Miguel Indurain LarrayaSon prénom se prononce et non pas /migwel/ (« miguèle » et non pas « migouèle »)., né le à Villava, en Navarre (Espagne), est un coureur cycliste espagnol, professionnel de 1984 à 1996. Il est le seul coureur à avoir remporté cinq fois consécutivement le Tour de France, et a également gagné à deux reprises le Tour d'Italie devenant le seul coureur à avoir réalisé le doublé Giro-Tour deux années d'affilée. Numéro un mondial de à , il remporte également un titre olympique et un titre mondial en contre-la-montre. Il a également été détenteur du record de l'heure.

Entré en 1982 comme amateur dans l'équipe Reynolds, Miguel Indurain y commence sa carrière professionnelle en sous la direction de José Miguel Echavarri, et y restera jusqu'à la fin de sa carrière, sous la bannière Banesto à partir de 1991. Il remporte dès les années suivantes plusieurs victoires en Espagne, notamment grâce à ses aptitudes dans les épreuves contre-la-montre. Poursuivant sa progression dans les grands tours, il devient un des principaux équipiers de Pedro Delgado pour le Tour de France.

L'année 1991 marque un tournant dans sa carrière. Deuxième du Tour d'Espagne 1991, il devient coleader de son équipe. Il prend même l'ascendant sur Delgado en remportant en juillet son premier Tour de France, dans lequel il s'impose sans interruption jusqu'en 1995, y ajoutant deux victoires dans le Tour d'Italie en 1992 et 1993.

Seul coureur à avoir remporté le Tour de France cinq années de suite, il est aussi le seul coureur à avoir réalisé le doublé Giro-Tour deux années consécutives. Champion du monde en contre-la-montre et détenteur du record de l'heure, il est numéro un mondial de à .

Il subit un échec dans le Tour de France en 1996, remporté par le Danois Bjarne Riis, et malgré un titre olympique la même année, il met fin à sa carrière professionnelle en .

Jeunesse Origine familiales et formation Miguel Indurain Larraya est le deuxième enfant d'une famille d'agriculteurs de Villava, commune située à deux kilomètres de Pampelune. Son père se prénomme également Miguel, sa mère Isabel.. Il a un frère cadet, Prudencio, coureur cycliste professionnel de 1991 à 1999, et trois sœurs, Isabel, Nekane et Asunción..

Après avoir été scolarisé quatre ans à l'école Lorenzo Goicoa de Villava, les parents de Miguel Indurain l'inscrivent au colegio al Cardenal Larraona de Pampelune où étudient ses cousins. Une fois son terminé, Indurain rejoint lInstituto de Formación Profesional de Potasas où il étudie les machines et outils. Il ambitionne alors d'aider son père à l'entretien des machines agricoles.

Athlétisme et cyclisme Indurain pratique initialement l'athlétisme, spécialement le sprint long. Sur le , il est un moment le meilleur jeune de Navarre de sa catégorie d'âge, il obtient également la troisième place d'un championnat scolaire espagnol sur le . Il commence la pratique de la bicyclette à l'âge de neuf ans, et l'année suivante, se fait offrir un vélo (d'occasion) pour parcourir les qui séparent Villava d'Alzorriz, le village de sa mère.

À onze ans, à la suite du vol de sa bicyclette, son père lui offre un vélo de course. Avec sa nouvelle machine, Indurain remporte ses premiers succès. Il rejoint le en 1976 au sein duquel il remporte de nombreuses victoires sur des courses qui se disputent en Navarre et au Pays basque. En 1981, il se retrouve en catégorie Junior. Pour sa première année dans cette catégorie, il remporte cinq courses. Durant sa jeunesse, Indurain a pour idole Bernard Hinault...

Dans l'équipe amateur Reynolds (1982-1984) Grâce aux victoires qu'il obtient au cours de l'année 1981 et au début de 1982, Miguel Indurain attire les regards de plusieurs équipes cyclistes navarraises.

Il rejoint en cours d'année la section amateur de l'équipe Reynolds, dont le responsable est Eusebio Unzué. Semi-professionnel, il se consacre à plein temps au cyclisme. Après plusieurs mois sans victoire, il remporte le championnat de Navarre puis le championnat d'Espagne amateur où il bat au sprint Jokin Mujika. Cette année-là, il remporte cinq autres victoires individuelles et une par équipe.

En 1984, avant de passer officiellement professionnel, Miguel Indurain fait partie de l'équipe d'Espagne sélectionnée pour les Jeux olympiques. Il participe à la course en ligne, mais ne termine pas l'épreuve.

Carrière professionnelle L'équipe cycliste Reynolds est liée à une entreprise d'aluminium navarraise. Il reste au sein de cette structure, dirigée principalement par José Miguel Echavarri, durant toute sa carrière. En 1989, la banque Banesto devient sponsor secondaire de l'équipe, puis sponsor principal en 1990.

Débuts (1984-1985) Miguel Indurain commence comme stagiaire le avant de devenir professionnel à part entière l'année suivante. De tels débuts en cours de saison sont courants dans le milieu du cyclisme et permettent d'observer l'adaptation du jeune coureur au monde professionnel. Sa première course est le Tour de l'Avenir où il se fait remarquer en décrochant sa première victoire individuelle en remportant la dixième étape, un contre-la-montre individuelIl remporte également le contre-la-montre par équipes.. Cependant, il ne finit pas la course.

L'année suivante, Indurain participe pour la première fois à un grand tour. Il s'agit du Tour d'Espagne. Lors de l'épreuve, il termine deuxième du prologue et grâce au travail de son équipe, il endosse le maillot au terme de la deuxième étape aux dépens du Néerlandais Bert Oosterbosch. Devenant alors le plus jeune coureur à porter le maillot , il le garde quatre jours avant d'en être dépossédé par son compatriote Pedro Delgado. Il termine cette à la . Participant ensuite au Tour de France, il abandonne dès le quatrième jour en raison d'une maladie virale. Lors du Tour de l'Avenir, il remporte deux étapes (un contre-la-montre et une étape en ligne) mais ne termine pas la course. Il termine à la deuxième place de la Ruta del Sol.

Premières victoires dans des courses par étapes (1986-1988) En 1986, Miguel Indurain remporte sa première victoire dans une course à étapes en s'imposant lors du Tour de la Communauté européenne. Il s'impose lors des deux contre-la-montre (le prologue et la dixième étape) et résiste dans la montagne. En outre, il obtient une troisième place dans la Clasica de Cizurkil et remporte la victoire finale dans le Tour de Murcie après avoir remporté le prologue. Terminant du Tour d'Espagne, il abandonne de nouveau lors du Tour de France après une place d'honneur sur la septième étape. Cet abandon est programmé avec son équipe et rentre dans le cadre de la stratégie de progression définie pour Indurain par son encadrement.

Les victoires obtenues durant la saison surprennent l'encadrement de son équipe, qui décide d'étudier les capacités physiques du Navarrais. Pour cela, il se rend à la clinique du médecin italien Francesco Conconi pour des consultations qui durent jusqu'à 1991. Les premiers tests démontrent un potentiel physique illimité lui permettant de remporter un grand tour à condition de perdre du poids et de s'entraîner dur en montagne. À partir de ce moment, Indurain devient le grand espoir de son équipe.

En 1987, Miguel Indurain remporte ses premières victoires hors contre-la-montre. Il gagne ainsi le classement final du Tour des vallées minières, non seulement grâce à sa deuxième place lors du prologue mais aussi grâce à trois victoires lors d'étapes en ligne. Durant la saison, il remporte également le Grand Prix de Navarre ainsi que des étapes sur la Semaine catalane, le Tour de Murcie et le Tour de Galice. Il termine aussi à la deuxième place du GP Llodio et du GP de Bilbao. Après un abandon sur la Vuelta, il finit son premier Tour de France à la , à près de trois heures du vainqueur, l'Irlandais Stephen Roche. En fin de saison, il participe à son premier championnat du monde sur route. Il termine l'épreuve, remportée par Roche, à la .

En 1988, Indurain est victime d'allergies qui l'empêchent de se mettre en évidence dans les principales épreuves de la saison. En l'absence de Pedro Delgado, de retour cette saison-là dans l'équipe Reynolds, qui a préféré participer au Giro, il s'aligne sur la Vuelta pour aider son partenaire Julián Gorospe, leader de l'équipe Reynolds pour cette épreuve. Il abandonne pour la deuxième fois consécutive dans son tour national. Lors du Tour de France, il est un équipier précieux pour Delgado qui remporte la Grande Boucle cette année-là. Indurain gagne en fin de saison le Tour de Catalogne après avoir remporté le contre-la-montre. Il s'impose également sur une étape du Tour de Cantabrie et une du Tour de Galice. À ce moment-là de sa carrière, il est considéré comme un éternel espoir, n'ayant aucune chance de remporter un grand tour en raison de performances irrégulières en montagne.

La confirmation (1989-1990) En 1989, Indurain remporte au début du mois de mars Paris-Nice grâce notamment à quatre deuxièmes places dans le prologue, deux étapes en ligne et le contre-la-montre final qui se termine au col d'Èze. Il devance au classement final Stephen Roche et Marc Madiot pour devenir le premier Espagnol à s'imposer dans la course au soleil. À la fin du mois, il s'impose lors du Critérium international en remportant en prime le contre-la-montre. Il enchaîne par deux tops 10 lors des classiques ardennaises. Tout d'abord septième de la Flèche wallonne, il est quatre jours plus tard dixième de Liège-Bastogne-Liège.

Son doublé Paris-Nice/Critérium international lui permet d'aborder le Tour d'Espagne comme un leader de l'équipe Reynolds. En effet, le leader théorique Pedro Delgado dont l'objectif principal est le Tour de France n'a gagné aucune course depuis le début de l'année. Delgado remporte finalement cette Vuelta. Indurain ne se distingue pas particulièrement dans les premières étapes et figure au départ de l'étape reine de montagne qui se termine aux Lacs de Covadonga à la neuvième place du classement général à trois minutes de Delgado. Lors de celle-ci, il chute dans une descente qui lui occasionne une double fracture à la main gauche. Il ne repart pas le lendemain.

Lors de la Grande Boucle, il est là pour épauler Delgado qui perd cependant du temps lors du prologue qu'il démarre avec de retard puis plus de le lendemain lors du contre-la-montre par équipes. Indurain réussit à remporter sa première victoire dans le Tour en remportant la neuvième étape disputée dans les Pyrénées. Quelques jours plus tard, il termine troisième lors d'une étape contre-la-montre. Il finit la course au dix-septième rang et poursuit ainsi sa progression dans le classement général des grands tours. Il termine la saison à la vingtième place du classement FICP 1989.

thumb|right|alt=Miguel Indurain portant le maillot de l'équipe Banesto.|Miguel Indurain portant le maillot de l'équipe Banesto. L'année 1990 confirme son appartenance au plus haut niveau du cyclisme. Au sein de l'équipe BanestoLa banque est devenue co-sponsor de l'équipe durant le Tour de France 1989 puis sponsor exclusif à partir de 1990., il réalise le doublé sur Paris-Nice avec une victoire sur l'étape arrivant au mont Faron. Il remporte aussi une étape du Tour de la Communauté valencienne et une du Tour du Pays basque qu'il termine à la troisième place. Il termine également troisième du championnat d'Espagne sur route, du Tour de Burgos et du Tour des Asturies. Il joue également un rôle dans les classiques en s'imposant lors de la Classique de Saint-Sébastien et en terminant quatrième de la Flèche wallonne. Le Tour d'Espagne qu'il finit au septième rang est l'occasion pour lui d'obtenir son premier top 10 dans une course de trois semaines.