » Riou Bourdoux
Le territoire de Saint-Pons est bordé en limite sud par le torrent Ubaye (et se trouve en rive droite de cette rivière). Plusieurs torrents dévalent la montagne et sont affluents de l’Ubaye : le torrent de la Valette, limitrophe de la commune Barcelonnette à l’Est, torrent de Saint-Pons qui traverse le village, le Riou Bourdoux (torrent boueux, en provençal), et le ravin de la Bérarde, qui forme la limite entre Saint-Pons et Les Thuiles à l’Ouest. Ces torrents laissent d’importants cônes de déjection.
Le principal de ces torrents est le Riou Bourdoux, formé de la réunion des Rious des Primas, de Césier, de la Pare, et d’autres moins importants. Ses principaux affluents sont le Riou Chamous, le ravin des Aiguettes et le ravin de l’Église. Son bassin versant, d’une superficie de , occupe la majeure partie du territoire de la commune. Il était autrefois redouté pour ses crues subites et dangereuses, ses eaux se chargeant alors de fines particules marneuses noires qui « lui donnaient une couleur menaçante » et pouvaient donner lieu à une lave torrentielle particulièrement destructrice. Les travaux des services de Restauration des terrains de montagne depuis près d’un siècle et demi, reboisement et travaux de correction du profil du torrent, ont permis de l’assagir, sans toutefois faire disparaître totalement sa puissance : on le surnomme toujours « le monstre ». Son important cône de déjection est là pour en témoigner : en quatre siècles, il a accumulé de 2 à d’alluvions sur des terres auparavant arables.
Le torrent de la Bérarde est jugé aussi dangereux que le Riou Bourdoux, quoique moins puissant.
Les eaux des sources des Lanciers, situées à environ , sont captées par le canal des Grimaudes pour irriguer les prés des Grimaudes, deux kilomètres et demi plus loin et à d’altitude.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Faucon-de-Barcelonnette à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Environnement
La commune compte de bois et forêts, soit 45 % de sa superficie.. La plus grande partie de cette forêt est une forêt de reboisement plantée au par les services des Eaux et Forêts, dont dans le bassin du Riou Bourdoux.
Risques naturels et technologiques
Inventaire des risques selon l’administration
Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Barcelonnette auquel appartient Saint-Pons est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Saint-Pons est également exposée à quatre autres risques naturels : avalanche, feu de forêt, inondation, mouvement de terrain.
La commune de Saint-Pons est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses par route. La départementale (ancienne route nationale 100) peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses.
Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 1994 pour les risques d’inondation, de mouvement de terrain et de séisme, mais un autre lui a été prescrit en 2006 ; le Dicrim n’existe pas.
Manifestations historiques de ces risques
Les mouvements de terrain sont moins fréquents depuis la réussite du programme de reboisement mené depuis la fin du (restauration des terrains de montagne). Malgré cela, un glissement de terrain massif (c’est le troisième plus important en France) mais lent se produit depuis une trentaine d’années dans le vallon du torrent de la Valette, en dessous du sommet de Soleil Bœuf. Il commence en , au moment de la fonte des neiges sur la zone de contact entre le flysch et les marnes noires de soubassement, au niveau du lieu-dit Rocher-Blanc. L’éclatement de ce rocher de ce Rocher-Blanc et l’éboulement rocheux en résultant forme une accumulation de matériaux lourds au sommet de la pente, qui provoque sur terrains gorgés d’eau un glissement. En 1982, le glissement concerne une surface de . Cette surface double en trois ans, pour atteindre en 1985,. À la fin des années 1980, le glissement de terrain progresse d’environ par an. En 1988, une coulée de boue libère de 40 à de matériaux, qui s’écoule de à d’altitude. Un piège a été construit, des drains installés, stabilisant semble-t-il l’ensemble qui reste sous télésurveillance. Le piège, construit en 1988, a une capacité de , est suffisant pour donner l’alerte et évacuer le lotissement en contrebas.
Outre le glissement de la Valette, la commune est aussi concernée par un vaste glissement de terraindans le secteur de Pra Bellon (dans le bassin versant et en rive gauche du Riou Bourdoux), réactivé depuis les années 1970 mais stabilisé dans les années 1990.
Une des crues célèbres du Riou Bourdoux survient en : il tombe les 13-15 et mm de pluie lors d’orages.
Saint-Pons est dans une zone très sismique, et on y ressent fréquemment des secousses telluriques. Cependant, et contrairement à des communes voisines, au peu de tremblements de terre ont été fortement ressentis dans la commune. Ceux qui ont dépassé une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK sont listés ci-après. Les intensités indiquées sont celles ressenties dans la commune, l’intensité peut être plus forte à l’épicentre : le séisme du , d’une intensité ressentie à Saint-Pons de VI et dont l’épicentre était situé à Saint-Clément-sur-Durance, le séisme du , d’une intensité ressentie de V et dont l’épicentre se trouvait en Italie, le séisme du , avec une intensité ressentie de V et Barcelonnette pour épicentre.
Action de la Restauration des terrains de montagne
Les travaux des services de la RTM concernent plusieurs torrents de la commune : le bassin du torrent de la Valette est ainsi corrigé à la fin du . Mais l’essentiel des travaux de RTM porte sur le plus terrible de tous, le Riou Bourdoux qui était un des torrents les plus destructeurs du département. La loi du donnait des moyens d’action au service des Eaux et Forêts pour reboiser de manière autoritaire les terrains d’altitude. Avant le début des travaux du service de Restauration des terrains de montagne (RTM), les seuls bois du bassin versant se trouvaient à la Planche (très petit) et au Pra Bellon, ne représentant au total que . Le RTM définit dès 1866 un périmètre de réengazonnement de sur les de son bassin versant. Les restrictions de parcours, malgré les indemnités (fixées à 3,68 francs par brebis) soulèvent l’opposition des habitants de la commune, notamment ceux des hameaux d’altitude pour qui l’élevage a toujours eu plus d’importance (les Dalis, les Gendrasses, les Cervières et La Pare, située à ). Mais la crue du détruit de blé dans les bas, et une pétition vient soutenir l’entreprise des ingénieurs de la RTM. Les travaux peuvent commencer à l’automne 1868.