thumb|Champ de colza à Magny-les-Hameaux. thumb|Silo à céréales à Hargeville. thumb|Maraîchage dans la plaine de Montesson. L’agriculture des Yvelines est une agriculture moderne et productive, tournée principalement vers la grande culture céréalière. C'est la deuxième en Île-de-France après celle de Seine-et-Marne. Elle occupe une place marginale dans l'économie du département sous l'angle de l'emploi, avec (dont agriculteurs exploitants) en 2006, soit 0,9 % de la population active totale.. Cependant cette activité mobilise et façonne une part importante du territoire. La surface agricole utile (SAU) s'élevait à en 2000, soit 43 % du total et à 89 136 hectares en 2010. Ce territoire agricole, ajouté aux 32 % de territoire boisé, donne aux Yvelines un caractère rural marqué, malgré leur proximité de Paris. Cette SAU diminue de 200 hectares par an au profit de l'urbanisation et des infrastructures. Le nombre d'exploitations agricoles diminue régulièrement, diminution plus marquée dans le secteur des cultures spéciales (horticulture, floriculture) tandis que leur taille augmente pour atteindre une moyenne de 94 hectares en 2010.Plus de 70 % des exploitants cultivent des céréales (blé, orge, maïs) et des oléagineux comme le colza.
On constate une tendance à la diversification, notamment vers la vente directe.
Territoire Petites régions agricoles Le territoire des Yvelines se partage en huit petites régions agricoles, régions à vocation agricole homogène, délimitées en 1946. Ce sont du nord au sud :
thumb|left|Petites régions agricoles.
le Vexin, comprenant 10 communes dans la frange nord, consacrées à la grande culture et accessoirement à l'élevage ; la Vallée de la Seine, 46 communes du nord-ouest des Yvelines (sur un total de 146 communes, la petite région s'étendant sur 4 départements) ; la Ceinture de Paris, 41 communes du nord-ouest des Yvelines (sur un total de 142 communes, la petite région s'étendant sur 3 départements) ; cette zone, la plus proche de Paris, est fortement touchée par l'urbanisation. Le maraîchage et l'arboriculture y sont encore présents, parfois sous forme de relique comme dans la plaine de Montesson totalement enclavée en zone urbaine ; le Drouais, 36 communes (sur 105, le reste se trouvant en Eure-et-Loir) de l'ouest des Yvelines, consacrées principalement à la grande culture ; la Plaine de Versailles, 67 communes, région entièrement comprise dans les Yvelines, région de grandes cultures, fortement urbanisée dans sa partie est (Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines) ; l'Yveline, 52 communes, région entièrement comprise dans les Yvelines, très boisée (région de Rambouillet) ; le Hurepoix, 4 communes de la frange sud-est (le Hurepoix s'étend aussi sur 51 communes de l'Essonne) ; la Beauce, 6 communes de la pointe sud du département, à vocation céréalière (la Beauce couvre au total 301 communes sur 4 départements),
Utilisation du territoire thumb|Assolement des Yvelines en 2011.
thumb|Champ de pois protéagineux à Hargeville.
En 2011, sur une surface totale du département égale à , la surface agricole utile (SAU) totaleLa SAU totale du département comprend 1) la SAU des exploitations ayant leur siège dans le département, diminuée des surfaces situées hors département et augmentée des surfaces exploitées par des exploitations agricoles ayant leur siège hors département, et 2) la superficie toujours en herbe hors exploitations (collectivités…) et les jardins et vergers familiaux des non-exploitants. du département, incluant les jardins familiaux et les surfaces toujours en herbes hors exploitations, s'élevait à , soit 41,3 % de la surface totale du département. Les bois et forêt couvraient , soit 34,3 % de la surface totale. Compte tenu des autres surfaces rurales (landes non productives, eaux intérieures), le domaine rural du département couvrait 79,8 % de la surface totale, et la partie urbanisée (sols artificialisés) 20,2 %..
La SAU des exploitations agricoles du département s'élevait à , dont l'essentiel, , en terres arables (y compris jachère), en surface toujours en herbe (prairie permanente) et le reste, , en cultures permanentes (vergers, pépinières ligneuses).
Les terres arables étaient (en 2011) consacrées pour l'essentiel aux grandes cultures, principalement céréales (blé tendre, orge, maïs) et aux oléagineux (colza). Les protéagineux (pois, féveroles) occupaient une place secondaire et les cultures industrielles (betterave sucrière, lin textile) étaient encore très marginales. Le secteur des cultures spéciales (horticulture, floriculture, vergers) est très restreint en surface, occupant respectivement 1331 hectares pour les cultures légumières (auxquels s'ajoutent 465 hectares de pommes de terre), 419 hectares pour les cultures fruitières et 140 hectares pour les cultures florales, mais procure des revenus bruts à l'hectare nettement supérieurs.
Au fil du temps, la SAU des exploitations diminue régulièrement ; entre 1989 et 2012, elle est passée de à (-5,5 %). La baisse a été, en valeur relative, plus forte pour les prairies permanentes, - 20,4 %, et pour les autres cultures permanentes (arboriculture, pépinières ligneuses), - 63,8 %, contre -3,6 % pour les terres arables (source : Agreste - Statistiques annuelles).
Nappes phréatiques La totalité du territoire des Yvelines est classée comme zone vulnérable à la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole (arrêté 2007-1635 du préfet coordonnateur du bassin du octobre 2007) et comme zone sensible à l'eutrophisation. En effet, les eaux superficielles des principales rivières du département (Bièvre, Vaucouleurs, Aubette de Meulan et Mauldre) ont des teneurs moyennes en nitrates comprises entre 25 et /l, et dépassent parfois le seuil de /l ; la plupart des masses d'eau souterraines (notamment les nappes de la « craie du Vexin français », des « alluvions de la Seine », du « calcaire de Beauce ») présentent des teneurs élevées en nitrates, avec une tendance est à la hausse..
Valeur vénale des terres agricoles En 2006, la valeur vénale moyenne des terres agricoles, libres à la vente, dans les Yvelines était estimée à /ha pour les terres labourables et /ha pour les prairies naturelles (contre respectivement 5750 et 5120 en moyenne Île-de-France, et 4370 et 3100 en moyenne France). Ces valeurs étaient en hausse de 2 % par rapport à l'année précédente, soit sensiblement le niveau de l'inflation (+1,6 %). Le prix des terres occupées (louées) subit une décote d'environ 15 %..
La valeur vénale des terres labourables varie selon les petites régions agricoles de la manière suivante (année 2006) : Vallée de la Seine : /ha, Drouais, Hurepoix, Yveline : 5300, Vexin : 5700, Beauce : 6000, Plaine de Versailles : 8500, Ceinture de Paris : 8600..
Structure des exploitations agricoles
thumb|Nombre d'exploitations et surface moyenne de 1990 à 2011.
Le nombre d'exploitations agricoles s'établit à 948 en 2010 contre 1271 en 2000, marquant une baisse de 25,4 %. Cette diminution était déjà enregistrée dans la période précédente : -5,2 % par an entre 1988 et 2000, -59,6 % sur la période 1970-2000. Dans le même temps, la superficie moyenne augmentait fortement, passant de 33,6 à entre 1970 et 2000, soit une augmentation de 112,9 %, pour atteindre 94 ha en 2010 (soit un quasi-triplement depuis 1988...
En 2000, environ les deux tiers (65,4 %) des exploitations se consacraient à la grande culture céréalière et 12,6 % à l'élevage, le reste se partageant entre la polyculture, les cultures permanentes (vergers), le maraîchage et l'horticulture (fleurs), la tendance générale à la baisse étant la moins forte pour la grande culture et l'élevage.
Le mode de faire-valoir dominant est le fermage qui concernait en 2005 mille exploitations représentant 77 % de la SAU, le faire-valoir direct concernant 701 exploitations pour 23 % de la SAU. La part du fermage s'était renforcée depuis l'année 2000 où elle ne représentait que 70 % de la SAU..
Le statut juridique des exploitations agricoles se partage entre exploitants individuels et sociétés ou groupements. En 2010, selon le recensement général de l'agriculture, sur 948 exploitations, 565, soit 59,6 %, étaient des exploitations individuelles, 217 (22,9 %) des EARL (exploitations agricoles à responsabilité limitée) et 30 des GAEC. Près des deux tiers des exploitants étaient âgés de 50 ans ou plus, et plus d'un tiers (37,1 %) des exploitations se trouvaient dans une situation fragile, l'exploitant n'ayant pas de successeur ou étant sans successeur connu.
Productions végétales
Les productions végétales sont dominantes. Les céréales occupaient en 2000 plus de 60 % de la SAU, les oléagineux (colza) et protéagineux (pois, fèverolle) 17,6 %, les prairies et fourrages 7,4 % et la jachère 8,4 %.
Grandes cultures
thumb|Champ de blé à Fontenay-Saint-Père. thumb|Récolte du maïs à Épône.
+ Céréales et oléoprotéagineux (COP) en Yvelines, année 2012. superficie(hectares) rendement(q/ha) production(tonnes)céréales (total) 81 443 975* blé tendre 81 * blé dur 65 * orge d'hiver 79 * orge de printemps 70 * avoine 278 55 * maïs grain 92 * avoine 330 60 * seigle 130 48 624* triticale 400 60 oléagineux (total) 39 65 551* colza et navette 39 * tournesol 250 30 751protéagineux (total) 2 245 44 9 922* féveroles et fèves 905 43 * pois protéagineux 45 total COP 70
+ Céréales et oléoprotéagineux (COP) en Yvelines, année 2020. superficie(hectares) rendement(q/ha) production(tonnes)céréales (total) 66 356 588* blé tendre 72 * blé dur 69 * orge d'hiver 63 * orge de printemps 51 * avoine 278 55 * maïs grain 64 * avoine 310 50 * seigle 45 55 248* triticale 985 55 oléagineux (total) 32 41147* colza et navette 33 * tournesol 320 25 800protéagineux (total) 3435 30 10196* féveroles et fèves 1405 22 * pois protéagineux 35 total COP 58
Céréales Les céréales sont de loin la culture prédominante dans les Yvelines, comme dans l'ensemble de l'Île-de-France. Le blé tendre, qui procure des rendements élevés et réguliers, tend à se développer au détriment des autres céréales. Le maïs, culture d'été au rendement aléatoire en l'absence d'irrigation, a connu son apogée dans les années 1970 et a fortement décru depuis.
Oléoprotéagineux Les protéagineux occupent une place marginale dans l'assolement. Le pois protéagineux a vu ses surfaces diminuer depuis la réforme de la PAC de 1992, malgré l'intérêt de cette culture comme précédent pour le blé et pour la réduction des apports d'engrais azotés, et en dépit des cours soutenus de ce produit sur le marché mondial. Depuis 1994, cette culture est attaquée par un oomycète, Aphanomyces euteiches, signalé surtout en Seine-et-Marne, mais présent dans plusieurs communes des Yvelines. Il entraîne une pourriture racinaire qui provoque une forte chute de rendement. La lutte, en l'absence de variété résistante et de traitement efficace, repose surtout sur des rotations longues.. Les féveroles, bien qu'épargnées par ce pseudo-champignon, occupent une place secondaire et sont également en baisse.
Cultures industrielles
Fourrages et prairies
Cultures spéciales
Élevage thumb|Troupeau de charolaises à Saint-Lambert.
Le cheptel départemental comprenait en 2000 notamment , , et 249 milliers de têtes de volailles. La part de l'élevage dans la production exprimée en valeur est secondaire : 9 % contre 39 % pour les céréales, 19 % pour les fruits et légumes frais, 15 % pour les fleurs et plantes et 10 % pour les oléagineux et protéagineux.
thumb|Étable à la ferme expérimentale de Grignon (Thiverval-Grignon. thumb|Coq houdan.
La production de la « volaille de Houdan » est protégée par une indication géographique protégée (IGP) dont l'aire géographique s'étend sur 164 communes de l'ouest des Yvelines (auxquelles s'ajoutent de nombreuses communes de l'Eure et d'Eure-et-Loir)..
Le canton de Bonnières-sur-Seine (limitrophe de l'Eure) est inclus dans l'aire de production des IGP « Porc de Normandie ». et « Volailles de Normandie »..