Le billet de pesos colombiens () est un des billets de banque en circulation en Colombie. La dernière version, en circulation depuis le , mesure 140 sur 70 millimètres et a pour couleur principale le vert. Le poète José Asunción Silva y est représenté sur le recto tandis que le verso montre à droite une femme près d'une rangée d'arbres et sur la gauche un piédestal sur lequel est inscrit une partie du poème .
Il possède de nombreuses caractéristiques de sécurité telles qu'un filigrane, de l'encre ultra-violette, une bande holographique et des micro-impressions, qui certifient de son authenticité.
Histoire Jusqu'en 1870, il n'existe pas de banque en Colombie, l'Église et les principaux commerçants dominant alors le marché du crédit. Des monnaies en or, argent, nickel et cuivre circulent mais aucun billet n'est encore émis par le système monétaire encore peu développé de ce pays. La Banque de Bogotá () est la première banque privée à être fondée en 1870 en Colombie. À partir de 1871, en vertu de la loi 35 de 1865, des billets émis jusqu'en 1886 par trente-six banques privées commencent à coexister avec la monnaie métallique et sont rachetables par cette dernière. En 1886, le président de la Colombie, Rafael Núñez, établit le cours forcé du billet de la Banque Nationale () fondée en 1880, mettant fin à l'émission de papier-monnaie par les banques privées sur le long terme. Le décret 260 de 1885 suspend la convertibilité des billets en monnaie métallique. La loi 87 de 1886 prescrit le caractère de monnaie légale de la République au billet de la Banque Nationale qui devient obligatoire pour le paiement des revenus et contributions publiques, tout comme dans les transactions entre particuliers. Par ailleurs, il est dorénavant interdit de stipuler toute autre espèce monétaire dans les contrats.
Après sa création en 1923, la Banque de la République () est instituée comme étant la banque des banques et la seule à pouvoir émettre de la monnaie. Ainsi, entre 1923 et 1931, des coupures de 1, 2, 5, 10, 20, 50, 100 et 500 pesos entrent en circulation. Ces billets sont échangeables en or et en dollars. Après la crise mondiale des années 1930, ils cessent d'être convertibles en or et circulent en tant que moyen légal de paiement jusqu'au milieu des années 1970 où ils sont remplacés par des pièces de monnaie en cuivre et en nickel de valeur équivalente. Ces pièces sont fabriquées jusqu'en 1991 par le Trésor Général de la Nation et non par la Banque de la République. À compter de 1991, cette dernière émet la monnaie métallique, mettant un terme à la dichotomie dans l'émission monétaire en Colombie.
Éléments graphiques Première série (1986-1995) Édité le et mis en circulation pour la première fois le , ce billet de pesos colombiens, qui mesure 140 sur 70 millimètres, représente Rafael Núñez sur le recto. Le verso montre Miguel Antonio Caro ainsi que le drapeau et le nom des différents États des États-Unis de Colombie..
Deuxième série (1995-2016)
La Banque de la République de Colombie fait appel à l'artiste colombien pour le design général du billet de qui doit rendre hommage au poète José Asunción Silva à l'occasion du centenaire de sa mort. La création et la première édition de ce billet sont réalisées par l'imprimerie anglaise Thomas De La Rue. Mesurant 140 sur , il s'agit du quatrième billet avec la valeur la plus élevée en circulation en Colombie après ceux de , de et de pesos. Tout comme les autres billets colombiens en circulation, il rend hommage à une personnalité du pays.
Sur le côté recto de ce papier-monnaie dont les couleurs principales sont le marron, l'ocre et le vert, la figure de José Asunción Silva y est représentée. Par ailleurs, des arbres et des plantes rappellent la fertilité de la savane de Bogota à l'époque où vivait le poète. De plus, les billets de pesos mis en circulation partir du intègrent le chiffre « 5 » en braille pour les personnes aveugles et malvoyantes. Sont également présents d'autres éléments graphiques tels que la valeur du billet en chiffres, le nom de la monnaie (), celui du pays () ainsi que celui de la banque centrale (). Enfin, chaque billet porte les signatures du directeur général et du directeur exécutif de la Banque de la République de Colombie qui sont en poste au moment de son édition.
Au centre du verso du billet figurent, dans un encadré bleu foncé, une rangée d'arbres, une jeune femme et un piédestal lors d'une nuit de pleine lune. Deux plumes d'oie, l'une située à droite et l'autre à gauche du billet, symbolisent l'outil de travail du poète. Le logo de la Banque de la République de Colombie est également présent, en bas à droite du billet. Un fragment du poème est inscrit en micro-impression sur le piédestal.
Troisième série (depuis 2016)
Le billet de mesure sur . Sur le côté recto de ce papier-monnaie, dont la couleur café est prédominante, le portrait du poète José Asunción Silva est représenté à droite. Il y a deux bandes composées d’hexagones, de couleur café, de chaque côté de ce portrait. Celle de droite comprend le texte en majuscules tandis que celle de gauche inclus l'inscription en majuscules . Au centre du billet, on voit également Asunción Silva de dos, tenant un parapluie dans ses mains. Un bourdon imprimé partiellement et une plante du genre Puya sont représentés à gauche du corps d'Asunción Silva . La valeur du billet est placée dans le coin supérieur gauche du billet. Le numéro de série, composé de deux caractères alphabétiques et de huit chiffres, est situé dans le coin inférieur droit du billet et à gauche du corps du poète. Les signatures du directeur général de la Banque de la République de Colombie et du directeur exécutif ainsi que les noms de la banque centrale () et du pays () sont situés en bas à gauche.
Le verso du billet représente les paramos colombiens avec des . On peut également voir en arrière-plan des montagnes et quelques espèces natives des paramos telles que le Condor des Andes et l'Ours à lunettes . Le logo de la Banque de la République de Colombie est situé en haut à droite. La valeur du billet est placée dans le coin supérieur gauche sous l'intitulé et dans le coin inférieur droit sous l'intitulé . Le poème Melancolía de José Asunción Silva est imprimé en micro-texte sur la droite du billet.
Pour les déficients visuels, le nombre 5 est écrit en braille dans la partie inférieure du billet, légèrement vers la gauche. Par ailleurs, des marques tactiles, composées de trois lignes en diagonale et parallèles entre elles, se trouvent sur les bords latéraux du recto du billet.
Caractéristiques de sécurité Première série (1986-1995)
Deuxième série (1995-2016)
Troisième série (depuis 2016) Les billets de de cette troisième série sont protégés de plusieurs façons. Ainsi, ils ont un fil de sécurité, brillant et de couleur fuchsia. Au verso, lorsqu'on bouge le billet, trois fragments de ce fil de sécurité virent au vert. Le texte et la silhouette d'un bourdon sont également visibles par transparence sur ce fil de sécurité. Un filigrane, avec effet tridimensionnel, représente le visage d'Alfonso José Asunción Silva ainsi que le numéro « 5 ». Il existe également plusieurs impressions en relief sur le recto et sur le verso du billet. Grâce à la lumière ultraviolette, la surface du billet apparaît opaque à l'exception, par exemple, du numéro de série au recto qui affiche une fluorescence jaune, de micro-textes et du bourdon qui deviennent vert et orange tandis que des fibrilles jaunes et rouges apparaissent des deux côtés du billet. Il est aussi protégé grâce à un numéro de série, par diverses micro-impressions et par une encre à couleur changeante utilisée sur le recto pour la Puya, cette dernière, de couleur cuivre, devenant verte dans sa partie intérieure lorsque le billet est incliné. Enfin, il est protégé par des effets de transvision. Ainsi, en examinant le billet par transparence, un bourdon et le texte réalisés pour partie au recto et pour partie au verso sont restitués dans leur intégralité. Des lignes fines, de couleurs différentes, forment également plusieurs combinaisons de motifs. Sur le recto, à gauche du portrait du poète, une image latente représentant le texte peut être observée lorsque le billet est presque à l'horizontal.
Production et stockage Entre 1960 et 2010, sur millions de billets produits par la Banque de la République de Colombie, millions sont des billets de pesos colombiens, sachant que ces derniers sont mis en circulation pour la première fois à partir du avec comme date d'édition le .
En 2010, le coût de production d'un billet de pesos colombiens est estimé à . En comparaison, les billets de et de pesos colombiens coûtent respectivement 57 et . Cette différence s'explique par le fait que plus le billet a une valeur élevée, plus des dispositifs de sécurité y sont insérés, engendrant par conséquent des coûts plus importants. Plus de 60 % du coût de production sont pour les caractéristiques de sécurité telles que les filigranes, les fils de sécurité ou les fibrilles et près 20 % sont octroyés aux encres spéciales qui apportent un niveau de sécurité additionnel de par leur résistance à divers agents chimiques, à l'eau et à la chaleur.
+ Production annuelle de billets de colombiens (en millions) 1990 1991 1992 1993 1994 1995 32 62 96,90 120,25 123,95 176 1996 1997 1998 1999 2000 2001 63,30 96,70 196,95 40,40 62,50 141 2002 2003 2004 2005 2006 2007 33 95,40 119,10 17,40 69,90 91,70 2008 2009 2010 2011 2012 2013 115 115,40 98,15 117,00 101,90 165,40 2014 2015 2016 161,30 115,50 96,90
Émission et circulation Depuis 1987, la Banque de la République utilise le système métrique décimal comme modèle d'émission pour sa monnaie. Développé par L.C. Payne et H.M. Morgan en Angleterre, il a été adapté à la Colombie. Son objectif premier est d'anticiper la production de billets afin de maintenir les stocks d'argent nécessaires pour satisfaire à la demande de l'économie et de disposer de réserves de sécurité pour couvrir les éventuelles défaillances de l'offre. Afin d'avoir les plus faibles coûts possibles, cet établissement bancaire doit également projeter les dates où il est nécessaire d'introduire de nouvelles dénominations sur les billets ou de les remplacer par de la monnaie métallique.
La Banque de la République estime, qu'à la fin du mois de , millions de billets de sont en circulation en Colombie, soit environ en coupures de . + Millions de pesos colombiens en billets de en circulation en fin d'année 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Contrefaçon Le président de la Banque de la République de Colombie, José Darío Uribe, lance la campagne (Billets et pièces : valeur et art) en 2010 afin que les citoyens puissent repérer les contrefaçons. Grâce à une série d'ateliers, les caissiers, les commerçants, les chauffeurs du service public et, de façon générale, toutes les personnes pouvant être exposées à la réception de la fausse monnaie sont ainsi formés pour reconnaître les faux-billets. À l'issue de cette formation, ils reçoivent comme certificat une décalcomanie à afficher dans leur boutique et sur leurs caisses enregistreuses afin de faire fuir les éventuels trafiquants de fausse monnaie. Selon José Darío Uribe, . La Banque de la République recommande de reconnaître les faux-billets par la méthode simple de "Toucher, regarder et incliner" ().