Les escorteurs de la classe Le Normand (ou du type E52A) constituent un type de bâtiments de combat destinés à la protection ASM des convois, construits pour la Marine nationale française entre 1953 et 1959. D'abord dénommés escorteurs de 2 classe, ils reçurent en 1954 l'appellation définitive descorteurs rapides. Leur indicatif visuel commençait par le lettre F Suivi de 3 chiffres de F765 à F778
Le qualificatif de rapide correspond au concept d'escorteur océanique développé au début des années 1950 dans la Royal Navy (bientôt suivie dans cette voie par l'US Navy), en réponse à la menace d'alors des sous-marins modernes de la flotte de guerre soviétiqueVoir section "Histoire".
Principalement configurée pour la lutte anti-sous-marine, et composée de onze unitésRépartis en trois sous-groupes., la classe E52A fait suite à la classe des quatre E50. Cette deuxième série du type escorteur rapide en était une amélioration, et sera suivie par une troisième et ultime série de trois unités, le type E52B.
Histoire vignette|gauche|Le Gascon (F767) accueille des visiteurs.à Bordeaux en 1965 Après la Seconde Guerre mondiale, la marine française est réduite à de vieilles unités ayant survécu aux combats et au sabordage de Toulon, à l'apport d'unités légères provenant de l’US Navy et de la Royal Navy et aussi de bâtiments allemands et italiens, récupérés au titre des dommages de guerre.
L'expérience de la dernière guerre a démontré l'utilité de navires d'escorte pour la protection des convois océaniques et des grands bâtiments.
Dès 1943, apparaît donc un nouveau type d'escorteur comme les frégates britanniques de classe River, les corvettes de classe Flower dont les Forces navales françaises libres (FNFL) seront dotées, et les destroyers d'escorte américains de classe Cannon.
En 1949, la France et d'autres pays occidentaux entrant dans la guerre froide pensent à la construction d'escorteurs rapides pour des groupes aéronavals qui serviront dans le cadre de l'OTAN. La marine française se voit confier la mission prioritaire de la lutte anti-sous-marine. Ses futures constructions seront les 18 escorteurs d'escadre, les 9 avisos escorteurs destinés à l'outre-mer, les 18 escorteurs rapides de lutte anti-sous-marine et les 14 escorteurs côtiers.
Au sujet de la dénomination de « rapide », ce qualificatif visait plus exactement à marquer leur différence avec les escorteurs « tout court » de l'époque de la Seconde Guerre mondiale, destinés à l'escorte des convois marchands, convois dont la vitesse moyenne était modeste (environ 10 nœuds) et qui ne nécessitait de leurs escorteurs qu'une vitesse maximale de l'ordre de 18 nœuds.Le gain de vitesse (d'environ dix nœuds) par rapport aux escorteurs de convois, correspondait aux performances du même ordre, obtenues par les frégates rapides de la Royal Navy ou par les destroyers d'escorte de l'US Navy, résultant soit de la transformation d'anciens destroyersPar remplacement d'une partie de leur artillerie par des armes sous-marines, soit de bâtiments neufs spécifiquement construits pour la lutte contre les sous-marins rapides, tels que déployés à la fin de la guerre.
Ces bâtiments étaient commandés par un capitaine de corvette, tandis que le bâtiment chef de division l'était par un capitaine de frégate. Une bande noire peinte sur la cheminée identifiait le bâtiment chef de division. Formation organique, une division d'escorteurs rapides (DER) était composée de 3 à 6 unités du même type.
Caractéristiques L'escorteur rapide de type E 52 (E52A et E52B) est un bâtiment de . Ses deux turbines à vapeur de lui permettent une vitesse maximale de () à PMP (puissance maximale pratique). Son rayon d'action est proche de () à (). La répartition de l'armement diffère légèrement de celle des E50. Les E52A n'ont pas été équipés de grenadeurs de sillage comme les E50.
Les quatre plateformes triples de tubes lance-torpilles sont installées sur les passavants bâbord et tribord sur l'arrière de la cheminée. La drome se composait d'une baleinière de , un canot pneumatique de six places (+ 1 à partir de 1972).
Les avaient des passerelles différentes. Les set premiers, du F765 (Le Normand) au F771 (Le Savoyard) avaient un bloc passerelle de forme cubique et une passerelle supérieure découverte. Les deux suivants, le F772 (le Breton) et le F773 (le Basque) avaient un bloc passerelle profilé et une passerelle supérieure fermée. Le F774 (l'Agenais) et le F775 (le Béarnais) avaient aussi une passerelle profilée et fermée mais élargie Ces passerelles couvertes offraient une meilleure protection des intempéries pour le personnel de quart mais aussi en cas d'attaque NBC. Les passerelles des trois E52B étaient, elles, identiques à celles des deux derniers E52A.
La cheminée des était de forme classique, surmontée par un capot peint en noir en forme de volute. La cheminée des trois E52B (L'Alsacien, Le Provençal et Le Vendéen ) avait une forme dite en aile d'avion du type "Strombos Valensi"''.entièrement peintes en gris coque. Les cheminées des unités chefs de division étaient cerclées d'une bande noire.
Armement Lutte anti-sous-marine : 4 plateformes de 3 tubes lance-torpilles de 550 mm ASM avec, sur les E52A, une valise de rechargement sur l'arrière de chaque plateforme E52A : 1 lance-roquettes sextuple ASM de type Bofors de (avant) E52B : 1 mortier quadruple ASM de l l'arrière, avec capacité de tir contre la terre. Remplace le lance-roquettes
Défense antiaérienne : E52A : 3 pseudo-tourelles doubles de AA (1 affût avant et 2 affûts arrière) E52B : 2 pseudo-tourelles doubles de AA (1 affût avant et 1 affût arrière) 2 canons Oerlikon 20 mm AA (de chaque bord sur le rouf arrière)
Détection électromagnétique 1 radar de veille combiné DRBV-20A puis DRBV-22A 1 radar de navigation DRBN-32 ou DRBV-31 sur les E52B 1 radar de conduite de tir DRBC-31 2 détecteurs de radar ARBA + ARBR-10 2 sonars : un DUBA-1 (attaque) et un DUBV-1 (veille) remplacé par un DUBV-24 à partir de 1969 (sauf sur F771, F772 et F773).
Propulsion Deux chaudières dissymétriques Indret timbrés à 35 kg/cm2 et surchauffe à 385°. Deux groupes de turbines à engrenages - deux hélices à quatre pales fixes Puissance - Vitesse (>29 aux essais) Production électrique : sur les E52A : quatre Diesel alternateurs Renault de ( au total) ; sur les E52B, un des Diesel alternateurs est remplacé par un turbo-alternateur de .
Unités Type E52A variante 1/3 : Indicatif visuelNomChantierLancementService effectifServiceFin de serviceDestinationF765Le NormandForges et Chantiers de la Méditerranée à La Seyne-sur-Mer DER1980coulé comme cible en Méditerranée (US Navy)F766Le PicardAteliers et Chantiers de la Loire à Nantes DER Escadre de la Méditerranée1981coulé comme cible en océan Atlantique (US Navy)F767Le Gascon Ateliers et Chantiers de la Loire DER1980restitué à l’US NavyF768Le LorrainForges et Chantiers de la Méditerranée DER 1978restitué à l’US Navydémolition en EspagneF769Le Bourguignon Chantiers de Penhoët à Saint-NazaireGAASM - DERAfrique du Nord1976 (réserve)F770Le ChampenoisAteliers et Chantiers de la Loire DER Escadre de la Méditerranée1975 (réserve)coulé en Atlantique en 1978 (US Navy)F771Le SavoyardForges et Chantiers de la Méditerranée DER Groupe naval d'essais de missiles1982coulé en Méditerranée (US Navy)Type E52A variante 2/3 :
Indicatif visuelNomChantierLancementService effectifServiceFin de serviceDestinationF772Le BretonArsenal de LorientGAASM de Toulon DER Groupe naval d'essais de missiles1978Brise-lames à Brestcoulé en 1985 en AtlantiqueF773Le BasqueArsenal de LorientGAASM de Toulon Groupe naval d'essais de missiles1980coulé en 1984 comme navire-cibleType E52A variante 3/3 : Indicatif visuelNomChantierLancementService effectifServiceFin de serviceDestinationF774L'AgenaisArsenal de LorientGAASM de Toulon Bâtiment d'expérimentation (Toulon)1985coulé en 1988 en MéditerranéeF775Le BéarnaisArsenal de LorientGAASM de Toulon Océan Indien1980coulé en 1985 en MéditerranéeType E52B''' : Indicatif visuelNomChantierLancementService effectifServiceFin de serviceDestinationF776L'AlsacienArsenal de Lorient DER1982coulé comme cible en Méditerranée en 1986F777Le ProvençalArsenal de LorientGAASM de Toulon DER1981coulé comme cible en Méditerranée en 1992F778Le VendéenForges et Chantiers de la Méditerranée DER Bâtiment d'expérimentation1982Brise-lames à Brest puis coulé comme cible.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des anciens navires de la marine nationale depuis 1945 Liste des escorteurs français Frégate (navire) Escorteur
Bibliographie
Liens externes Escorteur rapide Le Normand sur site natmarine Caractéristiques techniques des escorteurs
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