Lhygiène du travail (ou « hygiène industrielle » aux États-Unis) est généralement définie comme l'art et la science consacrée à l'anticipation, la reconnaissance, l'évaluation, la communication et le contrôle des facteurs de stress environnementaux dus au lieu de travail et pouvant entraîner des blessures, une maladie, une atteinte physique, ou affectant le bien-être des travailleurs et des membres de la communauté. Ces facteurs de stress sont divisés en diverses catégories : biologique, chimique, physique, ergonomique et psychosocial.
Le BOHS (Société britannique d'Hygiène du Travail) définit que . L'IOHA (International Occupational Hygiene Association). se réfère à l'hygiène du travail comme la discipline de l'anticipation, l’identification, l'évaluation et le contrôle des risques pour la santé dans l'environnement de travail avec l'objectif de protéger la santé et le bien-être des travailleurs et de la communauté dans son ensemble.
Le terme « hygiène du travail » (utilisé dans de nombreux pays européens) est synonyme d'hygiène industrielle (utilisé aux États-Unis, en Amérique latine, et d'autres pays qui ont initialement reçu un soutien technique ou de formation de la part des États-Unis). Le terme hygiène industrielle provient traditionnellement des industries de construction, d'exploitation minière ou de fabrication alors que l'hygiène du travail se réfère à tous les types d'industrie tels que ceux énumérés pour l'hygiène industrielle mais aussi tels que les industries financières et prestataires de services, et se réfère au « travail » et lieu de travail en général.
La profession de l'hygiène du travail utilise une méthode scientifique stricte et rigoureuse et nécessite souvent une expérience professionnelle dans la détermination du danger, des expositions ou des risques potentiels dans les études en milieu de travail et en environnement. Cet aspect de l'hygiène du travail est souvent désigné comme « l'art » de l'hygiène du travail et est utilisé dans un sens similaire à l'« art » de la médecine. En effet, l'hygiène du travail est à la fois un aspect de la médecine préventive, en ce que son objectif est de prévenir la maladie professionnelle, et de la gestion des risques, de l'évaluation des risques et de la sécurité industrielle, en ce sens qu'elle vise également des systèmes, des procédures ou des méthodes à appliquer dans le lieu de travail ou à l'environnement.
Rôle social
Les hygiénistes du travail ont été impliqués historiquement dans le changement de la perception de la société sur la nature et l’étendue des dangers sur le lieu de travail. Beaucoup d'hygiénistes du travail travaillent quotidiennement avec des situations industrielles qui exigent le contrôle ou l'amélioration des situations de travail. Cependant les plus grandes questions sociales affectant toutes les industries se sont passées dans le passé, par exemple depuis 1900, les expositions à l'amiante qui ont affecté les vies de dizaines de milliers de personnes.
Les questions plus récentes affectant la société au sens large sont, par exemple en 1976, la maladie des légionnaires ou légionellose. Plus récemment encore dans les années 1990, le radon et dans les années 2000 les effets des moisissures liées à la qualité de l'air intérieur dans les maisons et au travail. Dans la dernière partie des années 2000, la préoccupation à propos des effets sur la santé des nanoparticules a augmenté.
Beaucoup de ces questions ont exigé la coordination sur un certain nombre d'années d'un nombre important de professionnels du médical et paramédical pour la détection puis la caractérisation du sujet, tant en termes de danger qu'en termes de risque sur les lieux de travail et en fin de compte pour la société. Ceci a impliqué des hygiénistes du travail dans la recherche, le recueil de données et le développement de méthodes de contrôle appropriées et satisfaisantes.
Méthodes d’évaluation des lieux de travail
Bien qu'il y ait beaucoup d'aspects en hygiène du travail, le plus connu et recherché concerne la détermination ou l'évaluation d'expositions potentielles ou réelles aux dangers. Plusieurs méthodes peuvent être appliquées dans l'évaluation de l’exposition à un danger connu ou soupçonné sur lieu de travail ou dans l’environnement. Les hygiénistes du travail ne se fient pas à l'exactitude de l'équipement ou de la méthode utilisée, mais se basent avec certitude et précision sur les limites de l'équipement ou de la méthode utilisée et l'erreur ou la variance donnée en utilisant cet équipement particulier ou cette méthode.
Équipement de mesures Un hygiéniste du travail peut utiliser un ou plusieurs appareils de mesure électroniques disponibles dans le commerce pour mesurer le bruit, la vibration, les radiations ionisantes et non ionisantes, la poussière, les solvants, les gaz, et ainsi de suite. Chaque appareil est souvent spécifiquement conçu pour mesurer un type particulier de polluant. De tels appareils sont souvent soumis à de multiples interférences. Les appareils de mesure doivent être calibrés avant et après utilisation pour assurer l'exactitude des mesures prises et exigent souvent un système pour certifier la précision de l'instrument.
Mesures de poussière La poussière au sens large est considérée pour être la poussière totale dans l’air incluant les fractions inhalable et alvéolaire.
Diverses méthodes de mesure de poussière internationalement reconnues existent. La poussière inhalable est déterminée utilisant l'appareil de l'Institut de Médecine du travail (l'IOM) MRE 113A. La poussière inhalable est considérée pour être la poussière avec un diamètre équivalent aérodynamique (AED) de moins de 100 micromètres qui entre par le nez et ou la bouche..
La poussière alvéolaire est échantillonnée en utilisant comme échantillonneur de poussière un cyclone conçu pour échantillonner une fraction spécifique de poussière à un débit spécifique. La fraction de poussière alvéolaire est la poussière qui entre dans les poumons profonds et est considérée pour avoir un AED de moins de 10 micromètres.
Les poussières totale, inhalable et alvéolaire sont échantillonnées en utilisant une pompe volumétrique à débit constant pendant une période d'échantillonnage spécifique. En connaissant la masse de l'échantillon collecté et le volume d'air échantillonné, une concentration de la fraction échantillonnée peut être donnée en milligrammes (mg) par mètre cube (m3). À partir de tels échantillons, la quantité de poussière inhalable ou alvéolaire peut être déterminée et comparée aux limites d'exposition professionnelles pertinentes.
Par l'utilisation d'échantillonneur inhalable, alvéolaire ou autre (7 trous, 5 trous, et ainsi de suite) ces méthodes de mesure de poussière peuvent aussi être utilisées pour déterminer l'exposition aux métaux dans l’air. Ceci exige le recueil de l'échantillon sur un filtre en ester de méthyl-cellulose (MCE) et une digestion acide des milieux de collection par le laboratoire suivie en mesurant la concentration métallique par spectrophotométrie à absorption (ou émission) atomique. Tant le HSE au Royaume-Uni que NIOSH NMAM ont des méthodes spécifiques pour une large gamme de métaux trouvés dans le traitement industriel (fonte, fonderies, et ainsi de suite).
Une autre méthode existe pour la détermination des poussières d’amiante, de fibres de verre, de fibres minérales synthétiques et de fibres minérales céramiques. C’est la méthode de filtre à membrane (MFM) et cela exige le recueil de la poussière sur un filtre quadrillé pour l'évaluation de l'exposition par le comptage de fibres conformes grâce à un microscope. Les résultats sont quantifiés sur la base du nombre de fibres par millilitre d'air (f/ml). Beaucoup de pays ont une législation stricte sur la méthode appliquée au MFM.
Mesures chimiques Deux types de tubes chimiquement absorbants sont utilisés pour échantillonner une vaste gamme de substances chimiques. Traditionnellement un tube absorbant chimique (tube de verre ou en acier inoxydable d’un diamètre de 2 à ) rempli de silice absorbante très fine (hydrophile) ou de carbone, tel que charbon de bois de coco (lypophile), est utilisé dans une ligne d'échantillonnage où l'air est passé à travers l’absorbant pendant 4 heures (échantillon minimal) à 24 heures (échantillon environnemental). La matière hydrophile absorbe aisément le produit chimique hydrosoluble et la matière lypophile absorbe les matières non hydrosolubles. L’absorbant est alors chimiquement ou physiquement extrait et des mesures faites en utilisant diverses méthodes par chromatographie gazeuse ou spectrométrie de masse. Ces méthodes de tubes absorbants ont l'avantage d'être utilisables pour une vaste gamme de contaminants potentiels. Cependant, ce sont des méthodes relativement chères, consommatrices de temps et qui exigent une importante expertise dans l'échantillonnage et l’analyse chimique. Une plainte fréquente des travailleurs est d'avoir à porter une pompe d'échantillonnage (jusqu'à ) pendant plusieurs jours de travail pour fournir des données adéquates pour la détermination statistique de l'exposition.
Au cours des dernières décennies, des progrès ont été faits en termes de badges passifs. Ces échantillonneurs peuvent maintenant être achetés pour mesurer un produit chimique (par exemple le formaldéhyde) ou une famille chimique (par exemple cétones) ou un large spectre de produits chimiques (par exemple des solvants). Ils sont relativement faciles à installer et à utiliser. Cependant, un coût considérable peut toujours être nécessaire pour l'analyse du badge. Ils pèsent 20 à et les travailleurs ne se plaignent pas de leur présence. Malheureusement les badges n’existent pas pour tous les types d’échantillonnage qui peuvent être exigés et la méthode par tube de charbon ou de silice devrait parfois être appliquée.
À partir de la méthode d'échantillonnage, les résultats sont exprimés en milligrammes par mètre cube (mg/m3) ou en parties par million (ppm) et comparés aux limites d'exposition professionnelles pertinentes.
Activités générales L'hygiéniste du travail peut être impliqué dans l'évaluation et le contrôle des dangers physiques, chimiques, biologiques ou environnementaux sur le lieu de travail ou dans l’environnement qui pourrait causer une blessure ou une maladie. Les dangers physiques peuvent inclure le bruit, les températures extrêmes, l’illumination, les radiations ionisantes ou non ionisantes et l'ergonomie. Les dangers chimiques liés à des matières dangereuses ou à des substances dangereuses sont fréquemment examinés par des hygiénistes du travail. D'autres domaines incluant la qualité de l'air intérieure (IAQ) et la sécurité peuvent aussi recevoir l'attention de l'hygiéniste du travail. Les dangers biologiques peuvent provenir de l'exposition potentielle au travail à la Legionella ou d’une blessure biologique ou des effets liés au travail, comme la dermatite.
Comme partie du processus d'investigation, on peut faire appel à l'hygiéniste du travail pour communiquer efficacement quant à la nature du danger, au risque et aux méthodes appropriées de contrôle. Les contrôles appropriés sont choisis selon la hiérarchie de contrôle : l'élimination, la substitution, l'ingénierie, les méthodes administratives et les équipements de protection individuelle (EPI) pour contrôler le danger ou éliminer le risque. De tels contrôles peuvent impliquer des recommandations aussi simple qu'un EPI approprié tel qu’un simple masque poussière à, de temps en temps, la conception de systèmes de ventilation pour l'extraction de poussières, des lieux de travail ou des systèmes de gestion pour gérer les personnes et les programmes pour préserver la santé et le bien-être de ceux qui entrent dans le lieu de travail.
Éducation
La base de la connaissance technique en hygiène du travail provient d'une formation dans les domaines suivants de science et de management.