Le Jura (Prononciation en français de France standardisé retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est un département français nommé d'après le massif du Jura, du gaulois « juris » qui signifie « forêt de montagne ». Frontalier du canton de Vaud en Suisse, il constitue l'un des huit départements que comprend la région Bourgogne-Franche-Comté. Il fait partie de la région historique et culturelle de Franche-Comté, dont il constitue le deuxième département le plus peuplé.. Sa préfecture est Lons-le-Saunier.

Ses habitants sont les Jurassiens. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 39.

Histoire et héraldique Histoire

Le territoire du département actuel du Jura a été habité dès le néolithique, de 4000 à 750 av. J.-C environ, en particulier par les civilisations palafittes des lacs de Chalain et de Clairvaux-les-Lacs« Chalain et Clairvaux (Jura) et les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes » ..

Dans l'Antiquité, à partir du , le territoire est occupé par un peuple gaulois, les Séquanes. Après la conquête de Jules César, la civilisation gallo-romaine se développe dans le Jura essentiellement au nord-ouest de la rivière d'Ain, entre Lons-le-Saunier et Salins-les-Bains (par exemple Grozon et Tourmont) d'une part et dans la plaine agricole de Dole. Le premier plateau apparaît peu occupé : on repère cependant le secteur de Champagnole (Saint-Germain-en-Montagne et Mont Rivel) et le secteur d'Orgelet-Chavéria non loin duquel existe du au un centre de pèlerinage Séquanes important à Villards-d'Héria (près de Moirans-en-Montagne)La civilisation gallo-romaine dans le Jura, Musée d'archéologie du Jura, ..

Les invasions germaniques successives affaiblissent les peuplements gallo-romains et créent une longue période d'instabilité où divers royaumes alamans, burgondes puis francs tentent de s'établir. C'est à cette époque, aux , que le christianisme s'introduit dans le Jura avec saint Romain et saint Lupicin ( du ) et plus tard saint Oyand, mort entre 512 et 514, ou saint Colomban qui participent à l'essor du monachisme dans la région. Naissent alors l'abbaye de Saint-Claude (monastère de Condat fondé par saint Oyand et vivifié par le pèlerinage lié à saint Claude), l'abbaye de Baume-les-Messieurs (à l'origine de Cluny) et au l'abbaye de Château-Chalon.

Après une nouvelle période troublée (expéditions guerrières des Vikings et des Sarrasins), Rodolphe se fait élire à la fin du (en l'an 888) roi de la « Bourgogne jurane », qui sera rattachée à l'empire germanique : c'est la naissance de la Haute Bourgogne qui est érigée en comté héréditaire par Otte-Guillaume de Bourgogne à l'extrême fin du en 995 : le Jura actuel est la partie sud de ce territoire qui deviendra la Franche-Comté (première mention tardive, en 1366).

Le Moyen Âge voit à partir du la création des fiefs des seigneurs jurassiens dominés par les Chalon, branche cadette des ducs de Bourgogne que (1190–1267), surnommé l'Antique ou le Sage, sire de Salins, met au premier plan. On édifie alors de nombreux châteaux forts comme le château de Mirebel ou celui de Nozeroy et, plus au sud, les châteaux de Présilly et d'Oliferne. Ces châteaux seront pour la plupart démolis au cours des guerres des –.

Dans le même temps, aux , de nombreuses fondations religieuses sont établies par les cisterciens, les clunisiens ou les chartreux. De taille diverse, ces établissements monastiques participent à la mise en valeur du territoire jurassien, comme l'abbaye Notre-Dame d'Acey, située dans la vallée de l'Ognon au nord de Dole, l'abbaye de Balerne à proximité de Champagnole, ou la chartreuse de Bonlieu, à côté des anciennes et puissantes abbayes de Baume-les-Messieurs, de Château-Chalon ou de Saint-Claude. Cette dernière se transformera au en conservant ses possessions et ses droits de mainmorte. La Révolution fermera ces monastères le plus souvent peu occupés et seulement source de rentes pour des abbés commendataires : ils seront vendus comme « biens nationaux » et pour une grande part démolis René Locatelli, « Sur les chemins de la perfection : moines et chanoines dans le diocèse de Besançon vers 1060–1220 », 1992 (Lire en ligne)..

Le Jura suit pendant des siècles le destin de la Franche-Comté rattachée à l'Empire germanique puis au duché de Bourgogne de 1318 à 1493 ; la capitale de la province est alors Dole, où s'installent un Parlement (1422) et une université (1423). La province redevient terre d'Empire en 1477, ce qui provoque l'entrée des armées du roi de France Louis XI en 1479. Le traité de Senlis rétablit la paix en 1493 et la province prospère pendant un siècle sous les Habsbourg (maison d'Autriche et d'Espagne) et l'administration de Nicolas Perrenot de Granvelle, puis de son fils, le cardinal Granvelle.

Un siècle plus tard, en 1595, Henri IV déclare la guerre à l'Espagne et envahit la Franche-Comté, puis se retire, mais les tensions demeurent avec le royaume de France et débouchent avec Louis XIII et Richelieu sur la guerre de Dix Ans, qui dévaste la région entre 1634 et 1644. En 1674, Louis XIV entreprend à nouveau la conquête de la province, qui devient définitivement française à la suite du traité de Nimègue en 1678.

Au , l'Église catholique réorganise son administration et crée en 1742 le petit diocèse de Saint-Claude, qui sera redéfini après la Révolution en 1822, pour coïncider avec le département du Jura, créé en 1790. C'est à cette époque révolutionnaire que Rouget de Lisle compose et écrit ce qui deviendra « la Marseillaise » et l'hymne national français.

L'histoire du département du Jura se fond dès lors dans l'histoire de la France, avec par exemple les occupations étrangères en 1815 et en 1871. En 1940, le département est de nouveau occupé par les nazis et partagé par la Ligne de démarcation, imposée par les Allemands. La libération n'interviendra qu'en , par les armées alliées débarquées en Provence, et secondées par des mouvements de Résistance importants.

Des personnalités jurassiennes comme Louis Pasteur dans le domaine scientifique ou Jules Grévy, président de la République naissante de 1879 à 1887, retiennent l'attention au , comme le jurassien d'adoption Edgar Faure, homme politique de la et de la République.

Au , la région Franche-Comté, dont faisait partie le département, fusionne avec la région Bourgogne pour devenir la nouvelle région administrative Bourgogne-Franche-Comté.

Blason

Identité visuelle (logo)

Géographie gauche

Généralités

Le département du Jura fait partie de la région Bourgogne-Franche-Comté. Il est limitrophe des départements du Doubs, de la Haute-Saône, de la Côte-d'Or, de Saône-et-Loire et de l'Ain, ainsi que du canton de Vaud (Suisse).

Climat

Transports

Le département du Jura est desservi par le réseau de bus régional Mobigo assurant des liaisons scolaires et interurbaines. Les plus gros axes sont entre la préfecture, Lons-le-Saunier, Saint-Claude, Dole et Morez.

La gare de Dole-Ville et la gare de Mouchard sont au croisement de la ligne TGV Lyria Paris – Lausanne, permettant de rejoindre Paris en un peu plus de deux heures.

Il y a également trois lignes de chemins de fer : la ligne du Revermont (ligne de Mouchard à Bourg-en-Bresse), avec des liaisons Belfort – Besançon – Lons-le-Saunier – Bourg-en-Bresse – Lyon ; la ligne des Hirondelles (ligne d'Andelot-en-Montagne à La Cluse et ligne de Dijon-Ville à Vallorbe (frontière)), avec des liaisons Bourg-en-Bresse, Oyonnax et Saint-Claude, Morez, Champagnole, Andelot ou Mouchard ou Dole ou Besançon ; la ligne de Dijon-Ville à Vallorbe (frontière) et la ligne de Dole-Ville à Belfort à la gare de Dole-Ville avec des liaisons entre Dijon, Dole, Besançon et Belfort.

Économie

Artisanat L'artisanat est une composante essentielle du département puisque , composent l'artisanat jurassien. Première entreprise du département, l'artisanat emploie plus de mille apprentis chaque année. Le CFA du Jura forme dans les domaines du bâtiment, de la boulangerie, de la pâtisserie, de la boucherie, de la charcuterie, de la coiffure, de la mécanique automobile, de la vente

Tourisme

Le tourisme tient une place importante dans l'économie du département qui gère à travers des régies les domaines de Chalain et de Vouglans organisés autour des activités aquatiques comme la baignade, la voile ou la pêche sur ces deux grands plans d'eau (lac naturel pour le lac de Chalain et lac de retenue pour le lac de Vouglans). Le département compte trois sites inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco : les salines de Salins-les-Bains et les deux sites palafittiques de Clairvaux et Chalain.

Le tourisme vert se développe aussi, comme les gîtes ruraux, dans presque toutes les communes où les sentiers de randonnée se multiplient ainsi que des activités sportives (VTT, spéléologie, équitation).

Le tourisme d'hiver est également important au-dessus de avec le ski de fond (Foncine-le-Haut par exemple) ou le ski de piste dans la station des Rousses.

En 2010, la médiane du revenu fiscal des ménages par unité de consommation du département s'élevait à , cachant des disparités importantes de Montagna-le-Reconduit () à Prémanon ().

Résidences secondaires Selon le recensement général de la population du , 10,8 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires.

Ce tableau indique les principales communes du Jura dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux en 2008. Ces communes se situent dans le secteur sud-est du département, le Haut-Jura, riche en sites touristiques et pistes de ski, non loin de la Suisse :

Commune Population SDC Nombre de logements Résidences secondaires % résidences secondaires Prémanon 860 % Lamoura 543 612 352 % Les Rousses % Septmoncel 673 529 172 % Foncine-le-Haut 648 196 % Longchaumois 749 216 % Bois-d'Amont 269 % Morbier 165 %

Source : Insee, chiffres au .

Agriculture

Vignoble

Le département possède l’un des plus petits vignobles français en surface avec ; il est parmi les plus originaux par la personnalité typique de sa production viticole. Il est réputé pour ses vins blancs dont le cépage Savagnin, qui donne notamment le vin jaune. On trouve également des vins singuliers comme les vins liquoreux que sont le macvin ou le vin de paille.

La Percée du vin jaune est devenue le plus gros évènement du département. La Pressée du vin de paille a lieu depuis 2008. La culture du vin et du terroir y est mêlée à une fête populaire.

Démographie

Les habitants du Jura sont les « Jurassiens ».

Communes les plus peuplées

Réserves naturelles Le département du Jura possède plusieurs réserves naturelles : Deux réserves naturelles nationales (RNN) : la réserve naturelle nationale de l'île du GirardDécret de la réserve naturelle., (RNN61), décrétée en 1982, sur les communes de Molay, Parcey, Gevry et Rahon ; la réserve naturelle nationale de la grotte de GravelleSur le site de l'Inventaire national du patrimoine naturel., (RNN110), décrétée en 1992, sur la commune de Macornay. Quatre réserves naturelles régionales (RNR) : la réserve naturelle régionale de la seigne des Barbouillons (RNR52) décrétée en 1987, sur la commune de MignovillardFiche, sur le site des Réserves naturelles. ; la réserve naturelle régionale de la côte de Mancy (RNR117) décrétée en 2010, sur les communes de Lons-le-Saunier et MacornaySur le site de l'Inventaire national du patrimoine naturel. ; la réserve naturelle régionale des grottes de la côte de la Baume (RNR318) décrétée en 2017, sur la commune de Poligny ; la réserve naturelle régionale des tourbières du bief du Nanchez (RNR332) décrétée en 2021, sur les communes de Nanchez et Grande-Rivière Château.

Culture