Shirley Ann Jackson née le à Washington dans le district de Columbia aux États-Unis, est une physicienne américaine, spécialisée dans le domaine de la physique des matières condensées et des matériaux opto-électroniques.
En 1973, elle devient la première femme afro-américaine à obtenir un doctorat du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en physique nucléaire. Elle est nommée de l'Institut polytechnique Rensselaer le .
Elle est membre de multiples conseils d'administration d'entreprises importantes ; elle figure parmi les présidents d'institutions universitaires les plus occupés par ces postes annexes. Elle figure aussi parmi les présidents d'institution universitaires les mieux payés par leur employeur. Au cours de sa carrière, Shirley Ann Jackson a aussi présidé la commission de réglementation nucléaire des États-Unis (NRC).
Biographie vignette|gauche|alt=Carte en gris clair Washington formant un rectangle appuyé sur le fleuve en bleu, le quartier en rouge bordeaux.|Le quartier de Petworth, en rouge, où Shirley Ann Jackson a grandi.
Shirley Ann Jackson. est la deuxième enfant d'une fratrie de quatre, née le à Washington, aux États-Unis. Sa mère, Beatrice Cosby Jackson, est assistante sociale et son père, George Hiter Jackson., superviseur aux services postaux américains.. Elle a une grande sœur, Barbara, une petite sœur, Gloria, et un frère, George Lewis, cadet de la fratrie ; tous sont encouragés tôt par leurs parents à se passionner pour la science. et à faire des études.. Encore à l'école, elle participe ainsi à de multiples (concours de science), et s'occupe en observant les mouvements des abeilles et leur comportement. Aidées de leur père, elle et sa sœur construisent également des caisses à savon.
Avec sa sœur Gloria, elle effectue son école primaire à l'école pour Noirs du quartier voisin, l'école de Park View.. Leur inscription à l'école Barnard, réservée aux Blancs, alors majoritaires dans le quartier de Petworth, leur ayant été refusée..
Lorsque la cour suprême des États-Unis rend le jugement intitulé en 1954, amenant à l'interdiction de la ségrégation raciale dans le système éducatif, Jackson passe en et est scolarisée à l'école Barnard, devenue mixte, où elle est rapidement orientée vers les mathématiques par ses professeurs.
Études vignette|alt=Façade de l'école en brique rouge, avec des colonnes et encadrements de fenêtres blancs.|La Roosevelt High School où Shirley Ann Jackson a étudié, 2011.
La compétition entre l'URSS et les États-Unis pour la conquête de l'espace durant les années 1960 amène à la promotion des sciences auprès de la population. Jackson considère qu'elle a bénéficié de ce contexte lors de ses études, lui permettant d'accéder à des écoles « racialement mixtes » et à des contenus éducatifs orientés vers les sciences.
Elle étudie à la MacFarland Junior High School, où elle apprend le latin, puis à la , sous la direction de professeurs la poussant vers des études scientifiques ; elle bénéficie de l'environnement de l'époque qui encourageait les étudiants à suivre des programmes avancés en sciences, elle suit ainsi un en . Major de sa promotion en 1964 et intéressée à la fois par les mathématiques et la physique, elle s'oriente vers des études supérieures dans ces domaines. Poussée par la principale adjointe de son lycée, elle s'inscrit au Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Elle reçoit à la suite de sa sortie du lycée plusieurs bourses de Martin Marietta, de la grande loge de Prince Hall. et de l'église baptiste de l'avenue Vermont. Malgré ces bourses, elle travaille en plus au laboratoire de nutrition et de sciences nutritionnelles du MIT afin de payer le reste de ses frais de scolarité.
Jackson a effectué ses études supérieures au Massachusetts Institute of Technology, et obtenu en 1968 un BSc en physique après avoir réalisé un projet sur les supraconducteurs. Reçue à plusieurs autres universités, Harvard, l'université Brown et l'université de Chicago, elle préfère poursuivre les cours au MIT, soutenue par trois bourses allouées par Martin Marietta de 1972 à 1973, la de 1968 à 1971 et la de 1971 à 1973, ce malgré le traitement discriminatoire de la plupart des élèves et de certains professeurs.
Elle s'implique dans la vie étudiante au travers de son intégration dans la sororité Delta Sigma Theta Le chapitre Iota de ΔΣθ a été fondé le , et couvre le comté du Massachusetts. Cette sororité a été la première à s'intéresser aux afro-américaines et à leur offrir du soutien. Voir le ., et dans des activités extrascolaires, effectuant du bénévolat, des cours de tutorat au Young Men's Christian Association de Roxbury.
Elle devient ainsi en 1973 la première femme afro-américaine à obtenir un Ph.D. du MIT, la deuxième à obtenir un Ph.D. en physique aux États-Unis.La première afro-américaine à avoir obtenu un Ph.D. en physique est Willie Hobbs Moore, née en 1934 et morte en 1994, qui a obtenu son diplôme en 1972 à l'université du Michigan, sur l'étude vibrationnelle des chlorures secondaires. Voir et . La troisième afro-américaine à être diplômée à ce niveau a été Arlene P. Maclin en 1974 en théorie de la matière condensée à l'université Howard de Washington DC. Voir et .. Ce doctorat, effectué sous la direction de James Young, le premier professeur noir ayant obtenu une chaire de physique permanente au MIT, traite de physique théorique des particules..
Désirant se concentrer sur l'étude académique, elle effectue son post-doctorat sur les interactions fortes entre particules subatomiques dans plusieurs laboratoires et centres de recherche réputés. Elle travaille d'abord au Fermilab à Batavia dans l'Illinois de 1973 à 1974, puis elle part pendant un an en Europe au CERN où elle donne des conférences. grâce à une bourse de la Ford Foundation, effectue des cours d'été à Erice en Italie et à l’École d'été de physique théorique à Les Houches en France, puis donne des cours à l'Advanced Study Institute à Anvers en Belgique. avant de revenir aux États-Unis. Là elle passe un an au Fermilab, un an au Centre de l'accélérateur linéaire de Stanford et au Centre pour la physique d'Aspen.. Vers cette époque, elle entreprend aussi de suivre des cours en politique publique.
Carrière AT&T Durant une trentaine d'années à partir de 1970, les laboratoires d'AT&T sont un lieu où les noirs américains devenus physiciens se retrouvent. Renommé pour son environnement propice à la recherche, dynamique, le laboratoire offre à l'époque un cadre attirant particulièrement les scientifiques issus de minorités, de plus en plus nombreux..
C'est dans ce contexte qu'en 1976, Shirley Ann Jackson a été embauchée aux laboratoires AT&T Bell en tant que chercheuse où elle commence par des projets portant sur la physique de la matière condensée, notamment sur les propriétés supraconductrices des céramiques, puis se concentre sur les propriétés des semi-conducteurs et sur le mouvement des électrons à la surface de l'hélium liquide. Elle est ensuite mutée en 1978 à la section Laboratoire de diffusion et de physique des énergies faibles.. Elle y mène des recherches en physique théorique, en physique du solide, en physique quantique et en optique sur les gaz, les films et les semi-conducteurs.
Durant sa carrière à At&T, elle s'engage dans diverses institutions et entreprises, en faisant partie de plusieurs conseils d'administration, notamment : celui d'une banque du New Jersey, celui d'entreprises du secteur de l'électricité et du secteur pétrolier. Elle a aussi siégé à la MIT Corporation. Jackson participe par ailleurs à la création de la commission des sciences et technologies du New Jersey et y est nommée en 1985 par Thomas Kean, gouverneur de l'époque. Son mandat est ensuite prolongé de cinq ans en 1989 par le gouverneur Kean..
Tout en continuant de travailler pour les laboratoires d'AT&T, elle participe à un comité consultatif pour le secrétaire à l'Énergie des États-Unis, à divers conseils pour l'Académie nationale des sciences et fait partie de l'Advisory Council de l'Institute of Nuclear Power Operations, entre autres engagements extra-professionnels. Elle a ainsi siégé au conseil d'administration de la Société américaine de physique et de l'American Institute of Physics, du MIT à partir du milieu des années 1970., de l'université Rutgers et de l'université Lincoln en Pennsylvanie à partir de 1980, en particulier à la Fondation Barnes, dépendante de cette dernière université, fondation à laquelle appartient un musée d'art africain.. Elle est membre de la direction de l'université Lincoln jusqu'en 1992.
Université Rutgers Jackson fait partie dès 1986 du de l'université Rutgers avant de devenir membre du conseil d'administration en 1990, participant à la planification et la politique d'éducation de l'institution.
Shirley Ann Jackson quitte partiellement AT&T en 1991 pour devenir professeur de physique théorique à l'université Rutgers, jusqu'en 1995, tout en restant consultante pour les laboratoires d'AT&T Bell, dans le domaine des semi-conducteurs. Jackson fait partie du département de physique et d'astronomie et donne des cours sur les propriétés électroniques et optiques des systèmes à deux dimensions et chapeaute les étudiants travaillant pour leur PhD.
Institutions publiques Jackson est nommée par le président William Clinton à la présidence de la commission de réglementation nucléaire des États-Unis (NRC) à partir de ., après deux mois en tant que commissionnaire. Disposant d'un budget de 500 millions de dollars, elle est alors responsable de la protection des civils face aux dangers nucléaires, de l'entretien et de la rénovation du parc nucléaire alors vieillissant aux États-Unis, et du stockage des déchets nucléaires. Ses débuts au NRC sont mouvementés : les opposants au nucléaires montent au créneau alors qu'elle est tout juste nommée. En réponse aux critiques, elle a décidé la fermeture de multiples installations qui avaient continué à opérer en violation des codes sanitaires.
À la tête du NRC, Shirley Ann Jackson a aussi lancé une grande refonte de l'institution pour la rendre plus efficace et changer les méthodes d'estimation des risques, pour les rendre plus rigoureuses. Son passage dans la commission a rencontré une critique globalement positive..
Durant son mandat, elle a aussi participé à la fondation de l'International Nuclear Regulators Association dont elle a été la première présidente en 1997.
Rensselaer Polytechnic Institute
thumb|Façade nord-ouest de l'Experimental Media and Performing Arts Center (EMPAC), commandité par Jackson à l'aide de fonds collectés auprès d'alumni et d'entreprises.
Sollicitée en par le conseil d'administration de l'institut, Shirley Ann Jackson est nommée le directrice de l'université privée . Son élection à la présidence de cette institution est une première : jusque-là aucune femme noire n'avait dirigé une institution scientifique de recherche..
Elle fait partie des présidents d'universités privées les mieux payés des États-Unis, ainsi, une enquête sur les salaires et compensations des présidents d'université privées portant sur 2006-2007 lui prête un salaire de de dollars, ce qui était assez mal vu en période de crise, aussi Jackson s'est engagée à reverser 5 % de son salaire en 2009 pour le financement des bourses universitaires, d'autant plus qu'il lui est alors reproché de passer un temps non négligeable hors de l'université du fait de ses obligations dans divers conseils d'administration.. Elle est payée de dollars en 2010.Le salaire de 2010 est composé d'une base de auquel s'ajoute un bonus de au titre de sa performance, pour compensations diverses, pour des compensations différées et en avantages non imposables. Voir . ses gratifications passant de en 2009 à en 2010. Ce salaire cependant, comme les années précédente est en grande partie non payé et reporté aux années suivantes..