Poitou-CharentesCharentes est au pluriel. est une ancienne région administrative de la France métropolitaine. Elle regroupait quatre départements : la Charente (16), la Charente-Maritime (17), les Deux-Sèvres (79) et la Vienne (86), issus des anciennes provinces d'Angoumois, d'Aunis, d'une partie du Poitou (Haut-Poitou et l'est du Bas-Poitou) et de Saintonge.
Elle avait pour chef-lieu Poitiers, la plus grande ville et unité urbaine de la région. Ses autres villes importantes étaient La Rochelle, Niort, Angoulême, Châtellerault, Saintes, Rochefort et Royan.
Elle regroupait une population de en 2013., appelés les Picto-Charentais et Picto-Charentaises (du nom du peuple gaulois des Pictons), population répartie sur , soit une densité moyenne de . Il y avait cependant d'importantes disparités entre des territoires agricoles marqués par une certaine déprise démographique, des régions littorales en croissance constante (Aunis, îles de Ré et d'Oléron, Côte de Beauté) et des agglomérations souvent densément peuplées.
Cette région marquée par la ruralité était réputée pour ses vignobles (cognac, pineau des Charentes, mais aussi vins du Haut-Poitou), ses produits maraîchers (melons, dont elle était la première région productrice au niveau nationalLe poids des activités économiques agricoles et maritimes, site de Poitou-Charentes) et ses productions laitières (fromages de chèvre et de vache, beurre Charentes-Poitou). Le tourisme, notamment balnéaire, constituait un pan important de l'économie locale, de même que les services. La région comptait deux universités (Poitiers et La Rochelle), quatre pôles universitaires décentralisés (Angoulême, Niort, Royan et Châtellerault), deux écoles supérieures de commerce, sept écoles d'ingénieur et plusieurs pôles de recherche et de transfert de technologie.
La région Poitou-Charentes était délimitée par le Centre et les Pays de la Loire au nord, le Limousin à l'est et l'Aquitaine au sud. Sa bordure occidentale s'ouvrait sur l'océan Atlantique et sur l'estuaire de la Gironde, le plus vaste estuaire d'Europe, qui lui offraient une large façade maritime.
Dans le cadre de la réforme territoriale de 2014, Poitou-Charentes a fusionné avec les régions Aquitaine et Limousin le janvier 2016. pour former la région Nouvelle-Aquitaine, nom définitif en remplacement du nom provisoire « Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes ».
Géographie Géographie physique thumb|left|Le marais poitevin.
Les bas plateaux formés de roches calcaires d'âge jurassique sont souvent recouverts de dépôts argileux ou siliceux répandus au tertiaire depuis les massifs anciens voisins. Leurs sols sont peu fertiles et portent des forêts et des landes , ainsi que des cultures ou des prairies sur les argiles à châtaigniers de l'ouest. Ces plateaux sont localement entaillés par les vallées peu encaissées des cours d'eau rejoignant au nord la Loire et au sud la Charente. Dans les plaines de terrains calcaires plus tendres du Crétacé, situées en avant des plateaux précédents, les formes de relief s'adoucissent.
Dans le Châtelleraudais et l'Angoumois, le relief de cuestas prédomine et côtoie les plaines voisines comme celles de Neuville et de Matha.
Sur le littoral atlantique où la région dispose d'une vaste façade maritime et estuarienne, des zones de marais aménagés, la grande majorité poldérisés au , alternent avec la plaine calcaire de l'Aunis et le plateau gréseux de la Saintonge. De l'embouchure de la Sèvre Niortaise, au nord, jusqu'à celle de la Seudre, au sud, se succèdent le Marais poitevin, le marais de Rochefort et le marais de Brouage. De part et d'autre de l’estuaire de la Seudre jusqu’à l'estuaire de la Gironde s'individualisent les marais de la Seudre et une partie des marais girondins, au sud de Mortagne-sur-Gironde sur la rive droite de l'estuaire.
Climat Le climat est de nature océanique aquitain pour la partie charentaise (sauf Charente limousine à l'extrême est, océanique dégradé), et océanique parisien pour la partie poitevineHabitats faune-flore Natura2000 en Pays-de-Loire.
Le seuil du Poitou agit comme une relative barrière climatique entre le Poitou au nord et les Charentes au sud, et il y a environ de différence entre les températures moyennes à Poitiers et Cognac ( à Cognac), et entre Cognac et Bordeaux.
Les précipitations, réparties sur l'ensemble de l'année, varient environ entre et , le nord-est de la région (nord du département de la Vienne) étant moins arrosé que l'ouest (littoral de la Charente-Maritime et hauteurs des Deux-Sèvres, partie du Massif armoricain).
Les hivers sont doux, les étés chauds mais sans excès. La région bénéficie d'un ensoleillement important (plus de 2000 heures par an dans les Charentes). Malgré des pluies réparties sur l'ensemble de l'année, l'évapotranspiration est élevée durant les mois d'été : de mai à septembre.
La neige ne dure jamais longtemps, et les gelées sont de courte durée.
Le climat de la Charente limousine, partie occidentale du Massif central, est, du fait de l'altitude plus frais et plus humide. L'hiver est plus rude, la neige et les gelées sont fréquentes et plus durable.
Végétation Sur les sols les moins fertiles, forêts et prairies couvrent de grands espaces, souvent bocagers. À l'inverse, les labours dominent dans les plaines découvertes constituant les paysages d'openfield caractéristiques. Dans les Charentes, les « champagnes » parfois vallonnées sont occupées en partie par la viticulture.
Environnement et écologie Du fait de sa position biogéographique, l'écopotentialité de la région est importante. Les zones humides d'importances se sont cependant dégradées depuis le début du . Les marais se différencient selon qu'ils ont été drainés (marais dits « desséchés ») ou non (marais « mouillés »), et suivant leur état de culture ou d'abandon. Le Marais gât regroupe des marais convertis en prairies. Ayant souvent succédé à des marais salants, certains, près du rivage, ont été transformés en parcs à huîtres. Des forêts de pins couvrent de petits secteurs littoraux méridionaux (forêt domaniale de la Coubre) ou de l'intérieur (Double saintongeaise).
Le littoral est concerné par la surpêche de certaines espèces : 28 stocks de population de poissons sur 34 sont en mauvais état, voire en très mauvais état dans le golfe de Gascogne. La population de sole commune (Solea solea) par exemple est surexploitéeIfremer, 2004, cité par l'Observatoire régional de l’environnement Poitou-Charentes. La biomasse des géniteurs est en baisse depuis 1993 et les captures portent de plus en plus sur les classes jeunes. L'anguille d'Europe est aussi menacée par une sur-pêche en estuaire et le braconnage des civelles et par la pollution de l'eau. En Poitou-Charentes, cette espèce autrefois parmi les plus communes est classée dans la liste rouge des espèces piscicoles menacées.
En mai 2011, la région et la DREAL ont commencé à élaborer leur SRCELa Trame verte et bleue Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Poitou-Charentes, Comité de préfiguration du schéma régional de cohérence écologique, 2011/01/03, avec un siteSite consacré à la trame verte et bleue de Poitou-Charente consacré à la Trame verte et bleue régionale.
Début 2009 : la région a lancé la charte Terre saine avec le slogan « Votre commune sans pesticides ». En juin 2017, 377 communes avaient signé cette charte, dont une grande majorité de communes deux-sévriennes (près de 40%).
Démographie
Les habitants de Poitou-Charentes étaient appelés les Picto-Charentais.
La population, après un déclin dû à l'exode rural, connaît une augmentation légère mais continue, due pour l'essentiel au solde migratoire. Si jusque dans les années 1990, seuls la Charente-Maritime et la Vienne voyaient leur population augmenter, c'est désormais le cas dans les 4 départements de la région. En 2006, la population de Poitou-Charentes était de , soit de plus qu'au dernier recensement de 1999. Depuis 1999, la région a progressé au rythme de 0,74 %, pourcentage dû essentiellement à l'immigration, l'accroissement naturel étant un des plus faibles du pays.
Ainsi en 2006, selon l'Insee., résidant dans la région n'y habitaient pas auparavant, ce qui signifie que près de 10 % de la population résidente s’est installée dans la région depuis moins de (soit 2 points de plus que la moyenne des régions de métropole). Poitou-Charentes est ainsi la française sur ce critère d’attractivité résidentielle. La région occupe d’ailleurs le pour sa part de nouveaux arrivants pour les cadres, les artisans et les commerçants. Une forte proportion (87 %) des nouveaux résidents de la région viennent d'une autre région de France, et viennent de l'étranger, dont 41 % de ressortissants britanniques (la proportion atteignant 61 % en Charente et 50 % en Deux-Sèvres).
Parallèlement, toujours selon l'Insee, près de ont quitté la région Poitou-Charentes et habitent dans une autre région française. Au jeu des migrations avec le reste de la France, la région est donc gagnante : le solde des migrations internes est de , soit par an. La région gagne en moyenne 44 personnes par an pour grâce aux échanges avec le reste de la France, ce qui la place au des régions françaises pour son taux de migration interne.
Tous les départements n'ont cependant pas le même niveau d'attractivité : ainsi la Charente-Maritime est de loin le département le plus attractif de la région, et enregistre près de personnes du seul fait des migrations avec le reste de la France. Suivent la Vienne, qui attire principalement des étudiants, et les Deux-Sèvres. La Charente présente un solde migratoire avec le reste de la France quasi nul.
La population rurale reste majoritaire dans les Deux-Sèvres et en Charente. Globalement dans la région, les agglomérations ont bénéficié de soldes démographiques positifs. Au dernier recensement de 2006, si dans certains cantons les plus ruraux la population continue de diminuer dangereusement (départ des éléments les plus jeunes), dans l'ensemble la population s'accroit même dans les zones rurales. Les nouvelles facilités de communication (TGV, autoroutes A10 et A83) permettent d'aller travailler dans les grandes villes, pas nécessairement celles de la Région (Angers, Tours, Limoges, Bordeaux, Nantes, voire Paris). Le fait nouveau depuis les années 1980, par rapport à la croissance de la banlieue proche lors des années 1960 et 70, est le déplacement de cette croissance en périphérie de plus en plus éloignée. Ce phénomène de rurbanisation ne concerne pas que les quatre principales agglomérations de Poitou-Charentes, il touche également les villes moyennes comme Saintes, Rochefort, Châtellerault, s'étendant dans un rayon qui dépasse les alentour, voire pour les plus grandes agglomérations.
Poitou-Charentes était l'une des seules régions dans l'Ouest à ne pas posséder de grande métropole qui tire la région vers le haut (ex : Tours pour le Centre-Val de Loire, Angers et Nantes en Pays de la Loire, Bordeaux pour l'ancienne région Aquitaine). Cela se ressentait fortement au niveau démographique, comme évoqué ci-dessus. Bien que Niort soit la quatrième place financière françaisePoitou-Charentes - Filières - Prévention des risques derrière Paris, Lyon et Lille, elle reste méconnue notamment par sa qualité de ville moyenne - .
Économie
Panorama de l'économie régionale La viticulture est fortement orientée vers la production de cognac ; le pineau des Charentes est également un débouché important. La fin programmée de l'exception de la double affectation parcellaire des terrains viticoles a poussé la région à promouvoir le vin de pays charentais. Il rencontre un succès très appréciable, compte tenu de la proximité du bordelais. Dans le nord de la région s'étend le vignoble du Haut-Poitou.
La maïsiculture irriguée dominante est durement touchée par la sécheresse notamment dans les Deux-Sèvres et en Charente-Maritime.