L'ancienne collégiale Notre-Dame est une église catholique située à Montataire, au cœur de l'agglomération de CreilCf. ., dans le département de l'Oise, en France. Elle est édifiée à la fin du comme collégiale du seigneur de Montataire, et constitue à l'origine une dépendance du château. La nef et les bas-côtés subsistent de cette époque. Entre 1225 et 1230 environ, de nouveaux portails gothiques sont plaqués devant la façade et la troisième travée du bas-côté sud, et les deux bas-côtés sont voûtés d'ogives. Le voûtement de la nef est amorcé, mais est finalement ajourné et n'aboutira jamais. Entre 1250 et 1260, le chœur primitif est remplacé par un vaste chœur gothique rayonnant, qui peut être considéré comme l'une des principales réalisations de cette époque dans les environs, avec Agnetz et Chambly. Si le plan présente de nombreuses irrégularités et manque de symétrie, l'édifice séduit par son élégance, sa légèreté, sa luminosité, la qualité de la sculpture de ses chapiteaux et sa décoration soignée. La collégiale traverse les siècles sans subir de destructions sous les différentes guerres. Ce n'est apparemment pas le cas de l'ancienne église paroissiale Saint-Léonard, qui est abandonnée au profit de la collégiale, à une époque indéterminée. La Révolution française ne menace donc pas la pérennité de l'édifice, mais le chapitre de chanoines est supprimé à l'instar de toutes les autres collégiales. Du fait de la qualité exceptionnelle de l'architecture des parties orientales, l'église Notre-Dame est classée assez tôt au titre des monuments historiques par liste de 1862, vingt-deux ans après les premiers classements dans le département.. Elle bénéficie de plusieurs campagnes de restauration. Du fait de sa situation excentrée, elle est néanmoins délaissée par sa paroisse Notre-Dame-des-deux-Rivières du Creillois-Sud, qui lui préfère l'église du Christ Ressuscité, inaugurée en 1962 en plein centre-ville. L'ancienne collégiale n'est aujourd'hui utilisée pour le culte qu'à de rares occasions.

Localisation thumb|left|Château et collégiale, avec le pont du RD 200 au premier plan.

L'église est située dans le département français de l'Oise, sur la commune de Montataire, en dehors du centre-ville et près du cimetière, rue de l'Église. En tant qu'ancienne église collégiale, elle est associée au château dont elle dépendait, et qui se trouve immédiatement au sud. L'ensemble château et église est emblématique de la ville de Montataire, car ces deux monuments étant implantés au bord d'un plateau qui domine les cités ouvrières à l'est et tout le centre-ville de Creil, ils constituent des repères forts dans le paysage, visibles de loin. Depuis le centre-ville, la pittoresque rue de l'Église monte vers le sommet du plateau en passant près d'anciennes habitations troglodytiques, et comporte des sections en escaliers. Depuis l'est et le quartier de Gournay, c'est l'étroite rue du Panorama taillée dans la roche qui permet l'ascension sur la colline. Elle comporte également des escaliers. Depuis respectivement le nord-ouest et le nord-est, ce sont l'avenue Anatole-France et l'allée des Maronniers qui permettent d'accéder à l'église et au cimetière ; elles sont ouvertes à la circulation. Un grand parvis se situe devant la façade occidentale de l'église, se prolongeant vers l'ouest par une promenade qui offre une belle perspective du monument. L'élévation septentrionale est visible depuis le parvis, mais l'élévation méridionale ne donne que sur un étroit jardin délimité par l'enceinte du château, et elle n'est que mal visible depuis le domaine public. Quant au chevet qui est la partie visible depuis Creil et la vallée, il disparaît de la vue au fur et à mesure que l'on s'approche du monument, car bâti immédiatement en bordure du plateau.

Historique thumb|upright|left|La façade occidentale date des années 1225-1230 mais comporte des murs romans du début du .

Aucun document renseignant sur les origines de l'ancienne collégiale Notre-Dame n'est connu. Comme le château dont elle constituait un annexe, elle se situait sur un fief dépendant de la couronne, et confié aux comtes de Beaumont à la fin du . La nef romane existe déjà à cette époque et peut être datée de la fin du par son petit appareil et la taille et les doubles ébrasements des fenêtres bouchées. La reconstruction des bas-côtés peut être située vers 1220-1225, et la construction du chœur avec ses collatéraux entre 1250 et 1260 environ. Les trois vaisseaux de ce chœur sont pratiquement voûtés à la même hauteur, comme c'est le cas dans les parties orientales de l'église de Villers-Saint-Paul, qui sont d'une trentaine d'années plus anciennes et obéissent à un plan différent. Avec les trois vaisseaux de hauteur similaire, l'on se rapproche également du concept du chœur--halle répandu dans la vallée du Thérain et la moyenne vallée de l'Oise ainsi que dans tout le sud du département. Mais par différence avec ces chœurs-halle, le vaisseau central de Montataire se termine par une abside polygonale très prononcée, et les collatéraux sont nettement moins larges que le vaisseau central. Considérant l'ensemble des parties orientales, elles répondent à une conception jusque-là inconnue dans la région, mais plus courante dans le centre et le sud de la France (pour ne citer, à titre de comparaison, que le porche de la cathédrale de Dijon, la cathédrale de Poitiers, l'église Saint-Serge d'Angers, la collégiale de Candes-Saint-Martin et l'église de Billom)...

Un chapitre de quatre chanoines existait dans l'église, ce qui lui conférait sa qualité de collégiale. Le nombre de chanoines était directement fonction des prébendes assurées par des rentes sur des terres données au chapitre par le seigneur, ainsi que par d'autres revenus en nature ou en numéraire assurés également par des fondations consignées par acte notarié. Les chanoines était à la nomination de l'évêque de Beauvais. Pour sa part, le chapitre de Montataire possédait le patronage de la cure de Puiseux-le-Hauberger. Comme c'était fréquemment le cas dans les églises sous l'Ancien Régime, des chapelles desservies par des chapelains existaient dans la collégiale. Au nombre de trois, deux parmi eux étaient également nommés par l'évêque de Beauvais, et le troisième par l'abbé de Royaumont. La collégiale Notre-Dame n'était initialement pas église paroissiale de Montataire : Cette fonction incombait à l'église Saint-Léonard, auquel un prieuré dépendant de l'abbaye de Jumièges était rattaché. À une date que Louis Graves ne mentionne pas, l'église et les bâtiments du prieuré ont été vendus et démolis. En 1828, le cimetière se situe déjà à son emplacement actuel..

L'on sait que c'est à Montataire que l'évêque de Beauvais Odet de Coligny, dit le cardinal de Châtillon, se maria en 1560 après sa conversion au Calvinisme, mais il n'est pas certain si ce mariage se fit dans l'église paroissiale ou dans l'église collégiale. thumb|Approche par la rue de l'Église.

Au cours de son histoire, l'église ne connaît que des transformations mineures, et contrairement à la plupart des églises de la région, la guerre de Cent Ans ne conduit pas à sa ruine partielle et n'entraîne aucune reconstruction d'envergure à la fin du ou pendant la première moitié du . C'est entre le et le que la charpente en carène renversée de la nef et en grande partie renouvelée, voire complètement remplacée. À la même occasion, les piliers à la retombée orientale des grandes arcades de la nef sont rebâtis dans un style différent de celui d'origine. L'église est classée au titre des monuments historiques par liste de 1862. Sous la direction de l'architecte E. Duthoit, des travaux de restauration sont menées pour la première fois en 1874, puis entre 1878 et 1881 : Il s'agit de travaux de maçonnerie, la reprise en sous-œuvre des piliers de la tour et d'autres piliers de la nef et du chœur, et de la réfection des bases des colonnes. Entre 1886 et 1887, l'intérieur de l'église est nettoyé et libéré des couches de badigeons, et des rejointoiements sont effectués. Sous la direction de l'architecte Sainte-Anne Auguste Louzier, les couvertures et le lambris de la charpente de la nef sont réparés. Le mur septentrional, jusque-là partiellement enterré, est enfin dégagé et les contreforts restaurés. Enfin, c'est sous la direction de Charles Albert Potdevin que les voûtes des parties orientales sont restaurées en 1918. Charles Fassier fait démolir le porche défigurant le portail occidental en 1924, et fait réparer l'étage de beffroi du clocher. Les dernières restaurations d'envergure sont menées sous Jean-Pierre Paquet pendant les années 1940 et 1950, et portent sur le rejointoiement des murs du clocher, une nouvelle remise en état des couvertures y compris la consolidation des arcs qui soutiennent les toits en pierre des bas-côtés de la nef..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée légèrement vers le sud-ouest du côté de la façade, l'église se compose d'une nef non voûtée de trois travées, accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept non débordant dont les croisillons sont voûtés à la même hauteur que les collatéraux du chœur ; d'un chœur de quatre travées dont la dernière correspond à l'abside à cinq pans ; d'un collatéral nord du chœur de deux travées ; d'une petite chapelle à l'angle entre le collatéral nord et la troisième travée du chœur ; et d'un collatéral sud du chœur de trois travées. Bideault et Lautier ne considèrent pas le transept comme tel, car n'étant pas voûté à la même hauteur que le vaisseau central, mais Eugène Lefèvre-Pontalis parle bien d'un transept, choix qui est repris dans le présent article pour faciliter le repérage des différentes particularités de l'édifice. — Du fait des différences de hauteur au nord et au sud, et des différences dans la disposition des grandes arcades, le plan de l'église n'est pas symétrique. En effet, la seconde travée du collatéral nord qui sert en même temps de base de clocher est voûtée à la même hauteur que le vaisseau central, mais la grande arcade vers ce dernier est de même hauteur que celles des croisillons et des travées ordinaires des collatéraux. Ensuite, la chapelle du nord ne communique avec les deux travées adjacentes que par de petites arcades, et elle est voûtée plus basse que les croisillons et collatéraux. Au nord, la dernière travée du collatéral sud qui lui fait face est tout au contraire voûtée à la même hauteur que le vaisseau central, et par différence avec la base du clocher, aucune arcade ne sépare cette travée particulière du vaisseau central. Elle est considérée comme chapelle de la Vierge. Une sacristie a été ajoutée au nord du transept et de la première travée du collatéral nord. Depuis cette travée, l'on accède à la tourelle d'escalier du clocher, et depuis la première travée du bas-côté nord de la nef, une grille ferme la tourelle d'escalier de façade, qui quant à elle dessert les galeries des deux côtés du mur occidental et les combles des bas-côtés. Hormis la nef, toute l'église est voûtée d'ogives. L'édifice possède deux portails, l'un à l'ouest et l'autre dans la dernière travée du bas-côté sud de la nef. La nef et les bas-côtés possèdent des pignons séparés à l'ouest, et les toits en bâtière des bas-côtés sont en pierre, comme à Foulangues, Rousseloy et Saint-Vaast-lès-Mello. Les parties orientales sont également recouvertes par trois toits indépendants avec pignons vers l'ouest, dominant les toitures de la nef et des bas-côtés. Aucun pignon n'existe du côté du chevet, les chapelles d'extrémité étant recouvertes par des toits en pavillon, et l'abside par un toit à croupes. Quant au clocher, il se termine par une plate-forme, ce qui est une disposition très rare dans la région...

Intérieur thumb|upright|Vue générale intérieure. thumb|upright|Vue dans la nef depuis la croisée.

Nef et bas-côtés