Le karité (Vitellaria paradoxa, syn. Butyrospermum parkii), communément appelé « arbre à beurre » ou « l'or des femmes », est une espèce de plante à fleurs de la famille des Sapotaceae. Les amandes des noix de cet arbre sont utilisées pour fabriquer le beurre de karité.

Il pousse principalement dans les savanes arborées d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale. L’espèce est classée « vulnérable » (VU) sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Étymologie et appellations Le nom français « karité » vient du wolof du Sénégal kaarite, lui-même emprunté au soninké xarite, qui signifie « beurre de karité », de xare, « karité » et te, « matière grasse ». Les Soninkés en faisaient commerce dans l'ouest du Sénégal, où l'arbre ne pousse pas.

On l'appelle aussi (prononcer « shi yiri »), shisu ou sii (ʃi) en bambara du Mali (d'où son nom anglais, « ») ; kakulugu en gonja ; ta-an en talensi ; tááŋ̀à en dagbani au Ghana ; kade ou kadanya en haoussa (langue tchadique) parlé dans certaines régions des Cameroun, Tchad, Nigeria et Niger. Au Bénin, en biali, on l'appelle tangue. Au Burkina Faso, le nom vernaculaire mooré est taanga. Les Mossis l'appellent taama. Aussi désigné limou en fon au Bénin, Nigéria et au Togo; roï ou oubu roï en Ngambay au Tchad, etc.

L’espèce a longtemps été classée sous le nom Butyrospermum parkii (G. Don) Kotschy, Butyrospermum signifiant « graine de beurre » et l’épithète parkii rendant hommage à l’explorateur et médecin écossais Mungo Park, qui décrivit l’arbre lors de ses voyages au Mali et au Sénégal..

Dans le récit de son Voyage à Tombouctou et à Djenné dans l'intérieur de l’Afrique, René Caillié mentionne également l’arbre sous le terme « cé » (du bambara ) pour nommer cet arbre.

Édouard Heckel et d'autres l'ont autrefois appelé « Bassia parkii ». ; Heckel a démontré qu'on pouvait en tirer de la gutta-percha....

Désignation L'arbre Vitellaria paradoxa est l'unique espèce connue du genre Vitellaria et appartient à la famille des SapotaceaeHenry A, Chithra V, Nair N. 1983. Vitellaria vs. Butyrospermum (Sapotaceae). Taxon 32(2): 282–286.

Il existe deux sous-espèces de karité : Vitellaria paradoxa nilotica (Afrique de l'Est) Vitellaria paradoxa paradoxa (Afrique de l'Ouest).

Description

Arbre Arbre à feuilles caduques, le karité mesure généralement entre 10 et 15 mètres de hauteur. Il commence à fleurir après une quinzaine d’années et la production de fruits, irrégulière, peut se poursuivre pendant plusieurs décennies, parfois plus d’un siècle selon les conditions écologiques. L’arbre peut vivre deux à trois siècles.

Sa cime est large et fortement ramifiée ; chez les arbres isolés, le feuillage forme une couronne dense pendant la saison des pluies.

Son tronc peut atteindre jusqu’à 1,5 à 1,8 m de diamètre. L’écorce, gris à noir, est épaisse et fissurée horizontalement et verticalement. Lorsqu’elle est entaillée, elle exsude un latex présent également dans les feuilles et les rameaux.

Feuilles Les feuilles sont alternes, oblongues, à marge ondulés et luisantes. Elles sont regroupées en bouquets (rosettes) aux extrémités des rameaux et mesurent généralement 10 à 25 cm de long pour 4 à 10 cm de large. Les jeunes feuilles sont rougeâtres et légèrement pubescentes.

Fleurs Les fleurs, blanchâtres à crème, sont odorantes et mellifères. Elles sont regroupées en inflorescences denses à l’extrémité des rameaux et apparaissent généralement pendant la saison sèche (entre novembre et janvier), souvent sur des arbres défeuillés. Elles sont visitées par divers insectes, notamment les abeilles, pour leur pollen et leur nectar ; ces visites participent à la pollinisation de l’espèce et peuvent contribuer à la production locale de miel, parfois désigné comme miel de karitéLe Miel de Karité ou l’apiculture durable comme barrière aux pesticides et à l’exploitation du vivant. Karethic, 2019 : lire en ligne.

Fruit Le fruit, appelé également karité, se présente sous la forme de grappes de fruits ovoïdes de couleur vert sombre à brun mesurant entre quatre et huit centimètres de long et pesant entre 10 et 57 gHonfo, Fernande & H.N., Akissoe & Linnemann, Anita & Mohamed, Soumanou & Boekel, Martinus. (2014). « Nutritional Composition of Shea Products and Chemical Properties of Shea Butter: A Review ». Critical reviews in food science and nutrition. 54. 673-686. 10.1080/10408398.2011.604142. Lire en ligne.

C'est une baie charnue et comestible renfermant une, voire deux amandes dures (comparable à une graine d'avocat i.e. son noyau), d'une teinte blanchâtre, entourée(s) d'une coque mince et de pulpe (55 %). Chaque amande renferme une proportion importante de matière grasse pour environ la moitié de son poids. De son amande blanchâtre est extrait le « beurre » de karité, pouvant contenir jusqu'à 55 % de matière grasse.

La production moyenne est de 20 kg de fruits par arbre.

Les fruits du karité, ovoïdes, sont souvent rassemblés sous forme de grappes, mesurant environ 4 à 8 cm de long et pesant entre 10 et 57 g. Ils sont verts puis jaunâtres à brunâtres à maturité.

Il s’agit d’une baie charnue et comestible renfermant généralement une, voire plus rarement deux amandes dures (comparable à un noyaux d'avocat), de teinte blanchâtre, entourées d’une coque mince et d’une pulpe abondante. Chaque amande renferme une proportion importante de matière grasse, représentant environ la moitié de son poids, à l’origine de l’extraction du beurre de karité.

Un arbre adulte peut produire en moyenne 20 kg de fruits par an.

Répartition vignette|Arbre de karité au parc national de la Pendjari, nord-ouest du Bénin. Le karité pousse dans une vingtaine de pays d'Afrique de l'Ouest (Mali, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Nigeria, Bénin, Togo, Sénégal) ainsi qu'au Cameroun, en République du Congo,Tchad, RDC, au Soudan ou en Ouganda. Son aire de répartition s’étend sur plus de 5 000 km d’ouest en est.

L’espèce est classée « vulnérable » (VU) sur la Liste rouge de l’UICN, en raison notamment de la pression anthropique, de la conversion des terres et des feux de brousse Makerere University Institute of Environment and Natural Resources 1998, Vitellaria paradoxa, su IUCN Red List of Threatened Species, Versione 2018.2, IUCN, 2018..

Culture Le karité pousse majoritairement à l’état naturel dans les savanes arborées, où il est conservé lors du défrichement des parcelles agricoles, formant des systèmes agroforestiers appelés parcs à karité. Ces populations résultent d’une sélection empirique d’arbres présentant des caractéristiques jugées favorables (génotypes) pour les fruits et les noix le long des millénairesAPROMA. 1995. « Étude de la filière karité du Burkina Faso. Rapport principal ». Contrat . Bamako, Mali: Association des produits à marché, Vol. 168, p. + annexes.

La multiplication se fait principalement par semis direct, l’espèce supportant mal la transplantation. Sa croissance est lente: un arbre issu de semis commence généralement à produire après une quinzaine d’années, contre environ cinq ans pour les arbres greffés , permettant une production plus précoce et des caractéristiques mieux maîtrisées.

La pleine production intervient vers 30 ans. Un arbre adulte peut produire environ 15 à 30 kg de fruits par an, soit environ d'amandes sèches qui permettront d'obtenir de beurre de karité. La production maximale (fructification) est généralement observée entre 50 et 100 ans, ce qui constitue une contrainte pour sa domestication.

La récolte des fruits intervient selon les régions entre mai-juin et mi-septembre en plus d'être souvent assurée par les femmes.

Le Nigeria figure parmi les principaux producteurs mondiaux de karité, suivi notamment du Mali (environ 20 millions de pieds de karité en 2017) et du Burkina Faso.

Exportation et industrie thumb|Noix de karité après dépulpage, Burkina Faso. Au tournant du XXIe siècle, la demande européenne et internationale en amandes de karité augmente, avec des répercussions sur les marchés locaux ouest-africains. Des programmes soutenus par des institutions publiques, des agences de développement comme l'USAID et des ONG, favorisent la structuration de la filière, notamment à travers l’appui aux coopératives féminines et l’amélioration des conditions de travail« Guide à l’exportation du beurre de karité », CCIMA, Projet du programme régional ouest africain de l'USAID, par Peter Lovett, Emily Miller, Philip Mensah, Vanessa Adams et Catherine Kannenberg au Centre pour le Commerce en Afrique de l’Ouest (WATH). 2006. Lire en ligneUSAID, WATH, « La chaîne de valeur du beurre de karité », Synthèse d'étude et recommandations pour WATH, Rapport Technique WATH par John Holtzman, novembre 2004« Etat des lieux des actions menées dans la filière karité », op. cit., p. 20.

En 2004, alors que l'Union européenne importe le beurre de karité africain à des fins alimentaires et pour les soins-cosmétiques - et excède en cela le marché américain - , les États-Unis ne l'importent que pour l'utiliser dans les produits de soin corporel et les cosmétiques, bien que son importation soit approuvée par le Food and Drug Administration (l’office américain du contrôle pharmaceutique et alimentaire), à cause de son odeur et de sa couleur jugées moins agréables que les autres huiles végétales dont le pays dispose.

Entre 200 000 et 500 000 tonnes de noix de karité sont exportées chaque année depuis l’Afrique de l’Ouest . Le Burkina Faso figure parmi les principaux exportateurs en 2011.

« Le prix des noix et du beurre de karité est à peu près deux fois plus élevé dans les pays les plus éloignés du marché d’exportation (Ouganda, Soudan, République centrafricaine, Sénégal) que dans les pays plus proches (Ghana, Mali, Burkina Faso) ».

La filière du karité implique des centaines de milliers de villages et influence l’économie locale, la sécurité alimentaire, la santé et l’éducation des communautés rurales.

La récolte, la transformation et la production sont largement assurées par des femmes issues des zones rurales. Leur nombre est estimées à près de seize millions. Cette activité constitue une source importante de revenus et a contribué à l’expression « or des femmes ». Toutefois, certaines analyses soulignent que les segments internationaux de la filière restent majoritairement contrôlés par des acteurs masculins et par un nombre limité d’intermédiaires, ce qui relativise la dimension de « commerce équitable » Fold N, Reenberg A. 1999. « In the shadow of the 'chocolate war': local marketing of shea nut products around Tenkodogo, Burkina Faso ». Geografisk Tidsskrift / Danish Journal of Geography Special Issue 2: 113–123. Elias M, Saussey M. 2013. « ‘The Gift that keeps on giving’: unveiling the paradoxes of fair trade shea butter ». Sociologia Ruralis 53(2): 158–179..

Composition

Fruit de karité vignette|Fruits, sur le mont Mbapit, au Cameroun. La pulpe verte du fruit de karité est riche en vitamine C (196,1 mg/100 g). La consommation de 50 g de pulpe par jour couvrirait 332 % des apports nutritionnels recommandés (RDI) chez les enfants (4-8 ans) et 98 % chez les femmes enceintes.

Son taux d’humidité est en moyenne de 74,2 %. Pour 100 g de pulpe, elle contient environ 22,6 g de glucides, 5,2 g de protéines brutes et 1,3 g de lipides bruts.

Beurre de karité La composition chimique des noix et du beurre de karité varie selon la provenance géographique, notamment en raison des conditions climatiques des régions de production.

Acides gras Le beurre de karité est principalement constitué de cinq acides gras majeurs.