Louis-Jacques-Maurice de Bonald, né le à Millau (Aveyron) et mort le à Lyon, est un ecclésiastique français, archevêque de Lyon de 1839 à 1870. C'était l'un des plus fervents défenseurs de l'ultramontanisme contre le vieux gallicanisme français.

Biographie vignette|gauche|Portrait de l'abbé de Bonald par Ingres.

Jeunesse et études Louis-Jacques-Maurice de Bonald était fils de l'écrivain Louis-Gabriel de Bonald (1754-1840), auteur de la Législation primitive, et d'Élisabeth de Guibal de Combescure.

De retour de l'émigration après le 18 fructidor, il est placé dans une pension à Lyon. Ses études terminées, il entre au séminaire Saint-Sulpice où il est remarqué pour son ardente piété. Une fois ordonné prêtre en 1811, il est remarqué par l'archevêque de Besançon Gabriel Cortois de Pressigny, qui le prend comme secrétaire dans une mission difficile et délicate, qui avait pour objet la conclusion du concordat, et l'emmena à Rome avec lui.

Carrière ecclésiastique En 1817, sous la Restauration, il devient grand vicaire et archidiacre de Jean-Baptiste de Latil, évêque de Chartres. En 1823, il est nommé évêque du Puy (évêché nouvellement restauré par ordonnance royale). Il se montra désormais un défenseur zélé des droits de l'Église. Le il est promu archevêque de Lyon, primat des Gaules.

Le choix de Bonald à ce poste important est le fait de Louis-PhilippeSous le Concordat, les pouvoirs politiques français ont un droit de regard à la nomination des évêques., qui n'apprécie pas les opinions légitimistes de l'administrateur apostolique du diocèse, Jean-Gaston de Pins. À sa place, il suggère Bonald. Celui-ci a l'agrément de Rome, car, outre ses opinions politiques, c'est un ultramontain, favorable à l'ecclésiologie romaine, et de plus un fin diplomate, qualité nécessaire pour infléchir le chapitre des chanoines..

Une des premières réformes que mène le nouvel évêque est l'installation d'un orgue dans la primatiale. C'est en effet à son arrivée la seule cathédrale de France qui n'en soit pas dotée. Au-delà d'éventuelles questions de prestige ou de beauté de la liturgie, c'est un geste très politique. En effet, les églises du diocèse de Lyon suivent le rite lyonnais (un des rites de l'Église catholique, différant quelque peu du rite romain, et qui proscrivait entre autres l'usage de l'orgue : .. Les chanoines, dépouillés de leurs importants pouvoirs politiques par la Révolution, gardaient la mainmise sur la liturgie chorale de la cathédrale, et la crispation de leur position sur cet aspect donnait un caractère identitaire au conflit. C'est une des raisons de la nomination de Bonald à ce poste, car Rome voulait limiter les tendances gallicanes dans l'Église de France, dont l'évêque de Lyon est le primat. L'acte capitulaire du montre la prudence et la diplomatie exercées par le prélat, qui propose d'abord de prendre un orgue à l'essai pour une durée provisoire ; les résistances ne portent déjà plus sur la liturgie elle-même que sur la tradition qui se trouve battue en brèche. En parallèle de cette location, l'archevêque insiste auprès du chapitre pour qu'un véritable achat soit effectué. L'ordination de Louis Rossat, nouvel évêque de Gap, en 1841, fournit l'occasion de l'inauguration de l'orgue. Par ailleurs, il s'agit d'un orgue modeste, ne comptant que quinze jeux ; et surtout, il ne pèse pas sur les finances du diocèse car le prélat le commande sur ses propres deniers. Globalement, cette installation fut un succès auprès de l'assemblée, et la construction de plusieurs orgues dans les églises du diocèse fut décidée dans les années qui suivirent.

En 1866, le cardinal de Bonald promulgue un nouveau missel du rite lyonnais, dont l’intitulé précise la conformité du contenu avec les directives papales et qui restera en vigueur jusqu'au concile Vatican II : ..

Le nouvel archevêque de Lyon est créé cardinal au consistoire du , et il reçoit le chapeau des mains du pape le , au titre de la Sainte-Trinité-des-Monts.

Il meurt le à LyonArchives municipales de Lyon, arrondissement, année 1870, acte de décès , cote 2E1191.

Carrière politique Il est élu sénateur du Second Empire du au .

Prises de position En 1844, il condamne le Manuel de droit ecclésiastique, ouvrage de M. Dupin aîné, procureur général à la Cour de cassation, estimant que le livre contient « des doctrines propres à ruiner les véritables libertés de l'Église pour mettre à leur place de honteuses servitudes... ». Pour cette condamnation, Bonald est traduit devant le Conseil d'Etat.. Il est notamment défendu publiquement, et vigoureusement auprès du ministre des cultes par l'archevêque de Toulouse Paul d'Astros, et 51 évêques français adhèrent au mandement de Bonald.

En 1848, c'est l'un des premiers à saluer la révolution de 1848, dont la devise Liberté, Égalité, Fraternité lui paraît favorable aux intérêts de l'Église. Avant 1848, déjà, qui renvoie à une conférence de Muller au Centre régional inter-universitaire d'Histoire religieuse de Lyon en date du 11 avril 1979 et à ., il avait dénoncé la misère ouvrière d'une nouvelle sorte causée par les structures économiques de la grande industrie..

En 1850, il a refusé d'autoriser l'exorcisme d'Antoine Gay, un novice trappiste possédé par un démon de 1837 à 1871, malgré les requêtes de nombreux prêtres..

En 1852, il met en garde son diocèse contre la superstition et condamne la dévotion à Notre-Dame-de-la-Salette, alors que l'évêque de Grenoble venait de reconnaître publiquement l'apparition de 1846.

Succession apostolique Louis-Jacques-Maurice de Bonald a ordonné les évêques suivants. : Évêque Louis Rossat (1841) Évêque Guillaume Douarre, S.M. (1842) Évêque Dominique-Augustin Dufêtre (1843) Évêque Louis-Antoine-Augustin Pavy (1846) Archevêque Jean-Paul-François-Félix-Marie Lyonnet (1852) Évêque Claude-Henri-Augustin Plantier (1855) Archevêque Jean-Baptiste-François-Anne-Thomas Landriot (1856) Évêque Augustin David (1862) Évêque Pierre-Marc Le Breton (1863)

Autres fonctions Il fut élevé le à la distinction de sénateur de l'Empire.

Distinctions ().

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Liste des évêques du Puy-en-Velay Liste des évêques et archevêques de Lyon Liste des cardinaux créés par Grégoire XVI

Liens externes

Bibliographie

Louis Jacques Catégorie:Sénateur du Second Empire Catégorie:Lyon au XIXe siècle Catégorie:Évêque du Puy-en-Velay Catégorie:Archevêque de Lyon Catégorie:Évêque catholique français du XIXe siècle Catégorie:Cardinal français créé au XIXe siècle Catégorie:Cardinal créé par Grégoire XVI Catégorie:Personnalité liée à l'Aveyron Catégorie:Personnalité liée à la Haute-Loire Catégorie:Naissance en Rouergue Catégorie:Doctrine sociale de l'Église catholique Catégorie:Naissance à Millau Catégorie:Naissance en octobre 1787 Catégorie:Décès dans le 5e arrondissement de Lyon Catégorie:Décès en février 1870 Catégorie:Décès à 82 ans Catégorie:Ultramontanisme Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1852