Léontine Zanta, née à MâconAnnales de l’académie de Mâcon, t. 27, LXXXIII le , et morte le à Neuilly-sur-Seine, est une enseignante, journaliste, romancière et conférencière française. Elle est la première Française à obtenir le doctorat de philosophie en 1914.
Biographie Le père de Léontine Zanta est professeur à Colmar quand éclate la guerre de 1870Émile de Feuquières, « La philosophie compte en Mlle Zonta sa première doctoresse », Le Petit Parisien, 20 mai 1914, 2, avec une photo de Léontine Zanta .. Il se réfugie alors à Mâcon.
Grâce à ses relations au sein de l'Éducation nationale, notamment Gabriel Séailles, le père de Léontine parvient à lui faire suivre des études en philosophie.
Léontine Zanta monte à Paris avec sa sœur et étudie la philosophie à la Sorbonne. Elle devient licenciée ès lettres en 1898Émile de Feuquières, « La philosophie ... ».. Elle enseigne à la Mutualité de Maintenon, institution privée et laïque dispensant aux femmes des cours dans des domaines auxquels l'enseignement public ne leur permet pas d'accéder.
Elle sera à 42 ans, en 1914, la première femme française titulaire d'un doctorat ès lettres-philosophieSamuel Rocheblave, « Mlle Zanta soutient sa thèse de philosophie en Sorbonne », Le Temps, 21 mai 1914, 3, article qui commence par « Quiconque veut suivre l'évolution du temps présent dans le domaine des idées traduites en actes significatifs, n'a qu'à regarder aux spectacles imprévus offerts en ce moment par La Sorbonne » . avec sa thèse sur la renaissance du stoïcisme au XVI siècle. Elle a été précédée en cela par une étudiante roumaine, Alice Steriad, qui devint première femme à décrocher un doctorat de philosophie à l'université française en 1913.. La soutenance de thèse de Léontine Zanta provoque, contrairement à celle d'Alice Steriad, un phénomène médiatique important.
Léontine Zanta a été journaliste à L'Écho de Paris, Simone De Beauvoir: The Making of an Intellectual Woman, Oxford University Press, 2008, 284., au Figaro., au Petit Journal. et appartint, de 1920 à 1942, au jury du prix FeminaLe Figaro, décembre 1937 qui publie une photo où figure Léontine Zanta ..
Née dans une famille profondément catholique, ses conceptions philosophiques sont également inspirées par le spiritualisme de Bergson, philosophe avec lequel elle noue une solide amitié.
Elle a rencontré Pierre Teilhard de Chardin dans le salon de la cousine de celui-ci, Marguerite Teilhard-Chambon. Dans une lettre, elle annonce à Teilhard la parution dans L'Écho de Paris du (en première page.) de son article « Les Équipes sociales féminines »Branche féminine, fondée en 1923 par Myriem Foncin, des Équipes sociales, créées en 1920 par Robert Garric.. Teilhard lui répond de Tien-Tsin le : « Vous avez raison de voir dans celles-ci un triomphe, de fait, pour le Féminisme ! C’est en s’imposant de la sorte que les femmes feront leur place dans la sociétéLettres à Léontine Zanta, 68.. »
Elle participe, en 1929, aux premiers États généraux du féminisme, organisés par le Conseil national des femmes françaisesCNFF, États généraux du féminisme, 14-15-16 février 1929, Paris, Impr. d'ouvriers sourds-muets, 1929, 235..
La vision de Léontine Zanta sur la place des femmes dans la société est conforme à celle du féminisme chrétien catholique. Elle entretient une attitude relativement agressive envers les féminismes non catholiques, estimant que le véritable féminisme est celui qui ne rompt pas avec l'ordre social et est favorable à la famille catholique.
Autrice de deux romans où le personnage principal est incarné par une étudiante en philosophie, elle pose la question de la conciliation entre féminité et philosophie. Elle y répond de manière pessimiste, estimant que le salut peut venir de Dieu seul..
L'avènement du régime de Vichy ne semble pas avoir perturbé sa vision. Elle s'empare en effet dans ces écrits de certains thèmes d'extrême-droite comme la régénération de la culture et recevra même un prix pour son œuvre en 1941. vignette|Léontine Zanta dans Les Annales politiques et littéraires du 31 mai 1914. Elle meurt le .
Publications
Sainte Monique et son fils, la mère chrétienne, Plon, 1941 Sainte-Odile, Flammarion, 1931ouvrage consacré au pèlerinage du Mont Sainte-Odile et en particulier à l'Hortus deliciarum, dont le seul manuscrit avait été détruit dans un incendie, et dont en 1931 quelques feuillets avaient été retrouvés par Alexandre de Laborde . « Le féminisme : ses manifestations variées à travers les faits, les institutions, les tendances, les mouvements d'opinions », Semaines Sociales de France, 19 session - Nancy 1927 : La femme dans la société, Gabalda, 67-86, 1928 La Part du feu, Plon et Nourrit, 1927, prix de littérature spiritualiste 1928 Psychologie du féminisme, préface de Paul Bourget, Plon, 1922Ce texte avait été publié en feuilleton dans La Revue hebdomadaire en 1921 Ouvrage présenté ainsi par Antoine Albalat dans le Journal des débats politiques et littéraires du 30 janvier 1923, 3 : « Féministe modérée et persuasive, Mme Zanta consacre un volume élégamment écrit et très convaincu, à plaider la cause des femmes. Ce qu'elle demande semble assez raisonnable. Elle voudrait que la femme eût sa place au soleil et qu'on prît au sérieux son intelligence, ses aptitudes, son effort et sa bonne volonté. […] Quand on a lu cette belle apologie de l'intelligence des femmes, on s'étonne qu'il n'y ait jamais eu chez elles ni grand sculpteur, ni grand musicien, ni grand peintre, ni grand philosophe, ni grand mathématicien, et que les femmes n'aient jamais rien inventé, pas même la machine à coudre. » . La Science et l'amour. Journal d'une étudiante, Plon, 1921 La Doctrine d'Épictète stoïcien, comme l'homme se peut rendre vertueus, libre, heureus et sans passion, traduitte du grec en françois par André Rivaudeau, 1567 ; réédition : La Traduction française du Manuel d'Épictète d'André de Rivaudeau au , introduction par Léontine Zanta, Paris, E. Champion, 1914 . La Renaissance du stoïcisme au siècle, thèse pour le doctorat ès lettres présentée à la faculté des Lettres de l'Université de Paris, Champion, 1914 ; réédition La Renaissance du stoïcisme au siècle, Slatkine, 1975, prix Marcelin Guérin
Bibliographie Henri Maleprade, Léontine Zanta : vertueuse aventurière du féminisme, Éditions Rive droite, 1997 Pierre Teilhard de Chardin, Lettres à Léontine Zanta, introduction par Robert Garric et Henri de Lubac, Desclée De Brouwer, 1965 Victor Giraud, « Stoïcisme et Christianisme au », Écrivains et Soldats, Hachette, 1921, 5-12lire en ligne. Annabelle Bonnet, Léontine Zanta - Histoire oubliée de la première docteure française en philosophie, préface de Geneviève Fraisse, Paris, L'Harmattan, collection Logiques sociales, 2021.
Distinctions Prix Marcelin Guérin de l'Académie française, 1917La Croix, 17 juillet 1917, p. 8 . Prix Sobrier-Arnould de l'Académie française, 1923Annales de l’académie de Mâcon, t. 23, CXXXIII . Prix de littérature spiritualiste, 1928La Croix, 13 mai 1928, p. 2 . Chevalier de la Légion d'honneur, 1932Le Temps, 8 mars 1932, 6 . Prix Alice-Louis-Barthou de l'Académie française, 1941La Croix, 29 juin 1941, p. 3 .
Notes et références
Liens externes
« Léontine Zanta, philosophe et romancière : notes sur le parcours d’une pionnière » par Annabelle Bonnet in Cahiers d’études italiennes (2021)
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