Jean Jules Godefroy Calès , né le à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne) et mort le à Bordeaux (Gironde), est un médecin et homme politique français.

Biographie « Fils de Monsieur Jean Marie Noël Godefroy Calès, docteur médecin, et de dame Léonie Alphonsine Zulmée Metgé », Jean Jules Godefroy Calès naît le à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne).

Son père Godefroy Calès (1799-1868) avait été député de la Haute-Garonne à l'Assemblée Nationale Constituante en 1848 sous la Seconde République. Son grand-père Jean Calès (1764-1840), également médecin, avait lui été administrateur de la Haute-Garonne et inspecteur-général des hôpitaux tandis que ses grands-onclesLa fratrie Calès était composée de:

1) Jean-Marie (16/10/1757-Cessales, † 13/04/1834-Liège), médecin et député. Sans descendance.

2) Jean (08/11/1764-Caraman, † 11/10/1840-Mazamet), médecin et inspecteur général des hôpitaux militaires, marié à Marianne Louise Victorine Fournier († 09/02/1744-Villefranche). Père de Godefroy Calès (1799-1868) et de Louis Denis Godefroy Calès (1800-?)

3) Jean-Louis, dit Figeac (19/12/1766, † 14/01/1850-Cessales), médecin, marié (en 1839, à 73 ans) à Paule Bonnet (née le 16/05/1783-Renneville). Sans descendance.

4) Jean-Chrysostôme (27/01/1769-Caraman, † 21/08/1853-Cessales), colonel et baron d’Empire. Sans descendance.

5) Jean Joseph Étienne Victorin (26/04/1772, † 16/06/1853-Cessales), officier militaire. Sans descendance.

6) Jean Joseph

7) Étienne, dit Petit (21/08/1773, † 22/01/1855-Cessales), célibataire sans profession. Sans descendance.

8) Jean

9) Marie Étiennette (?-Caraman, † 08/01/1849-Villefranche), mariée à Jean-Paul Pujol, notaire à Villefranche († 01/02/1840-Villefranche). Mère de Constantin Pujol († 1861) et de Marie Justine Pujol (1796-1894).

10) Marie Justine (?-Toulouse, † 05/09/1873-Villefranche), mariée à Constantin Pujol († 10/06/1844-Villefranche). Sans descendance., étaient Jean-Marie Calès (1757-1834), député à la Convention nationale et au Conseil des Cinq-Cents et le baron d'Empire Jean-Chrysostôme Calès (1769-1853), colonel de la Grande-Armée et élu de l'éphémère Chambre des représentants mise en place lors des Cent-Jours par Napoléon en 1815. La famille Calès était issue de vieilles familles protestantes enracinées dans la région du Lauragais et converties au catholicisme après la révocation de l'édit de Nantes par le roi Louis XIV en 1685« Le Conventionnel Jean-Marie Calés (1757- 1834): du Lauragais à Liège. » par Pierre Arches, Actes des et Congrès nationaux des Soc. savantes, Avignon, 1990 et Chambéry, 1991, Section d'H. moderne et cont., T. II, (1992), pp. 225-232..

Sous le Second Empire (1852-1870) Jean Jules Godefroy étudie la médecine à Paris puis à Montpellier, et, reçu docteur en 1854, il se fixe dans sa ville natale de Villefranche. Il y exerce gratuitement les fonctions de médecin des prisons, de la gendarmerie, du bureau de bienfaisance, des écoles et des enfants assistésin « Bulletin Officiel du Ministère de l’Intérieur » (A46,N8), 1883, page 202. Domaine public. Source : Bibliothèque nationale de France. Disponible sur le site Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55313486/. Il devient par ailleurs conseiller municipal (1863-1875), puis maire de Villefranche-de-Lauragais (1875-1892), fonction qu'il exerce pendant près de dix-sept ans. Il est également conseiller général du canton de Villefranche de 1880 à 1898http://archives.haute-garonne.fr/pdf/histoirelocale/dico_conseillersgeneraux.pdf.gauche|vignette|Jean Jules Godefroy Calès (photographie de la seconde moitié du XIXe siècle)|286x286pxAu cours du Second Empire, Calès prend part aux luttes du Parti Démocratique contre Napoléon III, et se présente au Corps législatif comme candidat de l'opposition républicaine aux élections législatives du 24 mai 1869, dans la circonscription de la Haute-Garonne : il échoue, obtenant cependant 7730 voix contre 16 523 accordées au candidat officiel, le député bonapartiste sortant M. Piccioni, éluDeux autres candidats indépendants obtiennent : M. de Peyre, 4,147 voix et M. de Brettes-Thurin, 3,732 voix.. Le célèbre leader du parti socialiste de France, Jules Guesde, relate avec ardeur et indignation, et avec une certaine touche d'ironie, cette défaite électorale du docteur Calès, dans un brûlot publié le dans son journal républicain « La liberté de l’Hérault »Article de Jules Guesde, dans « La liberté de l’Hérault », 31 août 1869. :

Sous la Troisième République (1870-1885)

vignette|300x300px|Camp militaire de Toulouse en (photographie d'Eugène Trutat - Archives municipales de Toulouse)

Après le déclenchement de la guerre franco-allemande le , Calès est nommé sous-préfet de son arrondissement le , soit trois jours seulement après la défaite des troupes françaises à Sedan et la capitulation de Napoléon III, le (qui provoquent son exil et la chute du Second Empire), et le lendemain seulement de la proclamation de la République par le leader républicain Léon Gambetta, le . Mais très vite, Calès considère que sa place se trouve auprès de ceux qui défendent la France contre l'invasion prussienne. Il démissionne donc de sa nouvelle fonction et s'engage dès le mois de novembre auprès de l'armée, dans l'un des onze camps militaires régionaux créés par Gambettain « Gambetta et la défense nationale, 1870-1871 », par Henri Dutrait-Crozon (1916), Partie, LIVRE IV, CHAPITRE VIII « Le Camp de Toulouse », pp. 212-228, Éditions : Nouvelle Librairie Nationale, Paris. Domaine Public. À lire sur le site d'Archive.org: https://archive.org/stream/gambettaetladf00dutruoft#page/212, devenu ministre de l'Intérieur et de la Guerre dans le gouvernement de la Défense nationale. Calès est nommé médecin-en-chef du camp de Toulouse le , poste qu'il tient jusqu'à sa démobilisation, le .

À la suite de la victoire des troupes allemandes, de la signature de l'armistice de Versailles le et de la fin des combats, et conformément aux exigences allemandes qui stipulent que des élections doivent être rapidement organisées afin de former une assemblée devant ratifier la paix, Calès se présente, pour la seconde fois, aux élections législatives du 8 février 1871: il arrive alors premier de la liste du parti républicain dirigé par Gambetta, avec 27 349 voix. Néanmoins, la liste mixte d'Union Nationale, composée essentiellement de monarchistes l'emporte (M. de Belcastel, le dernier de cette liste, passe avec 63 123 suffrages). L'assemblée nouvellement formée, majoritairement monarchiste et favorable à la paix, investit le un nouveau gouvernement dirigé par Adolphe Thiers.

Calès n'est pas plus heureux, dix ans plus tard, aux élections législatives du 21 août 1881: 4 229 voix « opportunistes » (républicains modérés de centre-gauche) se réunissent sur son nom dans la circonscription de Toulouse, mais le député radical-socialiste (d'extrême-gauche) et ancien préfet de la Haute-Garonne en 1870, Armand Duportal, est réélu avec 4 618 voix.

Jean Jules Godefroy Calès est cependant fait chevalier de la Légion d'honneur le .

À la chambre des députés (1885-1889) gauche|vignette|Jean Jules Godefroy Calès|432x432px

Jean Jules Godefroy Calès est finalement élu député de la Haute-Garonne à la chambre des députés aux élections législatives du 4 octobre 1885. Conseiller général du canton de Villefranche depuis 1880, il est porté sur la liste des républicains modérés, et obtient 27 244 voix au premier tour. Les républicains de nuances diverses ayant opéré entre eux, au ballottage, une concentration destinée à arrêter le succès des monarchistes (dont deux candidats sont déjà élus), M. Calès passe avant-dernier de la liste, le , et est élu avec 57 621 voix (sur 113 803 votants et 138 226 inscrits.)

Calès siège dans le groupe de la gauche radicale, et tient dans ses votes une balance à peu près égale entre les républicains modérés et opportunistes et les républicains radicaux, tous deux majoritaires dans cette nouvelle chambre grâce à leur regroupement, et cela malgré la poussée des conservateurs. Calès siège ainsi pendant 4 ans, pendant la législature qui s'étendit du au , sous la présidence de la république de Jules Grévy (jusqu'au ), puis de Sadi Carnot.

Calès ne soutient ni le gouvernement Freycinet (1886), ni le gouvernement Goblet (1886-87), tous deux composés de larges coalitions parlementaires et incluant le général Boulanger au ministère de la guerre. Le général Georges Boulanger était alors un homme politique extrêmement populaire, promoteur d'un revanchisme ou nationalisme belliqueux envers l'Allemagne (il fut surnommé le « général Revanche »), et qui fut assez puissant pour se retrouver, au zénith de sa popularité en , en mesure de prendre l’Élysée, obligeant le camp républicain à se réorganiser et à renforcer sa cohésion. Après avoir ébranlé la troisième république, le général est finalement condamné, fuit la France, et se suicide en Belgique en 1891Jean-Marie Mayeur « Les Débuts de la IIIe République 1871-1898 » Éditeur: Points (25 février 2014).. Calès soutient en revanche le gouvernement Rouvier (1887), dans lequel le général Boulanger est écarté, le gouvernement Tirard (1887-88), composé par le président de la république Sadi Carnot, nouvellement élu par le Sénat et la Chambre des députes le , le gouvernement Floquet (1888-89) et le second gouvernement Tirard (1889-90), gouvernements, tous, à majorité républicaine opportuniste. Constitué en pleine crise boulangiste, ce dernier cabinet, prestigieux, où siègent quatre anciens présidents du Conseil (Fallières, de Freycinet, Rouvier et Tirard), est également soutenu par les républicains radicaux pour lutter contre le boulangisme. Dans cette dernière session, Calès s’abstient sur le rétablissement du scrutin uninominal (loi du ), se prononce contre l'ajournement indéfini de la révision de la constitution, pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, et pour les poursuites contre trois députés d'extrême-droite, membres de la ligue des patriotes, qui est dissoute le . Calès vote notamment le pour les poursuites contre le général Boulanger « pour complot contre la sûreté intérieure », marquant ainsi le crépuscule du boulangisme.

À la fin de son mandat parlementaire, Calès ne se représente pas aux élections législatives du 22 septembre 1889.