vignette|220px|droite|Représentation héliocentrique du Système solaire.

En astronomie et dans l'établissement des calendriers, le cycle de Méton ou cycle métonique est un commun multiple approximatif des périodes orbitales de la Terre et de la Lune par intervalle de dix-neuf années.

Définition C'est par définition la durée de 235 lunaisons, qui surpassent d'un peu plus de deux heuresLa valeur exacte dépend des durées retenues pour la lunaison et l'année tropique, qui ne sont pas constantes et varient en fonction de l'époque.. Ainsi, au bout de , les mêmes dates de l'année correspondent presque aux mêmes phases de la Lune. Après tropiques, la différence cumulée s'élève à un jour complet.

Le nom cycle de Méton fait référence à l'astronome grec Méton qui avait déjà remarquéDiodore de Sicile, Bibliothèque historique, livre XII, 36 ; Théophraste, De signis tempestatum, 4 ; Élien, Histoire variée, livre x, 7. cette coïncidence aux environs de -432, comme le fit l'astronome chaldéen Kidinnu vers -380. Cependant, des écrits cunéiformes semblent indiquer que ce cycle était déjà connu en Mésopotamie dès le et était utilisé pour prédire les éclipses.

D'autre part, comme déjà remarqué par Temple Stanyan au début du Temple Stanyan, Histoire de la Grèce (traduction en français), tome 2, p. 135, Amsterdam 1744., Tite-Live affirme que Numa Pompilius (au ) connaissait et utilisait le cycle de MétonAtque omnium primum ad cursus lunae in duodecim menses discribit annum; quem, quia tricenos dies singulis mensibus luna non explet, desuntque sex dies solido anno qui solsticiali circumagitur orbe, intercalariis mensibus interponendis ita dispensavit, ut vicesimo anno ad metam eandem solis unde orsi essent, plenis omnium annorum spatiis, dies congruerent. Tite-Live, Ab Urbe Condita, I, XIX, 6. (Charles Nisard traduit, de façon erronée et inexplicable, "vicesimo anno" par "vingt-quatre ans" ; d'autres traducteurs donnent "vingt ans" ou "vingt années", ce qui est évidemment également faux).: « Et tout d'abord il divisa l'année en douze mois, selon les révolutions de la lune. Mais comme la lune ne décrit pas des mois de trente jours, et que six jours (en réalité: onze joursLa Loeb Classical Library choisit d'ailleurs de transcrire […] deŝ qui dies […] (qui étant la contraction de que ui), par […] desuntque undecim dies […], en supposant que ui n'est pas VI, mais une corruption de XI.) manquent à l'année décrite par la révolution du soleil, il ajouta des mois intercalaires de telle façon qu'à la vingtième année, la totalité des années étant écoulée, les jours aient la même position par rapport au soleil qu'au début. »

Les tropiques contiennent qui se répartissent en caves de et pleins de .

Le rang d'une année dans ce cycle est appelé en astronomie nombre d'orLe nombre d'or lié au cycle de Méton n'a aucun rapport avec la proportion géométrique appelée nombre d'or :

Le computiste alexandrin Anatolius fut le premier à construire une version du cycle lunaire métonique de 19 ans (vers 260) dans le calendrier julienZuidhoek (2019) 16-17. Vers AD 260 il en donna une version efficace pour déterminer la date du dimanche de PâquesDeclercq (2000) 65-66. Cependant, c’est la version d’Annianus (vers AD 400) de ce cycle qui finalement s'imposa comme la structure de base de la table de Pâques de Bède le Vénérable (AD 725) dans toute la chrétienté au moins jusqu’en 1582, lorsque le calendrier julien fut remplacé par le calendrier grégorienZuidhoek (2019) 70. Une variation du cycle lunaire en question (aussi structurée métoniquement) était la base de la table pascale employée dans l’empire byzantinGrumel (1958) 31-55.

Le cycle de Méton est aussi employé dans les calendriers luni-solaires. En effet, dans un calendrier luni-solaire typique, la plupart des années sont des années lunaires de douze mois, mais 7 des possèdent un mois supplémentaire, connu sous le nom de mois intercalaire ou embolismique.

Dans les calendriers babyloniens et hébreux antiques, les années de rang 3, 6, 8, 11, 14, 17 et 19, sont les années de treize mois du cycle métonique.

L'an 1 de l'Ère chrétienne est officiellement relié au nombre d'or numéro deux du cycle de Méton. En effet, pour déterminer le nombre d'or d'une année, il suffit de soustraire (n fois 19) de cette année et d'ajouter 1 au reste trouvé. Le nombre d'or de l’an 1 est donc : 1-(19×0)+1 = 2. Autre exemple : l'année 2008 ; nombre d'or : 2008-(19x105)+1 = 14.

Il existe également deux autres cycles similaires : le octaeteris ( ≈ , calendrier attique) et le tritos ( ≈ ).

Le cycle de Méton est également proche (à un demi-jour près) de . C'est donc également un cycle d'éclipse (faible), qui dure seulement 4 ou . Le tritos, proche de draconitiques, est un meilleur cycle d'éclipse. Mais ils n'ont rien de comparable avec le saros.

Notes et références

Bibliographie

Jan Zuidhoek (2019) Reconstructing Metonic 19-year Lunar Cycles (on the basis of NASA’s Six Millenium Catalog of Phases of the Moon): Zwolle Georges Declercq (2000) Anno Domini (The Origins of the Christian Era): Turnhout Venance Grumel Traité d'études byzantines - tome I la Chronologie Presses Universitaires de France 1958, Le cycle lunaire pascal de 19 ans pages 31 à 55

Liens externes

Méton a-t-il inventé le cycle qui porte son nom ?

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