Les (, du grec , « huit », et , « pied ») forment un ordre de céphalopodes, dans lequel se situe la pieuvre commune. Ce sont des animaux sentients.
Caractéristiques Les caractères synapomorphiques c'est-à-dire choix des caractères morphologiques, pour définir l'ordre sont difficiles à déterminer.
Les Octopodes sont des animaux sentients.
Classification thumb|Un poulpe (Octopus pallidus) dans les eaux de la péninsule de Mornington, Australie. . Jusqu'à la fin des années 2000, les études paléontologiques ne mettaient pas en doute l'origine monophylétique des OctopodaEngeser & Bandel 1988, Doyle et al. 1994, Haas 2002, Bizikov 2004, Fuchs 2006. Cette certitude s'appuie sur la similitude du support de la nageoire des Cirrina, de la tige interne bifide que l'on retrouve chez certaines espèces d'Incirrina. La différenciation entre les Cirrina et les Incirrina se serait déroulée à la fin du Crétacé à partir d'un groupe disparu appelé Palaeoctopus. Les plus anciens de ces fossiles montrent une nageoire développée mais relativement isolée du gladius. L'histoire évolutive des octopodes est cependant rendue très complexe par le fait que ces animaux à corps mou ne laissent quasiment aucune trace dans le registre fossile (contrairement à leurs cousins nautiles, ammonites et bélemnites, par exemple). Pohlsepia mazonensis (Carbonifère, environ 308 millions d'années, Illinois), encore pourvu de deux longs tentacules en plus de ses huit bras., était perçu comme le plus vieux fossile d'octopode connu mais de nouvelles études infirment cette hypothèse : le fossile serait un nautiloïde décomposé. Ce résultat repousse l'émergence des octopodes à des dates plus récentes de .
Initialement, les deux groupes d'octopodes ont été créés en tenant compte des sortes de cils vibratiles disposés à côté des ventouses sous les bras. Le nom des sous-ordres en témoigne ; les Cirrina (ou Cirrata) disposent d'une paire de cils à chaque ventouse, cirri en latin, tandis que les Incirrina (ou Incirrata) n'en ont pas. En outre, l'« os » interne est plus développé chez les Incirrina.
Des analyses phylogénétiques récentes ont été menées pour déterminer la phylogénie du groupe. La famille des Octopodidae classée depuis le début du dans les Incirrina regroupe en fait un ensemble disparate de genres, pas toujours monophylétiques. Ces études ont montré que les Cirrina étaient proches de certains Eledoninae pourtant classés dans les Octopodidae. En outre, les sous-familles de Graneledoninae et de Megaleledoninae doivent fusionner. Toute la phylogénie des taxons constituant ce groupe doit être revue.
Taxons de rang inférieur Selon : sous-ordre Cirrata famille Cirroctopodidae Collins & Villenueva, 2006 famille Cirroteuthidae Keferstein, 1866 famille Opisthoteuthidae Verrill, 1896 famille Stauroteuthidae Grimpe, 1916 sous-ordre Incirrata super-famille Argonautoidea Cantraine, 1841 famille Alloposidae Verrill, 1881 famille Argonautidae Tryon, 1879 famille Ocythoidae Gray, 1849 famille Tremoctopodidae Tryon, 1879 super-famille Octopodoidea d'Orbigny, 1840 famille Amphitretidae Hoyle, 1886 famille Bathypolypodidae Robson, 1929 famille Eledonidae Rochebrune, 1884 famille Enteroctopodidae Strugnell, Norman, Vecchione, Guzik & Allcock, 2014 famille Megaleledonidae Taki, 1961 famille Octopodidae d'Orbigny, 1839Selon : sous-ordre Cirrina Grimpe, 1916 famille Cirroteuthidae Keferstein, 1866 famille Opisthoteuthidae Verrill, 1896 famille Stauroteuthidae Grimpe, 1916 sous-ordre Incirrina Grimpe, 1916 famille Alloposidae Verrill, 1881 famille Amphitretidae Hoyle, 1886 famille Argonautidae Tryon, 1879 famille Bolitaenidae Chun, 1911 famille Idioctopodidae Taki, 1962 famille Octopodidae D'Orbigny, 1839-1842 in Férussac et D'Orbigny, 1834-1848 famille Ocythoidae Gray, 1849 famille Tremoctopodidae Tryon, 1879 famille Vitreledonellidae Robson, 1932
Registre fossile Les corps mous des calmars et des pieuvres se conservant mal, les archives fossiles sont longtemps restées très lacunaires. Dans de nombreux cas, les seuls vestiges des premiers céphalopodes sont leurs becs chitineux, des structures fragiles qu'il faut extraire avec précaution de la roche environnante.. En 2025, une technique appelée « extraction numérique de fossiles », consistant à « creuser » une roche en la broyant physiquement, en la photographiant par couches ultrafines puis en assemblant ces images en coupe transversale pour constituer des modèles 3D numériques, révèle les fossiles enfouis dans la roche. Appliquée à des roches japonaises datant du Crétacé, il y a plus de 66 millions d'années cette méthode met au jour de calmars appartenant à différentes... La même méthode, appliquée en 2026 à des sédiments du Crétacé supérieur prélevés sur l'île d'Hokkaidō, met au jour une douzaine de mâchoires appartenant à deux espèces de pieuvres, jeletzkyi et N. haggarti. L'une d'elles, mesurant plus de de long, surpasse celle du Calmar géant actuel (Architeuthis dux), dont le corps peut atteindre de long. D'après la taille de ses mâchoires, N. haggarti pouvait mesurer entre , il pourrait s'agir du plus grand invertébré jamais décrit. Dans certains cas, environ 10 % de la longueur totale de la mâchoire est usée, suggèrant que ces animaux broyaient régulièrement des coquilles et des os durs. Les becs sont souvent plus abîmés d'un côté que de l'autre, ce qui pourrait indiquer chez ces céphalopodes comme chez les pieuvres actuelles l'équivalent de la latéralité manuelle des humains (droitiers ou gauchers), peut-être lié à la complexité du cerveau..
Notes et références
Voir aussi
Références taxonomiques
Liens externes La systématique des Octobrachia (Mollusca ; Cephalopoda) : une approche moléculaire Octobrachia - a diphyletic taxon? Dirk Fuchs
Catégorie:Animal utilisant des outils Catégorie:Ordre de mollusques (nom scientifique) Catégorie:Mollusque décrit en 1818
Catégorie:Mollusque marin