LÉcole militaire des aspirants de Coëtquidan (EMAC), anciennement de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (E.S.M. 4), est l'une des trois écoles de formation des officiers français de l'Armée de terre.

Elle fait partie de l'Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, implantée dans le camp militaire de même nom situé sur le territoire de la commune de Guer, dans le département du Morbihan, en région Bretagne.

Destinée historiquement à la formation des seuls officiers de réserve du contingent, l'école a évolué consécutivement à la fin de la conscription avec la redéfinition de ses missions en 2001. Étroitement associée jusqu'alors à l'ESM de Saint-Cyr, cette formation est devenue une école autonome. Elle a changé de nom pour devenir l'« École militaire des aspirants de Coëtquidan » (BOA/BOC ).

Cette formation se caractérise par la diversité de ses recrutements, comme celle des profils de carrière. Elle propose essentiellement des stages courts, sous diverses variantes, en fonction des filières d'élèves-officiers concernés, notamment sous contrat, ou ceux destinés à la réserve opérationnelle, des ingénieurs et certains élèves civils ou militaires de grandes écoles. Elle forme environ 1200 stagiaires chaque annéeÉcoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan - Le bataillon de l’ESM sur (consulté le 20 septembre 2019).

Histoire

Le est intimement lié, à son origine, à la création et au développement des officiers de réserve de l'Armée de terre, décidé en 1875 (loi du , sur le cadre juridique des officiers de réserve), marquant les débuts de la réserve militaire contemporaine..

Avec la persistance des conflits et des engagements armés continus de la France, la nécessité des officiers de réserve s'est imposée, à plusieurs titres : entretien du lien entre la nation et son armée, renforts quantitatifs et qualitatifs, desseins de carrière plus riches et plus variés, alternant activités civiles et activités militaires.

L'armée de conscription et le service militaire en France nécessitaient, également, des renforts d'encadrement militaire.

vignette|PC du à Coëtquidan vu du marchfeld Turenne.

vignette|Bâtiments des compagnies du à Coëtquidan.

vignette|Autre vue des bâtiments des compagnies du à Coëtquidan.

thumb|thumbtime=0:23|Baptême de la promotion Barek-Deligny (2011-2012).

Ayant fait preuve d’un excellent comportement lors de la Première Guerre mondiale, ces officiers de réserve furent bien acceptés des officiers d’active et leur instruction se fait ainsi à partir de 1919 dans les deux grandes écoles d'officiers d'active de l'Armée de terre : Saint-Maixent (Deux-Sèvres) et Saint-Cyr (Yvelines) ; intégrés à partir de 1931 dans le bataillon de Saint-Cyr créé à cet effetL'histoire du bataillon in Lettre aux Amisde Saint-Cyr Coëtquidan - Avril 2018, et s. (pour une durée de formation variant au fil du temps entre 24 et )Les Promotions d’Élèves Officiers de Réserve à Saint-Cyr et plaque de marbre des premières promotions E.O.R. Pour parfaire cette intégration, leur encadrement et certains d'entre eux portent le grand uniforme lors des cérémonies communes. et l'un d'eux est incorporé à la garde au drapeau.

La Seconde Guerre mondiale a encore montré leur nécessité, au cours de laquelle 4500 officiers de réserve furent mobilisés ; 35 promotions sortant des deux écoles (soit 1400 EOR). Beaucoup firent le sacrifice de leur vie.

La formation des élèves officiers de réserve (EOR en abrégé) restait donc indispensable ; celles des EOR de l'Armée de terre a continué d'être confiée à plusieurs écoles d'officiers ; en France, toujours celles de Saint-Cyr (jusqu'à l'occupation allemande qui voit sa destruction) et Saint-Maixent (ces deux écoles déménageant en zone libre à Aix-en-Provence jusqu'à leur dissolution par l'occupant) ; puis hors de métropole pendant la guerre, temporairement d'une part dans le Worcestershire au Royaume-Uni avec l'École militaire des cadets jusqu'en 1944, qui en s'organisant reprend la tradition de Saint-CyrPierre Lefranc, L'École militaire des cadets de la France libre, Espoir , juin 2003 Extrait en ligne, d'où se détachent les EOR formés à Camberley (Royaume-Uni), ainsi qu'à Brazzaville (Congo)Inaugurée le en présence du général de Larminat, alors Haut-commissaire de l'Afrique française libre, l'école portait le nom de « camp Colonna d'Ornano » et avait pour devise : . Voir .. et à Damas (Syrie) pour la France Libre ; et surtout l'École militaire de Cherchell, en Algérie française, à partir de (École des élèves aspirants) avec un bref détachement à Médiouna (Maroc).

L'EMAC devient héritière de l'école créée en 1947, qui formait tous les EOR affectés en Afrique du Nord (ceux de la métropole restant d'abord à Saint-Maixent, puis seulement une partie d'entre eux à partir de 1949). Jusqu’à la fin de la guerre, cette école assume sa fonction d'amalgame, selon le vœu du général De Lattre de Tassigny, en réunissant, au profit de différentes armes, à la fois des « maixentais » (élèves-officiers d'active), des « cyrards » et les EOR qui prirent numériquement de plus en plus d'importance, compte tenu des besoins d'engagements en Indochine et en Algérie (400 EOR seront ainsi engagés dans ces deux théâtres d'opération) ; sans compter une filière de sous-officiers (à partir de 1946)Eric Labayle «De la Revanche à la Libération, l'École des Elèves-Aspirants de Cherchell-Médiouna (1942-1945)», Anovi, juin 1996.

En 1958, l'École de Cherchell devient « l'École militaire d'infanterie » (EMI) ; initialement dans cette école, l'École des élèves aspirants reprend le nom de « l'École militaire interarmes » (EMIA en abrégé) et part pour le camp de Coëtquidan (Morbihan) rejoindre les saint-cyriens qui s'y sont déjà établis depuis la Libération. Une promotion d'EOR (« Drapeau de Saint-Cyr ») y est exceptionnellement formée (en ) cette année là (1958)Inauguration de la plaque EOR, rectifiée. Promotion E.O.R. “ Drapeau de Saint-Cyr ” février à août 1958. La première promotion de Saint-Cyr à Coëtquidan (promotion « Victoire ») avait déjà réunis en 1945 des élèves d'origines diverses, y compris des résistants et des combattants issus des EORPromotion Victoire Coëtquidan 1945.

À partir de 1959, l’accroissement du nombre des EOR, désormais tous formés à l'EMI de CherchellÉcole militaire de Cherchell 1942-1962 (site de l'« Association Nationale des Cadres de Cherchell, Officiers de Réserve et Élève »), représentait en permanence un effectif oscillant entre 1100 et . Le groupement d’instruction d'EOR de Cherchell passa ainsi de deux à trois bataillons comportant chacun quatre compagnies, soit un total de douze compagnies et de quarante à quarante-six sections. Le nombre annuel des promotions passa en 1960 à six, la durée de la formation étant de .

L'indépendance de l'Algérie, en marque la fin de la formation des EOR à Cherchell et, subsidiairement, celle des sous-officiers. La formation des EOR (uniquement pour l'infanterie) et l'école elle-même sont transférées à Montpellier.

En 1967, tandis qu'une partie de la formation, en l'espèce l'infanterie mécanisée, continue à Montpellier, à l'école de l'infanterie nouvellement fusionnée, la formation du « peloton EOR » de l'infanterie motorisée se concentre au camp de Coëtquidan, toujours sous l'égide du de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, au moment où les deux autres bataillons saint-cyriens investissent définitivement leurs nouveaux locaux (dans une nouvelle école) ; puis la formation est unifiée dans les années 1970 dans le « bataillon EOR »Témoigne de cette appellation la plaquette de la promotion Capitaine Danjou de 1971 Cf. aperçu des pages intérieures de la plaquette sur commons.wikimedia.org et s'effectue en totalité à Coëtquidan, toujours dans les bâtiments délaissés par les saint-cyriens. À l'époque, la formation au bataillon d'EOR était réduite à quatre mois, en plus soit de la préparation militaire supérieure (PMS) soit du peloton préparatoire (dit PPEOR). Les mieux classés accèdent directement au grade de sous-lieutenant à l'issue de leur formation (en moyenne, du tiers à presque la moitié de la promotion)Après avoir été semble t-il la règle jusqu'en 1939 pour la totalité de la promotion, ensuite seuls les mieux classés sortent sous-lieutenants après cette date, d'abord très peu en proportion au nombre d'aspirants, puis la proportion augmente très nettement, pour cesser brutalement fin 1972 avec la promotion « Asp. Zirnheld » qui n'en compte aucun. Huit promotions plus tard, il y a un sous-lieutenant pour cent-dix aspirants, dans la promotion « Lt Jordy » en 1974 (voir l'illustration ci-dessous représentant une plaque murale listant des promotions d'EOR au PC du Bat.). La majorité des élèves devient aspirant et ils le demeure jusqu'à la fin de leur service militaire. Ceux qui échouent à l'examen de classement sont généralement nommés maréchaux des logis (sergents). La formation accueille des stagiaires de l'ENA. Les EOR participent à la garde d'honneur devant l'hôtel de commandement, cour Rivoli.

En 1982, le bataillon des EOR perd son assimilation au et prend plus simplement le nom de « bataillon EOR de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr », à la suite de l'allongement de la scolarité de l'E.S.M. portée à trois années ; le constituant désormais la première année du cycle saint-cyrien de l'ESMLes promotions du de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (élèves officiers de réserve et élèves-officiers sous contrat) sur le site guer-coetquidan-broceliande.fr (consulté le 20 août 2015).. On institue l'amalgame lors des premiers mois de formation suivis en commun notamment avec les EOA (élèves officiers d'active) saint-cyriens du bataillon, les EOX (élèves polytechniciens), etc..

En 1985, sont créées quatre filières : la filière F1 formant durant 4 ou 5 mois des EOR en écoles d'armes (Montpellier pour l'infanterie, Saumur pour l'ABC, Tours pour le train, par exemple), destinés à servir prioritairement en unités de combat et ayant souscrit un contrat "volontaire service long" (VSL) de seize mois minimum ; la filière F2 / Armes formant durant quatre mois des EOR en écoles d'armes, destinés à servir principalement en unités d'instruction et pouvant aussi servir en unités de combat ; la filière F2 / TTA formant durant quatre mois, au bataillon d'EOR de l'ESM de Saint-Cyr, des élèves officiers recevant une formation toutes armes, destinés à servir ensuite en unités d'instruction ou dans des postes à caractère administratifs ; et la filière F3 formant durant deux mois, en écoles d'armes ou à Coëtquidan, des EOR destinés à occuper ensuite des postes de spécialistes (linguistes, psychologues, informaticiens, par exemple).

En 1991, le "bataillon EOR" est rebaptisé « de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr » (E.S.M.4 en abrégé).

En 1998, les filières sont réorganisées. F1 et F2 deviennent « Voie de commandement » ; la formation des EOR dure deux mois sur place plus l'instruction complémentaire dans leurs affectations. Cinq promotions sont ainsi formées sous un insigne standardisé. Nouveau changement en qui distingue seulement la voie « Encadrement » (EOR-/E) et la voie « Spécialistes » (EOR/S), le stage pour cette dernière durant un mois sur place. Désormais toutes les filières sont rattachées à un cycle annuel avec un seul parrain.

En 2001, la professionnalisation progressive des armées entraîne la disparition des stages d'officiers du contingent (EOR). La même année, les premiers officiers sous contrat (OSC) du reçoivent leur galon spécifique d'élève-officier (surnommé « la crevette ») et sont baptisés avec sabres. La promotion « Campagne de Norvège » réunit ainsi les derniers EOR et les premiers OSC.