Philippe Favier, né le à Saint-Étienne et mort le à Montlaur-en-Diois dans la DrômeCamille Pecoroni, « Philippe Favier (1957-2026) », Le Journal des arts, le ., est un artiste peintre et graveur français, spécialisé dans les miniatures et les petits formats en noir et blanc. Il est également scénographe (opéra et danse).

Il utilise divers matériaux tels les boîtes de sardines exposées au musée d'art moderne de Saint-Étienne, aussi bien que la cartoline, le papier Ingres, les ardoises, les cartes de géographie ou les photographies, ainsi que diverses techniques : pointe-sèche, eau-forte, émail sur verre, encre de Chine ou encore les collages.

Lauréat des prix de Rome de peinture et de gravure en 1985, remarqué dès ses premières expositions par la critique, il n'a pas été influencé par un courant quelconque, trouvant lui-même une voie originale. Éric Holder écrit

Biographie Formation et premiers travaux 1979-1980 Dessinateur de presse en 1977 à L'Hebdo de Saint-Étienne, Philippe Favier devient infirmier à l'hôpital psychiatrique Saint-Jean-Bonnefonds de la même ville ; il suit en même temps des cours du soir pour préparer son baccalauréat qu'il obtient en 1979.. Il s'inscrit alors à l'école régionale des beaux-arts de Saint-Étienne où il a notamment comme professeurs Bernard Ceysson, Daniel Abadie, Jean-Marc Scanreigh.

D'abord influencé par l'art conceptuel et le land art, il abandonne très vite cette voie pour réaliser de petits dessins au stylo à bille qu'il découpe et fixe directement sur le mur, dont il dit que ces dessins étaient

Selon Éric Holder, le jeune Favier qui a passé son enfance dans la mercerie de ses parents à jouer seul avec les cartons et les rubans, est mal fait pour l'enseignement traditionnel.. Holder remarque aussi que

Carrière 1981-1984 Après une première exposition à la galerie Napalm de Saint-Étienne, Favier est sélectionné par Suzanne Pagé pour participer à l'exposition Ateliers 81-82 au musée d'art moderne de la ville de Paris, qui présente aussi Jean-Michel Alberola et Robert Combas, Bernard Ceysson présente la première exposition personnelle de Favier au musée d'art et d'industrie de Saint-Étienne où Gilbert Lascault entreprend une analyse des miniatures en papier découpé:

Le jeune artiste avait déjà été remarqué par Marcelin Pleynet à la galerie N.R.AGalerie Nicole Rousset-Altunian. à Paris, quelques mois plus tôt.

De 1981 à 1984, il participe à un grand nombre d'expositions : Biennale de Paris, ELAC de LyonÉtablissement lyonnais d'art contemporain devenu Espace lyonnais d'art contemporain., et en 1984, il est sélectionné par Daniel Abadie pour la Biennale de Venise avec onze autres artistes français pour l'exposition Peinture en France au Palazzo Sagredo (Ca' Sagredo), non loin de la Ca' d'Oro..

1985-1990 En 1985, la manufacture nationale de Sèvres édite une assiette avec le décor Les Petits Singes en or imprimé sur fond blanc, de Philippe Favier (qui avait présenté huit projets pour cette commande). Cette année-là l'artiste inaugure une technique nouvelle : l'émail à froid sur verre. Les dessins sont réalisés sur des couvercles de boîtes de sardine ou sur des morceaux de verre cassés de très petits formats.. Lauréat des prix de Rome de peinture et de gravure en 1985, il est censé résider à la Villa Médicis pendant deux ans. Il en partira au bout de sept jours, expliquant dans une lettre du qu'il ne peut revenir pour des raisons de santé. En réalité, il a horreur de sortir de chez lui ainsi qu'il le confie à Françoise-Claire Prodhon dans le mensuel Flash ArtNew York, avril 1985, p. 69.. Mais il retournera plusieurs fois pour de courts séjours à la villa Médicis avant de la quitter définitivement. Son séjour est ainsi évalué à six mois selon Henri François-DebailleuxArticle paru dans le journal Libération du 19 avril 1996, , à l'occasion de son exposition à la galerie nationale du jeu de Paume de 1996.. Évoqué lors d'une entrevue avec Thierry Ardisson du de la série Lunettes noires pour nuits blanches, dont la vidéo est conservée dans les archives de l'INA, ce séjour est ramené à trois moisL'Interview pinceau : Philippe Favier : Lunettes noires pour nuits blanches du 31 mars 1990..

1986 est une année faste pour l'artiste qui est reconnu aux États-Unis : la revue Eighty MagazineQui deviendra par la suite la revue Ninety. consacre son numéro de janvier-février () à Martial Raysse et à Philippe FavierVoir la revue Eighty.. Quelques mois plus tard ses travaux sont présentés au musée Solomon R. Guggenheim de New York dans une exposition collective intitulée « Angle of vision. French art today. ». Il est remarqué par le critique d'art John Russell de The New York Times qui écrit : L'exposition collective est suivie en décembre de la même année d'une exposition personnelle à la galerie Farideh Cadot de New York. Elle est constituée pour l'essentiel de pièces de verre, cassées ou non cassées.

Tout en enseignant à temps partiel à l'école régionale des beaux-arts de Saint-Étienne, Philippe Favier expose dès 1987 à la galerie Yvon Lambert de Paris une série de peintures sur verre intitulées Parisiana qu'il a réalisées en hommage à son père disparu, qui tenait avec sa mère les samedi et dimanche un dancing (le Parisiana) dans les environs de Saint-Étienne. Parisiana est un ensemble de boîtes de sardines peintes qui forment une sorte d'abécédaire du lexique visuel de l'artiste selon Françoise-Claire ProudhonCitée par ..

La première grande rétrospective de ses œuvres a lieu en Finlande, au Nordic art center de Helsinki, en Citée par ..

En 1989, il change de format avec une technique différente : il utilise la peinture et l'encre sérigraphique sur des panneaux de cartolineLa cartoline est un papier à dessin. de , de grands formats qui semblent très différents des miniatures, et que l'artiste continuera à réaliser parce que

« Hooloomooloo » et les années 1990 « Hooloomooloo » est le titre d'une série d'eaux-fortes sur cuivre, de forme circulaire, dont les titres diffèrent. Ces œuvres ont en commun la circularité, le format, et sans doute aussi la symbolique du rond comme lieu de rassemblement ainsi que l'explique Éric Holder :

Ce sont des miniatures réalisées à peu près toutes la même année (1996), d'autres retouchées par la suite.

Ce mystérieux « Hooloomooloo » est issu d'un mot aborigène de Sydney Australie, dont l'origine et l'orthographe restent floues. Selon les premiers écrits de l'anthropologue J.D. McCarthy en 1946, Woolloomooloo (sans h) serait une déformation de Wallamullah, signifiant soit lieu de rassemblement, soit petit kangourou noir (Wallabahmullah)J.D. McCarthy dans NSW aboriginal places cité par .. On ignore où Favier est allé pêcher ce détail confidentiel. On sait seulement qu'il lit beaucoup et s'intéresse à tout..

En 1996, Favier est exposé au musée du Jeu de Paume en même temps que l'artiste catalan Miquel Barceló (Favier au premier étage avec de très grands formats en couleur exposés pour la première fois ; Barceló au rez-de-chaussée) bien que les deux artistes n'aient aucun rapport comme le souligne Olivier Céna : Pour l'occasion, il collabore une seconde fois avec la manufacture nationale de Sèvres et décore un ensemble de 15 vases, vendus pendant l'exposition.

Il a également produit de très grands formats circulaires ou rectangulaires dont une partie de la série Iflomène est la propriété de la Société générale.

À partir de la fin des années 1990, il se tourne vers la scénographie. Il collabore avec les Ballets de Monte-Carlo, concevant des décors et des costumes pour plusieurs productions, dont Pelléas et Mélisande.

La production de Philippe Favier est énorme. La même décennie voit naître ses écrits en même temps que la série des Micro-climatsVoir les Micro-climats.

Voyage en Faviérie années 2000 Le titre de cette section est celui choisi par Éric Holder pour présenter le catalogue des 191 œuvres de l'artiste exposées du au dans la crypte du site Richelieu de la BnF. Le titre de l'exposition : Philippe Favier, dès l'équilibre est aussi le titre du catalogue édité par les Cahiers intempestifs de Saint-Étienne. Il s'agit essentiellement de mettre en valeur travail de graveur, qui, selon Marie-Hélène Gatto

En 2000, dans le cadre d'une commande publique, il a réalisé pour la Chalcographie du Louvre deux gravures à l'eau-forte intitulées Fil de rien et Résonance..

Philippe Favier aborde aussi l'écriture, le dessin, la sculpture. Ses œuvres sont confiées actuellement à la galerie Guy Bärtschi de GenèveVoir Favier 2000..

Il réalise une nouvelle fois en collaboration avec la manufacture nationale de Sèvres le service de table dit « du Millénaire », avec des décors en or sur fond bleu de Sèvres, et destiné aux dîners d'apparat de la présidence de la République au palais de l'Élysée.

En 2018, il reçoit une commande publique pour l'éclairage nocturne du quartier des musées dans le centre historique de Rouen..

Depuis 2012, son travail est documenté sur le réseau Documents d'artistes« Philippe Favier », sur Documents d'artistes Auvergne-Rhône-Alpes..

Mort Philippe Favier meurt le dans un accident de la route. à Montlaur-en-DioisÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 dans la Drôme.

Décorations et distinction

Chevalier de l’ordre du Mérite culturel de la principauté de Monaco (2015) « Prince de Fourme de Montbrison » (1998)

Œuvres (sélection) Champ de choux-fleurs à Chambourcy, 1981, encre de Chine, stylo-bille sur papier découpé collé sur panneau, (surface de collage), musée d'art de Toulon Série Hooloomooloo Hooloomooloo, rehaut au stylo à bille sur eau-forte sur cuivre, diamètre (atelier René Tazé, 1 exemplaire). Épouvantail (Hooloomooloo), eau-forte sur cuivre diamètre , atelier Tazé, édition galerie La Hune-Brenner, 14 exemplaires. Hooloomooloo II, eau-forte sur cuivre diamètre , atelier Tazé, édition galerie La Hune-Brenner, 14 exemplaires. Il faut savoir prendre sur soi ! un asticot Hooloomooloo, eau-forte sur cuivre tirage rehaussé sur papier Arche noir. Mortadella Stella(Hoolloomoooloo) eau-forte sur cuivre tirage rehaussé sur papier Arche noir. Il faut savoir prendre sur soi ! un asticot Hooloomooloo 1, eau-forte sur cuivre Il faut savoir prendre sur soi! un asticot Hooloomooloo 2, même format même technique. Mystère vain (Hooloomooloo), mêmes dimensions, mêmes tirages Quelque chose comme de la patience (Hooloomooloo), eau-forte sur cuivre rehaussé sur papier Ingres couleur. Série d’Iflomène, 1996 La Légende d’Iflomène, , peinture et gravure à la main sur verreCollection Société générale.Voir Iflomène. La Légende d’Iflomène, partie II, , peinture et gravure à la mainVoir Iflomène II. La Légende d’Iflomène, partie III, , peinture et gravure à la main sur verreVoir Iflomène III. La Légende d’Iflomène, partie IV, , peinture et gravure à la main sur verreVoir Iflomène IV. P.I.L.I. (plan indicateur lumineux d'itinéraire), 2000, installée dans la station de métro Pyramides de la ligne 14

Sélection d'expositions

Publications Ana (poésie), éditions Fata Morgana, 2003 Géographie à l'usage des gauchers, carnets d'une exposition, Saint-Étienne, édition des Cahiers intempestifs, 2005 d'art et de culture, couverture du magazine, numéro 18, été 2012

Il a aussi participé à de nombreux ouvrages en tant qu'illustrateur (sélection) : Avec Lionel Bourg, Les Chiens errants de Bucarest, Fata Morgana, 2002Voir notice bibliographique sur le catalogue général de la BNF. le bravo, texte de Corinne Lovera Vitali, Thierry Magnier, 2006 Avec Éric ChevillardVoir notices bibliographiques sur le catalogue général de la BNF. En territoire cheyenne (2009) Zoologiques (2020)

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie . . . . Philippe Favier, musée d’art et d’industrie, texte de Gilbert Lascault, 1982. Philippe Favier, villa Arson, 1988. Philippe Favier : gravures 1981-1990, 1990.