L’Organisation de libération de la Palestine (, Munaẓamaẗ ʾal-ttaḥrīr ʾal-filasṭīniyya, OLP, , PLO) est une organisation palestinienne politique et militaire, créée le à Jérusalem... L'OLP est composée de plusieurs organisations palestiniennes, dont le Fatah, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP). Elle a été dirigée par Yasser Arafat à partir de 1969.

Depuis sa création, l'OLP, qui comporte des institutions politiques, s'est présentée comme un mouvement de résistance armée représentant les Palestiniens. Le , l’Assemblée générale des Nations unies, lui accorde le statut d’observateur. L'OLP est signataire des accords d'Oslo en 1993.

Nom L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) est également connue sous le nom Munazzamat at-Tahrir Filastin ou Munaẓẓamat al-Taḥrīr Filasṭīniyyah.

Histoire Contexte Guerre de 1948-1949 Au début des années 1960, les conséquences de la défaite des Palestiniens en 1949 pèsent sur le projet d'établissement d'une Palestine indépendante : des centaines de milliers de réfugiés (Nakba), l’annexion par Israël d’une partie des territoires prévus par les Nations unies pour l’État palestinien, l’annexion de la Cisjordanie par le roi Hussein de Jordanie. Seule la bande de Gaza, sous contrôle égyptien, garde son autonomie. Le Haut Comité arabe (HCA), qui a dirigé les luttes nationales palestiniennes dans les années 1930 et 1940, est considérablement affaibli.

Rôle des Etats arabes La cause palestinienne est soutenue par certains pays arabes, qui cherchent parfois à l'utiliser à des fins politiques et territoriales.

Le , la République arabe unie (RAU), dirigée par Nasser, met à l’ordre du jour de la session du Conseil de la Ligue arabe, la création d’une « entité palestinienne ». Il s’agit, pour Le Caire, de mettre sur pied des institutions qui représenteraient les Palestiniens et d'éviter la « liquidation » du problème palestinien (les États-Unis relancent à l'époque leur projet d’installation des réfugiés palestiniens dans les pays arabes). Nasser espère aussi profiter du soutien des Palestiniens dans son projet de leadership du monde arabe. Enfin, il cherche à dénier au roi Hussein, qui a annexé en 1950 le territoire palestinien connu sous le nom de Cisjordanie, le droit de représenter les Palestiniens.

En 1959, l’Union nationale palestinienne est créée par la RAU et des élections à un Conseil législatif ont lieu en . La Constitution provisoire de Gaza stipule que l’Union nationale « comprend tous les Palestiniens, où qu’ils se trouvent ». La mise en place de ces institutions consacre la rupture entre le Haut comité arabe et Nasser. Le grand mufti quitte l’Égypte le pour se réfugier au Liban où il reçoit une aide du général Abdel Karim Kassem, qui vient de renverser la monarchie irakienne le .

De son côté, Kassem lance, en , l’idée d’une « République palestinienne immortelle ». Selon lui, les Palestiniens doivent suivre la voie algérienne, celle de leur propre libération, sans attendre une hypothétique unité arabe. Il est le premier chef d’État arabe à proposer la création d’un État palestinien indépendant, à partir de la Cisjordanie et de Gaza, territoires sous contrôle arabe, puis dans toute la Palestine. Le , le journal officiel irakien annonce la mise sur pied d’une Armée de libération de la Palestine, dont les premiers contingents avaient commencé leur entraînement dès .

Création en 1964 L'Organisation de libération de la Palestine est imaginée en 1964, avec à sa tête Ahmed Choukairy, comme un mouvement nationaliste arabe par les membres de la Ligue arabe, en particulier le président égyptien Gamal Abdel Nasser, dans le but de mettre sur pied des institutions qui représenteraient les Palestiniens. Le , le Congrès national palestinien rassemble 350 délégués palestiniens et les représentants de la Ligue arabe.

Guérilla contre l'occupation israélienne après 1967

La débâcle des armées arabes pendant la guerre des Six Jours de 1967 a changé le mouvement en organisation de guérilla palestinienne à l'arrivée de Yasser Arafat qui la dirigea de 1969 à sa mort, le . Sur le plan politique, le Fatah devient la faction palestinienne majoritaire et oriente l'OLP vers un projet nationaliste palestinien, au détriment de l'unité du monde arabe souhaitée au départ par Nasser. L'Armée de libération de la Palestine, aile militaire de l'OLP, est construite en s'inspirant de l'exemple algérien.

Septembre noir (1970)

En septembre 1970, l'OLP subit un revers majeur, déplorant la mort de milliers de Palestiniens, lors de l'assaut des armées jordaniennes contre ses groupes armés, qui déloge les groupes palestiniens de la Jordanie...

L'OLP au Liban

L'OLP s'établit au Liban, où vivent de nombreux réfugiés palestiniens à la fin des années 1960. Elle y construit des institutions sociales, caritatives, militaires et artistiques en exil, mobilisant la population des camps de réfugiés et nouant des liens avec la gauche libanaise comme le Parti communiste libanais (PCL). Elle est aussi rejointe par des volontaires internationaux, en particulier libanais et arabes, mais aussi parfois des militants venus du Bangladesh, du Japon ou d'Amérique latine.. Ses membres sont régulièrement visés par des actions israéliennes. Kamal Nasser, Kamal Adwan et Muhammad Youssef al-Najjar sont tous trois exécutés par le Mossad le dans un immeuble de Beyrouth, tandis qu'Ali Hassan Salameh est assassiné lors de l'explosion d'une voiture piégée le .

L'OLP est admise aux Nations unies en 1974 comme membre observateur et reconnue comme « seul et légitime représentant du peuple palestinien.. » Le de la même année, Yasser Arafat prononce un discours marquant devant l’Assemblée générale des Nations unies au cours duquel il exprime clairement le but de l’OLP : la création en Palestine d'un État démocratique où chrétiens, juifs et musulmans pourront vivre dans la justice, l'égalité et la fraternité. Grâce au soutien des pays du Tiers monde (la plupart des États occidentaux s’abstiennent, tandis qu’Israël et les États-Unis s'y opposent), l'ONU reconnaît le droit du peuple palestinien à la « souveraineté et à l'indépendance nationale ».

De 1979 à 1983, les services secrets israéliens mènent une campagne à large échelle d’attentats à la voiture piégée qui tue des centaines de Palestiniens et Libanais, civils pour la plupart. Le général israélien David Agmon indique qu'il s'agit alors de « créer le chaos parmi les Palestiniens et les Syriens au Liban, sans laisser d’empreinte israélienne, pour leur donner l’impression qu’ils étaient constamment sous attaque et leur instiller un sentiment d’insécurité. » Le chroniqueur militaire israélien Ronen Bergman précise que l'objectif principal était de « pousser l’Organisation de libération de la Palestine à réagir pour fournir à Israël la justification d’une invasion du Liban. » Le , des roquettes palestiniennes tuent trois civils israéliens. Le lendemain, l'aviation israélienne bombarde massivement des bureaux de l’OLP à Beyrouth, tuant entre 200 et 300 personnes, principalement des civils libanais, et en blessant plus de 800.vignette|Cadavres de réfugiés palestiniens s'entassant dans le camp de Chatila, le 20 septembre 1982, quelques jours après le massacre.

L'armée israélienne envahit le Liban du Sud en 1978 pour y déloger les combattants de l'OLP . En , le premier ministre Menahem Begin et son ministre de la défense, Ariel Sharon, lancent une invasion du Liban, cette fois de grande ampleur, en « représailles » aux attaques de l'OLP. Après plusieurs semaines de siège de Beyrouth, un accord conduit à l’évacuation des combattants palestiniens. La guerre fait Libanais et Palestinienshttps://orientxxi.info/magazine/liban-moussa-sadr-la-presence-de-l-absent,2675, y compris de nombreux civils., et quelques centaines de morts dans les rangs de l'armée israélienne. Ce conflit a été marqué notamment par le massacre de Sabra et Chatila commis par les milices chrétiennes alliées à Tel-Aviv lors de l'occupation israélienne de Beyrouth, qui fit entre et .

L'OLP en Tunisie vignette|Photo du bombardement du QG de l'OLP à Hammam Chatt.

En 1982, fuyant Beyrouth encerclé par l'armée israélienne, la direction de l'OLP vient s'établir en Tunisie. Le , le premier ministre israélien Shimon Peres envoie bombarder le siège de l'organisation à Hammam Chatt, au sud de Tunis, à de Tel-Aviv. L'attaque tue et , et fait une centaine de blessés. Toutefois, Yasser Arafat, la principale cible, échappe à la tentative d'assassinat.

Le , à 14 voix contre zéro et grâce à l'abstention des États-Unis, le conseil de sécurité de l'ONU vote une résolution condamnant l'attaque israélienne, demandant le versement de compensations financières pour la Tunisie, pour les dommages subis par la Tunisie et exigeant des États membres des mesures pour éviter la répétition de cette agression.

Évolution du mouvement La fin des années 1980 et l'ouverture de discussions avec Israël marqueront un tournant pour cette organisation. En 1988, l'OLP accepte les résolutions 242 et 338 de l’ONU comme base pour une conférence internationale qui permettrait à la Palestine d'obtenir l'autodétermination : rejet du terrorisme comme moyen d'action et reconnaissance de l'État d'Israël.. L'OLP avait implicitement accepté dès 1973 l'existence de l’État d’Israël et modifiera officiellement en sa charte au profit de la solution à deux États...

Ayant proclamé en 1988 à Alger un « État de Palestine » reconnu par (en )., l'OLP siège à l'ONU en tant qu'observateur permanent, sous le nom de « Palestine », et entretient des relations diplomatiques ou quasi diplomatiques avec de nombreux États. Le , l'Assemblée générale des Nations unies prend acte de la déclaration d'indépendance et reconnaît au peuple palestinien son droit à exercer la souveraineté sur son territoire. Cependant, Israël réagit très négativement à la proclamation de l’État palestinien.

L'OLP négocie les accords d'Oslo, signés en 1993, avec le gouvernement de Yitzhak Rabin. La reconnaissance de la légitimité de l'OLP par Israël est un fait marquant. Naturellement, elle entretient des liens étroits avec l’Autorité palestinienne qui est née des accords d'Oslo. Les accords d’Oslo étaient cependant très asymétriques et ne correspondaient pas aux attentes des Palestiniens, ce qui a affaibli le prestige de l'OLP et favorisé l’essor de nouvelles organisations.. Ces accords ont divisé la Cisjordanie en zone A, B et C, dans le but de créer un État Palestinien, mais la construction par le gouvernement israélien en 2002 d'une barrière de séparation ne respectant pas les accords a enterré, à ce stade, la possibilité de construction d'un État palestinien. D'autre part, les accords n'évoquaient pas le droit au retour des réfugiés palestiniens et le statut de Jérusalem-Est.

Ainsi, de nombreuses voix au sein du mouvement national palestinien s’élèvent contre une OLP jugée trop modérée. Le Hamas, proche des Frères musulmans, est fondé en 1987 dans le sillage de la première intifada. Les autorités israéliennes favorisent dans un premier temps le développement de l'organisation islamiste afin d'affaiblir l'OLP.

Première intifada

Le soulèvement des Palestiniens des territoires occupés contre l'Autorité israélienne, entre 1987 et 1993, provoque des émeutes et des attentats contre les colons et les militaires israéliens ainsi que des conflits entre factions palestiniennes et conduit à une vague de répression dans les territoires palestiniens occupés...

centré|vignette|Pochoir sur un mur de Rome (Italie).

Seconde intifada

La Seconde intifada désigne une période de violences israélo-palestiniennes, entre et 2003 voire 2005, selon les observateurs.. Les événements sont décrits par Israël comme une campagne de terrorisme palestinien, et par les Palestiniens comme une révolte contre l'occupation et la colonisation..

Succession de Yasser Arafat